Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
17 janvier 2014 5 17 /01 /janvier /2014 12:12

En août 2014, si j'y parviens, j'aurai vécu soixante ans de mon existence. Au fil de ces années, j'aurai connu des enthousiasmes, des amitiés, des affinités, des amours, des tendresses, pour des hommes, des femmes, des jeunes, des vieux, des moments d'épanchements mutuels, des retenues, des réticences, d'interminables fous rires, des ivresses, de profondes communions, des silences apaisés, des barrières, des colères, des trahisons, des fuites et des incompréhensions.

 

Une existence, quoi.

 

A l'aube de cette année, j'envisage de réunir enfin ces amis, pour célébrer le bonheur d'habiter dans le même temps ce même lieu, de fêter cette famille informelle liée non pas par les liens du sang, mais par des complicités.

 

C'est alors que le doute s'amène, comme la méchante fée.

 

Mes amis de l'ivresse, et mes amis de la méditation, mes amis de la frénésie et ceux du mystère, les gaulois et les zoulous, les femmes expansives et les femmes secrètes, le moine zen et le kabbaliste, que j'aime tous, et tout autant, chacun pour des raisons particulières, parce que chacun d'entre eux rencontre avec bonheur l'une de mes facettes, trouveront-ils, ce jour là, un point de rencontre qui ne passe pas par moi ?

 

Pourrais-je les mettre en présence et disparaître, et la fête serait-elle encore fête, où deviendraient-ils des étrangers l'un pour l'autre ?

 

 

Repost 0
Published by Vieux Jade - dans vivaces
commenter cet article
2 janvier 2014 4 02 /01 /janvier /2014 12:00

2014 sera une année de guerre. Encore une, direz-vous. Une parmi d'autres.

 

Certes. Mais peu à peu les enjeux se dévoilent. Les camps prennent forment, et les hésitants et les précautionneux sont nombreux, à faire volte-face, selon les menaces, les promesses et leurs espérances de promotion et de sécurité.

 

C'est ici le champ de bataille visible, plein de pièges et de tromperies. Les naïfs vont s'enrôler pour des causes qu'ils combattraient s'ils en distinguaient le véritable but.

 

Ce qui s'impose à mon regard, aujourd'hui, c'est que les hommes, tous, sans exception, font face à un ennemi extrêmement rusé, et préparé, qui mène le jeu depuis si longtemps qu'aucun de nous ne peut en saisir l'ampleur.

 

La servitude qui en résultera, s'il gagne, sera incomparable. Il n'y aura aucun autre choix que d'accepter d'être totalement habité par un être sans merci, sans empathie, uniquement voué à sa propre survie. 

 

Tout est prévu pour son succès, et aucune coalition physique n'en viendra à bout. Aucune chance. Échec et mat prévisible, si nous acceptons les règles de l'adversaire.

 

Mais cette fatalité est aussi une chance. Allons-nous accepter de jouer selon ses règles, ou plutôt les refuser, choisir un autre terrain et donc sortir de sa domination, avant qu'elle soit complète ?

 

Sa force, sa seule et unique force, est de nous convaincre que l'ennemi est extérieur, et que nous devons toujours porter l'effort contre un autre, toujours changeant, renouvelé, mais toujours autre. 

 

Mais, dans les impasses où il nous accule aux cris de ses chiens, nous commençons à distinguer ses traits, qui ressemblent singulièrement aux nôtres, comme en miroir.

 

La violence qu'il exerce contre nous, c'est la nôtre. Sa rapacité ? La nôtre. Cette déferlante de vulgarité, de sexe aberrant, ce goût de l'argent facile, des succès obtenus par des moyens abjects, ce triomphe de toutes les pornographies ?

 

Ce refus de céder le terrain prétendument acquis, n'est-il pas le mien ? Cette voracité, ce besoin de prendre et d'accumuler, de retenir, ces certitudes qui fondent mon droit, ces frontières qui définissent mon royaume, et que je défends sans cesse, est-ce bien ce que Je Suis, ou au contraire, et que je n'avais jamais vu jusqu'alors, ce qui m'encombre et m'empêche de voler librement?

     

2014 sera l'année du grand Jihad, la Grande Guerre, la Guerre Sainte, où nous devrons tous affronter le dragon, l'antique Dragon dans son antre, c'est-à-dire en nous.

 

Nulle part ailleurs. Le combat réel n'est pas dans les rues, ni dans les urnes, ni sur les blogs.

 

Même si les trolls politiques, les orques financiers et toute la pourriture médiatique, tous vendus, ont de quoi faire vomir, c'est de nous, de notre propre for intérieur que nous devrons débusquer les mêmes vieilles horreurs qui s'y tapissent et nous assujettissent.

 

 

La Force, tombeau de François II de Bretagne, à Nantes, par Michel Colombe

 

 

C'est le seul moyen de sortir vivant et victorieux de la pire guerre qui soit, la guerre contre la bestialité, déguisée en raison pragmatique.

 

Au delà de ce but immédiat, nous sommes le seul accès possible de la Lumière en ce monde. Elle ne vient pas de l'extérieur, mais ne peut se déverser qu'à travers nos âmes enfin libres des miasmes, depuis le Soleil de nos coeurs, Sol Invictus.

 

 

 

Il est donc vital que chaque être humain entre en guerre, dès maintenant, non pas seulement contre les armées innombrables et terrifiantes du Système extérieur, mais contre ce qui lui permet de s'implanter et de prospérer.

 

Et c'est en nous, bien sûr, que ce Système puant trouve ses alliés.

 

Chaque être humain doit entrer en guerre contre ce qui en lui souhaite le triomphe du Dragon, et son propre esclavage, cette abjecte servitude qu'il aime tant et refuse d'abandonner, sans jamais l'avouer.

 

Chacun de nous, qui sommes une parcelle de Celui qui dort et rêve cette guerre meurtrière, ne doit plus avoir qu'un seul objectif : devenir enfin conscient qu'il est à la fois le champ de bataille, l'enjeu et chacun des adversaires, le dragon, la vierge et le chevalier, et sortir du rêve.

 

Un texte essentiel à ce propos : ICI. 

Repost 0
Published by Vieux Jade - dans vivaces
commenter cet article
24 décembre 2013 2 24 /12 /décembre /2013 19:07

D'abord, merci pour tous les commentaires auxquels je ne réponds pas en ce moment, mais que je lis régulièrement avec plaisir.

 

Dans le lot, l'un détonne. C'est agressif et un peu primaire, mais ça ne justifie pas la poubelle (dont je n'use heureusement presque jamais). J'ai eu tour à tour un peu de surprise, puis un peu de désagrément (bouhou, tout le monde m'aime pas), puis de l'indifférence, puis envie d'y répondre ce qui suit.

 

Vivre caché ça vous va bien : c'est ce que conseille la sagesse populaire, et ça me va bien, je vous remercie.

 

Pas si caché, quand même : je travaille, et mon métier m'expose à de nombreuses agressions, dont je me repose dans ma cachette. Je n'aime pas le vacarme, la foule, ni l'ambiance urbaine.

 

et c'est tout ce à quoi vous êtes bon : affirmation réductrice (j'en parle plus bas) totalement gratuite, sans fondement. Vous n'en savez strictement rien. Premier dérapage.

 

Vous n'êtes qu'un sale petit bourgeois emmuré dans sa tour de lâcheté et qui s'emmerde : vous ne faites pas de fautes d'ortographe, je suppose donc que vous avez un peu lu. Vous devriez donc avoir entendu parler, ne serait-ce qu'un peu, du mécanisme de la projection, qui consiste à extérioriser ce qui nous blesse en nous-même, ce qu'on peine à assumer, et dont il est plus commode d'accuser l'autre et de celui de la réduction, qui consiste à rapetisser artificiellement ce qu'on ne peut concevoir dans sa totalité.

 

Il y a dans cette phrase un magnifique exemple de ces deux mécanismes. Je vous concède que je suis un bourgeois. Qu'y puis-je ? Mon milieu de naissance et mon niveau de vie me situent dans la classe moyenne. Mais me réduire à cela est la preuve que vous raisonnez par catégories, ce qui démontre un déficit de votre cerveau droit, que tout le reste de votre message confirme, évidemment. Croire qu'un homme, n'importe lequel, pas moi uniquement, peut n'être qu'une chose ou bien une autre, un être social uniquement, ou sa fonction, ou sa religion, ou sa couleur, ou sa préférence sexuelle, quelle pauvreté. Concevoir l'autre comme un objet est le signe que vous ne vous concevez pas autrement. C'est terrible, et pathétique. Devenez un homme, vous verrez que la réduction est une erreur qui vous coupe du Centre, qui est le même pour tous, et donc le vôtre aussi. 

 

Que je sois sale, et emmuré, et dans une tour de lâcheté, c'est encore sans fondement, et sans la moindre preuve, mais peu importe. A 18 ans, je vous aurais peut-être convoqué à un duel au sabre, j'adorais ça, mais je suis un peu vieux, et je m'en fous.

 

Ce qui importe, c'est qu'ici, vous désignez ce qui compte pour vous : ne pas être un lâche. Vous qui êtes le nombril de votre monde, mettez votre honneur dans le courage. Le courage tel que vous le définissez, bien sûr, et, sans doute, pour vous, ça consiste à je ne sais quoi qui vous expose en pleine vue. Aller en bande emmerder le sale bourgeois ou casser le gueule à des catégories qui vous déplaisent, pour montrer votre splendide virilité, peut-être.

 

Il y a mille formes de courage. Accepter le regard des autres réclame du courage. Accepter de parler de soi aussi. Renoncer à blesser inutilement. Renoncer en général demande du courage.  

 

Si le courage et la lâcheté vous importent au point que vous me traitiez de lâche, c'est sans doute que vous vivez dans le doute et la peur. Couplé avec votre vision réduite, votre existence doit être un peu raide.

 

M'emmerder est une chose qui ne m'arrive jamais : depuis l'âge de la sortie des couches, et à l'exception d'une turista, j'ai toujours contrôlé mes sphincters. Mais c'est naturel, j'espère que c'est pareil pour vous. 

 

 Vous croyez connaitre les autres : je ne crois rien de tel. Je découvre le monde, à chaque instant, ce qui fait que je ne m'emmerde (au sens figuré) jamais.

 

mais vous ne savez rien : Si vous saviez comme je suis heureux, de ne rien savoir ! C'est la condition nécessaire pour apprendre.

 

NB : Ces deux affirmations  pourraient bien ressortir de la projection, elles aussi.

 

et je vous crache dessus  : Aucune personne en bonne santé et jouissant de son bon sens ne ferait ça.  C'est le signe d'une impuissance, d'une stérilité, d'une incapacité à agir de façon positive. Souiller ce qu'on ne peut appréhender est courant chez les êtres immatures. C'est l'indication d'une impossibilité de parvenir à ce qui est le plus difficile : l'acceptation de l'autre.  Comme l'a dit un certain mec censé être né un 24 décembre, pour y parvenir, il faut d'abord s'accepter soi-même (aime ton prochain comme toi-même, en français), ce qui demande beaucoup de courage.

   

Cracher sur les autres, c'est pas du courage. Surtout de loin. Penser comme ça, par catégories, c'est  misérable, comme vivre dans une boîte avec plein de petites boîtes. Se projeter de la sorte, c'est refuser d'assumer ce qui nous afflige en nous. Donc un manque de courage. Ne pas assumer ce qu'on est vraiment, et vouloir le faire porter par les autres, c'est pas du courage. 

 

Il s'agit donc d'une véritable lâcheté. La boucle est bouclée.

 

En conclusion, comme noté plus haut, il est évident que vous souffrez d'un gros déficit du cerveau droit, j'en suis désolé pour vous. En français, ça s'appelle : une incapacité à aimer. 

 

Renseignez-vous, ça se soigne, et ça en vaut la peine. Le mec dont on est censé fêter la naissance aujour'hui ou demain en a souvent parlé. 

Repost 0
Published by Vieux Jade - dans vivaces
commenter cet article
25 juin 2012 1 25 /06 /juin /2012 10:09

Pour parler d'une personne qui ne suivait pas le moule commun, mes parents disaient : c'est un original.

 

L'original était quand même fréquentable, au contraire des fous qu'on envoyait à Sainte-Catherine, l'asile de l'époque.

 

Non, les braves gens n'aiment pas que l'on suive une autre route qu'eux...

 

L'original, en art, en édition, c'est l'exemplaire unique et authentique, d'où seront issues les copies.

 

L'original est en prise plus ou moins directe avec la Source de la vie. Il rejette les références et les influences, comme autant d'obstacles à la libre circulation de l'eau pure qui en coule, de la lumière qu'elle délivre au fond de ce cachot.

 

Plus s'accumulent les ordures psychiques que véhiculent les écrans et la vulgarité des radios, ce bruit létal et stupéfiant, plus s'amenuise le nombre des originaux. Tout est fait pour les cerner, les réduire, les amener au lieu commun, ou tout bonnement les tuer.

 

Toute l'énergie de l'homme libre doit donc être centrée sur un unique but : chercher et préserver la Source en soi, afin de laisser ici passer encore un peu de jour.

 

Et, quoi qu'on pense, quel que soit le découragement, se souvenir que la nuit n'est que passagère, et que l'offensive visible des Ténèbres dépense une énergie folle pour se maintenir, alors que la Lumière se donne gratuitement et se maintient sans effort.

 

Au fond de chacun de nous, pure et limpide, coule une source, profondément originale.

 

Ce n'est que cette pureté que nous avons à opposer aux artifices et aux immondices.

 

Mettons-là au jour. 

Repost 0
Published by Vieux Jade - dans vivaces
commenter cet article
10 juin 2012 7 10 /06 /juin /2012 20:26

Drôle d'époque.

 

Ma dernière fille, Cécile, m' appelé ce dimanche 10 juin vers 13 heures. J'étais en train d'écrire sur ce blog. A ses larmes, j'ai su que tout était cul par dessus tête.

 

-  Papa, dit-elle, mon père est mort.

 

Ça a l'air con, sûrement, mais c'est un message des temps qui courent. Ma dernière fille, qui a grandi plus de dix ans dans ma maison, n'est pas le fruit de mes précieuses couilles.

 

Courir aussi vite que le temps, c'est indispensable.

 

Alors, j'ai pleuré avec elle. Car comment ne pas pleurer une émotion aussi forte ?

 

Comment ne pas partager la peine et la souffrance, comment rester à l'écart ?

 

Tant que la peine et la souffrance ne briseront pas les murs de la séparation, aucune joie ne pourra être ressentie.

 

Tant que nous n'ouvrirons pas nos portes, nous serons assiégés et mourrons de faim et de soif.

Repost 0
Published by Vieux Jade - dans vivaces
commenter cet article
4 juin 2012 1 04 /06 /juin /2012 12:03

Une petite histoire du temps où j'écrivais :

 

 

Le soleil se leva sur le jardin mouillé de rosée, dont les allées marquées de buis et de vieux arbres noueux faisaient une nappe à carreaux. Quelques lapins y finissaient leur petit déjeuner, et déguerpirent prestement lorsque nous ouvrîmes ce conte, toi, lecteur, et moi, qui chuchote.

 

L'une après l'autre, chacune des plantes frémit, se déroula lentement, défroissa les faux-plis de la nuit. Les gueules de loup baillèrent bas, les grands lys virginaux sortirent de l'amoureuse rêverie qu'ils entretenaient avec les longues courges violacées du coin Est, les dernières limaces se hâtèrent vers l'ombre trempée.

 

La lumière nouvelle commença à dessiner des ombres sur le buvard de la terre encore froide, et les premiers pépiements d'oiseaux chassèrent les ultimes lambeaux des brumes lunaires.

Un bruit courut chez les herbes folles, qui sont toujours les premières en tout : " Voici les petites carottes!".

 

Chacun se haussa, cherchant à apercevoir les nouvelles venues; elles avaient juste pointé durant la nuit une petite feuille d'un délicieux vert tendre, qui fit fondre le coeur des plus endurcis parmi les durs à cuire, les choux et les poireaux qui avaient survécu à l'hiver, vieux filandreux qui savaient tout sur tout, et le faisaient savoir en le temps qu'ils jugeaient opportun.

 

Ils devaient se croire immortels, ces ennuyeux vieux sages; mais chacun dans le jardin espérait secrètement qu'ils feraient partie du prochain panier. Seuls un très ancien poirier et un cognassier chenu savaient avec certitude que nul n'est éternel; mais leur radotage confus et leurs absences de mémoire en faisaient de peu fiables témoins.

 

Ces tristes barbus laissèrent couler une petite larme de rosée, puis le soleil monta, et chacun s'y abandonna, les petites carottes comme les autres.

 

Là, le temps s'arrête. Essaie voir de faire ça, toi, lecteur toujours pressé, de te poser là une heure, sans bouger, sans rien dire, sans bruit, sans autre musique que le flot de lumière chaude qui se déverse d'en haut comme un fleuve sans poids, essaie une minute, et tu sauras alors comme le temps est un maître implacable, comme son joug est pesant, et comme le silence profond est une fontaine placée à l'horizon, que l'on n'atteint jamais. Chaque être de la création a un secret à nous donner, et celui des légumes méprisés et des fleurs tranchées vives est l'art de l'immobilité parfaite, avec celui de la danse dans le vent.

 

Vers neuf heures, la porte de fer grinça, et l'homme entra.

Le merle s'envola, et le silence changea de couleur. Il était petit et chauve. Ses sourcils gris se rejoignaient au dessus de son nez. Son ventre bedonnait par dessus la ceinture tressée, mal mise.

 

Il portait un panier de fil de fer, avec un journal au fond, et se dirigea vers le carré des anciens, en sortant un canif à manche de bois de sa poche.

Après s'être gratté le nez, il trancha net un beau vieux chou aux feuilles bleuies, un vieux de la vieille, un ancêtre, un qui était intarissable sur le temps d'avant l'hiver, lorsque ses feuilles étaient tendres et charnues, et que toutes en pinçaient pour sa pomme. Sa tête roula dans le panier.

 

Plus un souffle. Les petits pois s'évanouirent.

 

Il alla chercher la bêche dans la cabane en bois, et revint encore arracher trois gros poireaux dont il coupa sans façons le col, ainsi que les dernières racines. Il prit encore quelques grosses carottes noueuses dont il fit tomber la terre, et deux raves.

 

Il mit le tout dans son panier, fit un tour du côté des fraises, en mangea une en grimaçant, inspecta le reste, haussa les épaules et s'en alla.

 

Ce ne furent que plaintes et gémissements:

Les derniers survivants de la vieille garde, décimés, pleuraient leurs frères disparus. C'était un jour de pot au feu. Il fallut rassurer les plus délicates des fraises, encore vertes de frayeur, et ranimer les petits pois, si tendres...

 

Passe encore que ce monstre emporte les vieillards, mais s'attaquer à de jeunes êtres encore gorgés de vie, de jus, et de parfums? La première émotion passée, on s'indigna parmi les plus rogneux; les cornichons rogommes y allaient de leurs vésicules, les grands cardons promirent de le happer au passage, et le radis noir se mit à échafauder des rêves d'empoisonnement.

 

Quelques minutes plus tard, le silence retomba. Le soleil devint brûlant et l'on s'installa pour la sieste. Moi aussi.

  

3-sept-2010-030.jpg 

Les ombres se sont allongées, au point que le poirier qui glisse ses racines à gauche du puits à l'air de s'y être appuyé. De poires, nenni. Ce n'est pas la saison. C'est l'heure où les guêpes bourdonnent et où j'aime à boire une gentiane fraîche en croquant des pistaches salées.

 

La porte de fer vient de s'ouvrir doucement;  un frémissement d'attente court tout le jardin.

"C'est elle!".

  

La dame en sabots de bois dispose ses arrosoirs autour du robinet branlant et commence à les emplir.

Une heure durant, elle arrosa tout: les tomates au pied (elle en pinça bien deux ou trois, mais rien de grave), les melons et les citrouilles sous les feuilles, les fraises encore tièdes à la volée. On n'entendait que le bruissement de l'ondée et la succion de la terre désséchée (on disait "décheussée", dans ce pays, et "déchiffrer" pour défricher; les gens sont bizarres!).

 

Ce fut une action de grâces unanime. Quel être magnifique, cette Vierge nourricière. Un halo de lumière émanait d'elle, la Toute Radieuse, Principe d'amour et de grâce.

 

Le radis noir échangea comme chaque soir quelques propos avec ses voisins:

" Comment lui dire, ce qui se passe chaque matin, cette terreur, ce monstre ventru sans honte, qui dévaste nos rangs, cueille les meilleurs d'entre nous dans le fruit de l'âge? Ce noir démon assoiffé de vie végétale, ce faucheur de vie?

- Elle en aurait vite raison, notre indomptable bienfaitrice, notre Mère divine!" répondit le groseillier enthousiaste, qui voyait de temps en temps des films d'art martiaux par la fenêtre des voisins.

 

Sainte litanie des humbles créatures reconnaissantes.

 

La gracieuse dame, ayant fini sa tâche, rangea les instruments de l'onction, et s'en fut.

 

3-sept-2010-048-copie-1.jpg 

"Rien de meilleur qu'un bon pot au feu, comme disait mon père, dit le père, en s'essuyant la bouche.

Ca reste à peu près de quoi en faire encore deux...Pis on s'mettra à la salade, dit il en se grattant les dents avec la pointe de son Opinel. Ma foi, une bonne salade avec du lard et des patates...

- C'était ben sec, mon vieux, soupira la mère en débarrassant la table.

- Et y-z-annoncent pas d'eau avant une semaine! Bouah, faut ben du soleil. Mon vieux, les fraises sont sûr pas en avance, c't'année.

- T'as qu'à finir les pommes, en attendant. Dis donc, te pourrais ben acheter un tuyau, c'te fois, parce que les arrosoirs, moi, ça me casse les reins" dit la mère; "Te veux une tisane?".

- Oh, j'vas putôt boire un dernier canon", dit le vieux en redébouchant le litre."Ca m'rince la bouche" "et ça tue le ver".

 

 

 

27/11/1997

 

Repost 0
Published by Vieux Jade - dans vivaces
commenter cet article
23 mai 2012 3 23 /05 /mai /2012 11:01

Je suis dans une vallée, dans un chemin étroit, lorsqu'au loin sur ma droite déboule une avalanche. Les gens cherchent un abri. Je m'enfonce derrière un recoin de rocher, en me disant : souviens-toi de quel côté est le haut, afin de ne pas chercher à creuser dans la mauvaise direction.

 

Puis soudain je suis dans un grenier vide, avec un couple dont l'homme se nomme : Félix (un personnage réel qui est mort voici environ un mois).

 

Il suffit de démonter un cadre de charpente, de pousser les tuiles, et la lumière du soleil ruisselle.

 

C'est intrigant. J'ai fait ce rêve ascensionnel la nuit du 18 au 19 mai. Chouette, dit l'ego, j'approche du but. Un peu insuffisant, cependant. Je l'ai mis en parrallèle avec toutes les rumeurs d'ascension planétaire dont bruit le ouèbe. 

L'ego était encore content. Il est prêt, modestement, à ascensionner avec les autres. 

 

Toujours insuffisant.

 

 

 

N'ai-je. Tout est enseveli comme par un tsunami, quoi de plus impersonnel, un tsunami dont le grondement s'estompe après qu'il ait tout englouti sous ses millions de tonnes de neige. N'ai-je. Plus d'ego, sous la neige. Tout est semblablement mort écrabouillé. Ce préalable accompli, la scène change.

 

Dans un grenier, sous les toits. Là sont les réserves (le grain) et les vieilleries poussiéreuses. Son plancher nu montre qu'il est vide. Pas de provisions, pas de souvenirs. Nu comme un champ de neige. N'ai-je.

 

Félix (du latin "heureux") est avec sa femme. Un être complet, sans bagages.

 

Nous défaisons une sorte de cadre de bois (inhabituel dans une charpente), qui montre qu'il faut sortir des cadres, justement, puis repousser les tuiles.

Tu- Il. Toi, lui, sont des illusions qui nous séparent.

 

Sans je, sans tu, sans il, rien ne fait plus obstacle à la pure Lumière.

 

L'ego n'a plus rien à moudre. Son grenier est vide.

 

 

 

C'est alors que reprend le petit bruit : et comment tu vas faire ?  

Repost 0
Published by Vieux Jade - dans vivaces
commenter cet article
26 janvier 2012 4 26 /01 /janvier /2012 19:08

"La lecture de l'Évangile ne doit être permise que le moins possible, surtout en langue moderne et dans le pays soumis à votre autorité. Le très peu qui est lu généralement à la messe devrait suffire et il faudrait défendre à quiconque d'en dire plus. Tant que le peuple se contentera de ce peu, vos intérêts prospèreront, mais dès l'instant qu'on voudra en lire plus, vos intérêts commenceront à en souffrir.

Voilà le livre qui, plus qu'aucun autre, provoquera contre nous les rebellions, les tempêtes qui ont risqué de nous perdre. En effet, quiconque examine diligemment l'enseignement de la Bible et le compare à ce qui se passe dans nos églises trouvera bien vite les contradictions, et verra que nos enseignements s'écartent souvent de celui de la Bible, et, plus souvent encore, s'opposent à celle-ci.

Si le peuple se rend compte de ceci, il nous provoquera jusqu'à ce que tout soit révélé et alors nous deviendrons l'objet de la dérision et de la haine universelles. Il est donc nécessaire que la Bible soit enlevée et dérobée des mains du peuple avec zèle, toutefois sans provoquer de tumulte".

 

Source : Feuille Bibliothèque Nationale de Paris, 1089. Vol II; p.641-650 - Références Fond Latin N° 12558. Année 1550, cité par Richard Khaitzine dans "Marie-Madeleine et Jésus", la Table d'Émeraude.

 

Ce texte - adressé par des cardinaux au pape Jules III lors de son élection en 1550 - est particulièrement révélateur des méthodes qu'a employé l'église catholique pour maintenir les peuples européens sous tutelle, et de son état d'esprit (si le terme "esprit" est ici opportun).

 

Je ne doute pas un instant que les autorités musulmanes, bouddhistes et autres soient de même nature. Ni que les autorités politiques et financières actuelles en diffèrent en quoi que ce soit.

 

Il n'est que normal que l'ensemble de ces "élites", comme les nomment les media vendus, qui forment une sorte de nouveau clergé aussi méprisable que tous les autres, suscitent maintenant la dérision et la haine universelle, comme le voyaient clairement ces salopards.

 

Ils le voyaient parfaitement. Nous le voyons parfaitement : leur règne ne tient qu'à notre ignorance. Ils le savent et rien ne leur fait plus peur que l'effondrement du paravent derrière lequel ils font des effets d'ombre, comme dans le magicien d'Oz.

 

Ce texte en est la preuve.

 

Aidons à l'éclairement en diffusant autant que possible tout ce que les moyens de diffusion modernes permettent, afin que tous sachent comme on les considère, depuis des siècles, et aujourd'hui encore. Une flamme de bougie peut en allumer mille, et mille des millions.

 

Relayons la lumière jusqu'à ce que tout soit révélé. Quand tout le sera, la haine est à proscrire, si ce n'est la haine des comportements qui rendent cela possible : avidité, orgueil, lâcheté, paresse, luxure, gourmandise, colère. 

 

Vous savez bien, les sept dont on parle depuis si longtemps.  

Repost 0
Published by Vieux Jade - dans vivaces
commenter cet article
20 janvier 2012 5 20 /01 /janvier /2012 12:21

15-mai-2010-118.jpg

  Ça, c'est un instantané de l'ange qui m'a dit : du calme, VJ, prends ton temps, arrête de cavaler...

 

 

 

Excusez-moi, si à certains d'entre vous j'ai donné de mauvaises habitudes. J'ai été une bonne poule pondeuse de mots. Un oeuf par jour ou plus depuis près de 2 ans.

 

 

Mais, est-ce lassitude, que tout ce qui était à dire l'a été, que les mots n'ont plus vraiment d'intérêt, comme tout ce qui jusque là a meublé le silence, le jet devient sporadique, l'eau n'arrive plus comme avant, y a plus la même pression, le même besoin, la même urgence.

 

 

L'urgence, pour moi, pour l'instant, serait plutôt de ne rien faire.

  

 

Voici que je me suspends à la branche, et contemple le ciel sans mot dire. Sans maudire. 

 

 

Le brouhaha des marchands de peur ne m'empêche pas de rêver. J'espère avoir contribué pendant ces deux ans à soulever un peu l'horizon que certains s'acharnent à constamment rabaisser au niveau des sourcils.

 

 

D'avoir déjà donné mon départ une ou deux fois m'ayant rendu prudent, cette fois-ci je ne dirai pas adieu, mais à la prochaine.

 

 

J'ai besoin de temps pour moi, mais je ne suis pas loin.

 

 

Je dois apprendre à ne rien faire. A ne pas me laisser happer par une quelconque obligation, et même pas celle de pondre un oeuf par jour dans le nid du blog.

 

 

Pour qui ne s'est pas abonné, le moyen d'être averti des parutions  est de le faire.

 

 

Je vous serre dans mes bras, je vous remercie toutes et tous de l'attention que vous m'avez accordée, de votre encouragement à repousser les limites de l'introspection, du reportage intime sans, je l'espère, je le crois, sans voyeurisme. 

  

 

Car le spectacle n'a jamais été le but de ce blog, même si l'auteur est un tantinet cabotin. Le sujet a vraiment été, ou telle est l'intention qui y a toujours présidé, l'étude de la matière humaine.

 

  

Je vous remercie de l'espèce d'affection et de calme que vous avez contribué à installer en ce lieu virtuel. Virtuel ? Quel drôle de mot. Ce blog est un espace commun entre vous, vous et vous, vous et moi, c'est un espace réel, et non virtuel, que chacun de ses lecteurs a réellement contribué à aménager. De nombreux sujets sont nés de vos remarques, dans mon chaudron, certes, mais ne seraient pas éclos sans vous.  

 

 

Mme VJ me prie de vous rappeler que le nouvel an véritable, lunaire, nait durant la nuit du 23 au 24 janvier (c'est ce que j'ai écrit, mais c'est une couennerie : c'est la nuit du 22 au 23, j'avais mal compris; mais bon, bonne princesse, elle dit : c'est pas grave, de toutes façons ça se fait sur quinze jours). Là que le temps repart sur du neuf, peut-être, ou sur du vieux pour ceux qui sont scotchés aux habitudes et veulent que rien ne change. 

 

 

Pour ma part, comme annoncé, et parce que, comme le rappelle Miguel Ruiz, on doit marcher sa parole, j'ai planté hier midi un prunier de la variété Reine Claude, en pied de nez aux imbéciles qui attendent la fin du monde.

 

 

Si mes propres petits enfants n'en doivent pas manger, parce que les propriétés terrestres passent de mains en mains, au moins les autres petits enfants, ou les abeilles, s'il en reste, en feront leur miel. Ou, à défaut, les guêpes. J'ai passé un pacte avec les guêpes, il y a quelques années.

 

 

C'est mes copines.  

Repost 0
Published by Vieux Jade - dans vivaces
commenter cet article
13 janvier 2012 5 13 /01 /janvier /2012 17:47

11-avril-2010-040.jpg

 

J'ai rencontré l'un des derniers weekends une jeune femme épuisée, tant le monde devient frénétique. Plus le temps de rien. Courir, courir, et s'effondrer, jusqu'à demain.

 

Qui n'en est pas là ?

 

Discuté avec un zingueur cet après-midi. Les zincs des gouttières faits fin XIXème duraient plus de 100 ans. Ceux des années 50 sont mûrs. Aujourd'hui, les chéneaux en alu ou en PVC éclatent sous l'impact des grêlons.

 

Tout le monde le sait : les voitures de 2011 sont merveilleusement accueillantes et sophistiquées, mais aucune n'atteindra l'âge d'une 2CV Citroën.

 

Tout est à l'avenant.

 

Le plus ridicule est dans l'arsenal (un mot que je n'invente pas, et qui dit tout de l'état du monde) des lois. Nul n'est censé ignorer la loi, dit la loi. Mais chaque jour, une nouvelle loi inapplicable vient proroger une ancienne que personne n'a eu le temps de comprendre, ou le temps d'appliquer.

 

Le temps devient fou. Les hommes qui croient au temps deviennent fous, le sont déjà, sans s'en douter un instant, tant est profonde leur folie.

 

Depuis le temps qu'on va dans le mur... Adolescent, je voyais déjà que nous allions tout droit dans le mur. Mais quel mur ?

 

Le mur du temps, justement. Ça, je l'ignorais, et maintenant je le découvre. Ça devient flagrant. Le mur dans lequel le monde commence à s'écraser, c'est le mur du Temps.

 

La frénésie s'empare de tous. Tout y concourt : Les salaires à peine versés, que déjà les prélèvements obligatoires et les échéances fatales ont tout absorbé. Le crédit déjà dénoncé par Jean Giono est un signe du basculement du Temps.

 

Les jeunes couples victimes du mirage de l"accession à la propriété" signent un pacte avec le Diable et rivent ainsi leurs chaînes. Lorsque - si - ils en réchappent, ils seront vieux et usés, parqués dans une ruine.

 

Personne n'y songeait. Le Diable a multiplié les sollicitations, les ronds de jambe, jusqu'à ce que tous deviennent fous et hypothèquent l'avenir. Hypothéquer le Temps ! Il fallait y songer.

 

Saturne, c'est Satan. Dans sa turne, il tourne et retourne les dés avant de les lancer. A lui, maître du Temps, tout appartient dès lors que tout est hypothéqué.

 

Le pacte avec le Diable ? Qui ne l'a pas signé ? De son sang, de son propre sang ?

 

A tous, il a promis la richesse, et maintenant que tout s'effondre en cendres, que l'or disparaît, il vient réclamer ses créances en ricanant.

 

Tous, nous avons ri des anciennes légendes. Faust était un souvenir littéraire. Une blague romantique.

 

Ça a changé. Les Grecs paient leur dette avec leur sang, et ne sont que les premiers. Le monstre réclame son dû.

 

Honore tes promesses et ta signature, dit-il en envoyant ses légions déferler sur les familles épouvantées. Moloch a faim. Je prendrai tes enfants, si tu ne paies pas. Ta femme, tes filles, jusqu'à la 8ème génération.

 

Mais une solution demeure, dans ce marché de dupes, et tous les anciens contes le rappelaient : être plus malin que le Diable.

 

Échapper au maître du Temps, c'est en sortir. Ceux qui vainquaient le Diable lui donnaient une victime de substitution - animale, équivalente à notre part animale - ou repoussaient sans cesse l'échéance en arguant de clauses imprécises. Parfois c'est à cause de sa sottise qu'il échoue.

  

Sacrifier sa part animale, c'est renoncer aux pulsions les plus grossières. C'est une évolution.

 

Retarder l'échéance, c'est échapper au temps-durée, au calendrier, avec ses échéances, pour entrer dans le Temps réel, où tout co-existe.

 

Quitter le temps, c'est sortir du drame, drama, l'action, dromos, la piste, la course. Dédramatiser. Vivre l'instant.

 

Un point à remarquer : le Diable ne saisit que ce qu'il peut : corps et âme. L'esprit lui échappe, comme toujours. L'esprit lui échappe car justement hors du Temps.

 

Ce qu'il saisit, c'est par la peur qu'il le tient. On dit "saisi de peur". Pas pour rien. Comment saisir celui qui dans l'instant ignore la peur ? 

 

La chance qui nous échoit, à tous,collectivement, c'est que nous atteignons - enfin - le mur du temps. Il y a au moins deux solutions possibles : s'y écraser, et ceux qui n'ont jamais réussi, ou même pensé, à s'extirper de cette illusion mortelle s'y écraseront sans le moindre doute. C'est le cas de ceux qui redoutent les échéances, toutes les échéances, du crédit immobilier jusqu'au fameux Jugement dit dernier.

 

Et puis, la solution de remplacement, que j'invente, parce que je suis né homme, et donc libre d'inventer et d'ouvrir des portes là où je le veux : passer au travers.

 

Passer de la prison du temps, des dettes, des devoirs et des échéances au monde de la liberté.

 

Pour être tout à fait franc, je ne suis pas sûr qu'il existe une porte. Enfant, j'ai lu les histoires des plus célèbres évasions, de Latude à Casanova. Eux non plus n'avaient pas de portes. Et sont pourtant sortis des plus fameuses prisons.

 

Tentons notre chance. Inventons des portes. Les murs n'enferment que les morts. 

Repost 0
Published by Vieux Jade - dans vivaces
commenter cet article

Présentation

  • : Le jardin de Vieux Jade
  • : Arrivages du jour, légumes secs, mauvaises herbes, quelques trucs qui arrachent la gueule. Taupes, censeurs et culs bénits s'abstenir. Si vous cherchez des certitudes, c'est pas l'endroit.
  • Contact

Décidément rétif à l'ordre bestial, j'ai fixé ma résidence ailleurs, d'où j'observe le déroulement des temps infernaux, fumier des plus belles fleurs.  J'ai un jardin secret, où les plantes poussent toutes seules. Servez-vous, si le coeur vous en dit, sans tenir compte de la chronologie, car comme le mot le dit clairement, l'heure est un leurre.

 

Une précision concernant les commentaires : n'ayant pas toujours le temps ni l'énergie de répondre aux commentaires, ceux-ci restent ouverts, sans aucune garantie que j'y réponde. Je me réserve cependant le droit de sabrer les inconvenances, dont je reste seul juge.

 

Ici, je n'est pas un autre.

Recherche

Lave

Après l’explosion

Nul ne l’a sue

Le jour d’après

Coule la lave

Brûlent les cendres

Lave la lave

Mange la louve

Larmes sans sel

De régime

Cuit et recuit 

Frottent les cendres

Récurent

 

Pas encore nu,

Pas tout à fait ?

Restent des choses

Bien accrochées

Des salissures

De vieux fantômes

D’anciennes guerres

 

Qui peut le faire, si ce n'est toi ? 

 

Nettoie

 

Les notes glissent

Comme des larmes

Gouttes de feu

Sur la paroi

 

Qui m’a volé le cœur ?

Qui m’a trempé vivant,

Comme une lame ?

Qui m’a fouetté les yeux,

M’a déchiré le ventre

Me baisant les paupières

Et m’enduisant de baume,

Me prenant par la main,

Pour me conduire

Dehors ?

Les dits de Lao Yu

LE BUT DE LA QUÊTE EST DE N'AVOIR

NI BUT, NI QUÊTE

 

***

 

QUE SAIT-IL DE LA PESANTEUR,

CELUI QUI N'EST JAMAIS TOMBÉ ?

 

***

 

C'EST SOUVENT LORSQU'ELLE S'ENFUIT QU'ON PERÇOIT L'ESSENCE DE LA BEAUTÉ

 

***

 

LA MER A DES MILLIARDS DE VAGUES QUI BATTENT TOUS LES RIVAGES. OU EST LE CENTRE DE LA MER ?

 

***

 

CE QUI EST MORT N'A AUCUN POUVOIR SUR CE QUI EST VIVANT

SEULS LES MORTS CRAIGNENT LES MORTS

 

***

 

QUAND LE NID BRÛLE, LES OISEAUX S’ENVOLENT

 

***

 

C’EST DANS LA CHUTE QUE LES AILES POUSSENT

 

***

 

CE QUI PEUT ÊTRE PERDU EST SANS VALEUR

 

***

 

LA MAISON EST PLUS GRANDE QUE LA PORTE

 

***

 

L’ERREUR EST LA VOIE

 

***

 

LA ROUTE EST DURE A CELUI QUI BOÎTE

 

***

 

LA LUMIERE DE L’ETOILE EST DANS L’ŒIL QUI LA REGARDE

 

***

 

LES PETITS NOURRISSENT LES GRANDS

 

***

 

LES RICHES ONT UNE BOUCHE
MAIS PAS DE MAINS POUR LA REMPLIR

C’EST POURQUOI IL LEUR FAUT
DE NOMBREUX SERVITEURS ;


CEUX QUI ONT DE NOMBREUX SERVITEURS
NE SAURAIENT VIVRE SEULS,

CE SONT DONC DES PAUVRES ;


CELUI QUI PEUT VIVRE SANS SERVITEURS 
EST DONC LE VERITABLE RICHE.

 

***

 

VIVRE C’EST REVENIR SUR SES PAS

 

***

 

LA NUIT LAVE LE LINGE DU SOLEIL

 

***

 

LES RUISSEAUX EMPORTENT LES MONTAGNES

 

***

 

UNE EPINE DANS LE PIED DU GENERAL : L’ARMEE S’ARRÊTE


***
 


UN PORC EN HABITS DE SOIE RESTE UN PORC,
COMME UN DIAMANT DANS LE FUMIER

RESTE UN DIAMANT.

MAIS LA PLACE D’ UN DIAMANT

EST DANS UN ECRIN DE SOIE,

ET CELLE D’UN PORC DANS LE FUMIER.

 

***

 

COMME SEULE L’EAU ETANCHE LA SOIF,
SEULE LA JUSTICE COMBLE LA FAIM DE JUSTICE

 

***

 

DU COLIBRI A L’AIGLE, IL EXISTE DE NOMBREUX OISEAUX

 

***

 

LE DEDANS REGLE LE DEHORS

 

***

 

L’EPONGE BOIT LE VIN RENVERSÉ
ET LA ROSÉE DU MATIN

 

 

***  

 

LORSQU'IL DECOUVRE LE MIEL,

L'OURS OUBLIE LA PIQÛRE DES ABEILLES

 

 

 

 

 

 

 

 

Lisez-Moi Lisez Moi Lisez Moi

Des mots des mots des mots des

Quand à un livre je me livre , ce que je lis me délie.

 

 

Je me demande pourquoi on n'a pas encore une loi qui oblige à faire bouillir les bébés à la naissance, afin qu'ils soient parfaitement stérilisés.

 

Circuler, pour mieux s'ôter.

Toute notre vie, on attend une grande cause pour se lever, et on passe sa vie accroupi, à croupir.

Le lucane aime prendre l'R le soir à sa lucarne.

Ce qu’il y a de bien dans l’état de siège, c’est qu’on prend le temps de s’asseoir.

 

 

Les oiseaux sont les poissons du ciel,

nous en sommes les crabes


Heureux les déjantés, ils quitteront plus facilement la route commune!

 
L’argent n’a pas d’odeur, mais il y contribue.


Un vrai sosie, c’est invraisemblable.

   

Quand je grossis, je m’aigris ; et quand je m’aigris, je grossis.

   

Le temps, c’est de l’urgent.

   

Joindre l’utile au désagréable : se faire renverser par une ambulance.  

 

Le journal du paradis, c’est le Daily Cieux.

   

Yfaut et Yaka sont dans un bateau ; Yfaut tombe à l’eau, Yaka l’repêcher.

 

Chaque matin, s’ils ne sont pas morts, les vieux vont aux nouvelles.

 

Le poète a latitude d’explorer toutes les longitudes.

   

Etre réduit à la portion congrue, c’est fort peu. Moins, c’est incongru.

 

Peut-on dire de quelqu’un
dont la vie dépend des autres pour tout qu’il
est riche ?
La bouche est elle riche ?

Peut-on dire de quelqu’un
qui n’a rien à attendre des autres qu’il est pauvre ?
Les mains sont elles pauvres ?

 

Curieux comme mystique s’oppose à mastoc.

 

On a mis bien des ouvrages majeurs à l’index.

 

Quand le brouillard tombe, on voudrait qu’il se casse.

 

Au matin, la nuit tombe de sommeil.