Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
12 février 2014 3 12 /02 /février /2014 11:11

Je vais redire sous une forme nouvelle ce que j'ai déjà indiqué à plusieurs reprises, sur ce blog.

 

Dire - ou suggérer, plutôt, tant le sujet est mystérieux et difficile à appréhender par nos cerveaux confus et timorés - comment, par quel prodige nous nous trouvons ici, tous ensemble, dans ce chaudron, et comment, par déduction, nous pouvons en sortir vivants.

 

La tradition judéo-chrétienne étant celle que je connais le mieux, c'est à elle que je ferai appel.

 

D'abord, l'alphabet (aleph-beith/alpha beta). Se souvenir que c'est beith qui est la première lettre de la Torah, et non pas aleph

 

Beith, comme le son l'indique, est une boîte.

 

Aleph, sa graphie montre clairement une paroi, et deux virgules inversées qui se font face, l'une dans un monde, celui qui donne la vie, l'autre de ce côté ci du miroir, dans la boîte, qui n'est rien d'autre que l'univers créé.

 

Les virgules sont des yod, "la main", symbolisant aussi le germe.

 

 

Aleph  dépeint le processus de création. L'esprit, ou qui que ce soit, insuffle d'ailleurs, d’un autre monde transcendant ce qui existe en nous et autour de nous. Pas au début, mais en permanence. Tout est toujours neuf. Le temps est une parfaite illusion à laquelle nous sommes si habitués que nous en faisons une évidence, une fatalité.

 

Aleph, sous sa forme grecque alpha dessine une bouche : le Verbe, Logos, pour montrer le souffle, le son, la vibration, et le déploiement de l'esprit qui habite et anime toute chose, tout être créé. Chose est un mauvais choix, pour désigner une créature. Car l'esprit habite chaque être, fût-il infime et misérable. Tout est vivant.

 

Sauf, peut-être, ce que l'homme fabrique. Je n'en sais rien. Je n'ai pas encore réussi à voir la vie dans les objets moulés dans du plastique. Mais qui sait ?

 

De ce côté ci du miroir, c'est la jungle. Y préside la loi éponyme. Dévoration permanente dans une chaîne alimentaire qui illustre d’un bout à l’autre le droit du plus fort. Comme l'a montré Ghislaine Lanctot, le droit du plus fort est devenu le droit du plus malin.

 

De façon schématique, l'homme malin apprend à se servir de son cortex pour le mettre à son propre service, exclusivement, et à celui de sa famille ou de son clan, dont il a besoin. Tout le reste est corvéable, taillable, mangeable, utilisable, et n'est que de la nourriture ou du bétail.

 

Ce système, sous ces deux formes - le plus fort, le plus brutal, le plus malin, le plus menteur - a fait l'Histoire, durant un laps de temps difficile à apprécier, puisqu'on nous ment sur notre passé, trafiqué à souhait.

 

Mais le constat est cruel : depuis des siècles, le monde est en proie à des guerres incessantes, des furies d'expansion et de conquête, et souvent, sinon toujours, Dieu est enrôlé pour justifier la violence.

 

Quand un peuple disparaît sous le fer, c'est que son Dieu n'était pas à la hauteur. Vae victis ! Qu'on le foule aux pieds, qu'on l'oublie, qu'on fracasse ses images !

 

Un jour, un jour pas comme les autres, à moins que cela se reproduise régulièrement, mais nul ne le sait, car tout nous a été volé de notre mémoire collective, un homme est apparu, en Galilée, la terre des Gaels. Peut-être n'a-t-il jamais vraiment existé, et n'est-il qu'un mythe. Mais alors comment expliquer le Suaire de Turin et les  voiles ?

 

Passons. Le mythe à lui seul suffit. L'exégèse protestante du XXème siècle a établi que le Christ avait une foule de précurseurs, Attis, Adonis, Mithra, et autres, nés au solstice d'hiver, et cloués à des arbres. C'est vrai. Dieux de la végétation, dieux solaires, cycliques, du renouvellement.

 

Ce que nul ne sait, c'est si un comportement aussi étrange et des enseignements aussi novateurs que ceux du Christ avaient, eux, des précurseurs.

 

Si l'on passe sur l'existence réelle, qui peut faire débat, ainsi que tous ses corollaires (Homme, Dieu, Dieu fait homme, homme fait Dieu ?) et le fait que Jésus s'inscrit bien à la fin d'une série de précurseurs, une fois ces questions écartées, reste l'enseignement.

 

Que dit-il ? Peu de choses, sinon des bombes : Aime tes ennemis. Donne tout ce que tu as, et suis-moi. Ne te soucie pas de ce que tu mangeras, ni comment tu vivras. Aie confiance. Aime ton prochain comme toi-même. Ne juge pas. La loi des hommes et des prêtres n'est pas la Loi. Mon Royaume n’est pas de ce monde. Et, cette merveille : que celui qui n'a jamais péché jette la première pierre.

 

Je vais vous confier l'un de mes derniers rêves : je découpais des livres avec une paire de ciseaux. C'étaient des évangiles. J'en découpais cinq, qui devaient, je ne sais comment, être utilisés par cinq femmes avec des bombes.  Soudain, j'ai eu peur : je suis complice et témoin, elles peuvent me tuer pour s'assurer de mon silence. Et oui, l'une d'elles se jetait justement sur moi avec une fourchette à barbecue, à deux longues pointes, juste avant que je m'éveille.

 

Sans vouloir entrer dans le détail, l'association bombe/évangile est frappante.

 

Ce n'est pas  pour rien qu'avant leur récupération par Constantin pour en faire un cheval de guerre, les chrétiens ont servi de torche à Néron, et de casse-croûte aux fauves du Colisée.

 

Soyons clairs : depuis l'origine, on trouve sous le nom de "chrétiens" tout et son contraire, depuis la plus grande simplicité – les Pères de la Thébaïde, dont l'un courait après ses voleurs en disant "attendez, vous en oubliez!" -, les meurtriers d' Hypathie, jusqu'à aujourd'hui, en passant par les horribles massacres des Vaudois, des Cathares, des Franciscains spirituels, le supplice de Jean de la Croix, la condamnation de Maître Eckart. A ces horreurs et à nombre de petitesses et de mesquineries, s'opposent la difficile suppression de l'esclavage, le droit d'asile, le secours aux pauvres et aux malades (maisons-Dieu), la doctrine du pardon, et pour reprendre Bernanos, les saints.

 

On trouve de tout, parce que l'homme est, avant de transformer le germe qu'il est ou qu'il porte en lui, d’abord une bête sauvage. Un cerveau reptilien augmenté d'un cortex.

 

Lequel ne sert le plus souvent, comme je le disais plus haut, qu'à aider le premier à réussir ses coups, au lieu de s'y opposer et de le transcender.  

 

Malgré les vicissitudes et les innombrables contre-exemples, l'enseignement du Christ reste ce qu'il est. Une merveille, un brûlot. Capable de mettre le feu.

 

Je suis venu allumer un feu sur la Terre, disait-il. Cette Terre où règne le Prince de ce monde. Il ajoutait qu'il mettrait la guerre entre le père et le fils, la mère et sa fille. Lisant cela, je pense entre autres à la conversion de la soeur du sinistre et pitoyable BHL.

 

Chacun de ceux qui ne sont pas restés sous l’hypnose des media dominants peut maintenant voir clairement l'offensive mondiale, la grande et implacable  guerre qui est menée contre le monde entier, contre l'humanité entière, contre tous les hommes par un clan déterminé à en prendre le contrôle, par tous moyens.

  

Ce clan composé de juifs ultra-visibles, mais aussi de gens de toutes races a comme points communs un orgueil délirant, une indifférence absolue à l’autre, et probablement le culte d’un dieu qui ressemble fortement au dieu tribal du Deutéronome, assoiffé de meurtres, de sang, de conquête, ivre de vengeance, un dieu jaloux.

 

Tous les moyens sont bons, pensent-ils. La paix par la guerre, établie sur la ruine et la soumission de tous. Et quelle paix ? La paix des armes, de la contrainte, du chantage, de la menace ? La paix obtenue par le meurtre généralisé, la torture, l'espionnage, le mensonge, la délation, est-ce une paix ? Est-ce la paix ? Celle dont parlait le Christ ?

 

Ces gens-là  adorent Mammon, le Veau d'or, et Moloch, friand de chair carbonisée. Tout le monde le sait, tout le monde le voit, mais doit le taire. Ces gens-là trafiquent comme trafiquaient les changeurs du temple de Jérusalem, des colombes à égorger contre de l'or.

 

Abandonne-tout, disait l'Autre, et suis-moi, avant de renverser les banques et de fouetter les marchands à coups de cordes, puis d'être sacrifié comme l'était à cette époque le bouc émissaire, pour que le peuple élu puisse continuer tranquillement ses petites et ses grosses entourloupes. Notre messie, lui, ricanaient-ils, en le mettant à mort ?

 

Les banques sont reines, aujourd'hui. Une fraction de l'humanité, s'en sentant séparée par un orgueil incommensurable, met tout le poids de son cortex surdéveloppé au service exclusif de son cerveau reptilien, considérant la foule des hommes comme une simple pâte à modeler, un troupeau à tondre et à traire, à dévorer.

 

Ce sont ceux que le Christ appelait "Fils du Diable, meurtrier depuis l'origine", ce sont les mêmes. Juifs de race ou non, là n'est pas la question.

 

Si la gestion commerciale et la promotion à fins politiques du génocide des juifs par l'Allemagne nazie est insupportable, il ne faut pas oublier cette horreur, ce sacrifice collectif, ni oublier d'ailleurs qu'il fut accompagné de celui des tsiganes, des homosexuels, des handicapés. Ni perdre de vue qu'il profita en premier lieu à la grande industrie allemande, elle-même fortement liée aux capitaux internationaux. Trop d'écrans de fumée entourent cette époque pour qu'en soit connus, par delà les coupables officiels, les véritables commanditaires et les vraies raisons.

 

La seule question est à l'intérieur de nous, car le théâtre extérieur n’est que la projection de notre vie intérieure.

 

Deux comportements s'opposent d'une façon de plus en plus évidente, et c'est probablement la lumière apocalyptique qui en dessine aussi nettement les contours : d'un côté, les forces librement déchaînées de l'arrogance, de la violence, de l'absence d'empathie, qui veut gagner tout ce que contient ce monde, sans s'apercevoir que, comme dans les anciens contes, l'or vulgaire n'est que cendres et boue. Ceux-là, malgré leur intelligence froide et rusée, leur prodigieuse technologie, ne sont que "malins", ce qui est un mot à deux sens. Ce sont des animaux à sang froid, sans empathie, privés d’amour.

 

De l'autre côté, en face, l'immense majorité des indécis, de ceux qui ont peur, qui ne savent pas, hésitent, aimeraient bien, et attendent qu'on leur dise où aller, quoi faire, attendent qu'on les rassure, qu'on les frappe, qu'on les tonde, ou qu'on les enrôle de nouveau. Car chacun d’entre eux, oui, est peut-être individuellement une femme émouvante, un homme attendrissant, mais capable de devenir en peu de temps un bourreau à son tour, dans le cycle infernal dominant/dominé, et toutes ses formes hiérarchisées.

 

Et, ailleurs enfin, le troisième choix, un autre peuple, et pourtant issu du même. Qui a compris que la malédiction naturelle, cette dévoration permanente n'est pas une fatalité. Que dans la cage aux rats, on peut échapper à la terrible dualité dominant/dominé en devenant neutre.

 

Neutre, ou Un. Monos. Le mot neutre n’a pas ici le sens qu’il a en physique. Le neutre soigne les blessés des deux camps, rassure et cache les fuyards, et partage sa nourriture. Simplement, il a quitté (autant que ce soit possible physiquement) le monde duel qui veut pourtant sa peau, comme en témoigne mon rêve et la meurtrière fourchette de barbecue.

 

Le Christ, j’y reviens, a constamment pris le contrepied de l'Ancien Testament. Quand Abraham s'apprête à sacrifier son fils Isaac, un ange vient lui substituer un bouc ou un bélier. A l'inverse, le Christ se substitue au bouc émissaire, ce bouc que les hébreux paraient comme une idole avant de le chasser dans le désert, pour qu'il meure en expiant leurs propres fautes.

 

La loi du Christ s'oppose tellement à celle de Yaveh que je n'ai jamais compris – les Cathares non plus - comment on pouvait lier les deux, sinon par une inversion, un renversement complet.

 

Il n'est jamais question d'amour, de remise de dette ni de pardon dans l'AT. Si ce n'est vis à vis d'un autre hébreu. Loi du clan. En guerre contre le reste du monde, désigné comme une proie.

 

En ce sens, la guerre des sionistes est vraiment une guerre d'arrière garde. La guerre de ceux qui refusent toujours et encore, obstinément, le message du Christ, Le et nous considérant comme des esclaves. Êtres emplis d’orgueil qui se croient investis de la mission de terminer le 6ème jour de la Création : dominer la Terre, considérée comme Terre promise, et tout ce qui s’y trouve, avant, sans doute, de conquérir le cosmos. 

 

Les sionistes, armés d'or volé depuisdes siècles et de plomb durci, contre le Christ et le monde des hommes. Contre les animaux aussi, les végétaux, l'air, l'eau, la terre, contre tout ce qui est vivant. Le principe de domination dans son ultime avatar. Apogée de la geste du démiurge, Ialdabaoth.

 

Supprimez ces gens là et leur culte babélien, le monde industriel et technologique disparaît, le monde naturel reprend sa place.

 

Mais peut-être n'est-ce pas le destin de ce monde. 

  

En conclusion, et pour boucler la boucle, je vais reprendre cette évidence : le message du Christ est un renversement total des textes yahviques. Ce que montre par exemple l'image de l'acrobate des églises romanes. L’être qui renonce à profiter des autres, qui tend la main plutôt que le poing, qui peu à peu s’enhardit à « aimer son ennemi », comme dans le beau poème d’Hugo, malgré les inévitables insuffisances terrestres, celui-là peu à peu se retourne, opère une rotation – rota, tarot, torah – qui le fait neuf, et non plus six.

 

 

On a vu qu'Aleph est l'inversion d'un yod, qui symbolise un germe, de part et d'autre d'une paroi.

 

Si le message du Christ est un renversement de perspective, l'adopter, l'incarner - autant que ce soit possible, la barre est très haute - c'est  se préparer, comme le fait le bébé avant de naître, à sortir de la boîte, de la matrice. Vivant.

 

Si ceux qui aiment la guerre et la domination veulent demeurer dans cet enfer, c'est leur choix. La masse terrorisée mais capable aussi de tuer sur commande doit être protégée autant que possible, mais « garde-toi de donner des perles aux cochons, de peur qu’ils ne te dévorent ».

 

Dans cette terrible guerre qui se propage maintenant de façon visible jusqu’en France, avec les récentes voies de fait contre les rares vrais opposants, nous, les neutres, qui refusons la domination, mais sans haine pour l’ennemi, car cet ennemi puissant nous chasse comme les soldats de Pharaon poussaient les hébreux vers la Mer Rouge, et donc la libération, nous avons un allié, un puissant allié. Qui disait de Lui-même : « Je suis la Voie, la Vérité et la Vie », « Je suis l’Alpha et l’Ômega », « Je suis la porte ».

 

Un allié surnaturel, dont le royaume n'est pas de ce monde, beith, la matrice. Si ceux qui ont été totalement façonnés par les doctrines de la Bête ont peine à l’envisager, ceux qui ont exploré au moins partiellement leurs propres profondeurs et hauteurs le savent, et toute l’histoire des saints le démontre, le Surnaturel nous est « plus proche que la veine jugulaire (Coran 50:16)».  

 

Le mythe des écuries d’Augias nous le rappelle : quand le fumier monte trop haut, seul le recours au fleuve Alphée (Aleph, alpha, encore) peut en assurer le nettoyage.

 

Face à des hordes furieuses de bêtes sauvages améliorées, robotisées, transhumanisées, mais privées d'humanité, folles d'orgueil, qui ont mis leur intelligence au service de la domination, face à ces armées monstrueuses, la porte, le passage de la Mer Rouge, c’est la transformation en Homme Véritable, à l’image du Christ.

 

Sans jugement, sans haine, sans orgueil, dans une totale inversion des valeurs yahviques qui mènent nos ennemis, armée de l’Antique Dragon, à la subversion de tout le monde créé.  

 

Pour ceux qui acceptent et comprennent l'inéluctabilité de ce renversement préalable, la porte de la nouvelle naissance est ouverte en permanence.  

 

 

Repost 0
Published by Vieux Jade - dans féculents
commenter cet article
13 octobre 2013 7 13 /10 /octobre /2013 11:44
    OEUF ALCHIMIQUE-01
 
 
Vézelay, le 12 octobre 2013.
 
Comme prévu, la météo annonçant un temps froid et pluvieux, not a cat ou presque dans les rues. Cependant, sous un petit vent vif, il faisait un soleil radieux. Comme prévu également, nous sommes arrivés vers midi à la basilique, et à midi vingt j'étais dans la crypte. Midi vingt, c'est à dire dix heures vingt, heure solaire.
 
Un femme en blouson aubergine, foulard blanc, cheveux noir de jais, assise au premier rang. Je prends place deux rangs derrière. Cinq minutes plus tard Mme VJ qui vadrouillait je ne sais où s'assied entre nous, sur ma droite.
 
Posé les chaussures, pour que le fluide de la montagne ferrique me transperce. Comme souvent, le mental s'emballe. Je crois qu'il n'aime pas du tout qu'on lui enlève les rênes. Chaque bruit résonne dans cette grotte.  
 
Des gens, sept ou huit, dévalent les escaliers, de droite, de gauche, traversent, s'arrêtent dix secondes, chuchotent, et cela me met hors de moi. L'être brutal et suppressif, le censeur qui veut tailler tout le monde sur son modèle s'insurge, la colère arrive. Quelqu'un glisse une pièce dans un tronc, qui produit un bruit colossal, comme une armure qui s'effondre interminablement. L'affreux dragon sort les griffes, et pense : "Qu'est-ce que tu crois pouvoir acheter avec ton fric ?"
 
La correction ne traîne pas : "Es-tu le critère de la perfection, le rétributeur de ce qui est juste et injuste ? Connais-tu le coeur des hommes ? Ou plutôt, n'es tu pas blindé dans un incroyable orgueil ?"
 
Comme en zazen, comme en toute situation chaotique, respirer, revenir à la respiration. C'est mieux. Le calme retombe, avec la raison. Chacun a le droit de vivre selon ses propres règles. Tu n'es pas un tyran ni un juge.
 
L'énergie du lieu est toujours très puissante. Un séjour dans la crypte fait à qui l'accepte l'effet d'un bain d'acide qui ronge la rouille et dissout les concrétions, libérant les forces internes emprisonnées.
 
Si ce n'est pas contrôlé, associé à la sagesse acquise, c'est comme lâcher des fauves dans la foule. Les romains appelaient la colline de Vézelay "le mont Scorpion", pour qualifier la violence qu'elle peut induire. 
 
L'histoire de Vézelay est d'ailleurs une succession de guerres, de conflits et de révoltes.
 
Peu à peu, les derniers visiteurs s'en vont. Nous restons trois, dans un silence total.
 
Puis l'office commence, au dessus de nous. De beaux chants polyphoniques, puis un violoncelle sublime. Couplé à une respiration lente, c'est la plongée. Les excrétions, les exsudations mentales ont pris fin.
 
Une phrase soudain vient danser : "IGNE NATURA RENOVATUR INTEGRA".
 
Je perçois vaguement qu'IGNE est inclus dans INTEGRA, et que bien des lettres sont communes à NATURA et RENOVATUR. J'en prends note, mais ce n'est pas le moment d'y appliquer le mental décodeur. Plus tard.
 
Après une demi-heure d'apnée, Mme VJ et moi sommes sortis. L'autre personne a l'air d'en avoir pris pour un bail. Le temps de nous recomposer sur le banc de pierre lisse qui fait face à la statue de Marie-Madeleine éplorée, nous nous glissons entre les cordes installées pour empêcher l'accès du choeur durant les offices, et descendons la rue déserte avant d'aller déjeuner de roboratives délices bourguignonnes à l'hôtel du Morvan.
 
Là, sur le set de table en papier, j'aligne les lettres : IGNE NATURA RENOVATUR INTEGRA, dont les initiales forment I.N.R.I., qui aurait été peint sur un écriteau cloué au dessus de la tête du Christ en croix, pour dire, par dérision, que le supplicié était Iesu Nazarenus, Rex Iudeorum (Jésus de Nazareth roi des juifs). Pour la plupart des alchimistes, qui doutaient fort d'un Christ historique, ce sigle signifiait  IGNE (par le feu) INTEGRA NATURA (la Nature entière) RENOVATUR (est rénovée).
 
OK. Mais il y a autre chose, l'intuition est venue me klaxonner dans la crypte. S'ils ont donné aussi volontiers cette lecture, c'est qu'elle renferme autre chose.
 
Tout simple : quand on raie IGNE et NATURA des mots INTEGRA et RENOVATUR, il reste RE, TRA et OV. Les 26 lettres, ou plutôt les 4 mots sont placés en miroir autour de la lettre N de RENOVATUR. N est par sa forme une lettre miroir qui, comme le X induit une idée de renversement.
 
RE, pour les égyptiens, c'est le Soleil. TRA, c'est la racine de TRANS, à travers. OV, évidemment, c'est l'abréviation de OVUM, l'oeuf.  
 
Dans leurs inscriptions lapidaires, les romains étaient des champions dans l'art de raccourcir les mots. RE /TRA/ OV pour RE TRANS OVUM, le soleil agit à travers ou à destination de l'oeuf. Pour Plutarque, le Soleil était un miroir réfléchissant la lumière d'un monde invisible. Ça me fait penser à une couveuse cosmique.  
 
Mais il y a plus simple, sans faire appel à l'Égypte (mais l'alchimie se nomme elle-même AL KEMIA, la terre noire, en référence à la terre féconde de la vallée du Nil, donc plusieurs lectures peuvent se superposer et se compléter), c'est :
 
TERRA OVUM (EST) : la Terre (est) un oeuf.
 
Pour un positiviste, un matérialiste, un zététicien, cette découverte n'en est pas une. C'est un délire, le fruit d'un esprit malade.
 
N'ayant rien à gagner, rien perdre, rien à prouver, je la livre telle quelle, cette trouvaille, à qui la veut.
 
En rappelant l'importance du symbole de l'oeuf en alchimie; en rappelant aussi que pour Carl Gustav Jung, l'alchimie est le domaine symbolique qui recouvre et englobe la totalité de l'expérience humaine en ce qu'elle a de conscient et d'inconscient, dans ce que représente finalement le Grand Oeuvre : le mariage des opposés, la reconstitution de l'Être Primordial, la Réintégration de ce qui a été séparé.
 
Découvrir que la Terre (en tant que planète, ou/et en tant qu'élément, c'est-à-dire la matière) est un oeuf, loin d'être anecdotique ou insignifiant, est au contraire d'une importance majeure.
 
Majeure pour moi, c'est certain. Car mon doute éternel et fondamental repose sur ces deux piliers antithétiques : devons-nous simplement nous éveiller de ce rêve, et foutre le camp d'un monde cauchemardesque où nous nous sommes égarés, ou avons nous au contraire, même si nous ne sommes pas DE ce monde, une tâche à remplir, une mission, un rôle à jouer dans l'accomplissement de cet univers ?
 
Bref : sommes nous ici par erreur, ou non ?
 
La découverte du message caché y répond très précisément : la Terre/planète, ou la terre/matière, dont nous sommes faits est un oeuf. Quelque chose, un germe, un potentiel, un avenir y sont inclus, qui cherche à naître (ou à re-naître ?).
 
Dans ce cas, devons-nous nous en laver les mains, chercher à fuir, comme je l'ai fait si longtemps, ou participer à sa gestation, et à sa mise au monde, par l'activation du feu de l'intelligence, de l'attention, de l'amour qui couve en nous ?
 
Être ou ne pas être ? Telle est la question.
 
 
 
 
 
 
Repost 0
Published by Vieux Jade - dans féculents
commenter cet article
9 octobre 2013 3 09 /10 /octobre /2013 11:52

Poing, pogne, viennent de la racine indo-européenne PENT, PENK, qui signifie cinq.  

 

Cinq doigts, un poing. Pugnace. Giroflée à cinq branches, lisais-je dans les aventures de Bécassine. 

 

Cinq doigts, une main. Cinq, ou l'homme. La main n'appartient qu'à l'homme, man. Les autres ont des pattes, des griffes, des serres, des nageoires, des ventouses, mais pas des mains au pouce opposable. L'homme mesure l'espace de sa main, sa paume, sa coudée, son empan, ses pas. L'homme est la mesure de toutes choses, c'est connu.

 

L'homme jouit d'un mental - mens - qui assemble les données que lui procurent ses mains. L'homme règle le monde avec son mens et ses mains, sous la course éternelle de la Lune, Moon.

 

Celle-ci, et le Soleil, puis les planètes, règlent le cours du temps.

 

La main de l'homme a cinq doigts, et quatorze phalanges. Sur ses deux mains, l'homme peut compter une lunaison, soit vingt-huit jours.

 

Deux mains, c'est dix doigts. Les spécialistes ont beaucoup de mal à découvrir l'origine de dix. Racine DKM, que certains ont lu : Di (deux) KoMT (mains). Mais le mot "komt" pour main, avancé par certains (KMT) serait douteux.

 

Tant pis. J'ai autre chose à proposer : Dekem, c'est 2 X kom, dikom, soit 2 ensemble. Kom a donné le latin cum, qui désigne l'union.

 

J'y vais maintenant de ma rêverie :

 

Qu'il existe bien un mot "komt" pour signifier "main", ou que ma suggestion soit recevable, deux mains font dix, soit un compte. On apprend toujours à compter sur ses mains.

 

Deux comptes, c'est vingt, trois comptes, trente. Tous les enfants le savent.

 

Essayez de compter : si vous êtes droitier, comme moi, vous désignerez peut-être chacun de vos doigts de gauche avec un doigt de votre main droite. Puis les cinq doigts de votre main droite se compteront, se lèveront tout seuls, sans que vous ayez besoin de les désigner. Faisant cela depuis toujours, je croyais que c'était une pratique courante. Après vérification, non.  

 

La gauche représente l'inconscient, ce qui est caché, obscur, qu'il faut nommer, désigner, éclairer, alors que la droite représente la conscience, qui demeure en pleine lumière.

 

Quand il se recueille, l'homme joint les mains, unit en lui le sombre et le clair, la femme à l'homme, l'humide au sec, le vagyin au lingam, le vide, le vase, au plein.

 

Il demeure alors dans son centre, le Un.

 

De dix, il a fait ou refait un. L'axe, la tige mâle est I, le cercle périphérique féminin O.

 

D'une manière presqu'incroyable, mais tout est magique en ce monde, si l'on soulève le voile, l'addition de 10 + 9 + 8 + 7 + 6 + 5 + 4 + 3 + 2 + 1 donne 55, ou 10.

 

Le compte est bon ?

 

Pas tout à fait.

 

Quand l'être humain unit ses mains, ses deux mains qui font dix, ou quand il unit toutes les paires complémentaires en lui, elles reposent autour de l'axe de la colonne vertébrale, qui est le rappel de l'arbre de la Vie. La connaissance du "bien" (tov, lu "accompli" par Annick de Souzenelle, peut-être le cosmos, l'ordonné, l'informé), figurée par la main droite, et du "mal" (l'inaccompli, le chaos, la pulsion brute, l'énergie informe), par la main gauche, réunies joignent le deuxième arbre (celui dont les fruits causent la mort) au premier. 

 

Il n'a jamais été écrit que l'arbre était un pommier, et donc que le fruit était une pomme, mèlon, en grec qui rappelle mélos, la noirceur.

 

Ça n'a pas été écrit mais ça s'est répété depuis des milliers d'années. Or, si l'on coupe une pomme par le milieu, dans le sens horizontal (le sens de la "chute", comme l'être primordial a été coupé en mâle et en femelle, on obtient deux moitiés de pomme dessinant deux jolies étoiles à 5 branches, mais plus de pomme. Plus de pomme, mais une moitié mâle qui a une queue, une moitié femelle qui a une rosace, vestige de la fleur.      

 

Deux mains unies, l'une masculine, l'autre féminine reforment le fruit, image de l'arbre, celui de la connaissance, 5 plus 5 soit 10, dont il n'a jamais été écrit qu'il était "au centre du jardin". Cet arbre est donc situé hors du Paradis, à l’extérieur, dans le monde de la mort où nous nous trouvons. C’est ici, et pas ailleurs, que nous ferons la connaissance du bien et du mal, et que nous sommes conviés à marier les opposés.  

 

Cela accompli, nous pourrons alors regagner le Jardin, où demeure intouché, immuable, l'autre arbre, dont il est bien écrit qu'il se trouve au centre, lui, l’arbre de la Vie. Les deux donnent 11. Dix plus Un. 

 

Et renvoient au Soleil, le seul oeil, dont le cycle est basé sur onze.

 

En graphie latine majuscule, SOL, c'est Conscience/vide ou ouverture/expansion.

 

A ce stade, je dois formuler une intuition (ou une réminiscence) que j'ai eue à la lecture d'un texte publié sur le BBB : le Soleil (Sun, son, le Fils) est la porte des âmes dans ce monde. On le voit dans le célèbre tableau de Jérôme Bosch, l'Ascension des Bénis.

             

L'âme voyagerait par le moyen de la lumière. A ce sujet, je trouve dans le bouquin que je lis, d'où je tire certains matériaux de ce sujet, dont les conclusions n'engagent que moi, mais non l'auteur, décédé en 1998, et qui se méfiait beaucoup des rêveurs tels que moi, la mention que pour Plutarque, le Soleil (le Fils) était un miroir destiné à refléter la Lumière divine (du Père, ou Soleil central) dans ce monde.

 

Un rappel, de saint Paul, Corinthiens 13-12 : "Aujourd'hui nous voyons au moyen d'un miroir, d'une manière obscure, mais alors nous verrons face à face; aujourd'hui je connais en partie, mais alors je connaîtrai comme j'ai été connu". 

 

Cela confirme Plutarque. Dans le monde de la dualité, du 10, ou le 5 du "bien" s'oppose au 5 du "mal", ou monde "sublunaire", l'union des contraires permet l'accès au 10, c'est-à-dire à la paix qui naît de l’ordre retrouvé. Mais c’est un ordre terrestre, inspiré de l’ordre divin.

 

Au-delà, l’âme qui a accompli le dix, et donc placé l’arbre de la connaissance au centre de la création accède au Paradis dont l’arbre de Vie est le centre.

 

Là, l’âme voit Dieu, ou l’axe, face à face : UN, arbre image du principe créateur et un, issu du dix, image de l'homme qui a vaincu la mort par la résolution et l’union des opposés se contemplent, immobiles et en relation directe et permanente.     

 

Autant dire que l'homme divisé reste prisonnier de l'existence, la création visible symbolisée par le 10, dont le système lunaire (28, ou 2 + 8) de mesure est souvent désigné par des termes comprenant les lettres M et N, comme dans aMNésie, aMNiotique, MaMaN, MaMMelle, MaN, MooN, MeNs, MayiM,(les eaux en hébreu), alors que l'homme réunifié (divinisé, par opposition à divisé, par ajout de in, qui désigne l'intérieur) accède à la connaissance et à la Vie, comme le germe sort de la graine pour s'établir dans un nouvel espace, un nouveau temps, un nouveau monde, le monde Solaire du Paradis retrouvé.  

Repost 0
Published by Vieux Jade - dans féculents
commenter cet article
18 novembre 2012 7 18 /11 /novembre /2012 18:06
Dans une interviou donnée le 15 janvier 1982, peu avant sa disparition, Philip Kindred Dick, allumé notoire, disait qu'en tant qu'écrivain professionnel, il était stupéfait par la modernité des Évangiles. Personne n'écrivait comme ça à cette époque, dit-il.
 
Platon, dans la fameuse (à vérifier, c'est un lieu commun, les trucs fameux que tout le monde connaît : ah oui, l'allégorie de la caverne, mais QUI l'a lue, vraiment lue ?) allégorie de la caverne, nous emmène au cinéma.
 
Qu'est-ce d'autre qu'une projection cinématographique ?
 
"Voici des hommes dans une habitation souterraine en forme de grotte, qui a son entrée en longueur, ouvrant à la lumière du jour l’ensemble de la grotte ; ils y sont depuis leur enfance, les jambes et la nuque pris dans des liens qui les obligent à rester sur place et à ne regarder que vers l’avant, incapables qu’ils sont, à cause du lien, de tourner la tête ; leur parvient la lumière d’un feu qui brûle en haut et au loin, derrière eux ; et entre le feu et les hommes enchaînés, une route dans la hauteur, le long de laquelle voici qu’un muret a été élevé, de la même façon que les démonstrateurs de marionnettes disposent de cloisons qui les séparent des gens ; c’est par-dessus qu’ils montrent leurs merveilles.
— Je vois, dit-il.
— Vois aussi, le long de ce muret, des hommes qui portent des objets fabriqués de toute sorte qui dépassent du muret, des statues d’hommes et d’autres êtres vivants, façonnées en pierre, en bois, et en toutes matières ; parmi ces porteurs, comme il est normal, les uns parlent, et les autres se taisent.
— C’est une image étrange que tu décris là, dit-il, et d’étranges prisonniers.
— Semblables à nous, dis-je. Pour commencer, en effet, crois-tu que de tels hommes auraient pu voir quoi que ce soit d’autre, d’eux-mêmes et les uns des autres, que les ombres qui, sous l’effet du feu, se projettent sur la paroi de la grotte en face d’eux ?
— Comment auraient-ils fait, dit-il, puisqu’ils ont été contraints, tout au long de leur vie, de garder la tête immobile ?
— Et en ce qui concerne les objets transportés ? n’est-ce pas la même chose ?
— Bien sûr que si.
— Alors, s’ils étaient à même de parler les uns avec les autres, ne crois-tu pas qu’ils considéreraient ce qu’ils verraient comme ce qui est réellement ?
— Si, nécessairement.
— Et que se passerait-il si la prison comportait aussi un écho venant de la paroi d’en face ? Chaque fois que l’un de ceux qui passent émettrait un son, crois-tu qu’ils penseraient que ce qui l’émet est autre chose que l’ombre qui passe ?
— Non, par Zeus, je ne le crois pas, dit-il.
— Dès lors, dis-je, de tels c hommes considéreraient que le vrai n’est absolument rien d’autre que l’ensemble des ombres des objets fabriqués.
— Très nécessairement, dit-il." 
 
N'est-ce pas aussi anachronique que les récits des faits et gestes du Christ ?
 
Les légendes rapportent le souvenir de rois ou de sages qui voyaient au loin dans des miroirs, et savaient par le moyen de démons familiers ce qui se disait de l'autre côté de la Terre.
 
Bien que rien de cela ne constitue une quelconque preuve, les innombrables artefacts inexplicables et soigneusement inexpliqués que dissimule savamment l'archéologie officielle - entre autres les vases d'albâtre évidés de l'intérieur par une technique absolument impossible à reproduire - et ceux qu'elle ré-enterre dans les caves ou qu'elle mutile - comme la falsification du pyramidion de la grande pyramide de Gizeh, afin qu'il perde l'une de ses principales caractéristiques : être exactement haut de 1 mètre, des milliers d'années avant la prétendue "découverte" du mètre - l'incroyable machine d' Anticythère, et tant d'autres, tout concourt à amener à une conclusion : nous avons oublié le passé de la Terre, et de notre véritable histoire.
 
 
Pis : la falsification du pyramidion montre clairement que quelqu'un manipule les données afin que nous restions ignorants de ce passé, marionnettes sous influence.
 
Ignorants du passé, certes. Mais la manipulation va bien au-delà : depuis des décennies, maintenant, le public est savamment amené à deux (au moins) présupposés : nous avons été créés par des êtres supérieurs, dont nous sommes le bétail, les sujets. C'est la première donnée. Nous ne sommes plus les fils d'un Dieu aimant, comme le disait le Christ, mais le résultat de manipulations génétiques sur des animaux, afin, comme le disait Sitchin et d'autres après lui, de fournir de la main-d'oeuvre aux dieux venus d'ailleurs.
 
Totalement matérialiste. Les évhèméristes et autres ufologues hard core ignorent, refusent, réfutent toute transcendance. L'homme est un animal doué d'une conscience due au jeté de dés du hasard, ou d'une science utilitaire.
 
Notre nature divine est alors totalement niée. Quelles perspectives nous reste-t-il, en dehors d'éphémères jouissance et du suicide ?
 
La deuxième proposition a été préparée par d'anodines séries télé qui galvanisaient les adolescents dont j'étais : Super Jaimie et l'homme bionique, entre autres.
 
Les maîtres du monde, vivant dans l'ombre, tirent évidemment les ficelles du grand carrousel. Rien d'étonnant à ce qu'on nous dise aujourd'hui que l'avenir de la race humaine est dans la symbiose mécanique, alors qu'on nous y prépare gentiment depuis des décennies.
 
Ce mariage effarant de l'homme et des machines est sur les rails depuis bien plus longtemps que nous ne pouvons le croire.
 
Peut-être que nos corps ne sont rien d'autre que d'extraordinaires vaisseaux spatiaux, à nous donnés pour que nous - qui est NOUS ? -  expérimentions un film, comme le suggérait Platon. A l'issue du film, notre machine s'arrête - c'est la mort - afin que le voyageur revienne chez lui. 
 
Si c'est bien le cas, il y a ici, dans ce film, une intelligence à l'oeuvre qui tente de nous maintenir dans la caverne par tous les moyens possibles, y compris en nous faisant patiemment accepter que le but de l'opération est de demeurer éternellement collés là, alors que tous les anciens enseignements nous ont mis en garde : cette réalité est une illusion, maya, et donc toute tentative, promesse ou désir de s'incruster, de devenir immortel une monstrueuse arnaque. Qu'importe que ton corps soit mortel, nous dit-on, puisqu'on est capable de tranférer ta précieuse conscience dans un corps inusable, aussi souvent que nécessaire ?
 
Que disait le Christ ? Que nous ne sommes pas d'ici. Que le prince de ce monde n'est pas le Père, mais le père du mensonge, et que le mensonge règne en ce monde.
 
Nombreux sont ceux qui, comme le Christ et Platon sont venus ici pour crier à nos oreilles leur alarme toujours étonnamment moderne : éveillez-vous, levez-vous, marchez, comme celui qui demeurait paralysé, sortez de la caverne, du royaume des morts, du tombeau, comme Lazare, ouvrez les yeux, comme les aveugles guéris,n'écoutez plus les sirènes qui vous versent l'oubli, les fausses promesses de gloire, de puissance et d'immortalité.
 
 
 
De nos jours, par rapport aux générations qui nous ont devancé, nous avons la chance d'aller au cinéma, et donc de savoir que Platon parlait très exactement du phénomène de la projection. De savoir que rien n'est plus facile que de se laisser happer par le scénario, les éclairages, les effets musicaux d'un film. Rien de plus facile que de jouer sur les émotions, les sentiments, la détermination, la bonne volonté et la croyance du public.
 
Rien de plus simple que d'envoyer des peuples à la guerre, au massacre, à l'auto-destruction. Rien de plus aisé que de faire élire n'importe quel pantin auquel on refuserait en temps normal de serrer la main.
 
N'est-ce pas alors incroyable que malgré cette connaissance déjà ancienne - celle du mensonge des images, de la falsification et de l'effet des slogans - la plupart des humains continuent de s'enflammer pour toutes les causes téléguidées qu'on leur propose, comme l'ont fait tant de générations avant eux, qui, elles n'avaient pas connaissance de ces choses ? 
 
Faut-il que nous soyons à ce point englués dans le sommeil, l'illusion, que rien ne puisse nous en arracher ?
 
Que faudra-t-il, alors ? Que le ciel nous tombe sur la tête ? Que le scénario prenne une tournure si atroce qu'alors nous en jaillirons comme du pire cauchemar ?
 
Peut-être est-ce le dernier recours avant que nous acceptions de nous laisser transformer en morts-vivants génétiquement modifiés, bourrés de processus informatiques, éternels cadavres impulsés à volonté par d'effrayants sorciers définitivement coupés de la Source, notre Père/Mère.
 
Repost 0
Published by Vieux Jade - dans féculents
commenter cet article
17 mai 2012 4 17 /05 /mai /2012 12:00

Christ, Guimaëc

 

Christ en majesté, XVIème, église Saint-Pierre de Guimaëc.

Sous ses pieds, les os croisés signifient qu'il a vaincu la mort.

Les mains clouées qu'il a renoncé à "faire".

Quelle distance entre lui et le supplicié que s'est complue à nous infliger l'église romaine !

 

 

 

C'est con, les humains. Combien de fois rentré-je dans des bagnoles ornées d'une médaille de Saint-Christophe ? Il y a toujours une grand-mère pour en refiler une à la petite fille qui vient d'obtenir son permis.

 

Superstition. Mais ça marche, dit-on. Et la cousine de raconter l'histoire du cousin qui a survécu à l'accident, parce qu'il a été projeté de la voiture, et la médaille était juste à côté de lui !

 

Saint-Christophe, c'est pas un mec qu'est au ciel à régler la circulation. Pas d'auréole. Il protège les voyageurs. Ah bon ? Et Saint Antoine de Padoue (grand voleur grand filou) rend ce qui n'est pas à lui, ce qu'il a pris, si on lui demande poliment, bien sûr. Et la marmotte, elle, elle s'est spécialisée dans le chocolat. 

  

Il est dangereux de passer sous une échelle, j'en suis convaincu : on peut se prendre n'importe quoi sur la tête, des tuiles, un pot de fleurs, de la peinture.

 

Saint-Christophe, comme les parisiens, a une tête de chien. Ce n'est pas la première fois que j'évoque ce mythe, car il se présente souvent à ma pensée. Comme une buse fait des cercles concentriques, comme le pélerin dans le Pilgrim's progress, comme la voie du labyrinthe, la pensée affectionne certains lieux où elle revient cycliquement pour s'y abreuver, s'en familiariser, en approfondir le sens.

 

Le sens du mythe du Christophore est riche et relativement simple. Il s'y entrelace plusieurs légendes, dont les principales sont d'abord celle du géant Réprouvé qui cherche à servir le maître le plus puissant. Voyant un roi s'effrayer de la présence du diable, c'est à lui qu'il se voue, jusqu'à ce que ce dernier recule devant l'image d'une croix. Alors Réprouvé devient chrétien.

 

Le diable, c'est la division, l'émiettement, le chaos. La croix qui réunit l'axe horizontal (le patibulum) à l'axe vertical  (le stipes). Ce dernier étant préalablement planté en terre, c'est le seul patibulum que portait le condamné, sur son dos.

 

Ce qui est séparé, divisé, redoute l'union. La croix effraie le diable, qui redoute de se perdre, de noyer son existence dans l'Essence.

 

L'autre cours de légendes parle de cet être à tête de chien, peut-être une survivance de Cerbère ou d'Anubis, qui fût condamné à devenir passeur d'un fleuve. Pas de barque. Il porte les voyageurs sur son dos, comme le condamné porte le patibulum.

 

Une nuit, un enfant demande à passer. Christophe le charge sur son dos et commence la traversée. Plus il avance, et plus le poids devient lourd, et l'eau du fleuve menaçante. Il manque renoncer, et après de terribles efforts, réussit enfin à poser l'enfant sur l'autre rive.

 

Stupéfait, il apprend alors qu'il a porté Celui qui a créé le monde. L'enfant lui donne un bâton pour l'aider à retourner. Lorsqu'il le plante sur la plage, il devient un arbre et se couvre de dattes.

 

Le mythe est transparent. D'origine gnostique, bien sûr, il illumine le christianisme qui l'a souvent rejeté.

 

L'homme animal, anthropophage à tête de chien, est condamné à porter un poids d'un côté à l'autre du fleuve de l'existence. Dans l'autre cas, il porte le patibulum, qui est à la fois l'instrument de son supplice - que redoute le diable - mais aussi de sa divinisation par l'union. C'est le sens de la phrase que cite Fulcanelli, et qu'on trouve à un vitrail de l'église romane de Bourbon l'Archambault : O CRUX AVE SPES UNICA. Espoir unique, mais aussi espérance de l'Union, UNIO MYSTICA. L'union est réalisée lorsque les deux branches de la croix, la matière et l'esprit, la tête et le coeur, le Grand et le petit sont assemblés.

 

Christophe, c'est pas un barbu qui distribue des bons points à ceux qui achètent sa médaille. Nous sommes tous Cristophe. Tous les enfants devraient porter son nom en deuxième. Parce que nous avons tous hérité de cette redoutable tâche : porter la conscience tout au long du voyage, de la naissance à la mort.

 

Et ce voyage est fatigant, parfois terrible. Le corps s'affaisse, l'esprit faiblit, la lassitude, le découragement, l'envie de renoncer nous guettent à chaque pas, et souvent, nous sommes prêts à jeter l'enfant à la baille. Le corps renâcle, l'âme animale (nafs musulman, nephesh hébreu) refuse tout effort et cherche repos et distraction.

 

Mais, à celui qui a réussi l'épreuve, il est donné un bâton. C'est le signe que de chien, il est devenu homme. Sa colonne s'est redressée, il tient maintenant debout. Le condamné, lui, a fini par apporter le patibulum au stipes, qui est aussi une colonne verticale, l'axe du monde qui passe en chacun de nous. Alors, on le cloue.

 

Une ascension. 

 

Comme celles de la croix, les deux branches de la légende s'emboîtent parfaitement.

 

  

 

 

 

 

Repost 0
Published by Vieux Jade - dans féculents
commenter cet article
9 mai 2012 3 09 /05 /mai /2012 07:48

J'ai été léger hier. Écrit ça en 5 mn avant d'aller dormir. Sitôt allongé, me suis dit : léger, ce soir; t'as fait le minimum. Ça repose des fois où je suis lourd ou pléthorique, non ?

 

Quand un flic demande vos papiers, il parle égyptien, le bougre. Dites le lui, vous lui ouvrirez des horizons. Horizon est aussi un mot égyptien.

 

Les fameux "identitaires" refusent un monde métis (mot grec), afin que dans son coin (mot latin) chacun continue de ressembler à chacun. Il y a des identitaires dans tous les coins. Des grands blonds, des gros rouges, et des petits bronzés. Le peuple soi-disant (disant de lui-même qu'il serait) élu est identitaire, comme celui d'Ismaël et celui de Vishnu.

 

C'est la peur de s'éloigner de leur modèle qui les inspire. La peur de se néantiser dans l'autre. Or l'autre est un miroir, le meilleur révélateur de notre véritable identité. Il y a là un paradoxe que peu franchissent.

 

Pour reprendre le mot de Lléa, dois-je ou ne dois-je pas être moi ? Chercher à être moi ?

 

Peut-être chercher sans relâche à connaître : moi. Qui est moi ?

 

L'affaire des papiers permet peut-être une hypothèse : moi, c'est ce qui reste quand on a tout enlevé. Mon visage avant la chute, avant le passage du voile de l'oubli.

 

Dans ce cas, l'urgence, c'est de tout poser. Strip-tease intégral. Peau après peau, couche après couche, kosha après kosha.

 

Tiens, couche serait un mot sanscrit ? L'autre jour, j'ai découvert que le mot "casaque" vient directement du mot sanscrit pour "armure".

 

(Il y a d'autres hypothèses : la casaque, vêtement équestre viendrait des cavaliers khazaks, ou alors du fait que le cavalier appartenant à une "maison", casa, porterait ses couleurs.) 

 

Donc, la fameuse ressemblance inversée que cherche à établir la Bête, par le moyen du pandore sourcilleux et plus ou moins prognathe, cette fameuse ressemblance, identité qu'elle cherche entre "moi" et la description qu'elle en fait par tous les moyens : portrait, empreintes digitales, vocales, ADN, etc., cette ressemblance serait le reflet de celle que j'aurais, "moi", à rechercher entre "moi" et le Moi originel.

 

Identité, du latin "idem", réfère au grec "eidos", l'image.

 

Résumons pour ceux qui dorment : je viens au monde, ce monde illusoire mais très prégnant en ayant tout oublié. Au fond de moi, est gravée l'image de mon Être réel et véritable. Le jeu, si je puis dire, consiste à retrouver et coïncider avec Lui, Le laisser agir en moi. Car Lui seul peut agir. Moi, qui suis une ombre, ne peux que réagir ou subir. Mon but, c'est de retrouver Son souvenir, et de m'absorber en Lui. C'est le seul Être qui mérite une majuscule, puisque c'est mon "grand Être", mon auteur (du grec autos).

 

Le monde inversé de la Bête fait évidemment l'inverse, en cherchant par les moyens anthropométriques à définir une image de moi qui lui permettra de m'identifier (me rendre semblable à mon reflet).

 

Est-ce clair ?

Repost 0
Published by Vieux Jade - dans féculents
commenter cet article
6 février 2012 1 06 /02 /février /2012 10:38

 

Pour les nouveaux ou récents lecteurs, que mes propos sinusoïdaux peuvent surprendre, j'ai résolu d'approfondir un peu ce qu'implique le symbole du serpent.

 

J'ai déjà abordé le sujet sous une autre forme, mais le propre d'une spirale est de refaire sans cesse le même cercle, en l'agrandissant, ou en le concentrant, selon le point de vue.

 

Je constate - ne croyez pas qu'il y ait de ma part la moindre stratégie, c'est une notion qui m'est absolument étrangère - que bien souvent, l'un de mes textes semble contredire le ou l'un des précédents.

 

Ça ne me surprend pas, ça ne me choque pas, parce que depuis que je me souviens de moi, de ma manière de penser - peser, soupeser, étymologiquement - j'ai toujours balancé d'un bord à l'autre.

 

Pour une fois, je vous ferai grâce de mes intimités - rêves, signes - qui sont encore un peu rétives à se montrer, car ici on touche au très secret, pour simplement exposer quelques évidences.

 

D'abord, dire qu'expliquer, dire, n'est pas se justifier. C'est encore une tendance morbide (mord bide, M. Ned Allen, ça fait mal au ventre) que de refuser à quiconque - et à soi-même - le droit de dire ou tenter d'expliquer à voix haute ce qui fait en lui chemin, sous prétexte qu'il essayerait de se justifier, c'est à dire de se rendre juste aux yeux d'autrui.

 

Expliquer, c'est sortir des plis, pour devenir simple, sans pli. Nous devons tous sortir des plis, sous peine de repasser (ho, c'est une blague). Tenter de le faire est juste. Il faut donc éviter de le considérer comme de l'auto-justification, sous peine de rester tous prisonniers.

 

Ceux qui me connaissent depuis longtemps savent ma passion de l'étymologie : je m'aperçois qu'en plus de deux ans de discours alambiqués, je n'ai même pas indiqué le sens de ce mot : science du vrai, etumos logos.

 

Pour en rajouter une couche, je dirai que ça coule de source. Imaginez - et c'est précisément le cas - que nous soyons à l'embouchure d'un delta, là où un fleuve roule les eaux de milliers d'affluents accumulés, mais aussi toutes les boues et les ordures. L'eau est de l'eau, certes, mais immonde et méconnaissable.

 

Comment boire, si ce n'est en remontant vers la source ? Là tout est encore frais et distinct, et lave, hydrate et rajeunit.

 

Difficile, quand on cherche à boire à la source, de ne pas être saisi de pitié et d'horreur, quand on voit que la plupart de nos congénères lapent d'infâmes déjections de mots sales et trompeurs, et s'en contentent. Difficile de ne pas chercher plus loin, au delà. Toujours monter, remonter, au fur et à mesure que le niveau de la crue abjecte monte, ce déluge, difficile de ne pas chercher refuge plus haut, de ne pas se construire une arche, une barque, un radeau, au pire, en attendant l'aube. 

 

Certains maudissent ce temps de débordement, mais, s'il ne nous noie, il nous refoule vers le haut.

 

Après l'âge des conflits, le Kali Yuga, ou pendant, qu'importe, car déjà tout se mélange, et avant le retour à l'âge d'Or, les anciens hindous interposaient le pralaya, temps de déliquescence.

 

C'est proprement le temps de la confusion, car tout s'interpénètre. Tout est vrai, relativement, et rien n'est faux. Mais tout est dangereux. Dans la mesure ou dans un film tout peut être vrai, faux ou dangereux. A la fin, comme l'ont dit de plus savants que moi, les acteurs se relèvent et vont boire un coup. Mais on n'en est pas là.

 

Précision : je ne m'écarte pas de mon fil, j'y reviens. En serpentant. Le sujet du jour, c'est le serpent, je le rappelle.

 

Maudit serpent. Mon temps étant compté, je vous laisse tout loisir de consulter les dictionnaires des symboles et autres encyclopédies. Comme tout symbole - et encore plus, dirais-je - le serpent est ambivalent. Ambivalent ne signifie pas que ça veut tout dire et rien dire. Si c'est le propre de la purée d'être amorphe, le serpent est au contraire puissamment morphisé. C'est un axe, une colonne vertébrale, d'une grande force, un fouet, une corde.

 

Les symboles doivent impérativement sortir des dictionnaires pour rendre leur sens. Pour saisir le sens de la pomme, être pomme. Je suis, vous êtes un serpent. Votre colonne vertébrale est exactement un serpent. Debout. Ne l'oubliez jamais, car c'est une des principales clés de notre énigme.

 

 

 Nous sommes des serpents dressés, dans un véhicule adapté à ce monde.

 

Si seuls les ivrognes sont censés tituber, dans une trajectoire sinusoïdale, le mode de penser normal du serpent, dont nous sommes, est la reptation.

 

Si nous savons encore souvent cracher notre venin comme une flèche, notre comportement habituel est nettement plus courbe. Le vôtre ? Je ne sais pas. Je ne suis pas vous.

 

Le mien ? Oui. Ma pensée suit son chemin en rampant d'un extrême à l'autre. Chaque découverte d'un nouveau territoire, d'une nouvelle borne me renvoie à l'autre bord, et ainsi de suite. Montagne, ravin, montagne, ravin. 

 

Facile d'y voir ambiguïté, incertitude et approximation. Ce qu'il faut voir, c'est, au delà, le but. 

 

Que le ciel m'avale et me dissolve dans l'acide si c'est mon prétendu ego qui va écrire ce qui suit : la marche du serpent, c'est la voie de la sagesse.

 

Facile à voir : SageSSe. Trois S en ce mot. Trois sinusoïdales qui montrent qu'en toute chose, il faut explorer les limites, de part et d'autre, non pas se contenter du petit chemin balisé.

 

Trois S, parce que l'être est triple. Trois niveaux de joie. Aussi peut-être parce que le tantrisme connait trois canaux. Mais là, je cause sans savoir.

 

 

 

Et ce serpent, qu'est-ce ? Qu' S ?  Rien que le serpent des reins, d'airain, pardon,  celui que Moïse cloua dans le désert. Serpent d'airain, mêlé du cuivre vénusien (78% de cuivre, 22% d'étain) et génésiaque, serpent des reins, de la force qui nous tient debout, nous, race humaine, détentrice du fardeau d'être condamnée à la verticalité, que d'autres appellent kundalini.

 

Debout, certes, essayant de ne pas tituber, de ne pas nous affaisser sous ce poids, de ne pas retomber à quatre pattes, même quand la traversée du fleuve se fait difficile, presqu'insurmontable, tant le poids est lourd qui pèse sur nos épaules, tant notre coeur est vide, et nos tripes en lambeaux.

 

 

 

Nous ne pouvons pas monter comme des flèches, même si le but paraît simple et évident, parfois. Il nous faut explorer toute l'étendue de l'espace et du temps, tout savoir, tout connaître, dans la chair et non autrement.

 

Voyage labyrinthique, non pas direct. 

 

La malédiction du serpent (Genèse, III), c'est de marcher sur le ventre et manger de la poussière. En français moderne : tout ressentir, pour tout relier et réunir. Telle est notre malédiction, telle est notre tâche, et probablement notre choix, avant naissance.

 

Expérimenter la séparation, et retrouver le sens ascendant. Incidemment, ça explique le symbolisme de la croix.

 

Fameuse croisière, on s'en souviendra.

 

Quand je dis blanc un jour, et noir le lendemain, lecteur, sache que tu te balades d'un bord à l'autre des limites qu'il m'est donné d'apercevoir, rien d'autre.

 

En dernier lieu, je donnerai un petit bonus : Sagesse, c'est aussi, en traficotant un peu les langues, mais c'est venu tout seul, Saga (dire, anglais to say) Esse (verbe Être en latin), le dire de l'être.

 

Autrement dit, la sagesse, serait le récit de l'Être, Verbe, ou Logos...

Repost 0
Published by Vieux Jade - dans féculents
commenter cet article
5 octobre 2011 3 05 /10 /octobre /2011 07:34

 686.JPG

 

P'tit Tom s'ennuyait beaucoup à l'école, et dans la vie aussi. Ses camarades lui semblaient bien lourds, et les adultes avaient l'air poussiéreux des vieilles momies d'Egypte.

 

Il restait souvent seul dans la cour et M. Pointu, le professeur, ne manquait pas de lui reprocher ce qu'il appelait "de la sauvagerie".

 

Sauvage, moi? Ces mots flattaient Tom, qui n'aimait que les bêtes vivantes et ondulantes, les chats, les chiens, qui connaissait les oiseaux à leur chant et les fleurs à leur parfum. A quoi bon jouer avec des idiots qui ne parlent que de bagarre, de ballon et de voitures, ou entendre les discours soporifiques de grands ânes bedonnants à cheveux gris?

 

Le jour de ses neuf ans, il était assis au bord de la rivière, sous un saule, à regarder les nœuds que forme l'eau quand elle bouillonne et tourbillonne. Quelques libellules se poursuivaient et le soleil chauffait doucement le décor.  

 

Soudain, une libellule se détacha et vint se poser sur sa main gauche. Il la regarda, et vit que sous ses grandes ailes et sa belle robe bleue elle avait un petit corps mince, et un joli visage de fée.

Elle gazouilla:

 

"- Hé non, tu ne rêves pas. Je suis bien une fée, comme mes sœurs. Je vais te faire un cadeau, parce que je t'aime. Et d'ailleurs, nous t'aimons tous, nous le petit peuple dissimulé; car toi, tu peux nous voir, tu es un sauvage. Tu ne nous ignores pas, tu ne nous méprises pas, tu es comme l'un de nous.

 

Mais tu seras triste et pauvre dans ta vie à venir, si tu n'entres pas dans le monde des hommes. Alors, voici la clef. Elle t'ouvrira le cœur des gens, et de leur monde tout gris; tu pourras y entrer. Mais garde-toi d'y rester enfermé. Elle tourne dans les deux sens. Si tu ne nous oublies pas, tu pourras toujours revenir nous voir. N'oublie pas, petit homme."

 

Et elle lui dit trois petits mots, qui ouvrent le monde des hommes, et d'autres aussi. Moi, je les sais, car j'ai connu deux ou trois fées par le passé, mais je me les garde. Je n'ai pas envie de me retrouver à coasser sous une pierre. Elle lui donna donc trois mots.

 

Ce sont trois mots qui ouvrent bien des portes, un passe-partout.

 

Et puis elle s'envola, et fut happée par une hirondelle.

 

C'est comme ça, la vie, la mort, et le reste. Mais en fait, les fées sont immortelles, on le sait bien.

 

P'tit Tom écrasa une larme, et s'en revint chez lui. Il s'endormit ce soir là en tournant ces mots dans sa tête, comme on tourne entre ses mains une perle ou un couteau à plein de lames.  

 

Le lendemain, en cours de mathématique, il s'ennuya terriblement. Il regardait par la fenêtre. Il y avait un peu de brume, et, sur les fils électriques, un passereau. Il le regarda intensément, dit les trois mots et hop!

 

Il se retrouva sur le fil, à se balancer, regardant vers sa classe.

 

Il voyait le dos du professeur qui s'agitait devant le tableau, il vit Etienne, Martin, Ludo et tous les autres, et... il se vit, assis là-bas.

 

Il huma quelques instants l'air vif, pépia, dit les trois mots et hop!

 

Retour au monde gris.

" - ...demain matin.", terminait le professeur.

"- Quoi, quoi, qu'est-ce qu'il a dit?", demanda Tom, le cœur battant de son aventure.

" - Interro, mon pote. T'es sourd?" dit Grégoire.

 

Ce soir là, Tom tenta d'entrer dans le monde clos de la mathématique. Hélas, il avait beau se concentrer, se prendre la tête à deux mains en répétant sa formule, la clef ne marchait pas.

 

Alors, comme d'habitude, il se résolut à apprendre ce qu'il ne comprenait pas.

 

Le lendemain, il rendit une copie très moyenne. Désespéré, il entra en cours de français. Ca lui plaisait bien mieux, ces lectures, les décors et les personnages d'un autre temps, parlant de choses oubliées avec des anciens mots; cette heure passa plus vite.

 

Il revint par le parc public, et s'arrêta au pied d'un gros wellingtonia.

Les hirondelles volaient bas. Soudain l'une d'elles piéta légèrement jusqu'à lui.

"Ho ho! Tu me reconnais ?" Elle rit. "L'esprit des fées est immortel. Voilà. J'ai oublié de te dire une chose, l'autre jour: mes mots ouvrent les portes, lorsqu'on les dit avec le cœur. N'oublie pas: le cœur!"

 

Elle allait pour s'envoler lorsque s'abattit sur elle la griffe d'un grand chat maraudeur, rayé de gris & de jaune.

Tom lui courut dessus, mais l'autre se sauva en tenant sa proie dans la gueule. Il disparut à l'angle d'une rue, pfuit!

 

Le soir, avant de s'endormir, il prit son cours de mathématique, puis essaya d'ouvrir son cœur. Il dit les mots, et soudain, se vit comme au bord d'un paysage immense, où tout était en rapport d'harmonie. Les tables d'addition et de soustraction formaient des escaliers majestueux montant et descendant, celles de multiplication et de division ressemblaient à des aires de lancement ou à des puits de mine, où tout était relié par de nombreuses passerelles, où s'engouffraient des myriades de nombres. Une activité frénétique animait des milliers de sous-ensembles en réorganisation permanente, comme font les nuages du ciel, qui se dévastent pour se reformer soudain ailleurs, plus bas, plus haut, autrement, visant toujours l'apothéose, l'ensemble, le définitif.

 

Mais il y a la vie, mais il y a le vent...

 

Il s'engagea gaiement dans le paysage, y découvrant des arbres-abscisses qui s'essayaient à faire valser de belles coordonnées, au long de vastes courbes, sentit le caractère décidé des nombres impairs et celui, plus nonchalant, des paires. Il eut maille à partir avec un cinq quelque peu hargneux, accompagné d'un sept dégingandé et rigolard, l'air d'un qui a fini sa semaine, puis se fit un ami d'un neuf assez rond, qui de descente en montée, le mena au centre du monde: ZERO.

 

Il eut un pincement au cœur devant l'indescriptible majesté de ce lieu immobile et silencieux, lorsque la voix de sa mère lui parvint depuis la porte de sa chambre." Debout, mon chéri, lève-toi."

 

"Tom: trois." dit M. Pointu. "Hélas, mon pauvre Tom! Il faut bien un dernier, n'est-ce pas?"

 

Mais Tom était ailleurs. Les chiffres étaient devenus ses amis, maintenant. Quant à M. Pointu...

il ouvrit grand son cœur, et dit trois petits mots.

 

Devant lui, il y avait un petit garçon tout seul, perdu dans le noir d'une grande maison, laissé là dans la peur et le chagrin.

 

Il avait le long nez et les grandes jambes de héron de M. Pointu, mais pas sa tignasse grise ni son ventre replet.

Et ce petit garçon se répétait tout bas des exhortations au courage, pour vaincre l'immense dragon de la peur, et les hyènes lacrymales.

 

Alors Tom vit que ce grand bonhomme grisâtre n'était qu'un petit enfant pas trop content de lui, ni de sa vie, et que lui, Tom, savait déjà bien des choses que l'autre ignorait, faute d'avoir rencontré une fée.

 

Alors il eut pitié de lui, et l'aima.

 

"Et maintenant, j'aimerai tout le monde pareil? demanda-t-il au chat qui se léchait les coussinets.

- Voilà, tu as compris" miaula la fée. "Aime. C'est tout. Bon. Je m'aimais mieux en libellule, moi!"

 

Avant de disparaître dans un coup de vent qui passait.

 

 

 

 

 

  PS : après cette histoire quelque peu totobiographique, permettez-moi de prendre un temps de repos...

Repost 0
Published by Vieux Jade - dans féculents
commenter cet article
17 septembre 2011 6 17 /09 /septembre /2011 10:27

 

213.JPG

 

Faire de son mieux, tel est l'un des "accords toltèques", popularisés par Miguel Ruiz.

 

En trois lignes, parce que ça me vient comme ça :

 

De mon mieux, avec mon corps, mon énergie. Faire l'effort de me lever, de sortir de ma torpeur, et d'oublier que j'avais autre chose, mieux à faire, sans doute, que j'ai faim et que peut-être je n'aurai pas le temps de déjeuner, que j'ai sommeil, qu'à cette heure ci, d'habitude je dors, que demain je dois me lever tôt.

 

De mon mieux avec ma cervelle : lire, entendre, soupeser, regarder, tout regarder, ne rien omettre qui serve à la décision, ne pas prendre de décision hâtive, laisser mûrir, passer la nuit, puis relire et faire le point.

 

De mon mieux avec mon coeur, car, parvenue au point précédent, la cervelle à force de s'imprégner ne sait plus où aller, que faire de tout cela dont elle s'est imprudemment chargée. C'est au coeur maintenant de peser, mais pas seul. Car le coeur seul est dangereux. Il peut glisser sur un excès de compassion, et donner en fonction de critères qui ne sont pas ceux de l'impartialité. Ne croyez pas ceux qui disent : fie toi à ton coeur. Il faut un conseil entre coeur et tête. Sans oublier le cerveau d'en bas, le coeur des tripes.

 

Et soudain la parole ou l'acte justes jaillissent, d'un coup.  

 

Et le fruit n'est pas nôtre.

 

133.JPG

 

 Tout est poussière.

Repost 0
Published by Vieux Jade - dans féculents
commenter cet article
29 mai 2011 7 29 /05 /mai /2011 19:09

Nous sommes tous victimes de l'autorité. Dès que l'un ou l'autre ont parlé, si nous sommes morcelé, ils ont grignoté notre intégrité. Je connais personnellement des "adultes" qui, après avoir interrogé anxieusement tout le voisinage, prennent le parti du dernier qui l'a ouverte. Jusqu'à ce qu'ils rencontrent quelqu'un d'autre à qui demander son avis.

 

Vous trouverez ici racontée l'histoire de Nicolas Flamel, prétendu alchimiste, et de sa femme, dame Pernelle. Et, dit le texte, cela a une existence historique.

 

Et ma tante en a sûrement deux, avec la moustache qu'elle a.

 

Bien évidemment, mais, je vous en adjure, ne croyez rien de moi que vous n'ayez vérifié par vous-même, comme disait un certain Gautama, cette histoire est une allégorie.

 

L'allégorie n'est pas un mensonge. Peut-être qu'un homme dont le patronyme légal est passé aux oubliettes, resté dans la mémoire collective comme Nicolas Flamel, c'est à dire "celui qui a remporté la victoire sur la pesanteur, grâce au feu divin", peut-être que cet homme là a eu véritablement une compagne digne de ce nom, qui l'a aidé à réaliser cette perfection, auquel cas elle y a été inévitablement associée : dame Pernelle. Ce nom est aussi allégorique que celui de son homme, car il signifie tout simplement : "celle qui porte assistance au travers des temps".

 

Donc, pour dire les choses clairement, le mâle (Yang) et la femelle (Yin) se sont unis et ont vaincu le monde des apparences, c'est-à-dire ont retrouvé leur origine commune.

 

Il ne faut jamais se fier aux réducteurs de têtes, modernes Jivaros qui ramènent tout au sordide prosaïque d'ici-bas. Ce qu'ils disent n'est pas faux. Il n'y manque que le Grand.

 

Voici en scoupe un aperçu de Dame Pernelle, éternelle compagne de l'alchimiste :

 

 

IMGP0965.JPG 

 

Repost 0
Published by Vieux Jade - dans féculents
commenter cet article

Présentation

  • : Le jardin de Vieux Jade
  • : Arrivages du jour, légumes secs, mauvaises herbes, quelques trucs qui arrachent la gueule. Taupes, censeurs et culs bénits s'abstenir. Si vous cherchez des certitudes, c'est pas l'endroit.
  • Contact

Décidément rétif à l'ordre bestial, j'ai fixé ma résidence ailleurs, d'où j'observe le déroulement des temps infernaux, fumier des plus belles fleurs.  J'ai un jardin secret, où les plantes poussent toutes seules. Servez-vous, si le coeur vous en dit, sans tenir compte de la chronologie, car comme le mot le dit clairement, l'heure est un leurre.

 

Une précision concernant les commentaires : n'ayant pas toujours le temps ni l'énergie de répondre aux commentaires, ceux-ci restent ouverts, sans aucune garantie que j'y réponde. Je me réserve cependant le droit de sabrer les inconvenances, dont je reste seul juge.

 

Ici, je n'est pas un autre.

Recherche

Lave

Après l’explosion

Nul ne l’a sue

Le jour d’après

Coule la lave

Brûlent les cendres

Lave la lave

Mange la louve

Larmes sans sel

De régime

Cuit et recuit 

Frottent les cendres

Récurent

 

Pas encore nu,

Pas tout à fait ?

Restent des choses

Bien accrochées

Des salissures

De vieux fantômes

D’anciennes guerres

 

Qui peut le faire, si ce n'est toi ? 

 

Nettoie

 

Les notes glissent

Comme des larmes

Gouttes de feu

Sur la paroi

 

Qui m’a volé le cœur ?

Qui m’a trempé vivant,

Comme une lame ?

Qui m’a fouetté les yeux,

M’a déchiré le ventre

Me baisant les paupières

Et m’enduisant de baume,

Me prenant par la main,

Pour me conduire

Dehors ?

Les dits de Lao Yu

LE BUT DE LA QUÊTE EST DE N'AVOIR

NI BUT, NI QUÊTE

 

***

 

QUE SAIT-IL DE LA PESANTEUR,

CELUI QUI N'EST JAMAIS TOMBÉ ?

 

***

 

C'EST SOUVENT LORSQU'ELLE S'ENFUIT QU'ON PERÇOIT L'ESSENCE DE LA BEAUTÉ

 

***

 

LA MER A DES MILLIARDS DE VAGUES QUI BATTENT TOUS LES RIVAGES. OU EST LE CENTRE DE LA MER ?

 

***

 

CE QUI EST MORT N'A AUCUN POUVOIR SUR CE QUI EST VIVANT

SEULS LES MORTS CRAIGNENT LES MORTS

 

***

 

QUAND LE NID BRÛLE, LES OISEAUX S’ENVOLENT

 

***

 

C’EST DANS LA CHUTE QUE LES AILES POUSSENT

 

***

 

CE QUI PEUT ÊTRE PERDU EST SANS VALEUR

 

***

 

LA MAISON EST PLUS GRANDE QUE LA PORTE

 

***

 

L’ERREUR EST LA VOIE

 

***

 

LA ROUTE EST DURE A CELUI QUI BOÎTE

 

***

 

LA LUMIERE DE L’ETOILE EST DANS L’ŒIL QUI LA REGARDE

 

***

 

LES PETITS NOURRISSENT LES GRANDS

 

***

 

LES RICHES ONT UNE BOUCHE
MAIS PAS DE MAINS POUR LA REMPLIR

C’EST POURQUOI IL LEUR FAUT
DE NOMBREUX SERVITEURS ;


CEUX QUI ONT DE NOMBREUX SERVITEURS
NE SAURAIENT VIVRE SEULS,

CE SONT DONC DES PAUVRES ;


CELUI QUI PEUT VIVRE SANS SERVITEURS 
EST DONC LE VERITABLE RICHE.

 

***

 

VIVRE C’EST REVENIR SUR SES PAS

 

***

 

LA NUIT LAVE LE LINGE DU SOLEIL

 

***

 

LES RUISSEAUX EMPORTENT LES MONTAGNES

 

***

 

UNE EPINE DANS LE PIED DU GENERAL : L’ARMEE S’ARRÊTE


***
 


UN PORC EN HABITS DE SOIE RESTE UN PORC,
COMME UN DIAMANT DANS LE FUMIER

RESTE UN DIAMANT.

MAIS LA PLACE D’ UN DIAMANT

EST DANS UN ECRIN DE SOIE,

ET CELLE D’UN PORC DANS LE FUMIER.

 

***

 

COMME SEULE L’EAU ETANCHE LA SOIF,
SEULE LA JUSTICE COMBLE LA FAIM DE JUSTICE

 

***

 

DU COLIBRI A L’AIGLE, IL EXISTE DE NOMBREUX OISEAUX

 

***

 

LE DEDANS REGLE LE DEHORS

 

***

 

L’EPONGE BOIT LE VIN RENVERSÉ
ET LA ROSÉE DU MATIN

 

 

***  

 

LORSQU'IL DECOUVRE LE MIEL,

L'OURS OUBLIE LA PIQÛRE DES ABEILLES

 

 

 

 

 

 

 

 

Lisez-Moi Lisez Moi Lisez Moi

Des mots des mots des mots des

Quand à un livre je me livre , ce que je lis me délie.

 

 

Je me demande pourquoi on n'a pas encore une loi qui oblige à faire bouillir les bébés à la naissance, afin qu'ils soient parfaitement stérilisés.

 

Circuler, pour mieux s'ôter.

Toute notre vie, on attend une grande cause pour se lever, et on passe sa vie accroupi, à croupir.

Le lucane aime prendre l'R le soir à sa lucarne.

Ce qu’il y a de bien dans l’état de siège, c’est qu’on prend le temps de s’asseoir.

 

 

Les oiseaux sont les poissons du ciel,

nous en sommes les crabes


Heureux les déjantés, ils quitteront plus facilement la route commune!

 
L’argent n’a pas d’odeur, mais il y contribue.


Un vrai sosie, c’est invraisemblable.

   

Quand je grossis, je m’aigris ; et quand je m’aigris, je grossis.

   

Le temps, c’est de l’urgent.

   

Joindre l’utile au désagréable : se faire renverser par une ambulance.  

 

Le journal du paradis, c’est le Daily Cieux.

   

Yfaut et Yaka sont dans un bateau ; Yfaut tombe à l’eau, Yaka l’repêcher.

 

Chaque matin, s’ils ne sont pas morts, les vieux vont aux nouvelles.

 

Le poète a latitude d’explorer toutes les longitudes.

   

Etre réduit à la portion congrue, c’est fort peu. Moins, c’est incongru.

 

Peut-on dire de quelqu’un
dont la vie dépend des autres pour tout qu’il
est riche ?
La bouche est elle riche ?

Peut-on dire de quelqu’un
qui n’a rien à attendre des autres qu’il est pauvre ?
Les mains sont elles pauvres ?

 

Curieux comme mystique s’oppose à mastoc.

 

On a mis bien des ouvrages majeurs à l’index.

 

Quand le brouillard tombe, on voudrait qu’il se casse.

 

Au matin, la nuit tombe de sommeil.