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18 janvier 2011 2 18 /01 /janvier /2011 13:59

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J’ai à proposer une hypothèse sans le moindre fondement, mais qui m’est venue à la suite d’un certain type de rêves que j’ai parfois : des scènes vécues avec des femmes que j’ai rencontré au moins une fois, et qui m’ont plu. Cette nuit, par exemple, j’étais sur une terrasse de café, en discussion avec une femme que j’ai vue une fois au cours d’un stage ; la discussion était assez vive, et aussi complexe que pourrait l’être une scène de la vie dite réelle. Je comprenais tout ce qu’elle était, je la connaissais intimement, nous marchions dans les rues, je voyais son poignet fin entouré d’un bracelet d’argent, son imperméable, c’était une scène de la vie, avec sa part de séduction, de risque, de tristesse, de difficulté. C’était une scène d’une vie amoureuse qui prenait un peu l’eau.

 

J’ai repensé aux « Passantes », que chante Brassens sur un texte d’Antoine Pol.

 

Puis il s’est fait un lien en moi avec Sandra Ingerman, élève de l’anthropologue Michaël Harner. Elle parle de personnalités fragmentées, au sens où un traumatisme peut scinder un moi en tranches, dont l’une restera collée à un lieu ou à une tranche de temps. L’exemple le plus frappant qu’elle cite est celui d’un adulte, un charpentier, incapable de trouver l’équilibre dans son existence. Lors de l’investigation menée par des moyens « chamaniques », elle voit que lorsqu’il était enfant, ce garçon vivait avec ses parents dans une maison qu’il adorait. Lorsque ses parents ont vendu la maison, une partie de son psychisme a créé véritablement un monde parallèle idéal dans lequel tout est resté intact. Trente ans après, une partie de lui, figée dans le temps vivait toujours dans cette même maison, avec ses parents. Virtuel, peut-être, mais suffisamment réel pour causer des troubles de la personnalité.

 

C’est alors que je me suis demandé jusqu’à quel point ce phénomène ne s’étend pas à des vies amoureuses parallèles. Quand se croisent comme dans la chanson deux êtres qui ont leur propre destinée, mais qui instantanément ont reconnu un vrai possible, ne se pourrait-il pas que de l’un ou de l’autre, voire des deux, il s’échappe un fragment de moi, et que ces deux là quittent les rails pour les sentiers et partent ensemble vivre leur vie dans un monde à eux ?

 

S’il ne s’agissait que d’un banal rêve érotique, la question ne se poserait pas. Mais à plusieurs reprises, j’ai eu des scènes de la vie amoureuse au quotidien, joie, peine, tendresse.

 

Mme VJ, à qui je soumets l’idée, me dit : alors comment être « moine », c’est-à-dire unifié (monos), si on a des bouts de soi qui traînent partout ? Et où est alors le Soi ?

 

L’idée serait qu’il y a un moi principal, comme un tronc, avec des branches ou des rejets qui en dépendent. Connaître ses branches, c’est-à-dire faire connaissance avec ces excroissances, c’est parfaire la conscience de soi, et donc unifier. Quant au Soi, il est évidemment partout.

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Published by Vieux Jade - dans fleurs des champs
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commentaires

Marc 22/01/2011 13:37


"le "je" de cette vie est-il le tronc de l'arbre, dont les autres sont des branches, ou chaque "je" converge-t-il au moyeu ? Ton blog est vraiment très beau. "

Merci, c'est bien gentil ... je ne peux offrir comme réponse que ma perception basée sur mon vécu, ça vaut ce que ça vaut .. le "Je" est au dessus de toutes les incarnations, passées, présentes,
futures et multi-dimensionnelles ... c'est dans ce que j'appele "l'espace de la Présence" qu'on se retrouve vraiment complet, le fameux "JE Suis" ,conscient mais sans ego...c'est un espace
intérieur, mais il est physique en même temps, et le fait même d'utiliser ta pensée là dedans t'en éjecte immédiatement, et où toutes les réponses sont données avant même de les formuler ... perso
chuis rendu là, mais pas tout le temps, on dirait que je traine un plaisir un peu.. malsain à en chier encore ici bas et à aimer ça en plus hahahaha... c'est en quelque sorte le point central de
toutes tes personnalités qui sont étalées dans la roue du Temps ,qui elle même est juste une illusion, point central qui reçoit toutes les experiences acquises dans chaque incarnation.. alors, pour
répondre à ta question , non, ta personnalité actuelle n'est pas le tronc mais une des branches ... par contre, ce que je sais aussi , c'est que si une des personnalités incarnées est capable de
rejoindre son "Je" , automatiquement ça se répercute sur les autres incarnations qui sont sur la même fréquence ... en clair, si tu as des incarnations qui font également une recherche spirituelle,
elles vont recevoir un boost, une ouverture grâce au cheminement que tu auras accompli .. mais peut être que ton cheminement actuel est la résonnance du cheminement d'un autre Toi dans une autre
incarnation hahahaha ? qui sait ? c'est justement pour ça que le Voile existe, pour que chaque incarnation ait une chance de compléter son "contrat" , vu que le but du jeu est en bout de compte est
que le JE central puisse apprendre de ses multiples fragmentations et finalement être atteind et complété par une des inacranations, ce qui liquide alors tous les contrats en cours, fin de karma,
sortie de la Roue à tous les niveaux, c'est la seule sortie possible du Rêve qui tourne en rond sur lui même ...même l'arbre central est une illusion , une autre cage ... j'imagine que chaque
religion , chaque initié a son propre vocabulaire correspondant à cette maya et que tu sauras adapter mon explication a ta philosophie en cours si ça répond effectivement à ta course ...


Vieux Jade 22/01/2011 14:18



Merci, je laisse infuser.



Narf 22/01/2011 09:09


Léa, bonjour!

Tu dis: "Comme toi, je ne demande rien. Depuis longtemps ...."

Au risque de tourner en rond...je te répondrai que moi je demande beaucoup beaucoup encore et toujours...et j'en veux encore! Je demande chaque jour, chaque matin, chaque soir! C'est paradoxal?! Je
dirai que c'est une danse plutôt! Anonyme rieuse comme toi, je danse!


Marc 22/01/2011 00:18


On vit (vivrait) une foule de vies en même temps.
En plein ça, selon ma perception ... toutes les vies, passées, présentes, et futurs, ici et multi-dimensionnelles, toute en même temps et toutes inter-connectées à travers le Je qui sert de point
central à L'info reçue dans chaque experience ... le temps n'est pas linéaire, c'est juste une ... Roue .. voilà qui fera ( peut être ) avancer ta compréhension de ton rêve ..


Vieux Jade 22/01/2011 13:06



Merci. La question résiduelle, c'est : le "je" de cette vie est-il le tronc de l'arbre, dont les autres sont des branches, ou chaque "je" converge-t-il au moyeu ?


Ton blog est vraiment très beau.



Vincent 20/01/2011 00:15


Bonjour.
Cette histoire me fait penser au roman de José Moro de Vasconcellos : "Mon bel oranger", où le "héro" s'invente une relation d'amitié intime avec Maurice Chevalier, qui lui ne l'a jamais vu...


Vieux Jade 20/01/2011 09:28



On croise tellement de gens, dans une vie, dans les foules. Je suis sûr que notre cerveau enregistre tous les visages qu'il voit, même sans les voir consciemment. Mais c'est sans rapport,
excusez-moi.



LLéa 19/01/2011 00:19


Narf, bonsoir,


Je disais cela comme ça! J'aime bien les mots, bouts d'amour, c'est joli.


Comme toi, je ne demande rien. Depuis longtemps ....


Gros bisous, Léa.


Présentation

  • : Le jardin de Vieux Jade
  • : Arrivages du jour, légumes secs, mauvaises herbes, quelques trucs qui arrachent la gueule. Taupes, censeurs et culs bénits s'abstenir. Si vous cherchez des certitudes, c'est pas l'endroit.
  • Contact

Décidément rétif à l'ordre bestial, j'ai fixé ma résidence ailleurs, d'où j'observe le déroulement des temps infernaux, fumier des plus belles fleurs.  J'ai un jardin secret, où les plantes poussent toutes seules. Servez-vous, si le coeur vous en dit, sans tenir compte de la chronologie, car comme le mot le dit clairement, l'heure est un leurre.

 

Une précision concernant les commentaires : n'ayant pas toujours le temps ni l'énergie de répondre aux commentaires, ceux-ci restent ouverts, sans aucune garantie que j'y réponde. Je me réserve cependant le droit de sabrer les inconvenances, dont je reste seul juge.

 

Ici, je n'est pas un autre.

Recherche

Lave

Après l’explosion

Nul ne l’a sue

Le jour d’après

Coule la lave

Brûlent les cendres

Lave la lave

Mange la louve

Larmes sans sel

De régime

Cuit et recuit 

Frottent les cendres

Récurent

 

Pas encore nu,

Pas tout à fait ?

Restent des choses

Bien accrochées

Des salissures

De vieux fantômes

D’anciennes guerres

 

Qui peut le faire, si ce n'est toi ? 

 

Nettoie

 

Les notes glissent

Comme des larmes

Gouttes de feu

Sur la paroi

 

Qui m’a volé le cœur ?

Qui m’a trempé vivant,

Comme une lame ?

Qui m’a fouetté les yeux,

M’a déchiré le ventre

Me baisant les paupières

Et m’enduisant de baume,

Me prenant par la main,

Pour me conduire

Dehors ?

Les dits de Lao Yu

LE BUT DE LA QUÊTE EST DE N'AVOIR

NI BUT, NI QUÊTE

 

***

 

QUE SAIT-IL DE LA PESANTEUR,

CELUI QUI N'EST JAMAIS TOMBÉ ?

 

***

 

C'EST SOUVENT LORSQU'ELLE S'ENFUIT QU'ON PERÇOIT L'ESSENCE DE LA BEAUTÉ

 

***

 

LA MER A DES MILLIARDS DE VAGUES QUI BATTENT TOUS LES RIVAGES. OU EST LE CENTRE DE LA MER ?

 

***

 

CE QUI EST MORT N'A AUCUN POUVOIR SUR CE QUI EST VIVANT

SEULS LES MORTS CRAIGNENT LES MORTS

 

***

 

QUAND LE NID BRÛLE, LES OISEAUX S’ENVOLENT

 

***

 

C’EST DANS LA CHUTE QUE LES AILES POUSSENT

 

***

 

CE QUI PEUT ÊTRE PERDU EST SANS VALEUR

 

***

 

LA MAISON EST PLUS GRANDE QUE LA PORTE

 

***

 

L’ERREUR EST LA VOIE

 

***

 

LA ROUTE EST DURE A CELUI QUI BOÎTE

 

***

 

LA LUMIERE DE L’ETOILE EST DANS L’ŒIL QUI LA REGARDE

 

***

 

LES PETITS NOURRISSENT LES GRANDS

 

***

 

LES RICHES ONT UNE BOUCHE
MAIS PAS DE MAINS POUR LA REMPLIR

C’EST POURQUOI IL LEUR FAUT
DE NOMBREUX SERVITEURS ;


CEUX QUI ONT DE NOMBREUX SERVITEURS
NE SAURAIENT VIVRE SEULS,

CE SONT DONC DES PAUVRES ;


CELUI QUI PEUT VIVRE SANS SERVITEURS 
EST DONC LE VERITABLE RICHE.

 

***

 

VIVRE C’EST REVENIR SUR SES PAS

 

***

 

LA NUIT LAVE LE LINGE DU SOLEIL

 

***

 

LES RUISSEAUX EMPORTENT LES MONTAGNES

 

***

 

UNE EPINE DANS LE PIED DU GENERAL : L’ARMEE S’ARRÊTE


***
 


UN PORC EN HABITS DE SOIE RESTE UN PORC,
COMME UN DIAMANT DANS LE FUMIER

RESTE UN DIAMANT.

MAIS LA PLACE D’ UN DIAMANT

EST DANS UN ECRIN DE SOIE,

ET CELLE D’UN PORC DANS LE FUMIER.

 

***

 

COMME SEULE L’EAU ETANCHE LA SOIF,
SEULE LA JUSTICE COMBLE LA FAIM DE JUSTICE

 

***

 

DU COLIBRI A L’AIGLE, IL EXISTE DE NOMBREUX OISEAUX

 

***

 

LE DEDANS REGLE LE DEHORS

 

***

 

L’EPONGE BOIT LE VIN RENVERSÉ
ET LA ROSÉE DU MATIN

 

 

***  

 

LORSQU'IL DECOUVRE LE MIEL,

L'OURS OUBLIE LA PIQÛRE DES ABEILLES

 

 

 

 

 

 

 

 

Lisez-Moi Lisez Moi Lisez Moi

Des mots des mots des mots des

Quand à un livre je me livre , ce que je lis me délie.

 

 

Je me demande pourquoi on n'a pas encore une loi qui oblige à faire bouillir les bébés à la naissance, afin qu'ils soient parfaitement stérilisés.

 

Circuler, pour mieux s'ôter.

Toute notre vie, on attend une grande cause pour se lever, et on passe sa vie accroupi, à croupir.

Le lucane aime prendre l'R le soir à sa lucarne.

Ce qu’il y a de bien dans l’état de siège, c’est qu’on prend le temps de s’asseoir.

 

 

Les oiseaux sont les poissons du ciel,

nous en sommes les crabes


Heureux les déjantés, ils quitteront plus facilement la route commune!

 
L’argent n’a pas d’odeur, mais il y contribue.


Un vrai sosie, c’est invraisemblable.

   

Quand je grossis, je m’aigris ; et quand je m’aigris, je grossis.

   

Le temps, c’est de l’urgent.

   

Joindre l’utile au désagréable : se faire renverser par une ambulance.  

 

Le journal du paradis, c’est le Daily Cieux.

   

Yfaut et Yaka sont dans un bateau ; Yfaut tombe à l’eau, Yaka l’repêcher.

 

Chaque matin, s’ils ne sont pas morts, les vieux vont aux nouvelles.

 

Le poète a latitude d’explorer toutes les longitudes.

   

Etre réduit à la portion congrue, c’est fort peu. Moins, c’est incongru.

 

Peut-on dire de quelqu’un
dont la vie dépend des autres pour tout qu’il
est riche ?
La bouche est elle riche ?

Peut-on dire de quelqu’un
qui n’a rien à attendre des autres qu’il est pauvre ?
Les mains sont elles pauvres ?

 

Curieux comme mystique s’oppose à mastoc.

 

On a mis bien des ouvrages majeurs à l’index.

 

Quand le brouillard tombe, on voudrait qu’il se casse.

 

Au matin, la nuit tombe de sommeil.