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5 janvier 2011 3 05 /01 /janvier /2011 11:11

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Trouvé dans « Les enfants du capitaine Grant », de Jules Verne. Tout à l’honneur du grand Jules, de porter ces faits à la connaissance des enfants francophones de son époque. Mais il aurait tout aussi bien pu étendre ces horreurs aux portugais, aux espagnols, aux belges, aux hollandais et aux français, sans oublier les chinois, les aztèques, les mongols et les arabes, et j'en oublie :

 

« Le lendemain matin, 5 janvier, les voyageurs mettaient le pied sur le vaste territoire de Murray. Ce district vague et inhabité s'étend jusqu'à la haute barrière des Alpes australiennes. La civilisation ne l’a pas encore découpé en comtés distincts. C'est la portion peu connue et peu fréquentée de la province. Ces forêts tomberont un jour sous la hache du bushman ; ces prairies seront livrées au troupeau de squatters ; mais jusqu'ici c'est le sol vierge, tel qu'il émergea de l'océan Indien, c'est le désert.

L'ensemble de ces terrains porte un nom significatif sur les cartes anglaises : « Reserve for the Blacks », la réserve pour les noirs. C'est là que les indigènes ont été brutalement repoussés par les colons. On leur a laissé dans les plaines éloignées, sous les bois inaccessibles, quelques places déterminées, où la race aborigène achèvera peu à peu de s'éteindre. Tout homme blanc, colon, émigrant, squatter, bushman, peut franchir les limites de ces réserves. Le noir seul n’en doit jamais sortir.

Paganel, tout en chevauchant, traitait cette grave question des races indigènes. Il n'y eut qu'un avis à cet égard, c'est que le système britannique poussait à l'anéantissement des peuplades conquises, à leur effacement des régions où vivaient leurs ancêtres. Cette funeste tendance fut partout marquée, et en Australie plus qu'ailleurs.

Aux premiers temps de la colonie, les déportés, les colons eux-mêmes, considéraient les noirs comme des animaux sauvages. Ils les chassaient et les tuaient à coups de fusil. On les massacrait, on invoquait l'autorité des jurisconsultes pour prouver que l'Australien étant hors la loi naturelle, le meurtre de ces misérables ne constituait pas un crime. Les journaux de Sydney proposèrent même un moyen efficace de se débarrasser des tribus du lac Hunter : c'était de les empoisonner en masse.

Les Anglais, on le voit, au début de leur conquête, appelèrent le meurtre en aide à la colonisation. Leurs cruautés furent atroces. Ils se conduisirent en Australie comme aux Indes, où 5 millions d'Indiens ont disparu ; comme au Cap, où une population d'un million de hottentots est tombée à 100 000. Aussi la population aborigène, décimée par les mauvais traitements et l'ivrognerie, tend-elle à disparaître du continent devant une civilisation homicide. Certains gouverneurs, il est vrai, ont lancé des décrets contre les sanguinaires bushmen ! Ils punissaient de quelques coups de fouet le blanc qui coupait le nez ou les oreilles à un noir, ou lui enlevaient le petit doigt, « pour s'en faire un bourre-pipe ». Vaine menace ! Les meurtres s'organisèrent sur une vaste échelle, et des tribus entières disparurent. Pour ne citer que l'île de Van-Diemen qui comptait 5000 indigènes au commencement du siècle, ses habitants en 1863, étaient réduits à sept ! Et dernièrement, le Mercure a pu signaler l'arrivée à Howard Town du dernier des Tasmaniens. »

 

Ce rappel n’a pas pour but d’alimenter le « sanglot » de l’homme blanc. Les livres de Rider Haggard ont largement évoqué la collusion dans le meurtre et l’esclavage des trafiquants de toutes les races. La saloperie n’a ni couleur, ni frontière, ni religion. C’est l’esclavagisme et les razzias des pirates barbaresques qui ont conduit à la conquête de l’Algérie.

En 1968, Yambo Ouologuem lance, avec son livre « Le devoir de violence », un pavé dans la mare : les africains participaient activement à la traite des africains. Mais ce sont bien les hommes de l’Europe de l’Est qui exportent les femmes blondes comme du bétail. C’est bien l’homme qui exploite l’homme, son frère, vend ses enfants et torture les animaux. 

 

Seul l'homme peut y mettre un terme. En cessant de ne pas le voir, en cessant de reporter la faute sur l'autre.  

 

Il est important qu’on sache que ces comportements de bêtes sauvages sous couvert de civilisation sont parfaitement connus depuis longtemps. Tous ceux qui ont lu Jules Verne le savaient. Tous les millions d’enfants. Et pourtant, la roue tourne, écrasant chaque jour son quota de victimes. Et pourtant, « tout ce que tu fais au plus petit d’entre les miens, c’est à Moi que tu le fais. »

 

Parce que la servitude paraît chose naturelle. Les enfants de bourgeois qui lisaient Jules Verne trouvaient normal que les misérables prolétaires croupissent dans les usines de leurs parents, et que les bonnes se lèvent à 5 h du matin et se couchent à 11 h dans des chambres glaciales pour un salaire quasi nul.

 

On ne cherche jamais l'origine de la souffrance au bon endroit. La bonne question, ce serait : quelle souffrance ai-je infligée aujourd'hui ? Qui ai-je esquinté ? Qui ai-je ignoré ?

Bien sûr, ça fait curé.

 

Et pourtant, curé ou non, toute la souffrance que j’inflige au dehors me broie en retour et m’écrasera un jour ou l’autre.

 

Et pourtant…

 

 

 

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Published by Vieux Jade - dans glané
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commentaires

Narf 12/01/2011 07:35


Et je rebondis encore sur la dernière photo: ces enfants qui portent des briques de terre sur leur tête.
Je ne peux m'empêcher de ressentir leur bonheur et de les envier presque. Car cela me rappelle les moments où comme eux, je trimais dans les pierres, la terre, comme ouvrière agricole ou comme
"aide-maçon"... fatigue physique, chaleur, froid, saleté, vêtements déchirés, usés par le travail, le corps aussi se marquait sous le poids et la rugosité des matériaux... je devais paraître bien
pauvre aux yeux des passants...et pourtant c'est moi qui les plaignaient... je passais sûrement à leurs yeux pour une "esclave". Ces gens, apparemment, bien propres et confortables dans leur petite
vie et leur petite illusion, me paraissaient les vrais esclaves. Je ne jugeais pas de cela sur leur apparence mais sur leur propre discours, selon qu'ils se plaignaient ou pas, selon ce dont ils
disaient avoir peur, selon ce qu'ils mettaient en avant comme leurs propres valeurs, principes ou dépendances. On construit soi-même sa liberté ou sa prison, en fonction de ce que l'on choisit
d'assumer ou pas.
J'ai vu sur des reportages le regard et le sourire d'enfants qui vivent sur des décharges, des taudis...qui mangent de l'argile parce qu'ils n'ont pratiquement rien à manger... Et quand je vois les
regards et les sourires des gens autour de moi, des nantis de notre société... je me demande qui sont les pauvres, qui sont les esclaves... à quelle illusion on nous berce, à quelle sauce encore on
nous cuisine que nous sommes les forts, les privilégiés, les nantis...nantis de quoi?


Vieux Jade 12/01/2011 08:08



Nantis comme le roi qui était nu. De rien. Mais il ne faut pas le dire, chut.



LLéa 12/01/2011 01:38


Bonsoir,



Abolition de l'esclavagisme?


^^


Narf 08/01/2011 12:14


Désolée, pas le temps de lire l'article. Over-dose pour mon petit cerveau.

Mais je rebondis sur la première photo, que je retrouve sur Perle de Diamant ( qui met aussi en lien "Exegèse du mensonge" dans un autre article!).

http://perledediamant.blog4ever.com/blog/lire-article-186499-2063927-travailler_comme_un_negre__le_nouveau_dieudo_2010_.html

http://www.youtube.com/watch?v=MGqTH2TVerc&feature=related


Miche 06/01/2011 04:28


Il est si lourd ce passé humain, comme un trou noir à traverser, pour que quelque chose change profondément en nous, d’une manière radicale…


Vieux Jade 06/01/2011 10:47



On a le choix de l'ignorer, comme font ceux qui ne veulent pas guérir.



Korrigan 05/01/2011 14:17


« Mais il aurait tout aussi bien pu étendre ces horreurs aux portugais, aux espagnols, aux belges, aux hollandais et aux français, sans oublier les chinois, les aztèques, les mongols et les arabes,
et j'en oublie*… »

Certes ces questionnements sont d’actualité mais j’avais cru comprendre qu’il était aujourd’hui des sujets beaucoup plus brûlants :

- Comportement de la brouette aveyronnaise sur les hauts de l’Aubrac par temps de neige (TF1)
- Tour de main et savoir-faire pour la fabrication de la kippa au XIIème siècle (A2)*

* D’ailleurs cher ami n’auriez vous pas à ce sujet omis un détour par Gaza ?

Pour le reste j’aime bien les infos de FR3 à 13h (30 millions d'amis)où j’ai eu l’insoutenable bonheur d’y apprendre que Sissi impératrice avait des chiens Terre Neuve…Si si !

Korrigan


Vieux Jade 06/01/2011 10:43



Oui, Gaza, le Japon, les Turcs, les Russes, et tant d'autres...



Présentation

  • : Le jardin de Vieux Jade
  • : Arrivages du jour, légumes secs, mauvaises herbes, quelques trucs qui arrachent la gueule. Taupes, censeurs et culs bénits s'abstenir. Si vous cherchez des certitudes, c'est pas l'endroit.
  • Contact

Décidément rétif à l'ordre bestial, j'ai fixé ma résidence ailleurs, d'où j'observe le déroulement des temps infernaux, fumier des plus belles fleurs.  J'ai un jardin secret, où les plantes poussent toutes seules. Servez-vous, si le coeur vous en dit, sans tenir compte de la chronologie, car comme le mot le dit clairement, l'heure est un leurre.

 

Une précision concernant les commentaires : n'ayant pas toujours le temps ni l'énergie de répondre aux commentaires, ceux-ci restent ouverts, sans aucune garantie que j'y réponde. Je me réserve cependant le droit de sabrer les inconvenances, dont je reste seul juge.

 

Ici, je n'est pas un autre.

Recherche

Lave

Après l’explosion

Nul ne l’a sue

Le jour d’après

Coule la lave

Brûlent les cendres

Lave la lave

Mange la louve

Larmes sans sel

De régime

Cuit et recuit 

Frottent les cendres

Récurent

 

Pas encore nu,

Pas tout à fait ?

Restent des choses

Bien accrochées

Des salissures

De vieux fantômes

D’anciennes guerres

 

Qui peut le faire, si ce n'est toi ? 

 

Nettoie

 

Les notes glissent

Comme des larmes

Gouttes de feu

Sur la paroi

 

Qui m’a volé le cœur ?

Qui m’a trempé vivant,

Comme une lame ?

Qui m’a fouetté les yeux,

M’a déchiré le ventre

Me baisant les paupières

Et m’enduisant de baume,

Me prenant par la main,

Pour me conduire

Dehors ?

Les dits de Lao Yu

LE BUT DE LA QUÊTE EST DE N'AVOIR

NI BUT, NI QUÊTE

 

***

 

QUE SAIT-IL DE LA PESANTEUR,

CELUI QUI N'EST JAMAIS TOMBÉ ?

 

***

 

C'EST SOUVENT LORSQU'ELLE S'ENFUIT QU'ON PERÇOIT L'ESSENCE DE LA BEAUTÉ

 

***

 

LA MER A DES MILLIARDS DE VAGUES QUI BATTENT TOUS LES RIVAGES. OU EST LE CENTRE DE LA MER ?

 

***

 

CE QUI EST MORT N'A AUCUN POUVOIR SUR CE QUI EST VIVANT

SEULS LES MORTS CRAIGNENT LES MORTS

 

***

 

QUAND LE NID BRÛLE, LES OISEAUX S’ENVOLENT

 

***

 

C’EST DANS LA CHUTE QUE LES AILES POUSSENT

 

***

 

CE QUI PEUT ÊTRE PERDU EST SANS VALEUR

 

***

 

LA MAISON EST PLUS GRANDE QUE LA PORTE

 

***

 

L’ERREUR EST LA VOIE

 

***

 

LA ROUTE EST DURE A CELUI QUI BOÎTE

 

***

 

LA LUMIERE DE L’ETOILE EST DANS L’ŒIL QUI LA REGARDE

 

***

 

LES PETITS NOURRISSENT LES GRANDS

 

***

 

LES RICHES ONT UNE BOUCHE
MAIS PAS DE MAINS POUR LA REMPLIR

C’EST POURQUOI IL LEUR FAUT
DE NOMBREUX SERVITEURS ;


CEUX QUI ONT DE NOMBREUX SERVITEURS
NE SAURAIENT VIVRE SEULS,

CE SONT DONC DES PAUVRES ;


CELUI QUI PEUT VIVRE SANS SERVITEURS 
EST DONC LE VERITABLE RICHE.

 

***

 

VIVRE C’EST REVENIR SUR SES PAS

 

***

 

LA NUIT LAVE LE LINGE DU SOLEIL

 

***

 

LES RUISSEAUX EMPORTENT LES MONTAGNES

 

***

 

UNE EPINE DANS LE PIED DU GENERAL : L’ARMEE S’ARRÊTE


***
 


UN PORC EN HABITS DE SOIE RESTE UN PORC,
COMME UN DIAMANT DANS LE FUMIER

RESTE UN DIAMANT.

MAIS LA PLACE D’ UN DIAMANT

EST DANS UN ECRIN DE SOIE,

ET CELLE D’UN PORC DANS LE FUMIER.

 

***

 

COMME SEULE L’EAU ETANCHE LA SOIF,
SEULE LA JUSTICE COMBLE LA FAIM DE JUSTICE

 

***

 

DU COLIBRI A L’AIGLE, IL EXISTE DE NOMBREUX OISEAUX

 

***

 

LE DEDANS REGLE LE DEHORS

 

***

 

L’EPONGE BOIT LE VIN RENVERSÉ
ET LA ROSÉE DU MATIN

 

 

***  

 

LORSQU'IL DECOUVRE LE MIEL,

L'OURS OUBLIE LA PIQÛRE DES ABEILLES

 

 

 

 

 

 

 

 

Lisez-Moi Lisez Moi Lisez Moi

Des mots des mots des mots des

Quand à un livre je me livre , ce que je lis me délie.

 

 

Je me demande pourquoi on n'a pas encore une loi qui oblige à faire bouillir les bébés à la naissance, afin qu'ils soient parfaitement stérilisés.

 

Circuler, pour mieux s'ôter.

Toute notre vie, on attend une grande cause pour se lever, et on passe sa vie accroupi, à croupir.

Le lucane aime prendre l'R le soir à sa lucarne.

Ce qu’il y a de bien dans l’état de siège, c’est qu’on prend le temps de s’asseoir.

 

 

Les oiseaux sont les poissons du ciel,

nous en sommes les crabes


Heureux les déjantés, ils quitteront plus facilement la route commune!

 
L’argent n’a pas d’odeur, mais il y contribue.


Un vrai sosie, c’est invraisemblable.

   

Quand je grossis, je m’aigris ; et quand je m’aigris, je grossis.

   

Le temps, c’est de l’urgent.

   

Joindre l’utile au désagréable : se faire renverser par une ambulance.  

 

Le journal du paradis, c’est le Daily Cieux.

   

Yfaut et Yaka sont dans un bateau ; Yfaut tombe à l’eau, Yaka l’repêcher.

 

Chaque matin, s’ils ne sont pas morts, les vieux vont aux nouvelles.

 

Le poète a latitude d’explorer toutes les longitudes.

   

Etre réduit à la portion congrue, c’est fort peu. Moins, c’est incongru.

 

Peut-on dire de quelqu’un
dont la vie dépend des autres pour tout qu’il
est riche ?
La bouche est elle riche ?

Peut-on dire de quelqu’un
qui n’a rien à attendre des autres qu’il est pauvre ?
Les mains sont elles pauvres ?

 

Curieux comme mystique s’oppose à mastoc.

 

On a mis bien des ouvrages majeurs à l’index.

 

Quand le brouillard tombe, on voudrait qu’il se casse.

 

Au matin, la nuit tombe de sommeil.