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23 décembre 2011 5 23 /12 /décembre /2011 13:39

Parce que j'ai besoin de repos, et qu'il y a quelques textes que j'ai envie de ressortir des placards, j'en rééditerai durant cette période où la société reprend son souffle. Pour les distinguer des nouveaux, leur titre est suivi de la mention : 2 ème.

Celui-ci est très sérieux, attention, pour ceux qui roupillent au fond : Interro demain. Grrr.

 

Dans l’Antiquité romaine, Saturne en tant que dieu du Temps portait divers attributs, la faux, le trident, et le voile, dont les significations symboliques les plus apparentes sont classiques :

La faux, car il moissonne tout, ici-bas. Le voile, car de notre point de vue, passé et présent sont obscurs. Le trident, car le temps est triple, avant, pendant, après.

 
Nous sommes dans une boîte, l’espace-temps, une caverne, disait Platon, où l’on nous projette un film. Il y a donc très longtemps que les hommes savent que tout ce qui existe est illusion – maya. Matrix n’est qu’une moderne mise en images de cette idée.

 

L’illusion nous inclut. Ou du moins, elle nous inclut partiellement, car nous sommes dans ce monde, et hors de ce monde. L’image qui me vient est celle du manipulateur de produits dangereux, abrité derrière une vitre, et qui fait sa petite cuisine en enfilant des brassières et des gants qui lui permettent d’agir de l’autre côté. Il est hors du monde, derrière sa vitre, et dans le monde puisqu’il y agit. Ses mains obéissent à sa tête restée en dehors.

 

La différence est que lorsque nous entrons dans les gants, nous oublions que nous sommes reliés à un organisme intégral. Nous croyons n’être que des mains. Le voile de Saturne est tombé. L’ange du temps a imprimé son index sur notre bouche, laissant sa marque : chut. Chute. La faux a coupé le lien, le cordon qui nous reliait à cet autre être qui est Nous, ailleurs.

 

L’homme a exploré et ravagé la planète à la recherche de lui-même. Comme l’écureuil dans sa cage, il tourne en rond. Pas très rond, quand même. Quand il aurait exploré et saccagé le système solaire et la galaxie, il tournerait encore en rond. Pas plus rond.

 

La porte de l’invisible, disait Daumal, est dans le visible. La porte n’est pas dans l’espace. L’espace est quatre ou six, si l’on y intègre le haut et le bas, le temps est schématiquement trois. L’espace est statique, fermé. Il renvoie toujours au point de départ.  Le temps est ouvert, dynamique. Il est d’ailleurs ouvert dans les deux sens, mais ceci sort un peu de mon sujet pêché du jour.  La porte de l’invisible est dans le Temps (Ne croyez pas ce que je dis, disait le Bouddha, sans l’avoir éprouvé ; peut-être suis-je passé sans les voir devant les nombreuses portes de l’espace ; et peut-être Tout n’est-il que portes ?).

 

Le trident est composé d’un fer en U formant le demi-cercle dont les bornes sont le passé et le futur, et la branche centrale, qui est la terminaison du manche, marque le moyeu, le présent. En réalité, tous les temps coexistent, et par le présent on accède tant au passé qu’au futur. La preuve en est relativement simple : lorsque j’exerce dans le présent le pardon à propos d’événements passés, je change les relations à venir.

 

Une forme de pardon s’adresse à soi-même. Je me suis maltraité, mal considéré, et j’en demande pardon à ce moi évanoui. Evanoui ? Qui sait ? L’une des techniques qui émergent du passé de l’humanité, sous l’étiquette urticante « chamanisme », consiste à recouvrer les morceaux d’âmes qui pulvérisés par des chocs émotifs sont restés bloqués dans des temps parallèles. Un déménagement brutal dans l’enfance peut, par exemple, avoir scindé un tronçon de nous qui aura décidé de vivre éternellement dans cette tranche de temps. Le guérisseur traverse la psyché, peut-être pas si différente du vide spatial ou du liquide amniotique, cherche à ramener cette énergie dans le temps présent pour la rassembler à son moi d’origine. Quoi qu’on (qui est on ?) en pense, sous réserve que ce soit bien fait, ça fonctionne.

 

Si à partir d’aujourd’hui, je peux intervenir sur mon passé, le moi de demain peut également intervenir sur aujourd’hui. Evident, non ?

 

On peut dès lors concevoir sans difficultés majeures un Moi global dont le temps recouvre tous les temps. C’est le manche du trident, et Saturne, qui n’est plus l’adversaire, le plomb, devient le Tout, l’Or. Ce qui était pesant, comme l’époque présente, devient pure lumière. EN TO PAN, TOUT DANS TOUT.

 

Les alchimistes parlaient du don de Dieu, donum dei. Sans lui, impossible de réaliser la Pierre. L’alchimie est un jeu d’enfants, ajoutaient-ils. Les enfants savent jouer avec les mots. Le don, c’est le présent. Le don de Dieu, c’est l’instant unique qui nous est perpétuellement donné pour que nous puissions nous souvenir que nous ne sommes pas que des gants vides, comme le croient les matérialistes, ou que des mains, comme le croient ceux qui s’émerveillent de leur propre ingéniosité, mais une parcelle de l’ Être intégral, doué de facultés qui nous dépassent et nous incluent, qui se trouve au-delà de la vitre, du voile.

 

Les gens qui cherchent à grimper sur les autres ces jours-ci – c’est vrai que ces jours semblent longs - par la menace, l’intimidation et toutes sortes de violences n’ont pas la moindre idée de ce qu’ils sont, ni de ce qu’ils font. Père, pardonne leur, disait le Christ, car ils ne savent pas ce qu’ils font. Entre autres choses, ils produisent l’inverse de l’effet par eux recherché, ils nous aident à devenir conscients, et nous poussent vers la sortie, la connaissance, le présent qui débouche sur l’éternité. Si dans cette marmite, leur pouvoir paraît immense, car nous nous prenons pour peu de chose, en réalité, ils ne sont que des ombres projetées sur un écran.

 

A travers le présent, qui est une fenêtre sur l’infini, nous pouvons apercevoir que nous-mêmes sommes beaucoup plus que les apparences et que leurs victoires ne sont rien.

 

Seule notre peur nous empêche de nous envoler.

 

"Quand le nid brûle, les oiseaux s’envolent" (Lao Yu).

 

 

Texte publié le 29/01/2010 après une première à date oubliée sur News of Tomorrow.

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Published by Vieux Jade - dans légumes verts
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commentaires

Narf 26/12/2011 20:40

Ben, la pomme ne tombe pas loin de l'arbre. Ou bien encore: les poiriers de font pas des pommes.

Vieux Jade 27/12/2011 07:34



Et les chiens pas des chats...:)



Narf 26/12/2011 13:00

Très coquin ce Toto! :))

Vieux Jade 26/12/2011 14:10



Depuis toujours, je plains ses pauvres parents. Ça ne doit pas être une sinécure...



Narf 26/12/2011 10:46

Vous ne connaissiez pas celle-ci?

http://nous-les-dieux.org/Nassim_Haramein_-_Conf%C3%A9rence_%C3%A0_la_libraire_m%C3%A9taphysique_de_la_vall%C3%A9e_de_Rogue_en_2003_(1%C3%A8re_partie)

Vieux Jade 26/12/2011 11:14



Yamma me l'avait passée, mais 25 épisodes c'est au dessus de mes forces...



Narf 26/12/2011 10:37

Au sujet de Dureau: quand je vous disais qu'il n'y a pas tant de blogs où, comme dans le votre, on peut s'exprimer librement. Il a censuré mon com.

Sinon, une blague, retenue, de celles d'hier: "Un chapon, cha pond pas!" :))

Vieux Jade 26/12/2011 10:51



Oui, j'y étais allé voir, et...rien.


Le chapon me rappelle le moyen mnémotechnique pour se souvenir que les fruits du sapin sont des cones dressés, et non pas pendants : le sapin, sapin pas (ça pend pas).


Bon, alors, mais c'est bien parce que c'est vous, ne le dites à personne, une histoire de Toto toute fraîche aussi :


Le téléphone sonne. Toto décroche. Une voix demande :


"Ta maman est là ?


- non, elle est dans la salle de bains.


- Ah. Et ton papa, il est là ?


- Non, il est aussi dans la salle de bains.


- A ton avis, ils en ont pour longtemps ?


- Sûrement. Quand ils m'on demandé de leur passer le tube de vaseline, je leur ai filé le tube de colle."


Scusez-moi, c'est un peu 3D mais ça me fait pisser de rire. 



Liliane 26/12/2011 10:06

Bnjour,

Merci pour ce beau texte.

Je me répète sûrement, mais cela me ramène au Tao qui enseigne que passé présent et futur ne forment qu'un, et que c'est notre conscience qui y voyage.

Votre jardin est magnifique......

Liliane

Vieux Jade 26/12/2011 10:24



Merci. Comme j'ai un petit peu de temps, je regardais la video de 48 mn que Dureau a mis au bas de son article. On en pense
ce qu'on veut, mais Dureau a un vrai talent pour rendre les choses simples et accessibles (alors que l'article lui-même me ferait partir en courant). Bonne journée.



Présentation

  • : Le jardin de Vieux Jade
  • : Arrivages du jour, légumes secs, mauvaises herbes, quelques trucs qui arrachent la gueule. Taupes, censeurs et culs bénits s'abstenir. Si vous cherchez des certitudes, c'est pas l'endroit.
  • Contact

Décidément rétif à l'ordre bestial, j'ai fixé ma résidence ailleurs, d'où j'observe le déroulement des temps infernaux, fumier des plus belles fleurs.  J'ai un jardin secret, où les plantes poussent toutes seules. Servez-vous, si le coeur vous en dit, sans tenir compte de la chronologie, car comme le mot le dit clairement, l'heure est un leurre.

 

Une précision concernant les commentaires : n'ayant pas toujours le temps ni l'énergie de répondre aux commentaires, ceux-ci restent ouverts, sans aucune garantie que j'y réponde. Je me réserve cependant le droit de sabrer les inconvenances, dont je reste seul juge.

 

Ici, je n'est pas un autre.

Recherche

Lave

Après l’explosion

Nul ne l’a sue

Le jour d’après

Coule la lave

Brûlent les cendres

Lave la lave

Mange la louve

Larmes sans sel

De régime

Cuit et recuit 

Frottent les cendres

Récurent

 

Pas encore nu,

Pas tout à fait ?

Restent des choses

Bien accrochées

Des salissures

De vieux fantômes

D’anciennes guerres

 

Qui peut le faire, si ce n'est toi ? 

 

Nettoie

 

Les notes glissent

Comme des larmes

Gouttes de feu

Sur la paroi

 

Qui m’a volé le cœur ?

Qui m’a trempé vivant,

Comme une lame ?

Qui m’a fouetté les yeux,

M’a déchiré le ventre

Me baisant les paupières

Et m’enduisant de baume,

Me prenant par la main,

Pour me conduire

Dehors ?

Les dits de Lao Yu

LE BUT DE LA QUÊTE EST DE N'AVOIR

NI BUT, NI QUÊTE

 

***

 

QUE SAIT-IL DE LA PESANTEUR,

CELUI QUI N'EST JAMAIS TOMBÉ ?

 

***

 

C'EST SOUVENT LORSQU'ELLE S'ENFUIT QU'ON PERÇOIT L'ESSENCE DE LA BEAUTÉ

 

***

 

LA MER A DES MILLIARDS DE VAGUES QUI BATTENT TOUS LES RIVAGES. OU EST LE CENTRE DE LA MER ?

 

***

 

CE QUI EST MORT N'A AUCUN POUVOIR SUR CE QUI EST VIVANT

SEULS LES MORTS CRAIGNENT LES MORTS

 

***

 

QUAND LE NID BRÛLE, LES OISEAUX S’ENVOLENT

 

***

 

C’EST DANS LA CHUTE QUE LES AILES POUSSENT

 

***

 

CE QUI PEUT ÊTRE PERDU EST SANS VALEUR

 

***

 

LA MAISON EST PLUS GRANDE QUE LA PORTE

 

***

 

L’ERREUR EST LA VOIE

 

***

 

LA ROUTE EST DURE A CELUI QUI BOÎTE

 

***

 

LA LUMIERE DE L’ETOILE EST DANS L’ŒIL QUI LA REGARDE

 

***

 

LES PETITS NOURRISSENT LES GRANDS

 

***

 

LES RICHES ONT UNE BOUCHE
MAIS PAS DE MAINS POUR LA REMPLIR

C’EST POURQUOI IL LEUR FAUT
DE NOMBREUX SERVITEURS ;


CEUX QUI ONT DE NOMBREUX SERVITEURS
NE SAURAIENT VIVRE SEULS,

CE SONT DONC DES PAUVRES ;


CELUI QUI PEUT VIVRE SANS SERVITEURS 
EST DONC LE VERITABLE RICHE.

 

***

 

VIVRE C’EST REVENIR SUR SES PAS

 

***

 

LA NUIT LAVE LE LINGE DU SOLEIL

 

***

 

LES RUISSEAUX EMPORTENT LES MONTAGNES

 

***

 

UNE EPINE DANS LE PIED DU GENERAL : L’ARMEE S’ARRÊTE


***
 


UN PORC EN HABITS DE SOIE RESTE UN PORC,
COMME UN DIAMANT DANS LE FUMIER

RESTE UN DIAMANT.

MAIS LA PLACE D’ UN DIAMANT

EST DANS UN ECRIN DE SOIE,

ET CELLE D’UN PORC DANS LE FUMIER.

 

***

 

COMME SEULE L’EAU ETANCHE LA SOIF,
SEULE LA JUSTICE COMBLE LA FAIM DE JUSTICE

 

***

 

DU COLIBRI A L’AIGLE, IL EXISTE DE NOMBREUX OISEAUX

 

***

 

LE DEDANS REGLE LE DEHORS

 

***

 

L’EPONGE BOIT LE VIN RENVERSÉ
ET LA ROSÉE DU MATIN

 

 

***  

 

LORSQU'IL DECOUVRE LE MIEL,

L'OURS OUBLIE LA PIQÛRE DES ABEILLES

 

 

 

 

 

 

 

 

Lisez-Moi Lisez Moi Lisez Moi

Des mots des mots des mots des

Quand à un livre je me livre , ce que je lis me délie.

 

 

Je me demande pourquoi on n'a pas encore une loi qui oblige à faire bouillir les bébés à la naissance, afin qu'ils soient parfaitement stérilisés.

 

Circuler, pour mieux s'ôter.

Toute notre vie, on attend une grande cause pour se lever, et on passe sa vie accroupi, à croupir.

Le lucane aime prendre l'R le soir à sa lucarne.

Ce qu’il y a de bien dans l’état de siège, c’est qu’on prend le temps de s’asseoir.

 

 

Les oiseaux sont les poissons du ciel,

nous en sommes les crabes


Heureux les déjantés, ils quitteront plus facilement la route commune!

 
L’argent n’a pas d’odeur, mais il y contribue.


Un vrai sosie, c’est invraisemblable.

   

Quand je grossis, je m’aigris ; et quand je m’aigris, je grossis.

   

Le temps, c’est de l’urgent.

   

Joindre l’utile au désagréable : se faire renverser par une ambulance.  

 

Le journal du paradis, c’est le Daily Cieux.

   

Yfaut et Yaka sont dans un bateau ; Yfaut tombe à l’eau, Yaka l’repêcher.

 

Chaque matin, s’ils ne sont pas morts, les vieux vont aux nouvelles.

 

Le poète a latitude d’explorer toutes les longitudes.

   

Etre réduit à la portion congrue, c’est fort peu. Moins, c’est incongru.

 

Peut-on dire de quelqu’un
dont la vie dépend des autres pour tout qu’il
est riche ?
La bouche est elle riche ?

Peut-on dire de quelqu’un
qui n’a rien à attendre des autres qu’il est pauvre ?
Les mains sont elles pauvres ?

 

Curieux comme mystique s’oppose à mastoc.

 

On a mis bien des ouvrages majeurs à l’index.

 

Quand le brouillard tombe, on voudrait qu’il se casse.

 

Au matin, la nuit tombe de sommeil.