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8 avril 2012 7 08 /04 /avril /2012 12:40

C'est d'une bien étrange façon que je suis entré dans l'univers étrange d'Haruki Murakami.

 

 

J'avais acheté depuis plusieurs semaines un bouquin qui m'avait attiré, d'un auteur japonais dont les commentaires des lecteurs entrevus sur Amazon disaient le plus grand bien.

 

J'avais acheté "La fin des temps", puis l'ai laissé traîner parmi d'autres.

 

Une nuit, j'ai fait un rêve ici relaté. Ce rêve troublant m'a beaucoup intrigué. Mais lorsqu'après en avoir rendu compte sur le blog, j'ai ouvert le bouquin de Murakami, là, je suis tombé sur le cul, comme on dit : cet écrivain asiatique parlait d'un monde de licornes au pelage jaune d'or, et de techniques de séparation des hémisphères cérébraux. Ce livre, acheté avant et lu après, était comme une extension de mon rêve.

 

L'univers de Murakami est l'un des plus oniriques que je connaisse. Sans cesse, le monde réel et le monde intérieur s'interpénètrent. S'y croisent des êtres physiques et d'autres venus de mondes indistincts. Leurs allées et venues vont des montagnes du Japon aux sombres forêts intérieures, des temples shintoïstes au gouffre labyrinthique des entrailles, des dessous inquiétants d'un Tokyo fabuleux au lieu, retiré entre de hauts murs, de la fin des temps.

 

Murakami a beaucoup écrit, je ne l'ai pas encore beaucoup lu. De lui, ne comptez pas savoir quoi que ce soit. N'attendez pas d'explication. Entrez dans ces livres comme dans vos propres rêves, auxquels il a peut-être eu accès, mieux que vous-même.

 

Je viens de refermer, ébloui, le magnifique : " Kafka sur le rivage". Comparer des livres n'a aucun sens, mais on peut rapprocher des sensations. L'état de choc est du genre de celui que j'ai éprouvé lorsque j'ai lu " Cent ans de solitude" pour la première fois.

 

Les nouvelles, elles, ce sont à Karen Blixen qu'elles m'ont fait songer. 

 

Le livre est refermé, mais désormais j'ai laissé un peu de moi dans cette histoire, et l'écho de mes pas résonne encore dans la bibliothèque Komura où flotte le parfum ténu de Mlle Saeki, cinquante deux ans.

 

Le livre est refermé, mais désormais mon regard n'est plus tout à fait le même.

 

"Parfois, le destin ressemble à une tempête de sable qui se déplace sans cesse. Tu modifies ton allure pour lui échapper. Mais la tempête modifie aussi la sienne. Tu changes à nouveau le rythme de ta marche, et la tempête change son rythme elle aussi. C'est sans fin, cela se répète un nombre incalculable de fois, comme une danse macabre avec le dieu de la Mort, juste avant l'aube. Pourquoi ? Parce que cette tempête n'est pas un phénomène venu d'ailleurs, sans aucun lien avec toi. Elle est toi-même, et rien d'autre. Elle vient de l'intérieur de toi. Alors, la seule chose que tu puisses faire, c'est pénétrer délibérément dedans, fermer les yeux et te boucher les oreilles afin d'empêcher le sable d'y entrer, et la traverser pas à pas. Au coeur de cette tempête, il n'y a pas de soleil, il n'y a pas de lune, pas de repères dans l'espace ; par moments, même le temps n'existe plus. Il n'y a que du sable blanc et fin comme des os broyés qui tourbillonne haut dans le ciel. Voilà la tempête de sable que tu dois imaginer.

C'est un fait, tu vas réellement devoir traverser cette violente tempête. Cette tempête métaphysique et symbolique. Mais, si symbolique, si métaphysique qu'elle soit, ne te méprends pas : elle tranchera dans ta chair comme mille lames de rasoir affûtées. Des gens saigneront, et toi aussi tu saigneras. Un sang chaud et rouge coulera. Tu recueilleras ce sang dans tes mains : ce sera ton sang, et le sang des autres.

Une fois la tempête passée, tu te demanderas comment tu as fait pour la traverser, comment tu as fait pour survivre. Tu ne seras pas très sûr, en fait, qu'elle soit vraiment achevée. Mais sois certain d'une chose : une fois que tu auras essuyé cette tempête, tu ne seras plus le même. Tel est le sens de cette tempête".

(Kafka sur le rivage, éditions 10/18,pages 8, 9)

 

"C’est merveilleux de vivre seul en pleine nature, cela ne fait aucun doute, mais il ne faut pas que ça dure trop longtemps, dit-il. Cela n'a rien d'impossible en théorie, il y a des gens qui parviennent. Mais la nature et, en un sens, peu naturelle. Trop se décontracter peut-être source de menace pour nous, humains. Il faut une certaine préparation et de l'expérience pour accepter cette contradiction et vivre avec. Voilà pourquoi, dans un premier temps, nous retournons en ville. Nous retournons activités humaines et à la compagnie de nos semblables".

(Page 208)

 

"Je veux vérifier à quel point cette forêt est profonde. Je sais que c'est dangereux, mais je dois voir de mes yeux quelle sorte de danger elle recèle, je veux le sentir avec ma peau. Il faut que je le fasse. C'est comme si quelqu'un me poussait dans le dos.

Je suis pas à pas, avec précaution, le chemin qui paraît s'enfoncer le plus loin dans la forêt. Les arbres sont de plus en plus hauts, l'air autour de moi semble plus dense, plus lourd. Au-dessus de ma tête, un dais de branches cache complètement le ciel. L'atmosphère d'été, qui était présente il y a encore un instant, a complètement disparu. On dirait qu'ici les saisons n'existent plus. Je ne suis plus sûr du tout que l'endroit où je marche soit un sentier. Cela ressemble à un sentier et, en même temps, on dirait que ce n'en est pas un. Dans cette masse verte qui dégage une odeur d'humidité, toutes les définitions deviennent vagues. Ce qui a un sens, ce qui n'en a pas. Tout s'embrouille. Un corbeau crie à tue-tête au-dessus de moi. Ce cri perçant serait-il un avertissement, à moi destiné ? Je m'arrête, inspecte prudemment les environs. Il serait dangereux de poursuivre sans équipement approprié. Mieux vaut rebrousser chemin. Mais ce n'est pas simple. C'est peut-être plus difficile de revenir en arrière que de continuer à avancer. Comme l'armée de Napoléon pendant la retraite de Russie. Non seulement le sentier n'est pas très visible, mais de plus les arbres autour de moi forment une barrière noire impénétrable. Mon propre souffle résonne bizarrement à mes oreilles. On dirait un vent qui viendrait de l'autre bord du monde. Un énorme papillon noir, de la taille de ma main, traverse mon champ de vision en voletant. Il me fait penser à la tache de sang sur mon T-shirt blanc. Il est apparu entre les arbres, traverse lentement l'espace, puis disparaît dans l'ombre. Autour de moi, tout devient plus oppressant encore, l’air est plus froid. La panique m'envahit : j'ai peut-être perdu de vue le bon sentier juste au-dessus de ma tête, un corbeau jette de nouveau son cri perçant. C'est le même que tout à l'heure, et il me transmet le même message, me dis-je. Je m'arrête, lève la tête, mais je ne le vois pas. De temps en temps, le vent de la réalité agite les feuilles mes pieds avec un bruit sinistre. Je sens des ombres se déplacer rapidement dans mon dos, mais quand je me retourne, elles se sont déjà dissimulées derrière les arbres.

 

Je parviens cependant, je ne sais comment, retrouver la petite clairière ronde où je suis en sécurité. Je m'assieds sur l'herbe, respire profondément. Je regarde plusieurs fois le rond du ciel au-dessus de moi, pour être sûr que je suis bien revenu dans le monde avant. L'été, dont j'avais la nostalgie, m’entoure à nouveau. La lumière du soleil m'enveloppe comme un film protecteur, me réchauffe. Mais la peur que j'ai ressentie s'attarde longuement fond de moi, comme une plaque de neige qui n'a pas réussi à fondre dans un coin de jardin. Les battements de mon coeur sont encore irréguliers par moments, et j'ai la chair de poule".

(Pages 500 à 502)

 

"Hoshino hocha la tête et retourna à la biographie de Beethoven. Le célèbre musicien était un homme plein d'arrogance qui avait une confiance absolue en son propre talent et ne faisait aucun effort pour flatter la noblesse. Convaincu que la seule chose respectable et la plus sublime en ce monde était lart et l'expression juste des émotions, il considérait que le pouvoir ou la richesse avaient pour seule fonction de servir l'art. Haydn, lui, quand il était pensionnaire chez un mécène noble (et il fut pensionnaire la majeure partie de sa vie) dînait avec les domestiques. À l'époque de Haydn, on considérait que les musiciens appartenaient à cette classe. Haydn, qui était un homme simple et sans affectation, préférait pour sa part partager ses repas avec les serviteurs plutôt que de devoir supporter l'atmosphère formelle des dîners de la noblesse.

En revanche ce traitement humiliant plongeait Beethoven dans de violentes colères, au cours desquelles il jetait la vaisselle sur les murs, affirmant son droit à être traité en égal et à manger à la table des maîtres. Beethoven s'énervait facilement (il était même très soupe au lait) et une fois qu'il était en colère, il était difficile de le calmer. Il ne faisait rien non plus pour dissimuler ses idées politiques radicales, et ce comportement s'accentua à mesure qu'il devenait sourd. En vieillissant, sa musique devint à la fois plus expansive et d'une plus grande intériorité. Beethoven est sans doute le seul musicien au monde dont la musique réunit ces deux qualités contradictoires. Mais cette disposition peu ordinaire eut un effet dévastateur sur sa vie. Tout le monde a ses limites, aussi bien physiques que mentales et personne n'est fait pour supporter longtemps des situations aussi extrêmes. « C'est dur d'être un génie », se dit Hoshino, profondément impressionné".

(Page 513)

 

"Nous, pur point de vue, nous survolons la ville. Devant nos yeux, le spectacle d'une ville gigantesque qui s'éveille. Des trains de toutes les couleurs se meuvent, chacun dans sa direction, transportant des hommes d'un lieu à l'autre. Ces voyageurs sont à la fois des humains, avec chacun son visage, son esprit propre, et une partie anonyme d'un ensemble. Ils sont une entité et en même temps un simple élément. Ils exploitent efficacement, combinent habilement cette double appartenance pour effectuer avec agilité et précision les rituels du matin. Se laver les dents. Se raser. Choisir une cravate. Se mettre du rouge à lèvres. Regarder les actus à la télé. Échanger des paroles avec sa famille. Manger. Faire ses besoins.

En même temps que le soleil se lève, les corbeaux fondent sur la ville par bandes, pour chercher leur pitance. Leurs ailes noires et huileuses brillent sous la lumière du matin.

La double appartenance n'est pas pour les corbeaux un problème aussi grave que pour les humains. Assurer la quantité de nourriture indispensable aux fonctions vitales, voilà pour eux la question fondamentale. Les camions poubelles n'ont pas fini de ramasser les ordures. Il est à noter que la ville et tentaculaire et qu'elle produit une quantité prodigieuse d'ordures. Avec des cris perçants, les corbeaux descendent en piqué, tels des bombardiers, sur le moindre recoin de la ville.

Un nouveau soleil, une nouvelle lumière éclaire la ville. Les vitres des hautes tours nous éblouissent. Pas de nuages dans le ciel. Pour le moment, en tout cas, nous ne distinguons aucun nuage. Nous voyons uniquement le brouillard dû à la pollution qui plane, fin liseré sur l'horizon. Le croissant de lune se transforme en un amas rocheux de silence blanc, comme un message perdu et lointain, qui flotte dans le ciel de l'Ouest. Un hélicoptère d'une télé locale vole à la manière d'un insecte stressé, il envoie à son centre de diffusion les images de l'encombrement des routes. Sur l'autoroute urbaine, dès avant le péage, se forme l'embouteillage des voitures qui veulent entrer dans la ville. Coincées parmi les buildings, de multiples ruelles conservent encore la fraîcheur de l'ombre. Là, bon nombre de souvenirs de la nuit écoulée restent intacts".

 

« Le passage de la nuit », 10/18, pages 226 à 228.

 

 

 

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commentaires

rappeler le moi. 08/04/2012 16:51


je vais devoir me réincarner ,cela est certain car c'est rater cette  x ci..


J'ai vraiment pas de bol..(c'est surement ma premiere aparition)


Quand je vois la poèsie qui m'entoure ,surement qu'ils n'en sont pas à leur coup d'essais (réincarnations).


C'est toujour moi qui m'accepte alors que je devrais me refuser,quelle galère .


Merci ,j'essayerais de faire mieux si vous etes encore la ?.


 

Vieux Jade 09/04/2012 14:58



Le pire, c'est les ongles réincarnés. Ca fait un mal de chien.



jac 08/04/2012 13:05


he z'êtes en vacances !


on vous manque ,hein !


ben pas vous car un petit coucou c'est bon , 


j'espère que vous avez pu mettre un peu d'ordre ds votre chambre car elle était un peu désordonnée ! alles bizouilles , bonne thalasso ! 

Vieux Jade 09/04/2012 14:57



J'ai toujours un oeil ouvert :)



Présentation

  • : Le jardin de Vieux Jade
  • : Arrivages du jour, légumes secs, mauvaises herbes, quelques trucs qui arrachent la gueule. Taupes, censeurs et culs bénits s'abstenir. Si vous cherchez des certitudes, c'est pas l'endroit.
  • Contact

Décidément rétif à l'ordre bestial, j'ai fixé ma résidence ailleurs, d'où j'observe le déroulement des temps infernaux, fumier des plus belles fleurs.  J'ai un jardin secret, où les plantes poussent toutes seules. Servez-vous, si le coeur vous en dit, sans tenir compte de la chronologie, car comme le mot le dit clairement, l'heure est un leurre.

 

Une précision concernant les commentaires : n'ayant pas toujours le temps ni l'énergie de répondre aux commentaires, ceux-ci restent ouverts, sans aucune garantie que j'y réponde. Je me réserve cependant le droit de sabrer les inconvenances, dont je reste seul juge.

 

Ici, je n'est pas un autre.

Recherche

Lave

Après l’explosion

Nul ne l’a sue

Le jour d’après

Coule la lave

Brûlent les cendres

Lave la lave

Mange la louve

Larmes sans sel

De régime

Cuit et recuit 

Frottent les cendres

Récurent

 

Pas encore nu,

Pas tout à fait ?

Restent des choses

Bien accrochées

Des salissures

De vieux fantômes

D’anciennes guerres

 

Qui peut le faire, si ce n'est toi ? 

 

Nettoie

 

Les notes glissent

Comme des larmes

Gouttes de feu

Sur la paroi

 

Qui m’a volé le cœur ?

Qui m’a trempé vivant,

Comme une lame ?

Qui m’a fouetté les yeux,

M’a déchiré le ventre

Me baisant les paupières

Et m’enduisant de baume,

Me prenant par la main,

Pour me conduire

Dehors ?

Les dits de Lao Yu

LE BUT DE LA QUÊTE EST DE N'AVOIR

NI BUT, NI QUÊTE

 

***

 

QUE SAIT-IL DE LA PESANTEUR,

CELUI QUI N'EST JAMAIS TOMBÉ ?

 

***

 

C'EST SOUVENT LORSQU'ELLE S'ENFUIT QU'ON PERÇOIT L'ESSENCE DE LA BEAUTÉ

 

***

 

LA MER A DES MILLIARDS DE VAGUES QUI BATTENT TOUS LES RIVAGES. OU EST LE CENTRE DE LA MER ?

 

***

 

CE QUI EST MORT N'A AUCUN POUVOIR SUR CE QUI EST VIVANT

SEULS LES MORTS CRAIGNENT LES MORTS

 

***

 

QUAND LE NID BRÛLE, LES OISEAUX S’ENVOLENT

 

***

 

C’EST DANS LA CHUTE QUE LES AILES POUSSENT

 

***

 

CE QUI PEUT ÊTRE PERDU EST SANS VALEUR

 

***

 

LA MAISON EST PLUS GRANDE QUE LA PORTE

 

***

 

L’ERREUR EST LA VOIE

 

***

 

LA ROUTE EST DURE A CELUI QUI BOÎTE

 

***

 

LA LUMIERE DE L’ETOILE EST DANS L’ŒIL QUI LA REGARDE

 

***

 

LES PETITS NOURRISSENT LES GRANDS

 

***

 

LES RICHES ONT UNE BOUCHE
MAIS PAS DE MAINS POUR LA REMPLIR

C’EST POURQUOI IL LEUR FAUT
DE NOMBREUX SERVITEURS ;


CEUX QUI ONT DE NOMBREUX SERVITEURS
NE SAURAIENT VIVRE SEULS,

CE SONT DONC DES PAUVRES ;


CELUI QUI PEUT VIVRE SANS SERVITEURS 
EST DONC LE VERITABLE RICHE.

 

***

 

VIVRE C’EST REVENIR SUR SES PAS

 

***

 

LA NUIT LAVE LE LINGE DU SOLEIL

 

***

 

LES RUISSEAUX EMPORTENT LES MONTAGNES

 

***

 

UNE EPINE DANS LE PIED DU GENERAL : L’ARMEE S’ARRÊTE


***
 


UN PORC EN HABITS DE SOIE RESTE UN PORC,
COMME UN DIAMANT DANS LE FUMIER

RESTE UN DIAMANT.

MAIS LA PLACE D’ UN DIAMANT

EST DANS UN ECRIN DE SOIE,

ET CELLE D’UN PORC DANS LE FUMIER.

 

***

 

COMME SEULE L’EAU ETANCHE LA SOIF,
SEULE LA JUSTICE COMBLE LA FAIM DE JUSTICE

 

***

 

DU COLIBRI A L’AIGLE, IL EXISTE DE NOMBREUX OISEAUX

 

***

 

LE DEDANS REGLE LE DEHORS

 

***

 

L’EPONGE BOIT LE VIN RENVERSÉ
ET LA ROSÉE DU MATIN

 

 

***  

 

LORSQU'IL DECOUVRE LE MIEL,

L'OURS OUBLIE LA PIQÛRE DES ABEILLES

 

 

 

 

 

 

 

 

Lisez-Moi Lisez Moi Lisez Moi

Des mots des mots des mots des

Quand à un livre je me livre , ce que je lis me délie.

 

 

Je me demande pourquoi on n'a pas encore une loi qui oblige à faire bouillir les bébés à la naissance, afin qu'ils soient parfaitement stérilisés.

 

Circuler, pour mieux s'ôter.

Toute notre vie, on attend une grande cause pour se lever, et on passe sa vie accroupi, à croupir.

Le lucane aime prendre l'R le soir à sa lucarne.

Ce qu’il y a de bien dans l’état de siège, c’est qu’on prend le temps de s’asseoir.

 

 

Les oiseaux sont les poissons du ciel,

nous en sommes les crabes


Heureux les déjantés, ils quitteront plus facilement la route commune!

 
L’argent n’a pas d’odeur, mais il y contribue.


Un vrai sosie, c’est invraisemblable.

   

Quand je grossis, je m’aigris ; et quand je m’aigris, je grossis.

   

Le temps, c’est de l’urgent.

   

Joindre l’utile au désagréable : se faire renverser par une ambulance.  

 

Le journal du paradis, c’est le Daily Cieux.

   

Yfaut et Yaka sont dans un bateau ; Yfaut tombe à l’eau, Yaka l’repêcher.

 

Chaque matin, s’ils ne sont pas morts, les vieux vont aux nouvelles.

 

Le poète a latitude d’explorer toutes les longitudes.

   

Etre réduit à la portion congrue, c’est fort peu. Moins, c’est incongru.

 

Peut-on dire de quelqu’un
dont la vie dépend des autres pour tout qu’il
est riche ?
La bouche est elle riche ?

Peut-on dire de quelqu’un
qui n’a rien à attendre des autres qu’il est pauvre ?
Les mains sont elles pauvres ?

 

Curieux comme mystique s’oppose à mastoc.

 

On a mis bien des ouvrages majeurs à l’index.

 

Quand le brouillard tombe, on voudrait qu’il se casse.

 

Au matin, la nuit tombe de sommeil.