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29 novembre 2011 2 29 /11 /novembre /2011 10:37

A l'école, on nous a appris que l'homme (cet inconnu, disait Alexis Carrel), après avoir renoncé à brouter, soudain frappé d'un mal mystérieux, s'était lentement (vaut mieux, pour éviter les lombalgies) redressé.

 

Le grand Terence Mc Kenna associe ça à l'ingestion fortuite et régulière de psilocybes. Pas forcément la station debout, mais l'acquisition de la conscience qui va plus ou moins de pair.

 

Après, quelques centaines de milliers d'années, c'est le paléolithique. Le vieil âge de pierre. Et vas y que je te fracasse les bisons grizzlis et autres prognathes paléocontemporains à coups de rocher sur la tronche. Après on te leur suce la cervelle, la moëlle et le foie, c'est succulent.

 

Jamais l'homme moderne ne ferait un truc pareil, c'est sûr.

 

A force de se creuser les méninges, l'homme, velu poilu genre dsk se met à réfléchir. Va pas courir la campagne à moitié à poil pendant encore cinq cent mille ans. Non. Faut qu'on réfléchisse. Vas y, goûte moi ces p'tits champis, tu m'en diras des nouvelles, reprenez-un peu de ces délicieux cookies à l'ergot de seigle, je vous en prie, c'est Madame qui les fait et là, soudain (ou lentement, ça évite les maux de tête) :

 

Nous voici au néolithique. Finies les vieilles pierres (quoi qu'on trouve encore des amateurs de vieilles pierres dans les vieilles familles, parfois un tantinet prognathes), place aux jeunes !

 

On met au rencart les tranchoirs et racloirs grossièrement éclatés, et l'homme nouveau, pas plus con que vous et moi (quoi que j'aimerais bien vous y voir) se met à polir la pierre.

 

En même temps, il devient par mimétisme très poli lui-même : " Escusez moi mon brave de vous demander pardon si je dérange, mais c'est ma femelle perso rien qu'à moi que vous êtes en train de faire reluire ; je me vois donc hélas au regret de vous asséner un coup de cette hache extrêmement polie entre les sourcils, avec votre permission".

 

Là-dessus, se met à cultiver la terre - enfin, les femmes -, à dresser des animaux, à les traire - toujours les femmes - et à aller chercher de l'eau à la source - les femmes - pour mettre dans le Ricard - des hommes qui en profitent pour inventer de nouveaux jeux.

 

Ça, c'est la civilisation.

 

Mais c'est dépassé. On a fait mieux. Bien mieux. Après le paléo, après le néo, la po. La PO, vous dis-je. La politique.

 

Pour faire de la politique, il faut être supérieurement intelligent. Faire si POssible sciencesPO. Et très très POli. Encore bien plus qu'au néo. C'est d'ailleurs pour ça que ça s'appelle ainsi.

 

Et voir grand. Et surtout surtout SURTOUT, c'est indispensable : vouloir le bien de tous, en se désintéressant totalement de son propre intérêt, et de celui de ses amis proches. D'ailleurs, lorsqu'on se voue à la politique, on n'a plus d'amis. Pas de yacht, de clinquant, de rolex. C'est une vie d'ascèse, d'abnégation, de rigueur.

 

Ces élus des dieux, ils s'assoient en rond : encore un peu de champagne ? Délicieuse votre cocaïne, c'est la cia qui vous la fournit ?

 

Pas des gens qui vont s'étriper pour des femelles - fumelles, disait-on dans l'ancienne province de Bourbonnais -  non, bien trop polis. Supérieurement intelligents. Raffinés jusqu'au bout de la queue. Se les échangent avec effusion, passe moi la brune, j'te refile la blonde, à moins que tu prèfères ces deux petits garçons ? Vont à l'hôtel. Au hammam. Y a le choix. Rafiton, Carltel, Sodomitz...

 

Trop élégants pour se percer la bedaine à coups de glaive, c'est à coups de rumeurs, de plaintes, de menus chantages et de rodomontades (ouf, j'ai fini par le placer, ce mot là, au scrableu c'est pas possible), et avec le sourire - c'est ça qui est important, et que n'avaient compris ni les paléo ni les néo, encore bruts de décoffrage - qu'ils s'affrontent en toute camaraderie sous le regard humide des foules.

 

C'est à ça que, personnellement, je mesure le progrès de l'homme. Hier, épaisse brute quadrupède uniquement occupée à satisfaire ses besoins primaires, aujourd'hui, soucieuse, à travers ses chefs, du bonheur de tous, avec le sourire enivrant, modeste et rassurant de celui qui sait.

 

La guerre ? Mais de quelle guerre parlez-vous ? Ils ne font pas la guerre, ces gens exquis, ils apportent, à travers de regrettables souffrances qui ne sont pas de leur fait, la civilisation, et la démocrassie qui en est l'indissociable corollaire. Parce que les paléo, s'il n'en reste plus guère depuis l'irrésistible ascension de l'homme blanc, à part en Australie dans les zoos, bon, mais l'Australie, c'est pas le Pérou, si je ne m'abuse, c'est plein d'Ostrogoths, excusez-moi, du néo, y en a encore plein. Du primitif musulman au papy qui fait son jardin et tutoie ses poules, faut nettoyer la zone. Au karcher (évangile de St Nicolas XX-19), pour le bien de tous et le triomphe de l'homme nouveau, dans un monde et un ordre nouveau.

 

On attribue - par erreur, disent certains qui manifestement ont lu tout l'oeuvre - à Malraux ce mot: le XXIème siècle sera spirituel ou ne sera pas. Tu t'es trompé, André. Faut dire qu'il suçait pas mal la pipe chinoise, prenait ses désirs pour la réalité.

 

Non, le XXIème, à moins que Dieu ou Diable s'en mêlent, pour l'instant c'est : la démocrassie ou la mort. C'est beau. J'en renifle. 

 

Et la démocrassie, c'est le triomphe de la politique, cet art raffiné que toute la galaxie nous envie. 

 

Moi (mais personne ne me pose la question, c'est un peu vexant), je dirais: le XXIème siècle sera rentable ou ne sera pas.

 

Je m'égare.

 

Chaque jour que Dieu fait, je m'ébahis de la grandeur de ces nouveaux humains, nos guides, nos timonniers, dont le regard perçant, supérieurement lucide, empli de compassion, scrute l'avenir, et de l'extrême politesse qu'ils mettent dans leurs relation aux infimes étrons que nous sommes restés, nous les néo.

 

Z'ont avec nous des rapports très policés. 

 

Qu'ils sont beaux, qu'ils sont grands, qu'ils brillent et resplendissent d'humilité, au service de cette grande race que nous formons, misérables vermisseaux, et dont ils sont l'incomparable fer de lance : les politiques.

 

Certains, que je n'approuve pas, et qui ne perçoivent pas la grandeur de ces hommes providentiels pour rire disent les "crapolitiques" ou même tout simplement "les tiques".

 

Non, faut pas rigoler des choses sérieuses. Moi, ça me fait mal qu'on se moque ainsi de nos glorieux chefs.

 

 

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Published by Vieux Jade - dans attention ça pique
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commentaires

Narf 30/11/2011 20:20

@ Korrigan: Oh... tu voulais voir le temps venir, et il s'échappe...

Bon, j'espère que tu obtiennes réparation de ce préjudice... Il va falloir patienter! Mais, là aussi, je suis sûre que t'es un champion qui va encore remporter le gros lot!

Je me demande pour quoi c'était le baromètre, la mer ou la montagne? Les deux réclament prudence car leurs hauts et leurs bas peuvent précipiter les choses, plus vite que ce à quoi on s'attend.

Le baromètre est cassé!!! Plus besoin de se mettre la pression!

Vieux Jade 05/12/2011 19:54



:)



Korrigan 30/11/2011 11:48

M’oui, vais me réconforter à mon bar personnel en écoutant le Cantique des Cantiques.

Vieux Jade 30/11/2011 13:14



C'est un bar en teck? Un meuble antique ?


Bon, je clos là, car je m'en vais promener. Bonne journée et suivantes.



Korrigan 30/11/2011 10:59

Tac !


Je fais dans le minimalisme tant je suis furieux après la Poste qui vient enfin de me livrer mon baromètre de Toricelli...en quatre morceaux, avec le mercure à ramasser à la petite cuiller.

Le truc à me filer quelques tics pour la journée.

Vieux Jade 30/11/2011 11:24



Aïe. J'espère que ça a été constaté avant ouverture du colis ?


Mon papa, qui m'a légué un fort beau baromètre, m'expliquait qu'on vendait certains poissons, dont le bar au mètre.


Mais l'un n'explique pas l'autre.



Phène 30/11/2011 09:58

Heureusement que les "tiques" ne sont pas toutes porteuses de la maladie de lyme... Amicalement

Vieux Jade 30/11/2011 11:21



Mais des maladies de l'âme, surement :)



Narf 29/11/2011 22:40

"Vous avez la chance de nous percevoir différemment" dit Peutimporte... ouiyamais apparemment, rien n'est gratuit, tout se paye... Rien dans cette vie n'est facilité... Ha oui! Vous l'avez bien
dit!

Bon rétablissement Vieux Jade!!! J'n'étais pas bien loin, mais pas là, à 20h30, mais le coeur y est. J'prends le relais, au cas où.

J'aime bien vos yeux d'enfant! Vous avez décidémment un regard toujours neuf! Ouf! Merci! merci à tous!

Vieux Jade 30/11/2011 07:28



Si vraiment j'ai récupéré mes yeux d'enfant, alors oui, pas rompu le contrat. J'espère que vous dites vrai.


Tiens, pour vous remercier, une petite histoire que m'a racontée mon beau-père :


Deux petites filles s'amusent à promener leur bébé en plaqtique dans des landaux. La première : vous l'avez eu où, votre bébé ? Ma mère l'a acheté à X. Et combien il a coûté ? 10 € Et vous ? Moi,
ma mère l'a acheté à Y et il a coûté 9.50 €


Elles croisent une jeune maman qui promène son vrai bébé, et lui posent les mêmes questions. Moi, je l'ai eu à la clinique Machin. Et combien il a couté ? Heu, 1 200 € je crois.


Une petite fille se retourne vers sa copine et chuchote : à mon avis, elle s'est fait baiser !


Voilà. Bonne journée.



Présentation

  • : Le jardin de Vieux Jade
  • : Arrivages du jour, légumes secs, mauvaises herbes, quelques trucs qui arrachent la gueule. Taupes, censeurs et culs bénits s'abstenir. Si vous cherchez des certitudes, c'est pas l'endroit.
  • Contact

Décidément rétif à l'ordre bestial, j'ai fixé ma résidence ailleurs, d'où j'observe le déroulement des temps infernaux, fumier des plus belles fleurs.  J'ai un jardin secret, où les plantes poussent toutes seules. Servez-vous, si le coeur vous en dit, sans tenir compte de la chronologie, car comme le mot le dit clairement, l'heure est un leurre.

 

Une précision concernant les commentaires : n'ayant pas toujours le temps ni l'énergie de répondre aux commentaires, ceux-ci restent ouverts, sans aucune garantie que j'y réponde. Je me réserve cependant le droit de sabrer les inconvenances, dont je reste seul juge.

 

Ici, je n'est pas un autre.

Recherche

Lave

Après l’explosion

Nul ne l’a sue

Le jour d’après

Coule la lave

Brûlent les cendres

Lave la lave

Mange la louve

Larmes sans sel

De régime

Cuit et recuit 

Frottent les cendres

Récurent

 

Pas encore nu,

Pas tout à fait ?

Restent des choses

Bien accrochées

Des salissures

De vieux fantômes

D’anciennes guerres

 

Qui peut le faire, si ce n'est toi ? 

 

Nettoie

 

Les notes glissent

Comme des larmes

Gouttes de feu

Sur la paroi

 

Qui m’a volé le cœur ?

Qui m’a trempé vivant,

Comme une lame ?

Qui m’a fouetté les yeux,

M’a déchiré le ventre

Me baisant les paupières

Et m’enduisant de baume,

Me prenant par la main,

Pour me conduire

Dehors ?

Les dits de Lao Yu

LE BUT DE LA QUÊTE EST DE N'AVOIR

NI BUT, NI QUÊTE

 

***

 

QUE SAIT-IL DE LA PESANTEUR,

CELUI QUI N'EST JAMAIS TOMBÉ ?

 

***

 

C'EST SOUVENT LORSQU'ELLE S'ENFUIT QU'ON PERÇOIT L'ESSENCE DE LA BEAUTÉ

 

***

 

LA MER A DES MILLIARDS DE VAGUES QUI BATTENT TOUS LES RIVAGES. OU EST LE CENTRE DE LA MER ?

 

***

 

CE QUI EST MORT N'A AUCUN POUVOIR SUR CE QUI EST VIVANT

SEULS LES MORTS CRAIGNENT LES MORTS

 

***

 

QUAND LE NID BRÛLE, LES OISEAUX S’ENVOLENT

 

***

 

C’EST DANS LA CHUTE QUE LES AILES POUSSENT

 

***

 

CE QUI PEUT ÊTRE PERDU EST SANS VALEUR

 

***

 

LA MAISON EST PLUS GRANDE QUE LA PORTE

 

***

 

L’ERREUR EST LA VOIE

 

***

 

LA ROUTE EST DURE A CELUI QUI BOÎTE

 

***

 

LA LUMIERE DE L’ETOILE EST DANS L’ŒIL QUI LA REGARDE

 

***

 

LES PETITS NOURRISSENT LES GRANDS

 

***

 

LES RICHES ONT UNE BOUCHE
MAIS PAS DE MAINS POUR LA REMPLIR

C’EST POURQUOI IL LEUR FAUT
DE NOMBREUX SERVITEURS ;


CEUX QUI ONT DE NOMBREUX SERVITEURS
NE SAURAIENT VIVRE SEULS,

CE SONT DONC DES PAUVRES ;


CELUI QUI PEUT VIVRE SANS SERVITEURS 
EST DONC LE VERITABLE RICHE.

 

***

 

VIVRE C’EST REVENIR SUR SES PAS

 

***

 

LA NUIT LAVE LE LINGE DU SOLEIL

 

***

 

LES RUISSEAUX EMPORTENT LES MONTAGNES

 

***

 

UNE EPINE DANS LE PIED DU GENERAL : L’ARMEE S’ARRÊTE


***
 


UN PORC EN HABITS DE SOIE RESTE UN PORC,
COMME UN DIAMANT DANS LE FUMIER

RESTE UN DIAMANT.

MAIS LA PLACE D’ UN DIAMANT

EST DANS UN ECRIN DE SOIE,

ET CELLE D’UN PORC DANS LE FUMIER.

 

***

 

COMME SEULE L’EAU ETANCHE LA SOIF,
SEULE LA JUSTICE COMBLE LA FAIM DE JUSTICE

 

***

 

DU COLIBRI A L’AIGLE, IL EXISTE DE NOMBREUX OISEAUX

 

***

 

LE DEDANS REGLE LE DEHORS

 

***

 

L’EPONGE BOIT LE VIN RENVERSÉ
ET LA ROSÉE DU MATIN

 

 

***  

 

LORSQU'IL DECOUVRE LE MIEL,

L'OURS OUBLIE LA PIQÛRE DES ABEILLES

 

 

 

 

 

 

 

 

Lisez-Moi Lisez Moi Lisez Moi

Des mots des mots des mots des

Quand à un livre je me livre , ce que je lis me délie.

 

 

Je me demande pourquoi on n'a pas encore une loi qui oblige à faire bouillir les bébés à la naissance, afin qu'ils soient parfaitement stérilisés.

 

Circuler, pour mieux s'ôter.

Toute notre vie, on attend une grande cause pour se lever, et on passe sa vie accroupi, à croupir.

Le lucane aime prendre l'R le soir à sa lucarne.

Ce qu’il y a de bien dans l’état de siège, c’est qu’on prend le temps de s’asseoir.

 

 

Les oiseaux sont les poissons du ciel,

nous en sommes les crabes


Heureux les déjantés, ils quitteront plus facilement la route commune!

 
L’argent n’a pas d’odeur, mais il y contribue.


Un vrai sosie, c’est invraisemblable.

   

Quand je grossis, je m’aigris ; et quand je m’aigris, je grossis.

   

Le temps, c’est de l’urgent.

   

Joindre l’utile au désagréable : se faire renverser par une ambulance.  

 

Le journal du paradis, c’est le Daily Cieux.

   

Yfaut et Yaka sont dans un bateau ; Yfaut tombe à l’eau, Yaka l’repêcher.

 

Chaque matin, s’ils ne sont pas morts, les vieux vont aux nouvelles.

 

Le poète a latitude d’explorer toutes les longitudes.

   

Etre réduit à la portion congrue, c’est fort peu. Moins, c’est incongru.

 

Peut-on dire de quelqu’un
dont la vie dépend des autres pour tout qu’il
est riche ?
La bouche est elle riche ?

Peut-on dire de quelqu’un
qui n’a rien à attendre des autres qu’il est pauvre ?
Les mains sont elles pauvres ?

 

Curieux comme mystique s’oppose à mastoc.

 

On a mis bien des ouvrages majeurs à l’index.

 

Quand le brouillard tombe, on voudrait qu’il se casse.

 

Au matin, la nuit tombe de sommeil.