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2 janvier 2011 7 02 /01 /janvier /2011 09:20

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Merci à chacune de vos présences au bout de l'espace. Vous avez du remarquer qu'ici c'est vraiment la détente. Je ne fais rien. Réponds même plus aux commentaires. N'y voyez pas offense, juste une incroyable et jouissive paresse. Je fais tellement rien que j'ai demandé à un vieux gars de la région de Bordeaux (hé non, c'est pas Jusdepet, perdu) de prendre la relève pour animer le blog. J'ai trouvé qu'il se débrouillait pas mal (en plus, il fait un vin délicieux), donc je lui laisse la parole et retourne explorer la surface lunaire les yeux clos. Je vous mets aussi en plaie liste deux ou trois trucs qui traînaient au fond de la hotte, dont la petite Patricia Barber. J'espère que Deezer ne rognera pas sa musique à 25 secondes, parce qu'elle a des musiciens vraiment sublimes.  

 

 

"La vérité est chose si grande, que nous ne devons dédaigner aucune entremise qui nous y conduise. La raison a tant de formes, que nous ne savons à laquelle nous prendre, l'expérience n'en a pas moins...

 

Je m'étudie plus qu'autre sujet. C'est ma métaphysique, c'est ma physique... De l'expérience que j'ai de moi, je trouve assez de quoi me faire sage, si j'étais bon écolier. Qui remet en sa mémoire l'excès de sa colère passée et jusques où cette fièvre l'emporta, voit la laideur de cette passion mieux que dans Aristote, et en conçoit une haine plus juste. Qui se souvient des maux qu'il a courus, de ceux qui l'ont menacé, des légères occasions qui l'ont remué d'un état à l'autre, se prépare par là aux mutations futures et à la reconnaissance de sa condition.

 

La vie de César n'a pas plus d'exemples pour nous que la nôtre... Écoutons-y

seulement : nous nous disons tout ce dont nous avons principalement besoin...

 

L'expérience m'a encore appris ceci, que nous nous perdons d'impatience. Les maux ont leur vie et leurs bornes, leurs maladies et leur santé.... Il ne faut ni obstinément s'opposer aux maux, ni leur succomber mollement, mais leur céder naturellement, selon leur condition et la nôtre... laissons faire un peu la nature : elle entend mieux ses affaires que nous... Il faut apprendre à souffrir ce qu'on ne peut éviter. Notre vie est composée, comme l'harmonie du monde, de choses contraires et de divers tons, doux et âpres, aigus et plats, mols et graves. Le musicien qui n'en aimerait que les uns, que voudrait-il dire ? Il faut qu'il sache s'en servir en commun et les mêler. Et nous aussi les biens et les maux, qui sont consubstantiels à notre vie...

 

Je hais qu'on nous ordonne d'avoir l'esprit aux nues, pendant que nous avons le corps à table. Je ne veux pas que l'esprit s'y cloue ni qu'il s'y vautre, mais je veux qu'il s'y applique... Quand je danse, je danse ; quand je dors, je dors, et quand je me promène solitairement en un beau verger, si mes pensées se sont entretenues d'objets étrangers quelque partie du temps, je les ramène à la promenade, au verger, à la douceur de cette solitude et à moi.

 

Nous sommes de grands fous : "Il a passé sa vie dans l'oisiveté, disons-nous ; je n'ai rien fait d'aujourd'hui. - Quoi, n'avez-vous pas vécu ? C'est non seulement la fondamentale, mais la plus illustre de vos occupations. Ah ! si on m'avait donné l'occasion de traiter de grandes affaires, j'aurais montré ce que je savais faire. - Avez-vous su méditer et conduire votre vie ? Alors vous avez fait la plus grande besogne de toutes." Composer nos moeurs est notre office, non pas composer des livres et gagner des batailles et des provinces, mais l'ordre et tranquillité à notre conduite. Notre grand et glorieux chef-d'oeuvre, c'est vivre à  propos... Il n'est rien si beau et légitime que de faire bien l'homme et dûment, ni science si ardue que de bien et naturellement savoir vivre cette vie ; et de nos maladies la plus sauvage, c'est mépriser notre être.

 

C'est une absolue perfection, et comme divine, de savoir jouir loyalement de son être.

 

Nous cherchons d'autres conditions, pour n'entendre l'usage des nôtres, et sortons hors de nous, pour ne savoir quel il y fait... J'ai un dictionnaire tout à part moi : je "passe" le temps, quand il est mauvais et incommode ; quand il est bon je ne le veux pas "passer", je le goûte, je m'y tiens. Il faut courir le mauvais et se rasseoir au bon ... nature nous a mis la vie en main, garnie de telles circonstances, et si favorables, que nous n'avons à nous plaindre qu'à nous si elle nous presse et si elle nous échappe inutilement... Je me prépare pourtant à la perdre sans regret, mais comme perdable de sa condition, non comme pénible et importune.

 

Pour moi donc, j'aime la vie et la cultive telle qu'il a plu à Dieu de nous l'octroyer...

J'accepte de bon coeur, et reconnaissant, ce que nature a fait pour moi, et m'en contente et m'en loue. On fait tort à ce grand et tout-puissant donneur de refuser son don, de l'annuler et défigurer. Tout bon, il a fait tout bon."

 

Michel de Montaigne,

 

Essais,

Livre III, ch.13.

  

 

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commentaires

Narf 04/01/2011 22:12


Bon d'accord, qu'importe le flacon pourvu qu'on ait l'ivresse!
Ronronnez bien alors Vieux jade! "Attention de ne pas chat-louper ou chat-virer", paroles de Ferlin aujourd'hui!


Narf 04/01/2011 21:42


"et pan, t'avais qu'à écouter Bouddha"...
heu c'est de l'humour? Ou vous tombez encore dans le panneau? (Ou c'est moi qui m'y jette entière la première?)Il n'a rien inventé Bouddha! En plus vu comment il est récupéré! Mais arrêtez-donc
d'écouter un tel ou un tel! Lisez, découvrez, mais n'écoutez que vous même.
Ecoutez-vous Vieux Jade! Et après, racontez-nous... ce que vous vous êtes raconté, s'il vous plaît, bien sûr!! Promis, je ne vous citerai jamais en référence! Sûr! Juste pour le plaisir de vous
écouter, heu.. de vous lire...


Vieux Jade 04/01/2011 22:07



Gautama a dit : Ne crois rien que tu n'aies éprouvé de toi-même." Une des plus saines leçons qui soit. Là j'ai pas vérifié, et croyais mordicus que Montaigne avait été seigneur d'Yquem.


Que Bouddha soit récupéré n'enlève rien à Bouddha. Que le Christ ait servi de prétexte à tous les meurtres et tous lers esclavages ne change rien au Christ.


Qu'on me prenne ou qu'on vous prenne pour quoi que ce soit ne change rien à votre ou à mon mystère, uniques.


Scusez moi, je roupille encore et déjà et retourne ronronner.



Korrigan 03/01/2011 14:36


@Yog
Je suis toujours ravi de pouvoir apporter ma petite contribution à une santé collective faite de sourires et d’harmonie, même si dans ce cas précis assise sur une incontournable loi physique.

Korrigan


Yog 03/01/2011 13:59


Merci Korrigan de boire ma santé!


Narf 02/01/2011 21:29


Ha je me disais bien! C'est un peintre! Wiki:

Voltaire a écrit : « Savant dans un siècle d’ignorance, philosophe parmi des fanatiques, (Montaigne) qui peint sous son nom nos faiblesses et nos folies, est un homme qui sera toujours aimé.[


Présentation

  • : Le jardin de Vieux Jade
  • : Arrivages du jour, légumes secs, mauvaises herbes, quelques trucs qui arrachent la gueule. Taupes, censeurs et culs bénits s'abstenir. Si vous cherchez des certitudes, c'est pas l'endroit.
  • Contact

Décidément rétif à l'ordre bestial, j'ai fixé ma résidence ailleurs, d'où j'observe le déroulement des temps infernaux, fumier des plus belles fleurs.  J'ai un jardin secret, où les plantes poussent toutes seules. Servez-vous, si le coeur vous en dit, sans tenir compte de la chronologie, car comme le mot le dit clairement, l'heure est un leurre.

 

Une précision concernant les commentaires : n'ayant pas toujours le temps ni l'énergie de répondre aux commentaires, ceux-ci restent ouverts, sans aucune garantie que j'y réponde. Je me réserve cependant le droit de sabrer les inconvenances, dont je reste seul juge.

 

Ici, je n'est pas un autre.

Recherche

Lave

Après l’explosion

Nul ne l’a sue

Le jour d’après

Coule la lave

Brûlent les cendres

Lave la lave

Mange la louve

Larmes sans sel

De régime

Cuit et recuit 

Frottent les cendres

Récurent

 

Pas encore nu,

Pas tout à fait ?

Restent des choses

Bien accrochées

Des salissures

De vieux fantômes

D’anciennes guerres

 

Qui peut le faire, si ce n'est toi ? 

 

Nettoie

 

Les notes glissent

Comme des larmes

Gouttes de feu

Sur la paroi

 

Qui m’a volé le cœur ?

Qui m’a trempé vivant,

Comme une lame ?

Qui m’a fouetté les yeux,

M’a déchiré le ventre

Me baisant les paupières

Et m’enduisant de baume,

Me prenant par la main,

Pour me conduire

Dehors ?

Les dits de Lao Yu

LE BUT DE LA QUÊTE EST DE N'AVOIR

NI BUT, NI QUÊTE

 

***

 

QUE SAIT-IL DE LA PESANTEUR,

CELUI QUI N'EST JAMAIS TOMBÉ ?

 

***

 

C'EST SOUVENT LORSQU'ELLE S'ENFUIT QU'ON PERÇOIT L'ESSENCE DE LA BEAUTÉ

 

***

 

LA MER A DES MILLIARDS DE VAGUES QUI BATTENT TOUS LES RIVAGES. OU EST LE CENTRE DE LA MER ?

 

***

 

CE QUI EST MORT N'A AUCUN POUVOIR SUR CE QUI EST VIVANT

SEULS LES MORTS CRAIGNENT LES MORTS

 

***

 

QUAND LE NID BRÛLE, LES OISEAUX S’ENVOLENT

 

***

 

C’EST DANS LA CHUTE QUE LES AILES POUSSENT

 

***

 

CE QUI PEUT ÊTRE PERDU EST SANS VALEUR

 

***

 

LA MAISON EST PLUS GRANDE QUE LA PORTE

 

***

 

L’ERREUR EST LA VOIE

 

***

 

LA ROUTE EST DURE A CELUI QUI BOÎTE

 

***

 

LA LUMIERE DE L’ETOILE EST DANS L’ŒIL QUI LA REGARDE

 

***

 

LES PETITS NOURRISSENT LES GRANDS

 

***

 

LES RICHES ONT UNE BOUCHE
MAIS PAS DE MAINS POUR LA REMPLIR

C’EST POURQUOI IL LEUR FAUT
DE NOMBREUX SERVITEURS ;


CEUX QUI ONT DE NOMBREUX SERVITEURS
NE SAURAIENT VIVRE SEULS,

CE SONT DONC DES PAUVRES ;


CELUI QUI PEUT VIVRE SANS SERVITEURS 
EST DONC LE VERITABLE RICHE.

 

***

 

VIVRE C’EST REVENIR SUR SES PAS

 

***

 

LA NUIT LAVE LE LINGE DU SOLEIL

 

***

 

LES RUISSEAUX EMPORTENT LES MONTAGNES

 

***

 

UNE EPINE DANS LE PIED DU GENERAL : L’ARMEE S’ARRÊTE


***
 


UN PORC EN HABITS DE SOIE RESTE UN PORC,
COMME UN DIAMANT DANS LE FUMIER

RESTE UN DIAMANT.

MAIS LA PLACE D’ UN DIAMANT

EST DANS UN ECRIN DE SOIE,

ET CELLE D’UN PORC DANS LE FUMIER.

 

***

 

COMME SEULE L’EAU ETANCHE LA SOIF,
SEULE LA JUSTICE COMBLE LA FAIM DE JUSTICE

 

***

 

DU COLIBRI A L’AIGLE, IL EXISTE DE NOMBREUX OISEAUX

 

***

 

LE DEDANS REGLE LE DEHORS

 

***

 

L’EPONGE BOIT LE VIN RENVERSÉ
ET LA ROSÉE DU MATIN

 

 

***  

 

LORSQU'IL DECOUVRE LE MIEL,

L'OURS OUBLIE LA PIQÛRE DES ABEILLES

 

 

 

 

 

 

 

 

Lisez-Moi Lisez Moi Lisez Moi

Des mots des mots des mots des

Quand à un livre je me livre , ce que je lis me délie.

 

 

Je me demande pourquoi on n'a pas encore une loi qui oblige à faire bouillir les bébés à la naissance, afin qu'ils soient parfaitement stérilisés.

 

Circuler, pour mieux s'ôter.

Toute notre vie, on attend une grande cause pour se lever, et on passe sa vie accroupi, à croupir.

Le lucane aime prendre l'R le soir à sa lucarne.

Ce qu’il y a de bien dans l’état de siège, c’est qu’on prend le temps de s’asseoir.

 

 

Les oiseaux sont les poissons du ciel,

nous en sommes les crabes


Heureux les déjantés, ils quitteront plus facilement la route commune!

 
L’argent n’a pas d’odeur, mais il y contribue.


Un vrai sosie, c’est invraisemblable.

   

Quand je grossis, je m’aigris ; et quand je m’aigris, je grossis.

   

Le temps, c’est de l’urgent.

   

Joindre l’utile au désagréable : se faire renverser par une ambulance.  

 

Le journal du paradis, c’est le Daily Cieux.

   

Yfaut et Yaka sont dans un bateau ; Yfaut tombe à l’eau, Yaka l’repêcher.

 

Chaque matin, s’ils ne sont pas morts, les vieux vont aux nouvelles.

 

Le poète a latitude d’explorer toutes les longitudes.

   

Etre réduit à la portion congrue, c’est fort peu. Moins, c’est incongru.

 

Peut-on dire de quelqu’un
dont la vie dépend des autres pour tout qu’il
est riche ?
La bouche est elle riche ?

Peut-on dire de quelqu’un
qui n’a rien à attendre des autres qu’il est pauvre ?
Les mains sont elles pauvres ?

 

Curieux comme mystique s’oppose à mastoc.

 

On a mis bien des ouvrages majeurs à l’index.

 

Quand le brouillard tombe, on voudrait qu’il se casse.

 

Au matin, la nuit tombe de sommeil.