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14 décembre 2010 2 14 /12 /décembre /2010 11:17

bruno_talotti_porte_la-20croix_enterrement-1-.jpg

 

Dans les campagnes, maintenant qu'il n'y a plus de bistrots ni de veillées, que la télé est chez elle partout, il reste deux lieux de rendez-vous : le commerce unique, et le cimetière.

 

Le premier vend des journaux, ou plutôt "le" journal, diverses denrées alimentaires et trucs inutiles, des programmes télé, et du pain livré par le boulanger d'un plus gros bled.

 

Quand on passe devant vers 8 h, les paysans locaux attroupés à deux ou trois, en bottes de caoutchouc et combinaison verte ou bleue à fermeture éclair se racontent les derniers potins d'un air gourmand en regardant passer les voitures. L'un a le journal, d'autre le gros pain. Chuis été au pain, chuis été au journal. C'est la messe quotidienne qu'on évite de manquer. Parce que si la télé raconte les gros trucs, eux sont chargés des petites affaires locales. Journalistes et badauds à la fois, relais de l'information, de la déformation et de la bienveillante et fraternelle médisance.

 

Dans le journal, ils vont tout droit aux avis d'obsèques. "Voyons voir si chuis pas mort", disait l'un d'eux en le feuilletant. Une fois qu'ils ont établi le programme des réjouissances de la semaine - et vus le degré de parenté, les croisements et hybridation officiels ou non, et le vieillissement général, il est rare qu'une semaine se passe sans un enterrement -, ils vont lire le reste, qui est donné par surcroît.

 

Aux enterrements, ils n'ont plus les bottes ni la combinaison, et parlent moins fort, surtout au début. A la fin, c'est différent, on commence la discussion du lendemain matin, et on rigole un peu en catimini.

 

Hélas, y'a plus de bistrot pour finir en beauté. Plus de tracteur pour ramener ceux qui ont paumé leur permis, comme à la grande époque. J'ai connu des paysans dont les frasques alcooliques leur interdisaient de rouler en voiture, mais qui venaient et repartaient du bistrot en tracteur, raides défoncés tous les soirs, sous le nez paternel et parfois violacé des gendarmes. 

 

Je ne prétends évidemment pas que c'était louable. Mais c'était vivant, gueulard, haut en couleurs.

 

La télé, scintillante avant-garde des hordes grises du monde des rouages, la télé a tout mangé, comme une nécrose.

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Published by Vieux Jade - dans compost
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commentaires

LLéa 14/12/2010 23:55


Bonsoir,


Jade, belle ballade avec belle Doudou, ton aimée. A bientôt, je t'embrasse.


:)


Vieux Jade 15/12/2010 08:33



Bises.



Narf 14/12/2010 21:10


Ouais, sages paroles.... chacun fait ce qu'il peut...(ou ce qu'il veut?)...mais faut pas oublier!
Excellente virée-ballade à votre doudou et vous alors!


Vieux Jade 15/12/2010 08:32



Merci. A bientôt.



Narf 14/12/2010 20:24


Non! mais vous avez vu la photo!!??! Quelle époque!!!
Ha la la ...ça en charie des tonnes....

Merci pour ce texte Vieux Jade. Et aussi pour cete chanson:

"J'ai le tournis
j'ai le tournis

On se porte mieux quand on ne sait rien...
pas à pas...
moi je découvre...
et je ne comprends toujours rien...

Il existe tant et tant de gens savants...
intellignets, de généreux...
mais ils n'ont pas envie du pouvoir...
lorsqu'ils s'y efforcent, ils sont assassinéé...

Et je n'en reviens pas...
et je ne m'y fais pas...

Je suis rétrograde, j'ai le tournis...
je suis rétrograde, j'ai le tournis...
J'ai le tournis."

Colette Magny- Michel Précastelli


Vieux Jade 14/12/2010 20:27



Grande femme. Bon, je vais au dodo. Demain, un petit texte et je m'en vais pour quelques jours, accompagner ma doudou. Passque dans la vie, y'a pas que le boulot. Y'a aussi la joie et l'amour.



Vincent 14/12/2010 17:57


Bonjour.
Hélàs, la France de notre jeunesse est tombée bien bas... Il reste cependant quelques bastions où on trouve encore des troquets (parfois plusieurs dans le même bourg) plus ou moins animés. Chez
nous en Bretagne, je crois que nous sommes très privilégiés par rapport aux autres régions à ce sujet, même si la déesse Télé a envahi aussi quasiment tous les foyers. Il reste malgré tout chez
nous encore un minimum de vie sociale. Pourvu que ça dure !


Vieux Jade 14/12/2010 20:24



Demain, avant une pause, un petit texte sur les bistrots. Bonne soirée aux bretons. Calfeutrez-vous avec un bol de chouchenn, il fait froid.



chantalouette 14/12/2010 13:49


Oui, c'est bien un peu çà ici également et puis comme on est égalitaires et bien y a aussi les "réunions" féminines devant le "multiservices".
Vous avez de la neige? Grésil ici , ainsi qu'à Clermont Fd.
Bonne journée!


Vieux Jade 14/12/2010 20:23



Grosse pagaille, ce soir ! Chus bien au chaud, à c't'heure.



Présentation

  • : Le jardin de Vieux Jade
  • : Arrivages du jour, légumes secs, mauvaises herbes, quelques trucs qui arrachent la gueule. Taupes, censeurs et culs bénits s'abstenir. Si vous cherchez des certitudes, c'est pas l'endroit.
  • Contact

Décidément rétif à l'ordre bestial, j'ai fixé ma résidence ailleurs, d'où j'observe le déroulement des temps infernaux, fumier des plus belles fleurs.  J'ai un jardin secret, où les plantes poussent toutes seules. Servez-vous, si le coeur vous en dit, sans tenir compte de la chronologie, car comme le mot le dit clairement, l'heure est un leurre.

 

Une précision concernant les commentaires : n'ayant pas toujours le temps ni l'énergie de répondre aux commentaires, ceux-ci restent ouverts, sans aucune garantie que j'y réponde. Je me réserve cependant le droit de sabrer les inconvenances, dont je reste seul juge.

 

Ici, je n'est pas un autre.

Recherche

Lave

Après l’explosion

Nul ne l’a sue

Le jour d’après

Coule la lave

Brûlent les cendres

Lave la lave

Mange la louve

Larmes sans sel

De régime

Cuit et recuit 

Frottent les cendres

Récurent

 

Pas encore nu,

Pas tout à fait ?

Restent des choses

Bien accrochées

Des salissures

De vieux fantômes

D’anciennes guerres

 

Qui peut le faire, si ce n'est toi ? 

 

Nettoie

 

Les notes glissent

Comme des larmes

Gouttes de feu

Sur la paroi

 

Qui m’a volé le cœur ?

Qui m’a trempé vivant,

Comme une lame ?

Qui m’a fouetté les yeux,

M’a déchiré le ventre

Me baisant les paupières

Et m’enduisant de baume,

Me prenant par la main,

Pour me conduire

Dehors ?

Les dits de Lao Yu

LE BUT DE LA QUÊTE EST DE N'AVOIR

NI BUT, NI QUÊTE

 

***

 

QUE SAIT-IL DE LA PESANTEUR,

CELUI QUI N'EST JAMAIS TOMBÉ ?

 

***

 

C'EST SOUVENT LORSQU'ELLE S'ENFUIT QU'ON PERÇOIT L'ESSENCE DE LA BEAUTÉ

 

***

 

LA MER A DES MILLIARDS DE VAGUES QUI BATTENT TOUS LES RIVAGES. OU EST LE CENTRE DE LA MER ?

 

***

 

CE QUI EST MORT N'A AUCUN POUVOIR SUR CE QUI EST VIVANT

SEULS LES MORTS CRAIGNENT LES MORTS

 

***

 

QUAND LE NID BRÛLE, LES OISEAUX S’ENVOLENT

 

***

 

C’EST DANS LA CHUTE QUE LES AILES POUSSENT

 

***

 

CE QUI PEUT ÊTRE PERDU EST SANS VALEUR

 

***

 

LA MAISON EST PLUS GRANDE QUE LA PORTE

 

***

 

L’ERREUR EST LA VOIE

 

***

 

LA ROUTE EST DURE A CELUI QUI BOÎTE

 

***

 

LA LUMIERE DE L’ETOILE EST DANS L’ŒIL QUI LA REGARDE

 

***

 

LES PETITS NOURRISSENT LES GRANDS

 

***

 

LES RICHES ONT UNE BOUCHE
MAIS PAS DE MAINS POUR LA REMPLIR

C’EST POURQUOI IL LEUR FAUT
DE NOMBREUX SERVITEURS ;


CEUX QUI ONT DE NOMBREUX SERVITEURS
NE SAURAIENT VIVRE SEULS,

CE SONT DONC DES PAUVRES ;


CELUI QUI PEUT VIVRE SANS SERVITEURS 
EST DONC LE VERITABLE RICHE.

 

***

 

VIVRE C’EST REVENIR SUR SES PAS

 

***

 

LA NUIT LAVE LE LINGE DU SOLEIL

 

***

 

LES RUISSEAUX EMPORTENT LES MONTAGNES

 

***

 

UNE EPINE DANS LE PIED DU GENERAL : L’ARMEE S’ARRÊTE


***
 


UN PORC EN HABITS DE SOIE RESTE UN PORC,
COMME UN DIAMANT DANS LE FUMIER

RESTE UN DIAMANT.

MAIS LA PLACE D’ UN DIAMANT

EST DANS UN ECRIN DE SOIE,

ET CELLE D’UN PORC DANS LE FUMIER.

 

***

 

COMME SEULE L’EAU ETANCHE LA SOIF,
SEULE LA JUSTICE COMBLE LA FAIM DE JUSTICE

 

***

 

DU COLIBRI A L’AIGLE, IL EXISTE DE NOMBREUX OISEAUX

 

***

 

LE DEDANS REGLE LE DEHORS

 

***

 

L’EPONGE BOIT LE VIN RENVERSÉ
ET LA ROSÉE DU MATIN

 

 

***  

 

LORSQU'IL DECOUVRE LE MIEL,

L'OURS OUBLIE LA PIQÛRE DES ABEILLES

 

 

 

 

 

 

 

 

Lisez-Moi Lisez Moi Lisez Moi

Des mots des mots des mots des

Quand à un livre je me livre , ce que je lis me délie.

 

 

Je me demande pourquoi on n'a pas encore une loi qui oblige à faire bouillir les bébés à la naissance, afin qu'ils soient parfaitement stérilisés.

 

Circuler, pour mieux s'ôter.

Toute notre vie, on attend une grande cause pour se lever, et on passe sa vie accroupi, à croupir.

Le lucane aime prendre l'R le soir à sa lucarne.

Ce qu’il y a de bien dans l’état de siège, c’est qu’on prend le temps de s’asseoir.

 

 

Les oiseaux sont les poissons du ciel,

nous en sommes les crabes


Heureux les déjantés, ils quitteront plus facilement la route commune!

 
L’argent n’a pas d’odeur, mais il y contribue.


Un vrai sosie, c’est invraisemblable.

   

Quand je grossis, je m’aigris ; et quand je m’aigris, je grossis.

   

Le temps, c’est de l’urgent.

   

Joindre l’utile au désagréable : se faire renverser par une ambulance.  

 

Le journal du paradis, c’est le Daily Cieux.

   

Yfaut et Yaka sont dans un bateau ; Yfaut tombe à l’eau, Yaka l’repêcher.

 

Chaque matin, s’ils ne sont pas morts, les vieux vont aux nouvelles.

 

Le poète a latitude d’explorer toutes les longitudes.

   

Etre réduit à la portion congrue, c’est fort peu. Moins, c’est incongru.

 

Peut-on dire de quelqu’un
dont la vie dépend des autres pour tout qu’il
est riche ?
La bouche est elle riche ?

Peut-on dire de quelqu’un
qui n’a rien à attendre des autres qu’il est pauvre ?
Les mains sont elles pauvres ?

 

Curieux comme mystique s’oppose à mastoc.

 

On a mis bien des ouvrages majeurs à l’index.

 

Quand le brouillard tombe, on voudrait qu’il se casse.

 

Au matin, la nuit tombe de sommeil.