Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
13 mars 2013 3 13 /03 /mars /2013 00:44

Je roule sur une nationale. Mortel ennui à 90 km/heure. Mon regard se pose sur une rangée de peupliers hors d'âge, croulant sous le poids du gui, perdant leurs branches, s'effondrant sur les clôtures au dessous.

 

Mon esprit mental volète sur ce nouveau coursier : tu parles d'une rentabilité ! des arbres qui ont été plantés en ligne pour crouler finalement...

 

Un autre esprit reprend : toi aussi, VJ, te voici contaminé, c'est dommage.

 

- Comment veux-tu que j'y échappe ? Je suis plongé dans ce bain. Je comprends que l'âme demeure vierge, mais la personnalité subit toujours le milieu dont elle fait l'interface.

 

Oui, je suis contaminé. Rien ne se présente à mon regard, que je ne le soupèse et l'évalue. Ce regard est privé d'amour.

 

La ligne de peupliers vétustes sont restés là là quatre-vingts ans peut-être, et ont nourri mille formes de vie, alors que je n'étais pas encore né, et me voici les condamnant au nom d'un principe de rentabilité dont je croyais pourtant être préservé.

 

Contaminé.

 

Le monde des fous où nous existons redoute toutes les contagions, les pandémies, et l'essentiel de ses efforts se passe à se protéger. Capotes, firewalls, antivirus, vaccins, antivols, banques, coffres, forteresses, milices et mépris en tous genres, tout érige des murailles contre tout.

 

Mais une idée aussi répugnante que celle qui s'impose sous le nom de "rentabilité" a percé tous les blindages, dont le mien, que je croyais suffisamment épais.

 

Il faut être rentable, rentabiliser ses investissements, étudier la rentabilité d'un projet, chaque minute compte, le Temps, c'est de l'argent, l'argent n'a pas d'odeur, mais il les couvre toutes, tel est le leitmotiv sacré qui vrille en boucle nos cervelles molles.

 

Rasons les antiques peupliers, abrasons les montagnes pour en tirer des minerais, stérilisons, forons des puits jusqu'au tréfonds pour en sucer les immondices, les gaz, les fientes, bannissons, crucifions, torturons, disséquons, vaccinons, vendons nous les uns les autres, si c'est rentable.

 

Rentable comme les stéroïdes, les amphétamines, la cocaïne et les anabolisants. Rentable comme le mensonge, la séduction et le meurtre. Rentable comme la violence, comme la contrainte et la dissimulation.

 

Demain, nous ne nous souhaiterons plus le bon jour, la paix, la joie et la simplicité, ni même l'union avec Dieu qui est partout avec nous.

 

Dorénavant nous dirons : que la rentabilité soit avec toi.

 

 

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Vieux Jade - dans compost
commenter cet article

commentaires

Le Brebis Galleux 14/03/2013 10:43


Oui, oui, oui. Nous sommes tous contaminés.Hélas.

Vieux Jade 14/03/2013 13:05



Hélas, mais pas vaincus.



lutin 13/03/2013 12:22


à quoi je réponds avec ton es-prix!!! bonne journée

Vieux Jade 13/03/2013 14:11



J'espère que c'est l'es premier prix :)



NED de : mabouillotte-et-mondoudou 13/03/2013 11:45


Vivre à la campagne un handicap sérieux mais des avantages et des cadeaux extraordinaires !


Quand à la retraite (!) même si financièrement celà est plus "difficile" c'est un temps ou il est possible (enfin) de prendre ( et donner !) son temps.


même si ce n'est plus "rentable" c'est maintenant le temps des cadeaux que l'on accepte de se faire et de faire
...mais nous avons tellement été  con- dit tionnés !

Vieux Jade 13/03/2013 14:10



Mais les oiseaux font de la résistance, et les végétaux aussi, qui continuent de coloniser les déserts urbains. Un peu l'histoire de je ne sais plus quel prisonnier célèbre qui avait "apprivoisé"
une mouche qui venait dans sa cellule. Le lien est très fort entre l'homme et la nature, et c'est pour cela qu'"on" cherche à nous aliéner totalement de la nature (dont nous sommes des membres,
par notre corps).



elba 13/03/2013 10:33


Merci VJ, pour ce texte qui nous incite à la réflexion, quant à nos façons de faire et de penser. Un petit rappel ne fait jamais de mal.


Je vous trouve tout de même bien pessimiste. Je crois que tout le monde ne pense pas qu'en matière de rentabilité, tout du moins pas dans toutes les actions que nous faisons.


Il est des gens sur cette terre, et j'en connais, qui pensent à remercier la vie de tous les CADEAUX qu'elle leur fait. Des gens qui nourissent les oiseaux l'hiver (ce qui n'est pas vraiment
quelque chose que l'on peut qualifier de rentable... sauf si l'on réalise que nos petits amis nous rendent bien la pareille en nous charmant de leurs chants et de leur présence "aérienne".)


La rentabilité c'est pour ceux qui veulent prendre sans cesse. Il en est d'autres qui, malgré le fait d'avoir de temps à autre des pensées de rentabilité, se mettent au service des autres sans
penser à eux avant tout.


Ceux-là, je les remercie. Ils me rendent belle la vie, tout comme la présence des oiseaux du ciel et du soleil.


Belle journée à vous, et merci pour cette instrospection que vous provoquez chez ceux qui veulent une vie meilleure pour tout le monde.


♥ Perso, je remercie la vie de m'avoir permis de vivre en campagne : ce matin en allant acheter mon pain, j'ai échangé plusieurs "bon jour" et sourires, avec des gens qui m'étaient totalement
inconnus. Je constate que ce n'est pas le cas en ville.


 

Vieux Jade 13/03/2013 14:08



Bien sûr, je grossis le trait. Moi ausi, je nourris les oiseaux, et, en général, je suis assez cool et généreux. Mais ce truc, je l'ai repéré au passage. C'est un risque pour tout le monde, et
surtout parce que c'est en train de devenir la nouvelle religion.



Présentation

  • : Le jardin de Vieux Jade
  • : Arrivages du jour, légumes secs, mauvaises herbes, quelques trucs qui arrachent la gueule. Taupes, censeurs et culs bénits s'abstenir. Si vous cherchez des certitudes, c'est pas l'endroit.
  • Contact

Décidément rétif à l'ordre bestial, j'ai fixé ma résidence ailleurs, d'où j'observe le déroulement des temps infernaux, fumier des plus belles fleurs.  J'ai un jardin secret, où les plantes poussent toutes seules. Servez-vous, si le coeur vous en dit, sans tenir compte de la chronologie, car comme le mot le dit clairement, l'heure est un leurre.

 

Une précision concernant les commentaires : n'ayant pas toujours le temps ni l'énergie de répondre aux commentaires, ceux-ci restent ouverts, sans aucune garantie que j'y réponde. Je me réserve cependant le droit de sabrer les inconvenances, dont je reste seul juge.

 

Ici, je n'est pas un autre.

Recherche

Lave

Après l’explosion

Nul ne l’a sue

Le jour d’après

Coule la lave

Brûlent les cendres

Lave la lave

Mange la louve

Larmes sans sel

De régime

Cuit et recuit 

Frottent les cendres

Récurent

 

Pas encore nu,

Pas tout à fait ?

Restent des choses

Bien accrochées

Des salissures

De vieux fantômes

D’anciennes guerres

 

Qui peut le faire, si ce n'est toi ? 

 

Nettoie

 

Les notes glissent

Comme des larmes

Gouttes de feu

Sur la paroi

 

Qui m’a volé le cœur ?

Qui m’a trempé vivant,

Comme une lame ?

Qui m’a fouetté les yeux,

M’a déchiré le ventre

Me baisant les paupières

Et m’enduisant de baume,

Me prenant par la main,

Pour me conduire

Dehors ?

Les dits de Lao Yu

LE BUT DE LA QUÊTE EST DE N'AVOIR

NI BUT, NI QUÊTE

 

***

 

QUE SAIT-IL DE LA PESANTEUR,

CELUI QUI N'EST JAMAIS TOMBÉ ?

 

***

 

C'EST SOUVENT LORSQU'ELLE S'ENFUIT QU'ON PERÇOIT L'ESSENCE DE LA BEAUTÉ

 

***

 

LA MER A DES MILLIARDS DE VAGUES QUI BATTENT TOUS LES RIVAGES. OU EST LE CENTRE DE LA MER ?

 

***

 

CE QUI EST MORT N'A AUCUN POUVOIR SUR CE QUI EST VIVANT

SEULS LES MORTS CRAIGNENT LES MORTS

 

***

 

QUAND LE NID BRÛLE, LES OISEAUX S’ENVOLENT

 

***

 

C’EST DANS LA CHUTE QUE LES AILES POUSSENT

 

***

 

CE QUI PEUT ÊTRE PERDU EST SANS VALEUR

 

***

 

LA MAISON EST PLUS GRANDE QUE LA PORTE

 

***

 

L’ERREUR EST LA VOIE

 

***

 

LA ROUTE EST DURE A CELUI QUI BOÎTE

 

***

 

LA LUMIERE DE L’ETOILE EST DANS L’ŒIL QUI LA REGARDE

 

***

 

LES PETITS NOURRISSENT LES GRANDS

 

***

 

LES RICHES ONT UNE BOUCHE
MAIS PAS DE MAINS POUR LA REMPLIR

C’EST POURQUOI IL LEUR FAUT
DE NOMBREUX SERVITEURS ;


CEUX QUI ONT DE NOMBREUX SERVITEURS
NE SAURAIENT VIVRE SEULS,

CE SONT DONC DES PAUVRES ;


CELUI QUI PEUT VIVRE SANS SERVITEURS 
EST DONC LE VERITABLE RICHE.

 

***

 

VIVRE C’EST REVENIR SUR SES PAS

 

***

 

LA NUIT LAVE LE LINGE DU SOLEIL

 

***

 

LES RUISSEAUX EMPORTENT LES MONTAGNES

 

***

 

UNE EPINE DANS LE PIED DU GENERAL : L’ARMEE S’ARRÊTE


***
 


UN PORC EN HABITS DE SOIE RESTE UN PORC,
COMME UN DIAMANT DANS LE FUMIER

RESTE UN DIAMANT.

MAIS LA PLACE D’ UN DIAMANT

EST DANS UN ECRIN DE SOIE,

ET CELLE D’UN PORC DANS LE FUMIER.

 

***

 

COMME SEULE L’EAU ETANCHE LA SOIF,
SEULE LA JUSTICE COMBLE LA FAIM DE JUSTICE

 

***

 

DU COLIBRI A L’AIGLE, IL EXISTE DE NOMBREUX OISEAUX

 

***

 

LE DEDANS REGLE LE DEHORS

 

***

 

L’EPONGE BOIT LE VIN RENVERSÉ
ET LA ROSÉE DU MATIN

 

 

***  

 

LORSQU'IL DECOUVRE LE MIEL,

L'OURS OUBLIE LA PIQÛRE DES ABEILLES

 

 

 

 

 

 

 

 

Lisez-Moi Lisez Moi Lisez Moi

Des mots des mots des mots des

Quand à un livre je me livre , ce que je lis me délie.

 

 

Je me demande pourquoi on n'a pas encore une loi qui oblige à faire bouillir les bébés à la naissance, afin qu'ils soient parfaitement stérilisés.

 

Circuler, pour mieux s'ôter.

Toute notre vie, on attend une grande cause pour se lever, et on passe sa vie accroupi, à croupir.

Le lucane aime prendre l'R le soir à sa lucarne.

Ce qu’il y a de bien dans l’état de siège, c’est qu’on prend le temps de s’asseoir.

 

 

Les oiseaux sont les poissons du ciel,

nous en sommes les crabes


Heureux les déjantés, ils quitteront plus facilement la route commune!

 
L’argent n’a pas d’odeur, mais il y contribue.


Un vrai sosie, c’est invraisemblable.

   

Quand je grossis, je m’aigris ; et quand je m’aigris, je grossis.

   

Le temps, c’est de l’urgent.

   

Joindre l’utile au désagréable : se faire renverser par une ambulance.  

 

Le journal du paradis, c’est le Daily Cieux.

   

Yfaut et Yaka sont dans un bateau ; Yfaut tombe à l’eau, Yaka l’repêcher.

 

Chaque matin, s’ils ne sont pas morts, les vieux vont aux nouvelles.

 

Le poète a latitude d’explorer toutes les longitudes.

   

Etre réduit à la portion congrue, c’est fort peu. Moins, c’est incongru.

 

Peut-on dire de quelqu’un
dont la vie dépend des autres pour tout qu’il
est riche ?
La bouche est elle riche ?

Peut-on dire de quelqu’un
qui n’a rien à attendre des autres qu’il est pauvre ?
Les mains sont elles pauvres ?

 

Curieux comme mystique s’oppose à mastoc.

 

On a mis bien des ouvrages majeurs à l’index.

 

Quand le brouillard tombe, on voudrait qu’il se casse.

 

Au matin, la nuit tombe de sommeil.