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20 novembre 2013 3 20 /11 /novembre /2013 11:44
L'une des devises alchimiques les plus connues est la suivante : LEGE LEGE RELEGE ORA LABORA ET INVENIES, en français, selon ma traduction : Lis, lis, relis, prie pour être éclairé, mets en oeuvre ce que tu as reçu, et tu pénètreras à l'intérieur. Traduction classique : lis, lis, relis, prie, travaille et tu trouveras.
 
Une autre dit : Brûle tes livres !
 
Comment comprendre cette apparente opposition ?
 
Comment lire les livres qu'on a brûlés ?
 
C'est assez simple : d'abord, il faut lire. Et relire. Une fois, deux fois, cent fois, si nécessaire. Parce que d'abord, c'est la curiosité qui lit. Puis face à l'incompréhension, la nécessité de faire face au manque et au vertige.
 
Et le temps passe, et les événements s'enchaînent, et parfois une image revient, et colle à ce que l'on vit, jusqu'à ce qu'on se dise : et si je reprenais tout ça ?
 
Dans reprendre, il y a : RE. Comme dans RE-lire.
 
Ce n'est plus en puceau que je lis, mais fort de mon expérience, de mon vécu. Alors, quand je relis, je relie. Et peu à peu, l'expérience et ce que je lis s'imbriquent et m'amènent ensemble à une évidence : tout est lié, et relié.
 
Qui lie et relie, sinon un Esprit commun à toutes choses ?
 
Ne brûle pas encore tes livres, car sans doute, seras tu amené à les lire et relire encore. Mais ton coeur défaillant devant l'évidence trouvera le chemin de la prière, de la reconnaissance de l'Autre Majuscule, et de la Connaissance.
 
Cela nettoie le coeur.
 
Orare, en latin, c'est prier, travailler avec la bouche, os. Arare, c'est travailler la terre, cette racine AR qu'on retrouve tant dans l'earth anglais que dans l'eretz hébreu, la terre rocailleuse, improductive.
 
Quelle est la terre que l'on travaille avec la bouche, sinon le corps, le ventre, le coeur ?
 
Tant de choses passent par elle, souffle, nourriture, paroles sérieuses et futiles, cris de douleur, supplications, mensonges, accusations, prières et imprécations et chants d'amour ...
 
Un coeur vide des boues qui l'encombraient découvre alors le courage, ou désir d'action du coeur. Que serait un coeur qui ne saurait qu'engranger les satisfactions et les jouissances, sans jamais rendre ce qu'il reçoit ?  
 
C'est le moment où on pourrait brûler les livres, parce que ce qu'ils contiennent, face à l'expérience directe n'est plus alors que paille.
 
Je ne le ferai pas, parce que l'auto da fé est une des plus horribles choses qui soient. Brûler un livre est comme brûler celui qui l'a écrit, brûler sa candeur et sa sincérité, sa générosité et son désir de donner ses certitudes, renoncer à le dépasser et à le remercier de nous avoir amené au point de ses limitations, et peut-être de ses erreurs, ce serait comme sacrifier ceux qui nous ont portés sur leurs épaules jusqu'au point où nous pourrions découvrir notre propre voie.
 
La formule alchimique est brutale, parce que l'attachement du disciple est fort. Brûle tes livres signifie : saute du nid, et vole par tes propres moyens, de tes propres ailes.
 
Cesse de chercher, laisse toi juste trouver. Trouver Juste. 
 
A ce stade, alors, le coeur s'éveille, et sort sur la place publique, armé d'amour, comme chante Nougaro.
 
  
 
C'est là le travail du chevalier, de combattre les faux chevaliers, cuirassés du vermeil de l'orgueil, violeurs et collectionneurs de pucelles, et de s'enquérir des grandes et petites vérités du monde, de délivrer les prisonniers, et de rendre leur dignité à ceux qui sont abaissés.
 
Alors, te viendra le dernier fruit qu'on puisse récolter sur cette terre : la compassion, qui renverse toutes les barrières qu'a élevées l'atomisation du monde qu'on appelle aussi : chute, exil, séparation, retrait, tsim tsoum, expir de Brahma.
 
La compassion, que saint Paul nommait lui, charité, est le point de départ du Retour, de l'inspir de Brahma, la réintégration, l'harmonisation des contraires, l'union du Roi et de la Reine. 
 
 
 
 

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Published by Vieux Jade - dans fleurs des champs
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commentaires

Marilou 24/11/2013 09:00


"Il y a déjà longtemps, ma mémoire patine un peu. En général, Jodo est assez facile à lire, donc ça pourrait convenir. Après, il y a toute une partie
d'exercices, je crois, un peu secs (j'ai horreur des exercices, mais ça peut aller à quelqu'un qui aime ou a besoin de ça). Bises."


GRAND MERCI ! je vais le lui commander...Après sa lecture, on en discutera certainement avec elle...A+


Bon dimanche !


 

Anne 23/11/2013 21:32


Quatre filles !


Quatre trésors.


Qui lie et relie, sinon un Esprit commun à toutes choses ?


Et quel esprit ! Nous en sommes les pensées ? Je souhaite lui offrir du soleil.


 


Mes filles ne lisent pas vraiment, elles dansent. L'une tourne comme un Derviche et la seconde chante en dansant. Bon, j'exagère...elles lisent quand même.



Marilou 21/11/2013 09:13


Coucou V.J. !


En parlant d'acheter des livres pour Noël...


Il faudrait que j'en trouve un genre psychogénéalogie pour ma soeur, elle est en plein là-dedans, les secrets de famille, les maladies, les mémoires etc....mais elle ne le lit pour l'instant que
psychologiquement sans aller au plus profond de la conscience côté sombre tu vois, ...jugeant les parents etc...et ne sachant pas trop travailler sur elle, cependant la boite de pandore
est ouverte, çà fait pas mal de dégats... comme je sais ce qu'il se passe, je les ressents aussi j'ai essayé de calmer le jeu mais bon, à suivre... !


Pas de hasard... En lisant, quand c'est le bon moment çà clique, çà marche !


Tu parlais l'autre fois du livre de A. Jodorowski (que je n'ai pas lu non plus d'ailleurs) sur... la métagénéalogie ?


 - Est-ce une bonne idée cadeau, pas trop dur à lire ? Merci ! Bise

Vieux Jade 22/11/2013 09:22



Il y a déjà longtemps, ma mémoire patine un peu. En général, Jodo est assez facile à lire, donc ça pourrait convenir. Après, il y a toute une partie d'exercices, je crois, un peu secs (j'ai
horreur des exercices, mais ça peut aller à quelqu'un qui aime ou a besoin de ça). Bises.



Marylène 20/11/2013 16:19


Pas de hasard, je voulais laisser un commentaire sur le blog de Marc Lafontan qui me manque désesperement, mais chose nouvelle il faut passer par google, donc pas de message. Et voici que je
trouve ton texte, synchronicité quand tu nous tient.


L'année 2013 est une hécatombe de grand esprits, peut être effectivement le signe que nous devons grandir et nous mettre en mouvement. Quitter le confort de leader pour devenir...


Merci pour ce texte arrivé au bon moment.


 

Vieux Jade 21/11/2013 08:34



C'est vrai, Bouddhanar n'émet plus non plus, et d'autres. La roue tourne, d'autres viendront, ou d'autres temps...



Ned 20/11/2013 13:25


Brûler les livres c'est aussi interdire aux enfants ( les notres et ceux des autres) de faire le CHEMIN ...


... le jour qui sera le leur ! et l'heure qui permettra leur LUEUR .


 

Vieux Jade 21/11/2013 08:33



J'ai mis sur pied un rituel familial : chaque Noel, j'achète 4 exemplaires du même livre (l'an dernier : construire un feu, de Jack London), un livre simple, cette année, je ne dis pas, des fois
que quelqu'un lise par dessus mon épaule, pour mes 4 filles.


Tiens, les Chroniques martiennes, de Ray Bradbury, ce serait pas mal ?



Présentation

  • : Le jardin de Vieux Jade
  • : Arrivages du jour, légumes secs, mauvaises herbes, quelques trucs qui arrachent la gueule. Taupes, censeurs et culs bénits s'abstenir. Si vous cherchez des certitudes, c'est pas l'endroit.
  • Contact

Décidément rétif à l'ordre bestial, j'ai fixé ma résidence ailleurs, d'où j'observe le déroulement des temps infernaux, fumier des plus belles fleurs.  J'ai un jardin secret, où les plantes poussent toutes seules. Servez-vous, si le coeur vous en dit, sans tenir compte de la chronologie, car comme le mot le dit clairement, l'heure est un leurre.

 

Une précision concernant les commentaires : n'ayant pas toujours le temps ni l'énergie de répondre aux commentaires, ceux-ci restent ouverts, sans aucune garantie que j'y réponde. Je me réserve cependant le droit de sabrer les inconvenances, dont je reste seul juge.

 

Ici, je n'est pas un autre.

Recherche

Lave

Après l’explosion

Nul ne l’a sue

Le jour d’après

Coule la lave

Brûlent les cendres

Lave la lave

Mange la louve

Larmes sans sel

De régime

Cuit et recuit 

Frottent les cendres

Récurent

 

Pas encore nu,

Pas tout à fait ?

Restent des choses

Bien accrochées

Des salissures

De vieux fantômes

D’anciennes guerres

 

Qui peut le faire, si ce n'est toi ? 

 

Nettoie

 

Les notes glissent

Comme des larmes

Gouttes de feu

Sur la paroi

 

Qui m’a volé le cœur ?

Qui m’a trempé vivant,

Comme une lame ?

Qui m’a fouetté les yeux,

M’a déchiré le ventre

Me baisant les paupières

Et m’enduisant de baume,

Me prenant par la main,

Pour me conduire

Dehors ?

Les dits de Lao Yu

LE BUT DE LA QUÊTE EST DE N'AVOIR

NI BUT, NI QUÊTE

 

***

 

QUE SAIT-IL DE LA PESANTEUR,

CELUI QUI N'EST JAMAIS TOMBÉ ?

 

***

 

C'EST SOUVENT LORSQU'ELLE S'ENFUIT QU'ON PERÇOIT L'ESSENCE DE LA BEAUTÉ

 

***

 

LA MER A DES MILLIARDS DE VAGUES QUI BATTENT TOUS LES RIVAGES. OU EST LE CENTRE DE LA MER ?

 

***

 

CE QUI EST MORT N'A AUCUN POUVOIR SUR CE QUI EST VIVANT

SEULS LES MORTS CRAIGNENT LES MORTS

 

***

 

QUAND LE NID BRÛLE, LES OISEAUX S’ENVOLENT

 

***

 

C’EST DANS LA CHUTE QUE LES AILES POUSSENT

 

***

 

CE QUI PEUT ÊTRE PERDU EST SANS VALEUR

 

***

 

LA MAISON EST PLUS GRANDE QUE LA PORTE

 

***

 

L’ERREUR EST LA VOIE

 

***

 

LA ROUTE EST DURE A CELUI QUI BOÎTE

 

***

 

LA LUMIERE DE L’ETOILE EST DANS L’ŒIL QUI LA REGARDE

 

***

 

LES PETITS NOURRISSENT LES GRANDS

 

***

 

LES RICHES ONT UNE BOUCHE
MAIS PAS DE MAINS POUR LA REMPLIR

C’EST POURQUOI IL LEUR FAUT
DE NOMBREUX SERVITEURS ;


CEUX QUI ONT DE NOMBREUX SERVITEURS
NE SAURAIENT VIVRE SEULS,

CE SONT DONC DES PAUVRES ;


CELUI QUI PEUT VIVRE SANS SERVITEURS 
EST DONC LE VERITABLE RICHE.

 

***

 

VIVRE C’EST REVENIR SUR SES PAS

 

***

 

LA NUIT LAVE LE LINGE DU SOLEIL

 

***

 

LES RUISSEAUX EMPORTENT LES MONTAGNES

 

***

 

UNE EPINE DANS LE PIED DU GENERAL : L’ARMEE S’ARRÊTE


***
 


UN PORC EN HABITS DE SOIE RESTE UN PORC,
COMME UN DIAMANT DANS LE FUMIER

RESTE UN DIAMANT.

MAIS LA PLACE D’ UN DIAMANT

EST DANS UN ECRIN DE SOIE,

ET CELLE D’UN PORC DANS LE FUMIER.

 

***

 

COMME SEULE L’EAU ETANCHE LA SOIF,
SEULE LA JUSTICE COMBLE LA FAIM DE JUSTICE

 

***

 

DU COLIBRI A L’AIGLE, IL EXISTE DE NOMBREUX OISEAUX

 

***

 

LE DEDANS REGLE LE DEHORS

 

***

 

L’EPONGE BOIT LE VIN RENVERSÉ
ET LA ROSÉE DU MATIN

 

 

***  

 

LORSQU'IL DECOUVRE LE MIEL,

L'OURS OUBLIE LA PIQÛRE DES ABEILLES

 

 

 

 

 

 

 

 

Lisez-Moi Lisez Moi Lisez Moi

Des mots des mots des mots des

Quand à un livre je me livre , ce que je lis me délie.

 

 

Je me demande pourquoi on n'a pas encore une loi qui oblige à faire bouillir les bébés à la naissance, afin qu'ils soient parfaitement stérilisés.

 

Circuler, pour mieux s'ôter.

Toute notre vie, on attend une grande cause pour se lever, et on passe sa vie accroupi, à croupir.

Le lucane aime prendre l'R le soir à sa lucarne.

Ce qu’il y a de bien dans l’état de siège, c’est qu’on prend le temps de s’asseoir.

 

 

Les oiseaux sont les poissons du ciel,

nous en sommes les crabes


Heureux les déjantés, ils quitteront plus facilement la route commune!

 
L’argent n’a pas d’odeur, mais il y contribue.


Un vrai sosie, c’est invraisemblable.

   

Quand je grossis, je m’aigris ; et quand je m’aigris, je grossis.

   

Le temps, c’est de l’urgent.

   

Joindre l’utile au désagréable : se faire renverser par une ambulance.  

 

Le journal du paradis, c’est le Daily Cieux.

   

Yfaut et Yaka sont dans un bateau ; Yfaut tombe à l’eau, Yaka l’repêcher.

 

Chaque matin, s’ils ne sont pas morts, les vieux vont aux nouvelles.

 

Le poète a latitude d’explorer toutes les longitudes.

   

Etre réduit à la portion congrue, c’est fort peu. Moins, c’est incongru.

 

Peut-on dire de quelqu’un
dont la vie dépend des autres pour tout qu’il
est riche ?
La bouche est elle riche ?

Peut-on dire de quelqu’un
qui n’a rien à attendre des autres qu’il est pauvre ?
Les mains sont elles pauvres ?

 

Curieux comme mystique s’oppose à mastoc.

 

On a mis bien des ouvrages majeurs à l’index.

 

Quand le brouillard tombe, on voudrait qu’il se casse.

 

Au matin, la nuit tombe de sommeil.