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18 février 2012 6 18 /02 /février /2012 17:30

 

 

Il faut parfois attendre pour comprendre le sens d'un rêve.

 

Attendre que des événements de l'existence diurne, ou d'autres rêves nous en fournissent les clefs. Je n'ai rien contre les psychanalystes, j'en connais peu, j'ai de très proches amis psychothérapeutes, j'interprète assez fréquemment des rêves pour le compte d'autrui, dont souvent mes enfants, mais, il y a un mais, je crois que personne n'est habilité à interpréter un rêve, si ce n'est le rêveur.

 

Si je me prête à cela, c'est plus pour aider l'autre, l'initier à faire ses premiers pas dans ce chemin si personnel. Pourquoi moi ? Parce que j'ai travaillé, entièrement seul, sur mes rêves des années durant, selon la méthode de Pierre Fluchaire, grâces lui soient rendues, car le rêve est vraiment une voie royale, non pas comme le disait Freud, vers l'inconscient, ou pas seulement, mais vers le dialogue avec l'autre monde, d'où nous sommes, inconscients pantins, issus.

 

Imaginez un scaphandrier ou un cosmonaute largué sur un monde éloigné qui recevrait des messages codés de sa base. C'est cela, le rêve. Nous sommes tous équipés d'un décodeur. A priori, on devrait tous pouvoir se passer des autres, pour cela. Cependant, le poids de l'oubli, le choc d'une naissance invraisembablement violente, la stratégie des vampires locaux qui veulent des proies inconscientes, tout cela fait des humains des girouettes qui ont perdu le Nord. Alors, ceux qui ont un tant soit peu repris l'équilibre, les borgnes, récupèrent, ramassent, relèvent les aveugles titubants, et décodent comme ils le peuvent pour eux les textes qui tombent de leur prompteur. 

 

Et, comme certains savent guérir, d'autres accueillir, d'autres encore faire rire ou danser, dans toutes les traditions, il existe des lecteurs de rêves.

 

Comment ai-je travaillé ? Des années durant, j'ai recueilli tous les rêves qui m'éveillaient - plusieurs par nuit -, les notant dans le noir, me rendormant, etc., puis, le matin, les méditant, les roulant dans mon esprit, cherchant le fil, les amplifiant, comme disait Jung, accumulant toutes sortes de connaissances en mythologie, en symbolique, en langues anciennes (latin, grec, sanscrit, hébreu).

 

Un petit détail en passant : j'y ai consacré tant de temps et d'énergie que je me suis retrouvé à la rue. Mais à celui qui cherche sincèrement, la Vie est bonne. Elle m'a remis sur d'autres rails, où je prospère.

 

Il y a quelque temps, j'ai fait un rêve particulier. Depuis longtemps, si je suis avec intérêt ma vie onirique, je n'y consacre plus la même énergie. Je ne m'intéresse qu'aux rêves extraordinaires qui viennent vraiment toquer au carreau. Celui ci en était :

 

Un asiatique en enveloppe un autre dans des feuilles d’or, comme une momie, avec beaucoup de technique et d’aisance. L’autre est debout, mais anesthésié, à l’état d’objet. Et, chose horrible, à la fin, il lui sépare la tête en deux, et chaque moitié fait un visage, comme le Rebis alchimique, mais c’est sans amour, pas rassurant.

 

Je suis resté sans aucune réaction devant ce message. Qu'en penser ? A tout hasard, jen ai parlé sur le BBB. Il aurait fallu le bureau des Rêves, des regrettés Charrière et Renard.

 

Un rêve trouve toujours son sens. C'est un principe de base. Tôt ou tard, quelque chose surgit, qui l'explique. Ici, ce fut la nuit du 17 février, près de trois semaines plus tard.

 

Ce soir là, Mme VJ et moi sirotions une délicieuse bière artisanale, brassée à quelques pas de chez nous, écoutant à fond de somptueuses musiques devant un feu de chêne, échangeant comme toujours des propos concernant cette expérience toujours neuve qu'est notre existence terrestre.

 

Sur je ne sais quel mot, à 0 h 33, je devins autre.

 

Ce blog s'adresse aux grandes personnes, et aux enfants. Deux sortes de gens qui savent que le merveilleux irrigue tout, ici. Les zététistes et autres cancrelats positivistes peuvent quitter les lieux sans dommage, on ne les regrettera pas.

 

Vous vous doutez bien, je l'ai dit à de nombreuses reprises, que ce n'est pas MOI qui écris ce blog. Comment produire tant de pages en travaillant, en gardant du temps pour ma femme, ma famille, lire, rire, manger, faire l'amour, choisir des vins et des musiques, marcher, rêver, si je devais encore réfléchir au prochain texte ?

 

Déjà, le temps consacré à la mise en mots est énorme. Ce n'est donc pas moi, qui écris. Ça s'écrit par moi. C'est quasi près, sauf la mise en forme. Un peu medium, si vous voulez. Un peu channel, pour faire angliche.

 

Ce soir là, je devins autre. Heureusement, d'une part, je réussis à peu près à contrôler, y compris ma peur - qui dans mon enfance confinait à la terreur - et ma violence - parce que parfois sortent des trucs pas trop fréquentables - et d'autre part, je vis avec une femme idéale, d'une parfaite intelligence, d'une grande sensibilité, d'une extrême attention, d'une bienveillance sans faille.

 

L'affaire dura environ deux heures, avec toutes sortes de boucles et de péripéties. Les personnes qui ont expérimenté la respiration holotropique, le rebirth, les plantes maîtresses, le tambour, et autres expériences de transe ne seront pas surprises. Les autres feraient bien de s'y intéresser, car la racine de notre moi s'y trouve à nu.

 

Je reviens à mon rêve, car c'est là que se trouve son sens.

 

On dit de ce genre d'expériences, qu'elles sont libératrices. Certes. Mais pourquoi ? Qui libère qui ?

 

Ce soir là, j'en ai libéré, des fantômes, des esclaves, des prisonniers, des êtres chétifs et terrorisés. Ils sortent toujours dans la souffrance et les pleurs. Je n'ai pas été filmé, mais, disait Mme VJ, je passais du blanc au cramoisi, au violet, respirant, ne respirant plus, tendu, hyper tendu, les mains en spasme, en griffes, le cou, le torse, le dos, les jambes, les pieds arcboutés, comme dans les meilleurs films d'épouvante.

 

Je précise qu'hormis la merveilleuse stout de mes voisins, je n'ai et n'avais absorbé aucune substance illicite.

 

Entre deux transes, je disais parfois à Mme VJ : N'aie pas peur. Elle n'avait pas peur. Parce qu'elle a connu bien pire (avec moi). J'ai grandi dans des maisons à fantômes, et j'ai parfois connu quelques poltergeists, dont un avec elle. Quand une maison tremble et se soulève sur ses fondations, c'est autre chose que ces petites broutilles du mois de février 2012.

 

Sortaient de moi des monceaux de souffrance enfouie, et, tout naturellement, entre deux spasmes, je devisais avec ma précieuse amie : " Ce n'est pas moi, ça, pas ma souffrance. Il y en a trop. Pas pu emmagasiner ça tout seul."

 

Puis vint l'explication. Je devins autre. Je devins l'Autre, l'Ennemi, l'Adversaire. Le diable, si vous voulez.

 

C'est une première. Jamais expérimenté, encore. Je devins froid, très raisonnable, gentleman. Je parlais un français limpide, sans effort. Je m'adressais à ma femme, comme si elle représentait tout le reste, tout ce qui a le sang chaud, et je lui disais : " Tiens, je te les donne, prends les. Prends les, ces gens, ces trucs. Qu'est-ce que tu peux bien en faire ? Qu'est-ce qu'ils ont ? Rien. Minables. Des minables. Je les ai attrapés comme on prend des souris. Je pose un piège, et ils accourent. Tu les veux ? Prends-les."

 

Silence.

 

Puis : " L'oeuvre de Dieu ? Elle m'emplit de...perplexité (mot défini après un peu d'hésitation, et définitif). De perplexité."

 

Je ressentais une certaine solennité, pas de haine. Une intense réflexion.

 

J'ai fait l'expérience d'une intelligence puissante et perspicace, entièrement séparée du coeur, de la chaleur, de l'émotion, de l'empathie.

 

Un monde froid qui peut écrabouiller un univers et tout ce qu'il contient sous son pouce sans le moindre état d'âme, car il ne ressent pas. Il analyse. L'oeuvre de Dieu lui échappe. C'est un monde sans signification, pour lui. Il n'a pas de haine. Il a livré ce soir là et rendu à la lumière par mon vecteur des tonnes de souffrance tenues dans l'ombre depuis longtemps, sans rien demander en échange. Parce que ça ne lui coûtait rien, parce que ces âmes, ces existences n'ont aucune valeur, pour lui.

 

Voyez-vous où je veux en venir ?

 

La séparation de ma cervelle en deux appartient à la phase "solve" de l'alchimie. Dissous, sépare.

 

Pour prendre la figure de l'arbre de vie de la kabbale, notre existence terrestre se déroule sur Malkut, aboutissement des trois axes, l'axe central, sur lequel s'inscrivent Yesod (la Lune, le mental) et Tiféret (le Soleil, le Coeur).

 

Les deux autres branches, qui peuvent représenter les deux hémisphères cérébraux, figurent la Rigueur, et la Miséricorde, la main gauche et la main droite de Dieu.

 

La séparation de mes hémisphères dans le rêve est une dissolution alchimique, qui isole d'une part le cerveau froid et rationnel des reptiles, de l'autre la capacité d'empathie des mammifères.

 

Sur Malkut, c'est-à-dire chez l'homme normal, tout est mélangé. Quelqu'un peut être gentil mais calculateur, soudain agressif puis serviable, parce que rien n'est stable ni défini.

 

Le rêve m'a annoncé cette capacité nouvelle de discerner exactement qui est qui, en moi. Et, forcément, qui est qui chez les autres. Dorénavant, je saurai qui parle, en l'autre, comme en moi.

 

Ces deux tendances coexistent en l'humanité entière. La grande guerre de notre temps passe bien par nous, par notre être intime, par notre cerveau, profondément partagé.

 

L'être rationnel cherche à conquérir le monde sans la moindre empathie. Il appâte facilement  et emprisonne tout ce qu'il voit, par nature, y compris par l'appât émotionnel; il n'y comprend rien, mais ça marche. Le pêcheur ne mange pas de mouches ni d'asticots, mais les poissons oui; donc il appâte avec des mouches et des asticots.

 

L'oeuvre de Dieu (la finalité globale, le Grand Oeuvre) lui est hermétique. Il n'y comprend rien.

 

En face de lui, et maintenant, c'est facile à voir, le monde de l'amour, de la fusion, du don, de la danse, de l'acte gratuit, insensé.

 

L'Autre, l'Adversaire, l'Ennemi, n'est pas mauvais, ni méchant. Il est froid, calculateur, d'une intelligence très aiguë. 

 

Entre les deux, le corps calleux, qui est une sorte de pont, comme Bifrost dans la tradition nordique, l'arc en ciel chez les grecs et les hébreux.

 

En alchimie, après le temps de la séparation - solve, qui sert à purifier et définir chacun des éléments autrefois mélangés et indiscernables, vient celui de la coagulation, du mariage des opposés.

 

Ce qui a été isolé, parfaitement connu, est à nouveau présenté à son contraire pour les Noces Chymiques.

 

Là, dans la chambre nuptiale, l'époux et l'épouse, elle, la Prostituée, celle qui cède à toutes les sollicitations, l'Amoureuse, vont se faire face, et, se connaissant enfin par cette préalable définition qu'aura permis la séparation, le retrait, le recul, s'uniront (Conjonction, ou coït)en Conscience et en Amour.

 

Tel est le sens profond et quasi inatteignable de toutes les fables anciennes, de tous les rêves sacrés, et celui de nos existences.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

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Published by Vieux Jade - dans attention ça pique
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commentaires

danielleg 22/02/2012 07:47


J'ai relu votre article une fois encore,  c'Est comme si vous aviez vécu un auto- exorcisme?


Passionnant!

Vieux Jade 22/02/2012 07:52



Passionnant n'est pas le mot que j'emploierais, vu de l'intérieur : c'est pénible et fatigant, mais "auto exorcisme" me semble approprié. Bonne journée.



Ned 19/02/2012 10:09


MERCI !


Ca va être un dit-manche de guérisons à ceux qui y seront attentifs Non ?

Vieux Jade 19/02/2012 11:44



Trois fois que je réponds et que ça passe pas. Overblog est un peu pâlichon, ce matin ?



danielleg 19/02/2012 09:38


C' Est fantastique Jade, suis très heureuse pour vous!


" Cette capacité nouvelle de discerner qui Est qui en moi. Et forcèment qui Est qui chez les autres" j'ajouterai que l'un ne va pas sans l'autre! :)


En plus, cela a une relation certaine avec l'article "extase !!!"


Merci de partager cette merveilleuse intimité!


Et "l'autre" comme vous dites," l'adversaire" il faut arriver à l'apprivoiser, a l'éducquer, lui faire savoir que ce n'Est plus lui le maître!


Vous et vous, soyez les meilleurs Amis du monde.


Bisous!   On Est invité au mariage?  :)))


 


 


                           

Vieux Jade 19/02/2012 10:30



La date n'est pas encore connue :)



rego 18/02/2012 20:37


tu découvres l'Amour alors que ce que tu crois transmetre est une découverte..


Bisous ,accuse moi..


Ma petite chatte griffe en blanc et noir,toi tu aimes avec hauteur..

Vieux Jade 18/02/2012 23:58



Je découvre l'amour ? Ou l'amour me découvre ?


Je dis à Mme VJ : j'ai fini la bouteille. Elle répond : la bouteille t'a fini ?



LLéa 18/02/2012 19:09


Bonsoir,

Merci Jade de nous faire partager tes "rêves".


Mais ne sait pas ... trop compliqué. ;)


Jade, a quoi rèvent les animaux?


 


Je t'embrasse,

Vieux Jade 18/02/2012 23:57



C'est pas compliqué, peut-être que je complique. Faudra que je précise, mais ces expériences me sonnent et sont parfois difficiles à décrypter en temps réel. Je redirai ça d'une manière plus
simple un jour ou l'autre.



Présentation

  • : Le jardin de Vieux Jade
  • : Arrivages du jour, légumes secs, mauvaises herbes, quelques trucs qui arrachent la gueule. Taupes, censeurs et culs bénits s'abstenir. Si vous cherchez des certitudes, c'est pas l'endroit.
  • Contact

Décidément rétif à l'ordre bestial, j'ai fixé ma résidence ailleurs, d'où j'observe le déroulement des temps infernaux, fumier des plus belles fleurs.  J'ai un jardin secret, où les plantes poussent toutes seules. Servez-vous, si le coeur vous en dit, sans tenir compte de la chronologie, car comme le mot le dit clairement, l'heure est un leurre.

 

Une précision concernant les commentaires : n'ayant pas toujours le temps ni l'énergie de répondre aux commentaires, ceux-ci restent ouverts, sans aucune garantie que j'y réponde. Je me réserve cependant le droit de sabrer les inconvenances, dont je reste seul juge.

 

Ici, je n'est pas un autre.

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Lave

Après l’explosion

Nul ne l’a sue

Le jour d’après

Coule la lave

Brûlent les cendres

Lave la lave

Mange la louve

Larmes sans sel

De régime

Cuit et recuit 

Frottent les cendres

Récurent

 

Pas encore nu,

Pas tout à fait ?

Restent des choses

Bien accrochées

Des salissures

De vieux fantômes

D’anciennes guerres

 

Qui peut le faire, si ce n'est toi ? 

 

Nettoie

 

Les notes glissent

Comme des larmes

Gouttes de feu

Sur la paroi

 

Qui m’a volé le cœur ?

Qui m’a trempé vivant,

Comme une lame ?

Qui m’a fouetté les yeux,

M’a déchiré le ventre

Me baisant les paupières

Et m’enduisant de baume,

Me prenant par la main,

Pour me conduire

Dehors ?

Les dits de Lao Yu

LE BUT DE LA QUÊTE EST DE N'AVOIR

NI BUT, NI QUÊTE

 

***

 

QUE SAIT-IL DE LA PESANTEUR,

CELUI QUI N'EST JAMAIS TOMBÉ ?

 

***

 

C'EST SOUVENT LORSQU'ELLE S'ENFUIT QU'ON PERÇOIT L'ESSENCE DE LA BEAUTÉ

 

***

 

LA MER A DES MILLIARDS DE VAGUES QUI BATTENT TOUS LES RIVAGES. OU EST LE CENTRE DE LA MER ?

 

***

 

CE QUI EST MORT N'A AUCUN POUVOIR SUR CE QUI EST VIVANT

SEULS LES MORTS CRAIGNENT LES MORTS

 

***

 

QUAND LE NID BRÛLE, LES OISEAUX S’ENVOLENT

 

***

 

C’EST DANS LA CHUTE QUE LES AILES POUSSENT

 

***

 

CE QUI PEUT ÊTRE PERDU EST SANS VALEUR

 

***

 

LA MAISON EST PLUS GRANDE QUE LA PORTE

 

***

 

L’ERREUR EST LA VOIE

 

***

 

LA ROUTE EST DURE A CELUI QUI BOÎTE

 

***

 

LA LUMIERE DE L’ETOILE EST DANS L’ŒIL QUI LA REGARDE

 

***

 

LES PETITS NOURRISSENT LES GRANDS

 

***

 

LES RICHES ONT UNE BOUCHE
MAIS PAS DE MAINS POUR LA REMPLIR

C’EST POURQUOI IL LEUR FAUT
DE NOMBREUX SERVITEURS ;


CEUX QUI ONT DE NOMBREUX SERVITEURS
NE SAURAIENT VIVRE SEULS,

CE SONT DONC DES PAUVRES ;


CELUI QUI PEUT VIVRE SANS SERVITEURS 
EST DONC LE VERITABLE RICHE.

 

***

 

VIVRE C’EST REVENIR SUR SES PAS

 

***

 

LA NUIT LAVE LE LINGE DU SOLEIL

 

***

 

LES RUISSEAUX EMPORTENT LES MONTAGNES

 

***

 

UNE EPINE DANS LE PIED DU GENERAL : L’ARMEE S’ARRÊTE


***
 


UN PORC EN HABITS DE SOIE RESTE UN PORC,
COMME UN DIAMANT DANS LE FUMIER

RESTE UN DIAMANT.

MAIS LA PLACE D’ UN DIAMANT

EST DANS UN ECRIN DE SOIE,

ET CELLE D’UN PORC DANS LE FUMIER.

 

***

 

COMME SEULE L’EAU ETANCHE LA SOIF,
SEULE LA JUSTICE COMBLE LA FAIM DE JUSTICE

 

***

 

DU COLIBRI A L’AIGLE, IL EXISTE DE NOMBREUX OISEAUX

 

***

 

LE DEDANS REGLE LE DEHORS

 

***

 

L’EPONGE BOIT LE VIN RENVERSÉ
ET LA ROSÉE DU MATIN

 

 

***  

 

LORSQU'IL DECOUVRE LE MIEL,

L'OURS OUBLIE LA PIQÛRE DES ABEILLES

 

 

 

 

 

 

 

 

Lisez-Moi Lisez Moi Lisez Moi

Des mots des mots des mots des

Quand à un livre je me livre , ce que je lis me délie.

 

 

Je me demande pourquoi on n'a pas encore une loi qui oblige à faire bouillir les bébés à la naissance, afin qu'ils soient parfaitement stérilisés.

 

Circuler, pour mieux s'ôter.

Toute notre vie, on attend une grande cause pour se lever, et on passe sa vie accroupi, à croupir.

Le lucane aime prendre l'R le soir à sa lucarne.

Ce qu’il y a de bien dans l’état de siège, c’est qu’on prend le temps de s’asseoir.

 

 

Les oiseaux sont les poissons du ciel,

nous en sommes les crabes


Heureux les déjantés, ils quitteront plus facilement la route commune!

 
L’argent n’a pas d’odeur, mais il y contribue.


Un vrai sosie, c’est invraisemblable.

   

Quand je grossis, je m’aigris ; et quand je m’aigris, je grossis.

   

Le temps, c’est de l’urgent.

   

Joindre l’utile au désagréable : se faire renverser par une ambulance.  

 

Le journal du paradis, c’est le Daily Cieux.

   

Yfaut et Yaka sont dans un bateau ; Yfaut tombe à l’eau, Yaka l’repêcher.

 

Chaque matin, s’ils ne sont pas morts, les vieux vont aux nouvelles.

 

Le poète a latitude d’explorer toutes les longitudes.

   

Etre réduit à la portion congrue, c’est fort peu. Moins, c’est incongru.

 

Peut-on dire de quelqu’un
dont la vie dépend des autres pour tout qu’il
est riche ?
La bouche est elle riche ?

Peut-on dire de quelqu’un
qui n’a rien à attendre des autres qu’il est pauvre ?
Les mains sont elles pauvres ?

 

Curieux comme mystique s’oppose à mastoc.

 

On a mis bien des ouvrages majeurs à l’index.

 

Quand le brouillard tombe, on voudrait qu’il se casse.

 

Au matin, la nuit tombe de sommeil.