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31 janvier 2014 5 31 /01 /janvier /2014 22:33

Pour ceux qui l'ignoraient, la nuit dernière (du 30 au 31 janvier) était le point de bascule entre l'an dernier et le nouvel an, sous le signe, pour la culture asiatique, du Cheval de bois.

 

J'en discuterai un autre jour.

 

Juste dire aujourd'hui que je me suis éveillé vers quatre heures et quelque du matin sous la pression de ma vessie, enroulé autour d'un mantra : primum non nocere primum non nocere primumnonnocere primumnonnocereprimum...

 

... et autour de cette boucle l'intellect qui tourne et cherche à comprendre, car c'est son rôle, d'observer et de tirer des conclusions des phénomènes issus du mystérieux royaume de l'ombre.

 

Pas l'ombre qui s'oppose, non. On (homo, le genre humain, la foule) ne fait jamais la différence entre l'ombre et l'Ombre.

 

Sa peur native amalgame l'ombre qui s'interpose et produit les monstres, et l'Ombre féconde et matricielle dont les fruits donnent la Lumière.

 

Par peur de l'ombre, il fuit la Lumière. 

 

Cette phrase cent fois répétée cette nuit dans ma cervelle obscure, je la connais : "d'abord (avant tout), ne pas nuire".

 

Attribuée à Hippocrate, on la lie toujours à l'exercice de la médecine.

 

Personne, à part de rares oiseaux comme moi, n'ayant appris le grec classique à l'école, ne sait que le nom "Hippocrate" est un pseudonyme. Il signifie : celui qui gouverne les chevaux. En Chine, on dirait : Celui qui chevauche le Tigre. Ici : celui qui contrôle ses pulsions.

 

On parle donc d'un Maître. 

 

Le véritable médecin sait gouverner ses pulsions, et reconnaître l'inaptitude de ses congénères à gouverner les leurs, qui sont les mêmes, évidemment.

 

Hippocrate n'est donc pas un médecin, mais un Sage. Qui a acquis par sa propre expérience l'art difficile de guider les autres à travers les méandres et les écueils de leur voyage terrestre.

 

Nous voici loin de la pseudo médecine actuelle, de ses fonctionnaires-prescripteurs, et des "médicaliments", aux antipodes, même.

 

Ces mots revenant sans cesse, alors que je ne suis pas médecin, avaient un sens. Qui s'est dégagé peu à peu du brouillard de la nuit.

 

Le conseil, au médecin, à celui à qui échoit le dangereux rôle d'aider les autres à éviter les gouffres et récifs, pour les amener au rivage d'en face, c'est : avant tout, ne pas nuire.

 

A l'homme ordinaire, qui n'a d'autre ambition que d'être au plus près d'un homme véritable, alliant en lui le difficile mariage du Ciel et de la Terre, est le même : avant tout, ne pas blesser, ne pas faire mal, ne pas se laisser aller à une violente jouissance.

 

Dans ceci, un rappel indispensable :

 

Mathieu, 15 -10 : Et ayant appelé la foule, il (Jésus) leur dit:

 

11  Écoutez et comprenez: ce n’est pas ce qui entre dans la bouche qui souille l’homme; mais ce qui sort de la bouche, c’est là ce qui souille l’homme.

12  Alors ses disciples, s’approchant, lui dirent: Sais-tu que les pharisiens ont été scandalisés en entendant cette parole?

13  Mais lui, répondant, dit: Toute plante que mon Père céleste n’a pas plantée sera déracinée.

14  Laissez-les; ce sont des aveugles, conducteurs d’aveugles: et si un aveugle conduit un aveugle, ils tomberont tous deux dans une fosse.

15  Et Pierre, répondant, lui dit: Expose-nous cette parabole.

16  Et il dit: Et vous aussi, êtes-vous encore sans intelligence?

17  N’entendez-vous pas encore que tout ce qui entre dans la bouche va dans le ventre, et passe ensuite dans le lieu secret?

18  Mais les choses qui sortent de la bouche viennent du cœur, et ces choses-là souillent l’homme.

19  Car du cœur viennent les mauvaises pensées, les meurtres, les adultères, les fornications, les vols, les faux témoignages, les injures:

20  ce sont ces choses qui souillent l’homme; mais de manger avec des mains non lavées ne souille pas l’homme.

10  Et ayant appelé la foule, il (Jésus) leur dit:

11  Écoutez et comprenez: ce n’est pas ce qui entre dans la bouche qui souille l’homme; mais ce qui sort de la bouche, c’est là ce qui souille l’homme.

 

D'abord, ne pas nuire, c'est savoir endiguer la violence qui sort de nous, de notre bouche.

 

Éveillé sous le poids de l'urine accumulée dans ma vessie, si j'y cède, je me souille et souille ma couche.

 

Si je cède au poids de la haine qui s'accumule en moi, je me souille tout autant, et souille l'autre auquel je croyais porter secours.

 

Je suis alors mauvais médecin, moi qui pensais pouvoir servir, et n'ai fait qu'écraser l'autre par ma violence et mon mépris contre le rocher où il s'agrippait et attendait de moi aide et secours.

 

D'abord, ne pas nuire.

 

A tous les coins de rue, les coins de stage, j'entends parler d'amour, et d'amour inconditionnel...

 

Dieu, que la barre est haute, et combien peu sont capables de sauter si haut...

 

Déjà, ne pas nuire, serait un tel progrès...

 

Sept fois, tourner sa langue en sa bouche, disait-on...

 

Sept fois, afin de vérifier que la parole qui serait donnée  aurait satisfait aux sept exigences de la relation, qu'on pourrait définir par les caractéristiques des sept chakras, sept filtres vivants, toujours en mouvement, contrairement au mots du jugement, figés et rancis dans leur vilain jus.

 

Une telle parole ne nuirait pas, délivrée de toute nocivité, de tout poison, et serait un véritable élixir de vie.

 

Le premier travail, telle est la leçon de cette première nuit de l'année du Cheval : Avant tout, veiller à ne pas nuire.

 

Après, l'amour, qui est la véritable médecine vient tout naturellement. 

 

 

 

 

 

 

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Published by Vieux Jade - dans légumes verts
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commentaires

Elena 02/02/2014 15:18


Merci,  j'avais déjà vu la conférence sur le blog de Ned (je crois), contente de le redécouvrir ici avec les extraits de son film.


Magnfiques portraits , cohérence et fluidité du language, un chouette documentaire en somme tout à fait régénerant.


 


 


 

Tin 02/02/2014 11:19


Oui la barre est haute, merci de nous le rappeller.


Je viens de découvrir ce jeune homme :


http://www.youtube.com/watch?v=zAfYtfMhvbw


ainsi que son film en cours de montage :


enquetedesens-lefilm.com


 


J'ai été tres sensible à sa conférence.

LLéa 01/02/2014 22:15


Bonsoir,


 


Merci Jade. :)


Ne faire de mal a nul. Ne nuire a nul.  


Quoi que nous fassions, il restera toujours un mal fait au loin, et ceci sans mauvaises intentions. Non pas oralement, ce qui est plutôt maitrisable, mais dans la vie courante. Socièté "oblige".


 


Jadou, j'ai enfin fini "ma" collection. Je te met une belle photo. Tu iras voir sur le sujet? ;) ;)


 


Grosses bises a toutes et tous, 


 

Vieux Jade 01/02/2014 22:33



Non. Revoir les notions bien/mal. Parfois, il m'arrive de recourir à la violence. Si elle n'est pas purement réactive, etsi elle est contrôlée elle agit positivement.


C'est la conscience, le critère. Comme un chirurgien qui ouvre un abcès et vide le pus. Il y a mal pour le bien, et ce ne sont pas des mots.


Ce qui est fait en conscience ne cause aucun mal, qu'en apparence. Bises.



Elena 01/02/2014 20:22


"Avant tout, veiller à ne pas nuire"


Je suis d'accord, je me faisais la même réflexion ce matin. Et ce n'est pas toujours facile.


Je suis également en accord (en théorie et parfois plus concrètement ) avec les derniers mots de ce texte magnifique. Un de plus. Le puzzle se constitue lentement.


Merci à toi VJ

Vieux Jade 01/02/2014 22:37



Commencer par le commencement. L'Amour n'est pas à la portée de notre volonté, il nous englobe, nous dépasse. Nous, nous pouvons déjà veiller à ne pas blesser, l'amour ensuite réparera tout.



Présentation

  • : Le jardin de Vieux Jade
  • : Arrivages du jour, légumes secs, mauvaises herbes, quelques trucs qui arrachent la gueule. Taupes, censeurs et culs bénits s'abstenir. Si vous cherchez des certitudes, c'est pas l'endroit.
  • Contact

Décidément rétif à l'ordre bestial, j'ai fixé ma résidence ailleurs, d'où j'observe le déroulement des temps infernaux, fumier des plus belles fleurs.  J'ai un jardin secret, où les plantes poussent toutes seules. Servez-vous, si le coeur vous en dit, sans tenir compte de la chronologie, car comme le mot le dit clairement, l'heure est un leurre.

 

Une précision concernant les commentaires : n'ayant pas toujours le temps ni l'énergie de répondre aux commentaires, ceux-ci restent ouverts, sans aucune garantie que j'y réponde. Je me réserve cependant le droit de sabrer les inconvenances, dont je reste seul juge.

 

Ici, je n'est pas un autre.

Recherche

Lave

Après l’explosion

Nul ne l’a sue

Le jour d’après

Coule la lave

Brûlent les cendres

Lave la lave

Mange la louve

Larmes sans sel

De régime

Cuit et recuit 

Frottent les cendres

Récurent

 

Pas encore nu,

Pas tout à fait ?

Restent des choses

Bien accrochées

Des salissures

De vieux fantômes

D’anciennes guerres

 

Qui peut le faire, si ce n'est toi ? 

 

Nettoie

 

Les notes glissent

Comme des larmes

Gouttes de feu

Sur la paroi

 

Qui m’a volé le cœur ?

Qui m’a trempé vivant,

Comme une lame ?

Qui m’a fouetté les yeux,

M’a déchiré le ventre

Me baisant les paupières

Et m’enduisant de baume,

Me prenant par la main,

Pour me conduire

Dehors ?

Les dits de Lao Yu

LE BUT DE LA QUÊTE EST DE N'AVOIR

NI BUT, NI QUÊTE

 

***

 

QUE SAIT-IL DE LA PESANTEUR,

CELUI QUI N'EST JAMAIS TOMBÉ ?

 

***

 

C'EST SOUVENT LORSQU'ELLE S'ENFUIT QU'ON PERÇOIT L'ESSENCE DE LA BEAUTÉ

 

***

 

LA MER A DES MILLIARDS DE VAGUES QUI BATTENT TOUS LES RIVAGES. OU EST LE CENTRE DE LA MER ?

 

***

 

CE QUI EST MORT N'A AUCUN POUVOIR SUR CE QUI EST VIVANT

SEULS LES MORTS CRAIGNENT LES MORTS

 

***

 

QUAND LE NID BRÛLE, LES OISEAUX S’ENVOLENT

 

***

 

C’EST DANS LA CHUTE QUE LES AILES POUSSENT

 

***

 

CE QUI PEUT ÊTRE PERDU EST SANS VALEUR

 

***

 

LA MAISON EST PLUS GRANDE QUE LA PORTE

 

***

 

L’ERREUR EST LA VOIE

 

***

 

LA ROUTE EST DURE A CELUI QUI BOÎTE

 

***

 

LA LUMIERE DE L’ETOILE EST DANS L’ŒIL QUI LA REGARDE

 

***

 

LES PETITS NOURRISSENT LES GRANDS

 

***

 

LES RICHES ONT UNE BOUCHE
MAIS PAS DE MAINS POUR LA REMPLIR

C’EST POURQUOI IL LEUR FAUT
DE NOMBREUX SERVITEURS ;


CEUX QUI ONT DE NOMBREUX SERVITEURS
NE SAURAIENT VIVRE SEULS,

CE SONT DONC DES PAUVRES ;


CELUI QUI PEUT VIVRE SANS SERVITEURS 
EST DONC LE VERITABLE RICHE.

 

***

 

VIVRE C’EST REVENIR SUR SES PAS

 

***

 

LA NUIT LAVE LE LINGE DU SOLEIL

 

***

 

LES RUISSEAUX EMPORTENT LES MONTAGNES

 

***

 

UNE EPINE DANS LE PIED DU GENERAL : L’ARMEE S’ARRÊTE


***
 


UN PORC EN HABITS DE SOIE RESTE UN PORC,
COMME UN DIAMANT DANS LE FUMIER

RESTE UN DIAMANT.

MAIS LA PLACE D’ UN DIAMANT

EST DANS UN ECRIN DE SOIE,

ET CELLE D’UN PORC DANS LE FUMIER.

 

***

 

COMME SEULE L’EAU ETANCHE LA SOIF,
SEULE LA JUSTICE COMBLE LA FAIM DE JUSTICE

 

***

 

DU COLIBRI A L’AIGLE, IL EXISTE DE NOMBREUX OISEAUX

 

***

 

LE DEDANS REGLE LE DEHORS

 

***

 

L’EPONGE BOIT LE VIN RENVERSÉ
ET LA ROSÉE DU MATIN

 

 

***  

 

LORSQU'IL DECOUVRE LE MIEL,

L'OURS OUBLIE LA PIQÛRE DES ABEILLES

 

 

 

 

 

 

 

 

Lisez-Moi Lisez Moi Lisez Moi

Des mots des mots des mots des

Quand à un livre je me livre , ce que je lis me délie.

 

 

Je me demande pourquoi on n'a pas encore une loi qui oblige à faire bouillir les bébés à la naissance, afin qu'ils soient parfaitement stérilisés.

 

Circuler, pour mieux s'ôter.

Toute notre vie, on attend une grande cause pour se lever, et on passe sa vie accroupi, à croupir.

Le lucane aime prendre l'R le soir à sa lucarne.

Ce qu’il y a de bien dans l’état de siège, c’est qu’on prend le temps de s’asseoir.

 

 

Les oiseaux sont les poissons du ciel,

nous en sommes les crabes


Heureux les déjantés, ils quitteront plus facilement la route commune!

 
L’argent n’a pas d’odeur, mais il y contribue.


Un vrai sosie, c’est invraisemblable.

   

Quand je grossis, je m’aigris ; et quand je m’aigris, je grossis.

   

Le temps, c’est de l’urgent.

   

Joindre l’utile au désagréable : se faire renverser par une ambulance.  

 

Le journal du paradis, c’est le Daily Cieux.

   

Yfaut et Yaka sont dans un bateau ; Yfaut tombe à l’eau, Yaka l’repêcher.

 

Chaque matin, s’ils ne sont pas morts, les vieux vont aux nouvelles.

 

Le poète a latitude d’explorer toutes les longitudes.

   

Etre réduit à la portion congrue, c’est fort peu. Moins, c’est incongru.

 

Peut-on dire de quelqu’un
dont la vie dépend des autres pour tout qu’il
est riche ?
La bouche est elle riche ?

Peut-on dire de quelqu’un
qui n’a rien à attendre des autres qu’il est pauvre ?
Les mains sont elles pauvres ?

 

Curieux comme mystique s’oppose à mastoc.

 

On a mis bien des ouvrages majeurs à l’index.

 

Quand le brouillard tombe, on voudrait qu’il se casse.

 

Au matin, la nuit tombe de sommeil.