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2 novembre 2013 6 02 /11 /novembre /2013 09:16

Texte publié pour la première fois ici le 27 février 2010, puis en février 2012 

  

aubusson 0409 019
Lorsque nous serons libres, vous serez en paix.

Quand vous serez en paix, nous serons libres.

 

 

Frères humains qui avant nous viviez, et qu’on dit morts parce qu’on vous a vus porter en terre, je crois que vous vivez encore. Je crois que tout ce que vous étiez, vous l’êtes encore. Votre courage et votre couardise coulent dans nos veines. Votre fierté et votre lâcheté imprègnent nos pensées et nos actes.

 

Mes yeux ne voient pas à l’intérieur des chairs, et je ne sais pas si vous avez marqué de votre empreinte ce que la science lourde de ses microscopes appelle des gènes.

Mais je peux lire en moi et dans les autres hommes les passions, les espoirs et les peurs qui nous agitent, et je sais que dans cette agitation, cette fièvre, ce bruit, vous êtes là, tapis.

Vous faites en nous ce que vous avez toujours fait et cherché à faire : continuer à exister.

 

Les hommes vous connaissent, mais ne vous reconnaissent pas. Vous êtes ce qu’ils nomment leurs habitudes, leurs bons ou leurs mauvais côtés, ces horreurs de petits péchés mignons, ce qu’ils ne savent pas retenir, ce dont ils ne peuvent s’empêcher, qui les entraîne dans la pente et qu’ils croient être eux-mêmes.

 

De temps en temps, l’un de nous s’éveille, voit sa poitrine pleine de paille, ses membres secs et décharnés, et sait soudain qu’il est mort, mais aussi qu’il n’est pas cela, que ce cadavre n’est pas le sien, puisqu’il peut ressentir sa propre mort. Et sa peur le réveille, le redresse. Il se relève alors d’un bond, secoue ses vêtements, comprend que ces vieilleries, ce n’était et ce n’est pas lui, vous rend à la poussière, et se met à vivre, enfin.

 

Ce sont vos espoirs et vos peurs que nous perpétuons, et vos erreurs que nous recommençons sans cesse. Recommencer ce que vous avez loupé, comme si enfin vous alliez le réussir, recommencer ce que vous croyez avoir réussi, car c’est si bon…

 

C’est comme si vous nous rêviez, pour continuer à exister dans ce rêve. Mais vous nous avez rêvés : quel grand-père, quelle mère n’ont pas rêvé la vie de leur progéniture ?

 

Vous ne faites qu’empêcher notre naissance, la naissance du neuf.

 

Inlassablement, votre rêve mortifère a enfoui le présent, le nôtre, sous des millions de couches de nuits, de jours, de bâtiments et de décombres.

Inlassablement, à travers nous et par nos mains, vous avez bâti, détruit, aimé et guerroyé.

 

Frères humains décédés par lesquels l’existence en ce monde est venue jusqu’à nous, je souhaite vous dire aujourd’hui que ce jeu prend fin. Vous remercier pour ce que vous nous avez légué, mais vous faire comprendre que maintenant nous devons nous défaire de ce fardeau, votre fardeau, qui n’est pas le nôtre, et le jeter à la rivière. Car vous ne savez plus que répéter et répéter sans cesse ce que vous avez appris, ce que vous avez perdu alors que nous n’en pouvons plus de vivre des histoires qui ne sont pas les nôtres. Des histoires de savoir et de pouvoir. Nous ne pouvons pas accepter de mourir pour vous, avec vous, et en vous. Sous votre pesanteur, nous sommes des fantômes, et vous êtes nos chaînes.

 

Nous voulons l’amour et la fraternité, le rire et la paix et vous ne savez que recroqueviller vos doigts sur vos avoirs, mettre le monde sous clef, et construire des flottes de bombardiers pour défendre ce qui n’est plus.

 

Nous sommes venus ici pour vivre notre vie, pas la vôtre. Pour découvrir de nouveaux mondes, non pour perpétuer vos empires poussiéreux, vos pyramides croulantes, vos systèmes armés tellement perfectionnés qu’ils vous empêchent de mourir, vos carapaces antédiluviennes.

 

Je vous prie poliment et avec le respect qu’on doit à tout ce qui un jour a existé, espéré et aimé de partir enfin, d’accepter de nous laisser Être enfin ce que Nous Sommes. Morts, vous serez en paix, et cette paix, nous seuls pouvons vous la donner. Car nous ne vous chassons pas, nous ne vous récusons pas, nous n’avons pas honte de vous. Au contraire. Nous vous sommes reconnaissants pour tout ce que nous avons reçu de vous. Nous en avions besoin, mais aujourd’hui, nous n’en voulons plus.

 

Aujourd’hui, nous devons enfin nous rendre libres. Libres de voler, comme vous ne l’avez jamais fait, sans emporter de bombes sous nos ailes, juste pour la joie du vol. Libres d’aimer sans faute, ni regret, ni peur. Libres de voyager d’esprit en esprit, de nous délivrer de la matière tenace dont vous étiez faits. De desserrer les griffes que vous avez crispées sur le monde et le temps. Des poignées de cendres.

 

Lorsque nous serons libres, vous serez en paix. Quand vous serez en paix, nous serons libres.

 

C’est maintenant que nos voies se séparent, pour notre bien commun.

 

Je prie donc ce soir et à chaque instant dorénavant pour que vous trouviez enfin la paix et le sommeil.

 

Et nous la Vie.

 

 

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Published by Vieux Jade - dans compost
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commentaires

caro 03/11/2013 08:50


Merci pour ces mots Vieux jade, ils font du bien et sont neufs, merci, merci,merci

LLéa 02/11/2013 20:41


:)


 



LLéa 02/11/2013 20:32


Marilou,


Bonsoir,


 


C'est entre les pommes, les poires ou les pamplemousses.


Chez les garçon entre les petis pois.


Dans certaines ethnies, il faut y rajouter quelques centimètres, collier oblige.


Tous et toutes ont un 34, mais il est caché derrière un 52.


 


:)))


Belle soirée, 


 


 


 

Marilou 02/11/2013 18:03


 


Lorsque nous serons libres, vous serez en paix. Quand vous serez en paix, nous
serons libres.


 


C’est maintenant que nos voies se séparent, pour notre bien commun.


 


 


J'ai gardé ces mots sur mon bureau, depuis l'an dernier ! merci V.J


 


Bonne fêtes les défunts ! bye bye !


 


Que la paix soit avec nous et avec notre esprit !


 


LLéa,


C'est le ♥ ?


...Langue au chat


 


 

LLéa 02/11/2013 14:20


Jade,


 


Pour le SM. Brrrr. :)


Pointe un de tes doigts sur ton nez. Ayé?


Maintenant descend tout droit de 34 centimètres.


Voila, tu y es!


 


Grosses bises a tous,

Présentation

  • : Le jardin de Vieux Jade
  • : Arrivages du jour, légumes secs, mauvaises herbes, quelques trucs qui arrachent la gueule. Taupes, censeurs et culs bénits s'abstenir. Si vous cherchez des certitudes, c'est pas l'endroit.
  • Contact

Décidément rétif à l'ordre bestial, j'ai fixé ma résidence ailleurs, d'où j'observe le déroulement des temps infernaux, fumier des plus belles fleurs.  J'ai un jardin secret, où les plantes poussent toutes seules. Servez-vous, si le coeur vous en dit, sans tenir compte de la chronologie, car comme le mot le dit clairement, l'heure est un leurre.

 

Une précision concernant les commentaires : n'ayant pas toujours le temps ni l'énergie de répondre aux commentaires, ceux-ci restent ouverts, sans aucune garantie que j'y réponde. Je me réserve cependant le droit de sabrer les inconvenances, dont je reste seul juge.

 

Ici, je n'est pas un autre.

Recherche

Lave

Après l’explosion

Nul ne l’a sue

Le jour d’après

Coule la lave

Brûlent les cendres

Lave la lave

Mange la louve

Larmes sans sel

De régime

Cuit et recuit 

Frottent les cendres

Récurent

 

Pas encore nu,

Pas tout à fait ?

Restent des choses

Bien accrochées

Des salissures

De vieux fantômes

D’anciennes guerres

 

Qui peut le faire, si ce n'est toi ? 

 

Nettoie

 

Les notes glissent

Comme des larmes

Gouttes de feu

Sur la paroi

 

Qui m’a volé le cœur ?

Qui m’a trempé vivant,

Comme une lame ?

Qui m’a fouetté les yeux,

M’a déchiré le ventre

Me baisant les paupières

Et m’enduisant de baume,

Me prenant par la main,

Pour me conduire

Dehors ?

Les dits de Lao Yu

LE BUT DE LA QUÊTE EST DE N'AVOIR

NI BUT, NI QUÊTE

 

***

 

QUE SAIT-IL DE LA PESANTEUR,

CELUI QUI N'EST JAMAIS TOMBÉ ?

 

***

 

C'EST SOUVENT LORSQU'ELLE S'ENFUIT QU'ON PERÇOIT L'ESSENCE DE LA BEAUTÉ

 

***

 

LA MER A DES MILLIARDS DE VAGUES QUI BATTENT TOUS LES RIVAGES. OU EST LE CENTRE DE LA MER ?

 

***

 

CE QUI EST MORT N'A AUCUN POUVOIR SUR CE QUI EST VIVANT

SEULS LES MORTS CRAIGNENT LES MORTS

 

***

 

QUAND LE NID BRÛLE, LES OISEAUX S’ENVOLENT

 

***

 

C’EST DANS LA CHUTE QUE LES AILES POUSSENT

 

***

 

CE QUI PEUT ÊTRE PERDU EST SANS VALEUR

 

***

 

LA MAISON EST PLUS GRANDE QUE LA PORTE

 

***

 

L’ERREUR EST LA VOIE

 

***

 

LA ROUTE EST DURE A CELUI QUI BOÎTE

 

***

 

LA LUMIERE DE L’ETOILE EST DANS L’ŒIL QUI LA REGARDE

 

***

 

LES PETITS NOURRISSENT LES GRANDS

 

***

 

LES RICHES ONT UNE BOUCHE
MAIS PAS DE MAINS POUR LA REMPLIR

C’EST POURQUOI IL LEUR FAUT
DE NOMBREUX SERVITEURS ;


CEUX QUI ONT DE NOMBREUX SERVITEURS
NE SAURAIENT VIVRE SEULS,

CE SONT DONC DES PAUVRES ;


CELUI QUI PEUT VIVRE SANS SERVITEURS 
EST DONC LE VERITABLE RICHE.

 

***

 

VIVRE C’EST REVENIR SUR SES PAS

 

***

 

LA NUIT LAVE LE LINGE DU SOLEIL

 

***

 

LES RUISSEAUX EMPORTENT LES MONTAGNES

 

***

 

UNE EPINE DANS LE PIED DU GENERAL : L’ARMEE S’ARRÊTE


***
 


UN PORC EN HABITS DE SOIE RESTE UN PORC,
COMME UN DIAMANT DANS LE FUMIER

RESTE UN DIAMANT.

MAIS LA PLACE D’ UN DIAMANT

EST DANS UN ECRIN DE SOIE,

ET CELLE D’UN PORC DANS LE FUMIER.

 

***

 

COMME SEULE L’EAU ETANCHE LA SOIF,
SEULE LA JUSTICE COMBLE LA FAIM DE JUSTICE

 

***

 

DU COLIBRI A L’AIGLE, IL EXISTE DE NOMBREUX OISEAUX

 

***

 

LE DEDANS REGLE LE DEHORS

 

***

 

L’EPONGE BOIT LE VIN RENVERSÉ
ET LA ROSÉE DU MATIN

 

 

***  

 

LORSQU'IL DECOUVRE LE MIEL,

L'OURS OUBLIE LA PIQÛRE DES ABEILLES

 

 

 

 

 

 

 

 

Lisez-Moi Lisez Moi Lisez Moi

Des mots des mots des mots des

Quand à un livre je me livre , ce que je lis me délie.

 

 

Je me demande pourquoi on n'a pas encore une loi qui oblige à faire bouillir les bébés à la naissance, afin qu'ils soient parfaitement stérilisés.

 

Circuler, pour mieux s'ôter.

Toute notre vie, on attend une grande cause pour se lever, et on passe sa vie accroupi, à croupir.

Le lucane aime prendre l'R le soir à sa lucarne.

Ce qu’il y a de bien dans l’état de siège, c’est qu’on prend le temps de s’asseoir.

 

 

Les oiseaux sont les poissons du ciel,

nous en sommes les crabes


Heureux les déjantés, ils quitteront plus facilement la route commune!

 
L’argent n’a pas d’odeur, mais il y contribue.


Un vrai sosie, c’est invraisemblable.

   

Quand je grossis, je m’aigris ; et quand je m’aigris, je grossis.

   

Le temps, c’est de l’urgent.

   

Joindre l’utile au désagréable : se faire renverser par une ambulance.  

 

Le journal du paradis, c’est le Daily Cieux.

   

Yfaut et Yaka sont dans un bateau ; Yfaut tombe à l’eau, Yaka l’repêcher.

 

Chaque matin, s’ils ne sont pas morts, les vieux vont aux nouvelles.

 

Le poète a latitude d’explorer toutes les longitudes.

   

Etre réduit à la portion congrue, c’est fort peu. Moins, c’est incongru.

 

Peut-on dire de quelqu’un
dont la vie dépend des autres pour tout qu’il
est riche ?
La bouche est elle riche ?

Peut-on dire de quelqu’un
qui n’a rien à attendre des autres qu’il est pauvre ?
Les mains sont elles pauvres ?

 

Curieux comme mystique s’oppose à mastoc.

 

On a mis bien des ouvrages majeurs à l’index.

 

Quand le brouillard tombe, on voudrait qu’il se casse.

 

Au matin, la nuit tombe de sommeil.