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15 octobre 2013 2 15 /10 /octobre /2013 13:31

Dans la France rurale de mon enfance, il y avait un certain nombre de personnes qui avaient plus ou moins connaissance des secrets de famille : le curé, le notaire, le médecin. Le facteur aussi, s'il prenait le temps de lire le courrier en douce.

 

L'un connaissait les turpitudes et les lumières morales, le second l'état réel des finances, le troisième savait des femmes des choses que les maris eux-mêmes ignoraient.

 

Ces trois là étaient le socle de l'autorité magique, qui primait sur l'exécutif : le juge, le gendarme, le soldat.

 

Le clergé étant omniprésent, une foule d'expressions en gardaient l'empreinte : "Cette fille, on lui aurait donné le bon dieu sans confession", hasardait ma mère.  "Des huitres, je pourrais en manger autant qu'un curé peut en bénir", disait mon père.

     

Des rigolos, eux, n'hésitaient pas affirmer que les enfants de l'école s'étaient précipités sur le goûter "comme la vérole sur le bas clergé", alors que l'expression commune était "comme la misère sur le pauvre monde".

 

A propos de donner "le bon dieu sans confession", il faut comprendre que ce serait "donner la communion sans (entendre préalablement la) confession".

 

Ce qui revient à mélanger deux pratiques : l'une religieuse (la communion, censée relier au Christ et à la communauté), l'autre thérapeutique (la confession).

 

L'abandon de la pratique religieuse ne m'étonne pas, et me semble saine, dans la mesure où c'était un bouillon de cultures disparates, incomprises le plus souvent des fonctionnaires et des administrés du régime religieux.

 

Mais en jetant l'eau du bain, on a balancé le bébé.

 

Il est évident, me semble-t-il, que tout ce qui relève de la psychothérapie au sens large est venu colmater la perte des excellentes pratiques que pouvaient constituer - lorsqu'elles étaient pratiquées avec intelligence et bienveillance - la confession, et son corollaire "l'examen de conscience".

 

La première déchargeait les consciences, la seconde amenait à voir et comprendre les mécanismes secrets de la culpabilité, de la honte, de la vanité, de l'orgueil, de tous ces mouvements qui se font dans l'obscurité, que nous ignorons naturellement, ou qu'au contraire nous croyons être nous, alors qu'évidemment, " Je est un autre".

 

L'avantage de la psychothérapie, par rapport à ces pratiques en voie de disparition, c'est que nous n'attendons plus le pardon d'un dieu extérieur.

 

Nous cherchons à percer de plus en plus loin le mystère qui nous constitue. Nous cherchons à vivre en paix avec nous-mêmes. Nous cherchons à vivre en paix avec le monde et les autres.

 

C'est pourquoi nous n'avons plus besoin d'autorités extérieures, mais juste d'avis, quand nous les sollicitons.

 

Car, nous le savons, l'autorité véritable parle en nous, lorsque nous sommes enfin prêts à la laisser parler et à l'entendre.

 

 

 

 

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Published by Vieux Jade - dans compost
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commentaires

elba 17/10/2013 09:50


Il y a matière à partage de points de vues, dans ce nouveau texte...


"Mais en jetant l'eau du bain, on a balancé le bébé"... Je suis tout à fait d'accord là-dessus.


Je crois personnellement que ce sont avant tout les parents d'un enfant, qui doivent lui apprendre à prendre conscience de ses actes, et non pas une institution quelle qu'elle soit. Ce qui était
tout de même relativement imposé dans mon enfance, à propos de la religion.


Très jeunes, lorsque nous étions nés dans une famille catholique, nous étions contraints à tout un tas de choses (office - confession - sacrements...) -sous peine d'aller en enfer... oh la
méchante projection que nous nous faisions, alors - Systématiquement nous étions bourrés de "péchés" que nous devions absolument confier à un prêtre.


Pfff ! Je me souviens avoir fait pipi de trouille dans ma culotte (et par extension, sur le sol de l'église, près du confessionnal ^^) un jour de mes sept ou huit ans, où je devais me confesser,
et où je me demandais bien ce que j'allais pouvoir inventer/trouver comme péché commis. Et j'avais peur aussi, d'avoir oublié une partie du texte des 'prières' (acte de contrition, entre autres)
qu'on nous faisait apprendre pratiquement de force.


A présent, on a jeté l'eau du bain, et c'est une bonne chose. La responsabilisation ne doit pas passer par la peur, mais par la conscience de nos actions.


La psychothérapie ne serait pas une mauvaise chose, si d'une part les thérapeutes étaient tous de bons thérapeutes (et pas des personnes qui cherchent seulement à remplir leur portefeuille) et si
nous ne faisions pas appel à eux seulement lors des "crises" (mal-être etc.)


En fait, je me demande si nous n'avons pas tous besoin de guides, tout du moins dans notre jeunesse. Je suis persuadée qu'il nous en faut rencontrer - et souvent d'ailleurs, nous en croisons sans
forcément nous rendre compte qu'ils nous guident -.


Ces guides doivent nous mettre sur la voie de la conscience personnelle, afin que nous devenions des adultes responsables, mais surtout pas avec ce sentiment de peur et de culpabilité constante
dans lequel nous baignait la religion il y a un demi-siècle et même moins. Nous avons besoin d'amour pour grandir. Pas de la peur, qui au contraire, nous fait nous "ratatiner".


Voilà spontanément ce que m'inspire ce que vous avez écrit, VJ.


Bonne journée. ♥


 

Vieux Jade 17/10/2013 13:39



Avant les psys privilégiant les honoraires et le pouvoir, il y a eu les curés du même format. Le progrès, me semble-t-il, est qu'on ne fait plus référence à un dieu lointain mais qui surveille
tout et punit à tour de bras. Déjà, ça, c'est un progrès.


Oui, on a tous besoin d'aide, et de conseil. Mais oui, avec tact et douceur. Pas d'intrusion. Bises.



La Bulle 15/10/2013 21:33


oui mais sa petite voix est tellement douce       ......

Vieux Jade 16/10/2013 10:48



... et personnelle.



femmes 1900 15/10/2013 19:31


j'ai fait un agreable tour dans ton univers ,bonne soirée

Vieux Jade 16/10/2013 10:47



Merci



Ned 15/10/2013 15:28


Bénissez moi mon père parce que j'ai beaucoup péché.


ça commençait bien au confessionnal derrrière le guichet qui s'ouvrait !


ça n'empèchait pas de recommencer mais tout était oublié et même "absolu" , dissous sous réserve de pénitence : +/- 3 Pater et 2 Ave selon gravité !


Tout le monde était rassuré tout le monde il était propre et beau à la veille des grandes fêtes ! ! !


Chacun y avait mis du sien et y avait fait son boulot !


et en plus c'était gratuit ... sauf la quète le dimanche à la messe .


 

Vieux Jade 15/10/2013 19:05



On sent le connaisseur :))


C'est la pratique mécanique et inconsciente d'un acte qui est vraiment libérateur lorsqu'il est amené avec justesse et douceur, et qui fonde de nouvelles bases (on recommence peut-être, mais avec
conscience de ses actes).  



Présentation

  • : Le jardin de Vieux Jade
  • : Arrivages du jour, légumes secs, mauvaises herbes, quelques trucs qui arrachent la gueule. Taupes, censeurs et culs bénits s'abstenir. Si vous cherchez des certitudes, c'est pas l'endroit.
  • Contact

Décidément rétif à l'ordre bestial, j'ai fixé ma résidence ailleurs, d'où j'observe le déroulement des temps infernaux, fumier des plus belles fleurs.  J'ai un jardin secret, où les plantes poussent toutes seules. Servez-vous, si le coeur vous en dit, sans tenir compte de la chronologie, car comme le mot le dit clairement, l'heure est un leurre.

 

Une précision concernant les commentaires : n'ayant pas toujours le temps ni l'énergie de répondre aux commentaires, ceux-ci restent ouverts, sans aucune garantie que j'y réponde. Je me réserve cependant le droit de sabrer les inconvenances, dont je reste seul juge.

 

Ici, je n'est pas un autre.

Recherche

Lave

Après l’explosion

Nul ne l’a sue

Le jour d’après

Coule la lave

Brûlent les cendres

Lave la lave

Mange la louve

Larmes sans sel

De régime

Cuit et recuit 

Frottent les cendres

Récurent

 

Pas encore nu,

Pas tout à fait ?

Restent des choses

Bien accrochées

Des salissures

De vieux fantômes

D’anciennes guerres

 

Qui peut le faire, si ce n'est toi ? 

 

Nettoie

 

Les notes glissent

Comme des larmes

Gouttes de feu

Sur la paroi

 

Qui m’a volé le cœur ?

Qui m’a trempé vivant,

Comme une lame ?

Qui m’a fouetté les yeux,

M’a déchiré le ventre

Me baisant les paupières

Et m’enduisant de baume,

Me prenant par la main,

Pour me conduire

Dehors ?

Les dits de Lao Yu

LE BUT DE LA QUÊTE EST DE N'AVOIR

NI BUT, NI QUÊTE

 

***

 

QUE SAIT-IL DE LA PESANTEUR,

CELUI QUI N'EST JAMAIS TOMBÉ ?

 

***

 

C'EST SOUVENT LORSQU'ELLE S'ENFUIT QU'ON PERÇOIT L'ESSENCE DE LA BEAUTÉ

 

***

 

LA MER A DES MILLIARDS DE VAGUES QUI BATTENT TOUS LES RIVAGES. OU EST LE CENTRE DE LA MER ?

 

***

 

CE QUI EST MORT N'A AUCUN POUVOIR SUR CE QUI EST VIVANT

SEULS LES MORTS CRAIGNENT LES MORTS

 

***

 

QUAND LE NID BRÛLE, LES OISEAUX S’ENVOLENT

 

***

 

C’EST DANS LA CHUTE QUE LES AILES POUSSENT

 

***

 

CE QUI PEUT ÊTRE PERDU EST SANS VALEUR

 

***

 

LA MAISON EST PLUS GRANDE QUE LA PORTE

 

***

 

L’ERREUR EST LA VOIE

 

***

 

LA ROUTE EST DURE A CELUI QUI BOÎTE

 

***

 

LA LUMIERE DE L’ETOILE EST DANS L’ŒIL QUI LA REGARDE

 

***

 

LES PETITS NOURRISSENT LES GRANDS

 

***

 

LES RICHES ONT UNE BOUCHE
MAIS PAS DE MAINS POUR LA REMPLIR

C’EST POURQUOI IL LEUR FAUT
DE NOMBREUX SERVITEURS ;


CEUX QUI ONT DE NOMBREUX SERVITEURS
NE SAURAIENT VIVRE SEULS,

CE SONT DONC DES PAUVRES ;


CELUI QUI PEUT VIVRE SANS SERVITEURS 
EST DONC LE VERITABLE RICHE.

 

***

 

VIVRE C’EST REVENIR SUR SES PAS

 

***

 

LA NUIT LAVE LE LINGE DU SOLEIL

 

***

 

LES RUISSEAUX EMPORTENT LES MONTAGNES

 

***

 

UNE EPINE DANS LE PIED DU GENERAL : L’ARMEE S’ARRÊTE


***
 


UN PORC EN HABITS DE SOIE RESTE UN PORC,
COMME UN DIAMANT DANS LE FUMIER

RESTE UN DIAMANT.

MAIS LA PLACE D’ UN DIAMANT

EST DANS UN ECRIN DE SOIE,

ET CELLE D’UN PORC DANS LE FUMIER.

 

***

 

COMME SEULE L’EAU ETANCHE LA SOIF,
SEULE LA JUSTICE COMBLE LA FAIM DE JUSTICE

 

***

 

DU COLIBRI A L’AIGLE, IL EXISTE DE NOMBREUX OISEAUX

 

***

 

LE DEDANS REGLE LE DEHORS

 

***

 

L’EPONGE BOIT LE VIN RENVERSÉ
ET LA ROSÉE DU MATIN

 

 

***  

 

LORSQU'IL DECOUVRE LE MIEL,

L'OURS OUBLIE LA PIQÛRE DES ABEILLES

 

 

 

 

 

 

 

 

Lisez-Moi Lisez Moi Lisez Moi

Des mots des mots des mots des

Quand à un livre je me livre , ce que je lis me délie.

 

 

Je me demande pourquoi on n'a pas encore une loi qui oblige à faire bouillir les bébés à la naissance, afin qu'ils soient parfaitement stérilisés.

 

Circuler, pour mieux s'ôter.

Toute notre vie, on attend une grande cause pour se lever, et on passe sa vie accroupi, à croupir.

Le lucane aime prendre l'R le soir à sa lucarne.

Ce qu’il y a de bien dans l’état de siège, c’est qu’on prend le temps de s’asseoir.

 

 

Les oiseaux sont les poissons du ciel,

nous en sommes les crabes


Heureux les déjantés, ils quitteront plus facilement la route commune!

 
L’argent n’a pas d’odeur, mais il y contribue.


Un vrai sosie, c’est invraisemblable.

   

Quand je grossis, je m’aigris ; et quand je m’aigris, je grossis.

   

Le temps, c’est de l’urgent.

   

Joindre l’utile au désagréable : se faire renverser par une ambulance.  

 

Le journal du paradis, c’est le Daily Cieux.

   

Yfaut et Yaka sont dans un bateau ; Yfaut tombe à l’eau, Yaka l’repêcher.

 

Chaque matin, s’ils ne sont pas morts, les vieux vont aux nouvelles.

 

Le poète a latitude d’explorer toutes les longitudes.

   

Etre réduit à la portion congrue, c’est fort peu. Moins, c’est incongru.

 

Peut-on dire de quelqu’un
dont la vie dépend des autres pour tout qu’il
est riche ?
La bouche est elle riche ?

Peut-on dire de quelqu’un
qui n’a rien à attendre des autres qu’il est pauvre ?
Les mains sont elles pauvres ?

 

Curieux comme mystique s’oppose à mastoc.

 

On a mis bien des ouvrages majeurs à l’index.

 

Quand le brouillard tombe, on voudrait qu’il se casse.

 

Au matin, la nuit tombe de sommeil.