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22 septembre 2013 7 22 /09 /septembre /2013 11:04

"Je n'ai pas vaincu le Pacifique, il m'a laissé passer", écrit Gérard d'Aboville.

 

Cette phrase que j'aime me paraît en accord avec tous ces autres que je lis ou que je rencontre. Pour faire de ces choses impossibles, il faut une sorte d'ambition particulière. Pas celle de dominer quoi que ce soit, ni qui que ce soit. Mais celle qui cherche toujours plus de vie. La vie vraiment humaine, diront les uns. La vie divine, diront d'autres.

 

Lorsque, dans l'état ou l'on imagine un homme qui a ramé seul - et chaviré - durant plus de quatre mois, Gérard d'Aboville arrive de l'autre côté du Pacifique, le premier qui aille au devant de lui, un marin lui aussi, le voit comme un "clochard céleste". Dans l'esprit de cet ami, le ciel vient revêtir de sa gloire le corps décharné et méconnaissable du galérien volontaire. Vie céleste ? En tous cas, elle n'est plus la vie que l'homme a reçue et qui se déroulerait toute seule, c'est une vie que l'homme qui la vit s'approprie.

 

Comme dans la parabole des talents : Tu m'as donné cinq talents; je les ai risqués; vois cinq autres que j'ai gagnés. Tu m'as fait en ton image. Vois maintenant la ressemblance que j'ai inventée.

 

Ces fous de l'impossible sont-ils exigeants ? Oui et non. Il leur faut, certes, une force incroyable mais une porte étroite leur suffit, juste la place de passer, que ce soit à travers l'océan, le mal ou la mort. Traverser la vie humaine par des épreuves, choisies ou pas, pour passer jusqu'où on pourra.

 

Des images viennent lorsque je pense à eux dans ces épreuves : leur âme apparaît comme chauffée à blanc et je les imagine la travaillant comme des forgerons. Pour que d'elle jaillisse autre chose que la vie psychique, qu'elle dise l'autre vie, la vie qui n'existe pas jusqu'à ce qu'on la fasse advenir. Or paradoxalement ces êtres qui traversent en solitaires - fût-ce à plusieurs - vers l'au-delà de l'humain nous racontent en même temps combien la relation vraie est essentielle à leur nouvelle vie.

 

Qu'ils soient croyants ou non, ces passeurs sont tous des "spirituels" en ceci qu'ils comptent sur des forces qui ne viennent pas de la nature. Les scientifiques veulent maîtriser la nature et vaincre la mort en déchiffrant les lois du monde et de la vie. Les spirituels, eux, ne cherchent pas la domination. Ils veulent dès ici, dès maintenant, trouver la voie et la force de passer au delà, trouver l'esprit.

 

 

Extrait de "Abel ou la traversée de l'Eden", de Marie Balmary, pp. 181/182.

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commentaires

LLéa 23/09/2013 13:12


Coucou,


 


Merci Jade.


 


Une ptite graine .... 


 


Le Manuel invite à reconnaitre l'impossibilité pour l'Homme de contrôler ce qui ne dépend pas de lui : l'avis des autres, la richesse, la chance, les malheurs, la mort. L'idée à la racine de
l'ouvrage est la nécessité de n'attacher d'importance qu'à ce qui dépend de nous : opinions, désirs, pensées, et autres « opérations de
l'âme »4. Le philosophe doit se concentrer sur ce qui est sous son contrôle, c'est-à-dire son âme, seule partie libre de son être. Vouloir changer ce qui ne dépend pas de lui rend l'Homme malheureux, tandis qu'accepter son impuissance sur ces
choses et ne s'occuper que de la partie de lui-même qu'il peut contrôler l'amène à un bonheur immuable et infini : cette distinction entre ce qui peut être contrôlé et ce qui échappe à la
volonté humaine est la base fondamentale de la doctrine. Les trois principes pour l'ataraxie y sont développés, de manière à apprendre à distinguer ce qui dépend de soi et ce qui ne dépend pas de soi : concevoir et comprendre
la fatalité, être indifférent aux événements extérieurs qui ne dépendent pas de soi, agir au mieux dans les domaines qui dépendent de soi.


L'ouvrage s'attache à décrire toute chose humaine comme étant essentiellement éphémère : chaque personne, mais aussi chaque chose à portée du philosophe sera détruite et oubliée. Le
philosophe doit accepter cette nécessité et ne pas s'attrister de la disparition des choses périssables, qui sont dans l'ordre des choses, pas même de la mort de ses proches, qui ne peut pas être
évitée. S'attacher aux choses matérielles est une erreur qui amène à la souffrance, alors même que le sage peut jouir des objets sans s'y attacher. De même, le corps, facilement dégradé, ne doit
pas être l'objet de toute l'attention du sage car il est soumis aux aléas du monde, tandis que l'âme peut être contrôlée et amenée à un état de bonheur égal et éternel, non exposé à la
dégradation du corps.


Les autres principes explicités dans le Manuel sont la nécessité de ne pas se perdre en discours philosophique, mais plutôt de vivre une vie philosophique, ce qui est beaucoup plus bénéfique au
sage, ainsi que le devoir de conserver une distance avec les faits : rien, d'après Épictète, n'est bien ou mal par nature. Seule l'opinion qu'une chose est bonne ou mauvaise rend cette chose
telle aux yeux de l'Homme. En supprimant l'opinion du mal, l'Homme supprime le mal et peut vivre libre et droit.


 


Bisous,

Vieux Jade 23/09/2013 18:40



Yapuka :)



l'homme invisible 22/09/2013 11:43


J'ai beaucoup aimé vos derniers textes. J'aime également les textes que vous nous donnez à lire, de vos lectures. Merci.

Vieux Jade 23/09/2013 07:40



Donner à lire, oui. Semer des graines. Ca me plait.



Présentation

  • : Le jardin de Vieux Jade
  • : Arrivages du jour, légumes secs, mauvaises herbes, quelques trucs qui arrachent la gueule. Taupes, censeurs et culs bénits s'abstenir. Si vous cherchez des certitudes, c'est pas l'endroit.
  • Contact

Décidément rétif à l'ordre bestial, j'ai fixé ma résidence ailleurs, d'où j'observe le déroulement des temps infernaux, fumier des plus belles fleurs.  J'ai un jardin secret, où les plantes poussent toutes seules. Servez-vous, si le coeur vous en dit, sans tenir compte de la chronologie, car comme le mot le dit clairement, l'heure est un leurre.

 

Une précision concernant les commentaires : n'ayant pas toujours le temps ni l'énergie de répondre aux commentaires, ceux-ci restent ouverts, sans aucune garantie que j'y réponde. Je me réserve cependant le droit de sabrer les inconvenances, dont je reste seul juge.

 

Ici, je n'est pas un autre.

Recherche

Lave

Après l’explosion

Nul ne l’a sue

Le jour d’après

Coule la lave

Brûlent les cendres

Lave la lave

Mange la louve

Larmes sans sel

De régime

Cuit et recuit 

Frottent les cendres

Récurent

 

Pas encore nu,

Pas tout à fait ?

Restent des choses

Bien accrochées

Des salissures

De vieux fantômes

D’anciennes guerres

 

Qui peut le faire, si ce n'est toi ? 

 

Nettoie

 

Les notes glissent

Comme des larmes

Gouttes de feu

Sur la paroi

 

Qui m’a volé le cœur ?

Qui m’a trempé vivant,

Comme une lame ?

Qui m’a fouetté les yeux,

M’a déchiré le ventre

Me baisant les paupières

Et m’enduisant de baume,

Me prenant par la main,

Pour me conduire

Dehors ?

Les dits de Lao Yu

LE BUT DE LA QUÊTE EST DE N'AVOIR

NI BUT, NI QUÊTE

 

***

 

QUE SAIT-IL DE LA PESANTEUR,

CELUI QUI N'EST JAMAIS TOMBÉ ?

 

***

 

C'EST SOUVENT LORSQU'ELLE S'ENFUIT QU'ON PERÇOIT L'ESSENCE DE LA BEAUTÉ

 

***

 

LA MER A DES MILLIARDS DE VAGUES QUI BATTENT TOUS LES RIVAGES. OU EST LE CENTRE DE LA MER ?

 

***

 

CE QUI EST MORT N'A AUCUN POUVOIR SUR CE QUI EST VIVANT

SEULS LES MORTS CRAIGNENT LES MORTS

 

***

 

QUAND LE NID BRÛLE, LES OISEAUX S’ENVOLENT

 

***

 

C’EST DANS LA CHUTE QUE LES AILES POUSSENT

 

***

 

CE QUI PEUT ÊTRE PERDU EST SANS VALEUR

 

***

 

LA MAISON EST PLUS GRANDE QUE LA PORTE

 

***

 

L’ERREUR EST LA VOIE

 

***

 

LA ROUTE EST DURE A CELUI QUI BOÎTE

 

***

 

LA LUMIERE DE L’ETOILE EST DANS L’ŒIL QUI LA REGARDE

 

***

 

LES PETITS NOURRISSENT LES GRANDS

 

***

 

LES RICHES ONT UNE BOUCHE
MAIS PAS DE MAINS POUR LA REMPLIR

C’EST POURQUOI IL LEUR FAUT
DE NOMBREUX SERVITEURS ;


CEUX QUI ONT DE NOMBREUX SERVITEURS
NE SAURAIENT VIVRE SEULS,

CE SONT DONC DES PAUVRES ;


CELUI QUI PEUT VIVRE SANS SERVITEURS 
EST DONC LE VERITABLE RICHE.

 

***

 

VIVRE C’EST REVENIR SUR SES PAS

 

***

 

LA NUIT LAVE LE LINGE DU SOLEIL

 

***

 

LES RUISSEAUX EMPORTENT LES MONTAGNES

 

***

 

UNE EPINE DANS LE PIED DU GENERAL : L’ARMEE S’ARRÊTE


***
 


UN PORC EN HABITS DE SOIE RESTE UN PORC,
COMME UN DIAMANT DANS LE FUMIER

RESTE UN DIAMANT.

MAIS LA PLACE D’ UN DIAMANT

EST DANS UN ECRIN DE SOIE,

ET CELLE D’UN PORC DANS LE FUMIER.

 

***

 

COMME SEULE L’EAU ETANCHE LA SOIF,
SEULE LA JUSTICE COMBLE LA FAIM DE JUSTICE

 

***

 

DU COLIBRI A L’AIGLE, IL EXISTE DE NOMBREUX OISEAUX

 

***

 

LE DEDANS REGLE LE DEHORS

 

***

 

L’EPONGE BOIT LE VIN RENVERSÉ
ET LA ROSÉE DU MATIN

 

 

***  

 

LORSQU'IL DECOUVRE LE MIEL,

L'OURS OUBLIE LA PIQÛRE DES ABEILLES

 

 

 

 

 

 

 

 

Lisez-Moi Lisez Moi Lisez Moi

Des mots des mots des mots des

Quand à un livre je me livre , ce que je lis me délie.

 

 

Je me demande pourquoi on n'a pas encore une loi qui oblige à faire bouillir les bébés à la naissance, afin qu'ils soient parfaitement stérilisés.

 

Circuler, pour mieux s'ôter.

Toute notre vie, on attend une grande cause pour se lever, et on passe sa vie accroupi, à croupir.

Le lucane aime prendre l'R le soir à sa lucarne.

Ce qu’il y a de bien dans l’état de siège, c’est qu’on prend le temps de s’asseoir.

 

 

Les oiseaux sont les poissons du ciel,

nous en sommes les crabes


Heureux les déjantés, ils quitteront plus facilement la route commune!

 
L’argent n’a pas d’odeur, mais il y contribue.


Un vrai sosie, c’est invraisemblable.

   

Quand je grossis, je m’aigris ; et quand je m’aigris, je grossis.

   

Le temps, c’est de l’urgent.

   

Joindre l’utile au désagréable : se faire renverser par une ambulance.  

 

Le journal du paradis, c’est le Daily Cieux.

   

Yfaut et Yaka sont dans un bateau ; Yfaut tombe à l’eau, Yaka l’repêcher.

 

Chaque matin, s’ils ne sont pas morts, les vieux vont aux nouvelles.

 

Le poète a latitude d’explorer toutes les longitudes.

   

Etre réduit à la portion congrue, c’est fort peu. Moins, c’est incongru.

 

Peut-on dire de quelqu’un
dont la vie dépend des autres pour tout qu’il
est riche ?
La bouche est elle riche ?

Peut-on dire de quelqu’un
qui n’a rien à attendre des autres qu’il est pauvre ?
Les mains sont elles pauvres ?

 

Curieux comme mystique s’oppose à mastoc.

 

On a mis bien des ouvrages majeurs à l’index.

 

Quand le brouillard tombe, on voudrait qu’il se casse.

 

Au matin, la nuit tombe de sommeil.