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9 février 2012 4 09 /02 /février /2012 10:56

Incroyables enfants.

 

Moi, le bibliovore, qui ai lu des milliers de livres, j'ai quatre filles. Les amener à lire, j'y ai peu à peu renoncé.

 

Les temps changent, semble-t-il. 

 

Des années durant, Marie a lu en boucle un seul livre : "Le petit monsieur tout seul". Révélateur, certes, mais un peu fermé. Le déclic, enfin, fut "Le Grand Secret", de René Barjavel.

 

Claire, il y a quelque temps, a lu Kessel, puis m'a demandé ce que j'avais sur Jeanne d'Arc. Enfin prise, la souris. 

 

Jamais désespérer, jamais renoncer.

 

Vanessa, je ne sais pas. On parle longtemps, beaucoup,des vrais sujets de fond mais je ne sais pas si elle lit, ni ce qu'elle lit.

 

Cécile, seize ans, a lu  Farnese pour des raisons dramatiques qui lui sont propres.

 

En général, après le titre, ou un peu plus loin, mes filles, elle s'arrêtaient. On ne dira jamais assez aux auteurs combien le titre de leurs volumes doit être assez nourrissant, en lui-même.

 

Un bon auteur doit rassasier son public avec le titre et la quatrième de couverture. S'il est excellent, inutile d'ouvrir le truc.

 

Non, je plaisante. A moitié. Peut-être devraient-ils commencer par la fin ? Y a t-il un cimetière des fins de livres non lues ? 

 

Cécile est arrivée un jour récent, un livre en main. Mi blagueur, je dis : Un livre ? Fais voir ?

 

Aux éditions Ad Solem, de François Cassingena-Trévedy, moine de Ligugé : "Étincelles II, 2003-2005", dont voici la 4ème :

 

"Des étincelles sont déjà venues au monde : en voici une nouvelle livrée, plus généreuse que la première, parce qu'à tous égards le temps presse. Les temps à venir seront des temps d'extrême violence, où il n'y aura plus d'autre langage entre les hommes ni d'autre événement que la violence et où, par conséquent, il faudra nous dresser de toute notre hauteur d'homme. En chaque étincelle réside une teneur de subversion qui, pour être infime, n'en est pas moins réelle".

 

Là, j'applaudis. Des années que j'essaie, en multipliant les mots, de dire ce que cet homme vient d'énoncer en quelques phrases. Continuons :

 

"Face à ces temps, un autre Génie du christianisme est à écrire, non seulement pour l'avertissement des païens, mais à l'usage des chrétiens eux-mêmes, parfois tellement sujets à une espèce de paupérisme de la pensée, du goût et du style qui n'est pas sans ajouter quelque violence à ce monde (note VJ :  ouille, ça va swinguer dans les patronages). "Qui nous roulera la pierre" (Mc, 16, 3) - celle que nous avons aujourd'hui sur le coeur et la conscience ?  En vérité le Christ seul est capable de rouler la pierre et d'écrire l'aurore au bas de nos pages les plus sombres. Tu solus Altissimus, Iesu Christe. Dès lors, tandis que beaucoup proclament que nous touchons à un crépuscule et que nous le croirions presque nous-même, tant on s'acharne à nous le persuader, il y a tout à parier que nous sommes pour de vrai, enfin, au point du jour" (surlignage de VJ).

 

Là, les bras m'en tombent. Stupéfait, j'ouvre le livre : chapitre V, page 143 : "Approfondir la fenêtre. La fenêtre n'est pas un objet, mais un mode d'être, un art d'être, une ascèse d'être. Elle subsiste et consiste dans un double détachement, puisqu'elle est détachable à la fois de l'extérieur et de l'intérieur entre lesquels elle remplit simplement sa fonction de seuil et de médiatrice; elle fait prendre à l'un et à l'autre conscience d'eux-mêmes, comme elle leur fait prendre conscience l'un de l'autre".

 

Page précédente : "Le monde actuel est à tous égards en voie de décomposition accélérée. En conséquence, la vertu très particulière qui est réclamée de nous s'avérera être de plus en plus une espèce de solidité. Non pas une solidité volontariste dont le ressort serait une opposition systématique et violente à ce monde, mais une solidité procédant de notre résolution intérieure en un élément extrêmement fin, et simple, et pur, qui nous permettra d'échapper à toutes les décompositions subjectives, intellectuelles et spirituelles de notre humanité propre. Quelque chose d'enfantin et d'adamantin tout ensemble, quelque chose d'inaltérable et d'indivisible et de subtil qui, loin de signaler je ne sais quel repliement farouche sur nous-même, nous conférera, pour l'utilité de tout le monde, la douce clarté - la douce charité - des étoiles".

 

Tu vas lire ça ? dis-je éberlué. J'en ai déjà lu plusieurs pages, répond-elle. Je regarde, la marque est page 72. Et ça va ? Ça t'intéresse ? Oui, sinon, j'aurais pas lu tout ça. Il y a des mots que je ne comprends pas, il me faut le dictionnaire.(Effectivement, en fouillant un peu, il est clair que sa lecture ne fait qu'effleurer le texte, mais quoi de plus normal ?) Comment tu l'as trouvé, ce livre ? Ben, chuis entrée dans une librairie, et puis il m'a plu, alors je l'ai acheté.

 

Ce petit récit pour dire que rien n'est jamais fini, plié, assuré, rien. Tant que la fin n'est pas écrite*, tout peut changer, tout peut arriver. Même que les mômes se mettent à lire. Que les poules aient des dents. Que le jour se lève. 

 

Pour reprendre les derniers mots du moine, que j'ai surlignés, allez, je les remets :  " Dès lors, tandis que beaucoup proclament que nous touchons à un crépuscule et que nous le croirions presque nous-même, tant on s'acharne à nous le persuader, il y a tout à parier que nous sommes pour de vrai, enfin, au point du jour"

 

 

* Et même ça c'est pas sûr. L'un des premiers livres que j'ai lu "l'Étoile Matutine" de Pierre Mac Orlan, j'avais 9 ans, j'étais pensionnaire, je m'en souviens encore : la fin était triste et m'avait bouleversé. La nuit d'après, je l'ai récrite.

Donc, pour prendre un terme niouédge : j'ai créé un univers parallèle.

 

 

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Published by Vieux Jade - dans légumes verts
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commentaires

marie 11/02/2012 18:11

FAUX!! ta fille chérie Marie n'a pas lu "le grand secret" de Barjavel mais "La Nuit des temps" et pour ta gouverne cher jeune jade j'en ai lu encore pas mal ensuite et je continu de perpetuer cette
tradition =) et en plus je lis régulièrement tes articles Oui Oui je sait je suis formidable pas besoin de me le rappeler =) bisous Papouchka

Vieux Jade 11/02/2012 19:27



Boh, Barjavel ou Barjavel, c'est pareil. Une histoire d'amoureux, je parie ?


Et l'Orthographe en 14 volumes, tu l'as lue ?


:)))



turquoiseM 11/02/2012 08:21


Partage !!


LA VIEILLE FEMMe GRINCHEUSE

QUE VOIS-TU, TOI QUI ME SOIGNES,
QUAND TU , ME REGARDES,
QUE PENSES-TU ?

Une vieille femme grincheuse, un peu folle
Le regard perdu, qui n'y est plus tout à fait,
Qui bave quand elle mange et ne répond jamais,
Qui, quand tu dis d'une voix forte "essayez"
Semble ne prêter aucune attention à ce que tu fais
Et ne cesse de perdre ses chaussures et ses bas,
Qui docile ou non, te laisse faire à ta guise,
Le bain et les repas pour occuper la longue journée grise.
C'est ça que tu penses. c'est ça que tu vois?
Alors ouvre les yeux, ce n'est pas moi:
Je vais te dire qui je suis, assise là si tranquille
me déplaçant à ton ordre, mangeant quand tu veux:
Je suis la dernière de dix, avec un père et une mère,
Des frères et des sœurs qui s'aiment entre eux.
Une jeune fille de 16 ans, des ailes aux pieds,
Rêvant que bientôt, elle rencontrera un fiancé.
Mariée déjà à 20 ans. Mon cœur bondit de joie
Au souvenir des vœux que j'ai fait ce jour-là.
J'ai 25 ans maintenant et un enfant à moi
Qui a besoin de moi pour lui construire une maison.
Une femme de trente ans, mon enfant grandit vite,
Nous sommes liés l'un à l'autre par des liens qui dureront.
Quarante ans, bientôt il ne sera plus là.
Mais mon homme est à mes côtés qui veille sur moi.
Cinquante ans, à nouveau jouent autour de moi des bébés;
Me revoilà avec des enfants, moi et mon bien-aimé.
Voici les jours noirs, mon mari meurt.
Je regarde vers le futur en frémissant de peur.
Car mes enfants sont tous occupés à élever les leurs,
Et je pense aux années et à l'amour que j'ai connus.
Je suis vieille maintenant, et la nature est cruelle,
Qui s'amuse à faire passer la vieillesse pour folle,
.Mon corps s'en va, la grâce et la force m'abandonnent,
Et il a maintenant une pierre là où jadis j'eus un cœur.
.Mais dans cette vieille carcasse, la jeune fille demeure
Dont le vieux cœur se gonfle sans relâche.
Je me souviens des joies, je me souviens des peines,
Et à nouveau je sens ma vie et j'aime.
Je repense aux années trop courtes et trop vite passées,
Et accepte cette réalité implacable que rien ne peut durer.
Alors ouvre les yeux, toi qui me soignes et regarde
Non la vieille femme grincheuse.
Regarde mieux, tu me verras !
Poème retrouvé dans les affaires d'une vieille dame
irlandaise, après son décès...

Vieux Jade 11/02/2012 08:30



http://www.jesuiscultive.com/spip.php?article440


Bonne journée.



LLéa 10/02/2012 21:41


Bonsoir,


 


Merci. Les enfants sont l'avenir. Ils sont tous a protéger.


 


Grosses bises,

Vieux Jade 10/02/2012 22:30



Oui, et non. Oui, bien sûr, mais vu du futur, ce sont nos aînés. Eux qui nouys tirent, nous sauvent de nos enkystements, et nous protègent de nos désespoirs. Bisezaussi.



turquoiseM 10/02/2012 10:41


très très beau!!!!!!!


merci..........

turquoiseM 10/02/2012 10:18


Oui, chaque fleur fleurit à son heure.............., et si on la laissse fleurir, avec un vent de liberté, c'est très beau !!

Vieux Jade 10/02/2012 10:34







Présentation

  • : Le jardin de Vieux Jade
  • : Arrivages du jour, légumes secs, mauvaises herbes, quelques trucs qui arrachent la gueule. Taupes, censeurs et culs bénits s'abstenir. Si vous cherchez des certitudes, c'est pas l'endroit.
  • Contact

Décidément rétif à l'ordre bestial, j'ai fixé ma résidence ailleurs, d'où j'observe le déroulement des temps infernaux, fumier des plus belles fleurs.  J'ai un jardin secret, où les plantes poussent toutes seules. Servez-vous, si le coeur vous en dit, sans tenir compte de la chronologie, car comme le mot le dit clairement, l'heure est un leurre.

 

Une précision concernant les commentaires : n'ayant pas toujours le temps ni l'énergie de répondre aux commentaires, ceux-ci restent ouverts, sans aucune garantie que j'y réponde. Je me réserve cependant le droit de sabrer les inconvenances, dont je reste seul juge.

 

Ici, je n'est pas un autre.

Recherche

Lave

Après l’explosion

Nul ne l’a sue

Le jour d’après

Coule la lave

Brûlent les cendres

Lave la lave

Mange la louve

Larmes sans sel

De régime

Cuit et recuit 

Frottent les cendres

Récurent

 

Pas encore nu,

Pas tout à fait ?

Restent des choses

Bien accrochées

Des salissures

De vieux fantômes

D’anciennes guerres

 

Qui peut le faire, si ce n'est toi ? 

 

Nettoie

 

Les notes glissent

Comme des larmes

Gouttes de feu

Sur la paroi

 

Qui m’a volé le cœur ?

Qui m’a trempé vivant,

Comme une lame ?

Qui m’a fouetté les yeux,

M’a déchiré le ventre

Me baisant les paupières

Et m’enduisant de baume,

Me prenant par la main,

Pour me conduire

Dehors ?

Les dits de Lao Yu

LE BUT DE LA QUÊTE EST DE N'AVOIR

NI BUT, NI QUÊTE

 

***

 

QUE SAIT-IL DE LA PESANTEUR,

CELUI QUI N'EST JAMAIS TOMBÉ ?

 

***

 

C'EST SOUVENT LORSQU'ELLE S'ENFUIT QU'ON PERÇOIT L'ESSENCE DE LA BEAUTÉ

 

***

 

LA MER A DES MILLIARDS DE VAGUES QUI BATTENT TOUS LES RIVAGES. OU EST LE CENTRE DE LA MER ?

 

***

 

CE QUI EST MORT N'A AUCUN POUVOIR SUR CE QUI EST VIVANT

SEULS LES MORTS CRAIGNENT LES MORTS

 

***

 

QUAND LE NID BRÛLE, LES OISEAUX S’ENVOLENT

 

***

 

C’EST DANS LA CHUTE QUE LES AILES POUSSENT

 

***

 

CE QUI PEUT ÊTRE PERDU EST SANS VALEUR

 

***

 

LA MAISON EST PLUS GRANDE QUE LA PORTE

 

***

 

L’ERREUR EST LA VOIE

 

***

 

LA ROUTE EST DURE A CELUI QUI BOÎTE

 

***

 

LA LUMIERE DE L’ETOILE EST DANS L’ŒIL QUI LA REGARDE

 

***

 

LES PETITS NOURRISSENT LES GRANDS

 

***

 

LES RICHES ONT UNE BOUCHE
MAIS PAS DE MAINS POUR LA REMPLIR

C’EST POURQUOI IL LEUR FAUT
DE NOMBREUX SERVITEURS ;


CEUX QUI ONT DE NOMBREUX SERVITEURS
NE SAURAIENT VIVRE SEULS,

CE SONT DONC DES PAUVRES ;


CELUI QUI PEUT VIVRE SANS SERVITEURS 
EST DONC LE VERITABLE RICHE.

 

***

 

VIVRE C’EST REVENIR SUR SES PAS

 

***

 

LA NUIT LAVE LE LINGE DU SOLEIL

 

***

 

LES RUISSEAUX EMPORTENT LES MONTAGNES

 

***

 

UNE EPINE DANS LE PIED DU GENERAL : L’ARMEE S’ARRÊTE


***
 


UN PORC EN HABITS DE SOIE RESTE UN PORC,
COMME UN DIAMANT DANS LE FUMIER

RESTE UN DIAMANT.

MAIS LA PLACE D’ UN DIAMANT

EST DANS UN ECRIN DE SOIE,

ET CELLE D’UN PORC DANS LE FUMIER.

 

***

 

COMME SEULE L’EAU ETANCHE LA SOIF,
SEULE LA JUSTICE COMBLE LA FAIM DE JUSTICE

 

***

 

DU COLIBRI A L’AIGLE, IL EXISTE DE NOMBREUX OISEAUX

 

***

 

LE DEDANS REGLE LE DEHORS

 

***

 

L’EPONGE BOIT LE VIN RENVERSÉ
ET LA ROSÉE DU MATIN

 

 

***  

 

LORSQU'IL DECOUVRE LE MIEL,

L'OURS OUBLIE LA PIQÛRE DES ABEILLES

 

 

 

 

 

 

 

 

Lisez-Moi Lisez Moi Lisez Moi

Des mots des mots des mots des

Quand à un livre je me livre , ce que je lis me délie.

 

 

Je me demande pourquoi on n'a pas encore une loi qui oblige à faire bouillir les bébés à la naissance, afin qu'ils soient parfaitement stérilisés.

 

Circuler, pour mieux s'ôter.

Toute notre vie, on attend une grande cause pour se lever, et on passe sa vie accroupi, à croupir.

Le lucane aime prendre l'R le soir à sa lucarne.

Ce qu’il y a de bien dans l’état de siège, c’est qu’on prend le temps de s’asseoir.

 

 

Les oiseaux sont les poissons du ciel,

nous en sommes les crabes


Heureux les déjantés, ils quitteront plus facilement la route commune!

 
L’argent n’a pas d’odeur, mais il y contribue.


Un vrai sosie, c’est invraisemblable.

   

Quand je grossis, je m’aigris ; et quand je m’aigris, je grossis.

   

Le temps, c’est de l’urgent.

   

Joindre l’utile au désagréable : se faire renverser par une ambulance.  

 

Le journal du paradis, c’est le Daily Cieux.

   

Yfaut et Yaka sont dans un bateau ; Yfaut tombe à l’eau, Yaka l’repêcher.

 

Chaque matin, s’ils ne sont pas morts, les vieux vont aux nouvelles.

 

Le poète a latitude d’explorer toutes les longitudes.

   

Etre réduit à la portion congrue, c’est fort peu. Moins, c’est incongru.

 

Peut-on dire de quelqu’un
dont la vie dépend des autres pour tout qu’il
est riche ?
La bouche est elle riche ?

Peut-on dire de quelqu’un
qui n’a rien à attendre des autres qu’il est pauvre ?
Les mains sont elles pauvres ?

 

Curieux comme mystique s’oppose à mastoc.

 

On a mis bien des ouvrages majeurs à l’index.

 

Quand le brouillard tombe, on voudrait qu’il se casse.

 

Au matin, la nuit tombe de sommeil.