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10 août 2012 5 10 /08 /août /2012 09:04

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Nous dînons dans la cuisine. Je lève les yeux et un éclair orangé traverse le fond bleu et jaune. Ah oui, c’est le poisson dans son bocal.

 

Existait-il avant que mes yeux ne captent le reflet de la lumière sur ses écailles ? Etait-il là ? Oui, sûrement, vue la faim qu’il manifeste le matin. A moins que tout ça, le poisson, le bocal, les carreaux bleus et jaunes ne sortent du néant qu’à l’instant où quelque chose les active, mon regard, mon souvenir ?

 

Ce matin, j’ai vu que la plante de la chambre avait soif. Je suis parti chercher de l’eau, puis j’ai eu autre chose à faire, je l’ai oubliée. Soudain, dans l’après-midi, je dis : merde, la plante. Et je reviens l’arroser.

 

Comment ai-je su qu’elle avait soif ? Ses feuilles commençaient à se recroqueviller. L’être de la plante recroqueville-t-il ses feuilles pour économiser de l’humidité ou pour me montrer qu’il a besoin de l’eau que lui-même ne peut pas aller chercher ?

 

Qui s’est souvenu de la tâche oubliée ? Un de mes moi les plus vigilants, ou a-t-elle envoyé un message ? N’est-ce pas la même chose ? Un de mes moi les plus vigilants qui fait office de radio et reçoit les messages ?

 

Lorsque je ne vois pas le poisson, lorsque j’oublie la plante, ont-ils disparu, ou existent-ils encore à l’état de données dans le registre qui organise la face visible du monde, à la demande ?

 

Et s'ils demeurent présents, existent-ils séparément, ou sommes nous plutôt des extensions réciproques ? Est-ce le poisson qui m'a inventé, ou la plante(Tchouang Tseu) ? Qui m'ont donné une compagne, car "il n'est pas bon que l'homme soit seul" ? Merci, en ce cas.

 

Moi-même, lorsque je m’oublie, presqu’à chaque instant, où suis-je ? Ai-je une existence réelle, et qui va me tirer de l’oubli presque permanent ? N'ai-je pas inventé Dieu*, ou un être supérieur éternel que pour me donner l'illusion d'une permanence ? S'il me regarde en permanence, alors je ne meurs pas, j'existe bel et bien. Merci, là aussi.

 

Être, ne pas être, c’est bien la question. Comme la lumière du phare, comme la barre verticale qui suit la dernière lettre posée sur l’écran où j’écris ces mots, nous clignotons à la surface, entre être et non être.

 

Quel fil nous rattache à nous-mêmes de part et d’autre de cette invisible paroi, quels fils nous rattachent les uns aux autres, sous la surface de la mer ?

 

Nous vivons souvent comme des icebergs, et les parties de nous que nous ignorons sont les plus dangereuses, car nous les ignorons. Nous vivons ainsi, et les pointes acérées et les lourdes masses que nous cachons sans le savoir éventrent et éloignent ceux qui passent à portée de voix ; alors nous vivons seuls et dispersés, sans le savoir et en maudissant la vie et le monde.

 

C'est pourquoi nous devons toujours tendre vers plus de conscience, plus de lumière. Pour nous fondre dans le monde, raccorder les fils, redevenir ce que Nous sommes, Un.

 

 

 

 

* http://lungtazen.wordpress.com/2010/03/25/beati-pauperes-spiritu-quia-ipsorum-est-regnum-coelorum-mt-53/

"Je suis cause de moi-même selon mon essence, qui est éternelle, et non selon mon devenir qui est temporel. C’est pourquoi je suis non-né et par là je suis au-delà de la mort. Selon mon être non-né, j’ai été éternellement, je suis maintenant et demeurerai éternellement. Ce que je suis selon ma naissance mourra et s’anéantira de par son aspect temporel. Mais dans ma naissance éternelle, toutes les choses naissent et je suis cause de moi-même et de toutes choses. Si je l’avais voulu, ni moi-même ni aucune chose ne serait, et si je n’étais pas, Dieu ne serait pas non plus. Que Dieu soit Dieu, je suis la cause; si je n’étais pas, Dieu ne serait pas. Mais il n’est pas nécessaire de comprendre cela."  (Maître Eckhart)

 

 

PS : ce texte a une suite, qui sera donnée demain, "L'homme qui parlait à l'oreille de la toile cirée". Bon soleil ou pluie, les deux vont ensemble, à toutes et tous.

 

 

Texte publié d'abord le 24/04/2010 

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Published by Vieux Jade - dans 2ème service
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commentaires

ce que roro 11/08/2012 18:12


vous etes comme tout ce qui m'entoure MA CREATION .


Je suis heureux de me partager avec vous ,avouez que c'est quand meme pas trop dégeulasse ?


C'est sur le tas que j'apprend à créer ,suis pas un DIEU BAC 5 mais dans la création j'ai quand meme fait SARKO et l'autre FOLLE Hollande .

ce que roro 11/08/2012 17:53


Dieu s'ennuie quand il n'y a personne autour de lui,c'est pour cela qu'il crée un tas de truc comme l'univers quand il pete .


Quand il chie il crée aussi ,NOUS.


 


mais il est bon dieu..

danielleg 11/08/2012 09:20


'Si je n'était pas, Dieu ne serait pas!'


Dieu est ce que nous sommes, mais il n'Est pas que cela.


' Il Est tout ce qui Est '


Heureusement pour lui, pauvre Dieu qu'il ne se limite  pas simplement a nous pauvres petites gouttes  d'eau minuscule!:)


Bisous a tous!


 



LLéa 11/08/2012 08:15


Coucou,


 


Merci Jade.


 


Reviens ce soir pour poser une petite pêche (commentaire) sérieuse. :)  Le planinggge est chargé. En attendant, je vous embrasse toutes et tous et vous souhaite une agréable fin de
semaine.


 


 


 

ce que roro 10/08/2012 19:02


je viens de voir l'article du dessus..


 


je sens bien dans mes tripes que s'il vous arrive quelque chose c'est grave..


bisous vielle armature d'intelligence .


fait gris partout et je bois de la bierre couleur soleil ,le vin aussi ,hé hé le meilleur ,mais meme le chambertin sulfite..


je connais des gens qui font des rayons et de la chimio à 84 Ans et cela est vraiment pire qu'une cyrose ,bisous ,car je sais bien que vous nous aimer et que cela est sans effort..


 

Présentation

  • : Le jardin de Vieux Jade
  • : Arrivages du jour, légumes secs, mauvaises herbes, quelques trucs qui arrachent la gueule. Taupes, censeurs et culs bénits s'abstenir. Si vous cherchez des certitudes, c'est pas l'endroit.
  • Contact

Décidément rétif à l'ordre bestial, j'ai fixé ma résidence ailleurs, d'où j'observe le déroulement des temps infernaux, fumier des plus belles fleurs.  J'ai un jardin secret, où les plantes poussent toutes seules. Servez-vous, si le coeur vous en dit, sans tenir compte de la chronologie, car comme le mot le dit clairement, l'heure est un leurre.

 

Une précision concernant les commentaires : n'ayant pas toujours le temps ni l'énergie de répondre aux commentaires, ceux-ci restent ouverts, sans aucune garantie que j'y réponde. Je me réserve cependant le droit de sabrer les inconvenances, dont je reste seul juge.

 

Ici, je n'est pas un autre.

Recherche

Lave

Après l’explosion

Nul ne l’a sue

Le jour d’après

Coule la lave

Brûlent les cendres

Lave la lave

Mange la louve

Larmes sans sel

De régime

Cuit et recuit 

Frottent les cendres

Récurent

 

Pas encore nu,

Pas tout à fait ?

Restent des choses

Bien accrochées

Des salissures

De vieux fantômes

D’anciennes guerres

 

Qui peut le faire, si ce n'est toi ? 

 

Nettoie

 

Les notes glissent

Comme des larmes

Gouttes de feu

Sur la paroi

 

Qui m’a volé le cœur ?

Qui m’a trempé vivant,

Comme une lame ?

Qui m’a fouetté les yeux,

M’a déchiré le ventre

Me baisant les paupières

Et m’enduisant de baume,

Me prenant par la main,

Pour me conduire

Dehors ?

Les dits de Lao Yu

LE BUT DE LA QUÊTE EST DE N'AVOIR

NI BUT, NI QUÊTE

 

***

 

QUE SAIT-IL DE LA PESANTEUR,

CELUI QUI N'EST JAMAIS TOMBÉ ?

 

***

 

C'EST SOUVENT LORSQU'ELLE S'ENFUIT QU'ON PERÇOIT L'ESSENCE DE LA BEAUTÉ

 

***

 

LA MER A DES MILLIARDS DE VAGUES QUI BATTENT TOUS LES RIVAGES. OU EST LE CENTRE DE LA MER ?

 

***

 

CE QUI EST MORT N'A AUCUN POUVOIR SUR CE QUI EST VIVANT

SEULS LES MORTS CRAIGNENT LES MORTS

 

***

 

QUAND LE NID BRÛLE, LES OISEAUX S’ENVOLENT

 

***

 

C’EST DANS LA CHUTE QUE LES AILES POUSSENT

 

***

 

CE QUI PEUT ÊTRE PERDU EST SANS VALEUR

 

***

 

LA MAISON EST PLUS GRANDE QUE LA PORTE

 

***

 

L’ERREUR EST LA VOIE

 

***

 

LA ROUTE EST DURE A CELUI QUI BOÎTE

 

***

 

LA LUMIERE DE L’ETOILE EST DANS L’ŒIL QUI LA REGARDE

 

***

 

LES PETITS NOURRISSENT LES GRANDS

 

***

 

LES RICHES ONT UNE BOUCHE
MAIS PAS DE MAINS POUR LA REMPLIR

C’EST POURQUOI IL LEUR FAUT
DE NOMBREUX SERVITEURS ;


CEUX QUI ONT DE NOMBREUX SERVITEURS
NE SAURAIENT VIVRE SEULS,

CE SONT DONC DES PAUVRES ;


CELUI QUI PEUT VIVRE SANS SERVITEURS 
EST DONC LE VERITABLE RICHE.

 

***

 

VIVRE C’EST REVENIR SUR SES PAS

 

***

 

LA NUIT LAVE LE LINGE DU SOLEIL

 

***

 

LES RUISSEAUX EMPORTENT LES MONTAGNES

 

***

 

UNE EPINE DANS LE PIED DU GENERAL : L’ARMEE S’ARRÊTE


***
 


UN PORC EN HABITS DE SOIE RESTE UN PORC,
COMME UN DIAMANT DANS LE FUMIER

RESTE UN DIAMANT.

MAIS LA PLACE D’ UN DIAMANT

EST DANS UN ECRIN DE SOIE,

ET CELLE D’UN PORC DANS LE FUMIER.

 

***

 

COMME SEULE L’EAU ETANCHE LA SOIF,
SEULE LA JUSTICE COMBLE LA FAIM DE JUSTICE

 

***

 

DU COLIBRI A L’AIGLE, IL EXISTE DE NOMBREUX OISEAUX

 

***

 

LE DEDANS REGLE LE DEHORS

 

***

 

L’EPONGE BOIT LE VIN RENVERSÉ
ET LA ROSÉE DU MATIN

 

 

***  

 

LORSQU'IL DECOUVRE LE MIEL,

L'OURS OUBLIE LA PIQÛRE DES ABEILLES

 

 

 

 

 

 

 

 

Lisez-Moi Lisez Moi Lisez Moi

Des mots des mots des mots des

Quand à un livre je me livre , ce que je lis me délie.

 

 

Je me demande pourquoi on n'a pas encore une loi qui oblige à faire bouillir les bébés à la naissance, afin qu'ils soient parfaitement stérilisés.

 

Circuler, pour mieux s'ôter.

Toute notre vie, on attend une grande cause pour se lever, et on passe sa vie accroupi, à croupir.

Le lucane aime prendre l'R le soir à sa lucarne.

Ce qu’il y a de bien dans l’état de siège, c’est qu’on prend le temps de s’asseoir.

 

 

Les oiseaux sont les poissons du ciel,

nous en sommes les crabes


Heureux les déjantés, ils quitteront plus facilement la route commune!

 
L’argent n’a pas d’odeur, mais il y contribue.


Un vrai sosie, c’est invraisemblable.

   

Quand je grossis, je m’aigris ; et quand je m’aigris, je grossis.

   

Le temps, c’est de l’urgent.

   

Joindre l’utile au désagréable : se faire renverser par une ambulance.  

 

Le journal du paradis, c’est le Daily Cieux.

   

Yfaut et Yaka sont dans un bateau ; Yfaut tombe à l’eau, Yaka l’repêcher.

 

Chaque matin, s’ils ne sont pas morts, les vieux vont aux nouvelles.

 

Le poète a latitude d’explorer toutes les longitudes.

   

Etre réduit à la portion congrue, c’est fort peu. Moins, c’est incongru.

 

Peut-on dire de quelqu’un
dont la vie dépend des autres pour tout qu’il
est riche ?
La bouche est elle riche ?

Peut-on dire de quelqu’un
qui n’a rien à attendre des autres qu’il est pauvre ?
Les mains sont elles pauvres ?

 

Curieux comme mystique s’oppose à mastoc.

 

On a mis bien des ouvrages majeurs à l’index.

 

Quand le brouillard tombe, on voudrait qu’il se casse.

 

Au matin, la nuit tombe de sommeil.