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28 novembre 2010 7 28 /11 /novembre /2010 07:21

5-mars-2010-008.jpg

 

Ce matin là, je débarque à mon rendez-vous.

Tiens, ils avaient oublié que je passais. On vous avait oublié, me dit-on. La table à laquelle je m'asseois d'habitude est pleine de gens qui se préparent à prendre leur petit déjeuner.

- Voulez un café ?

- Non, merci.

La dame est partie chercher son mari, pour nos affaires.

 

Le silence s'installe, un peu gênant. Ils osent à peine manger devant un étranger qui ne prend rien. La bouffe, c'est un truc intime qui n'admet pas les voyeurs. Comme si j'étais tout habillé sur une plage naturiste.

 

Alors je reprends une fois de plus le vieux refrain.

- Fait meilleur, ce matin.

- Ah, oui, moins froid qu'hier.

Ça y est, les tartines plongent dans les bols et les mandibules s'activent.

 

Je reprends, à moitié interrogatif :

- On dirait qu'il va pleuvoir ?

- Oh non, me dit un monsieur. C'est pas ce qu'y z annoncent, en regardant sa femme.

- Chais pas, dit la dame en s'excusant visiblement de ce péché d'étourderie, j'ai pas vu la météo.

 

Moi, pourtant, cette douceur, ces nuages bleus gris noirs sur l'orange pâle du ciel, il me semble que c'est de la pluie qui s'annonce dans la journée.

 

Mais bon, la météo, c'est comme le pape. C'est infaillible. Et moi, qu'un trou du cul ambulant.

 

Ils causent un peu plus. Ils sont paysans dans la Sarthe. Ils sont venus parce que le tonton qui habitait à côté est mort, ils veulent vendre la maison. Quarante ans, ils ont la quarantaine.

 

Le paysan de quarante ans ne sait plus lire le ciel. Il a plu, ce jour là. Pas tout de suite, mais dans l'après-midi. La météo avait dit que non, il ne pleuvrait pas. Et la dame savait pas, parce qu'elle avait pas entendu la sainte messe.

 

Mais moi, qui suis un hérétique, moi qui ai appris à lire le ciel avec les vieux, les ouvriers agricolers d'autrefois, moi qui ne suis pas infaillible, il me semblait bien qu'il allait pleuvoir.

 

Que des gens dont le travail quotidien est étroitement lié à la connaissance des éléments ne sachent plus les discerner par eux-mêmes, en toute simplicité, c'est terrifiant.

 

Terrifiant dépasse ma pensée, parce que rien ne me terrifie plus. Rien ne m'étonne. Il n'y a plus de gens de la terre. Il y a des automates chargés de l'entretien du décor et de la bouffe pourrie. Qu'ils ne sachent plus rien du monde vivant est dans l'ordre des choses.

 

Quoi qu'on leur verse, ils l'avalent. On leur dit que c'est bon, miam. Que c'est affreux, ils tremblent de peur.

 

Ne sachant pas lire la pluie ni le temps sec, comment imaginer qu'ils soient plus intelligents pour le reste ?

 

Depuis Marx l'opium des peuples a connu de nombreux succédanés.

 

La sortie de cette poubelle passe obligatoirement par l'hérésie : nul ne peut savoir mieux que moi. S'échapper de la matrice, de la maya, de l'illusion, commence par ne plus croire à aucun dogme, à aucune info, quelle qu'elle soit.

 

Bouddha disait de ne rien croire, qu'on ne l'ait vérifié par soi-même.

 

Ne croyez rien de ce que je dis ici, que vous n'ayez éprouvé. Éprouver, c'est vivre la preuve.

 

Tout est faux, dans ce monde. Y aurait-il une raison pour que vos intuitions, délicatement sourdies (du verbe "sourdre") de votre grotte intérieure, soit moins vraies que le concert assourdissant des menteurs officiels ?

 

Pauvre paysan de la Sarthe ou d'ailleurs, fous ta télé à la rivière. Enfin, non, pas à la rivière, pauvre rivière, avec tout ce qu'elle ingurgite déjà.

 

Écrabouille la, ta télé, brûle tes journaux professionnels qui sont tous à la solde de leurs annonceurs, assieds-toi, asseyez-vous, ta femme et toi, et regardez le ciel.

 

Tôt ou tard, malgré les menteurs, vous y verrez le Ciel. 

 

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Published by Vieux Jade - dans légumes verts
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commentaires

Narf 30/11/2010 22:30


Bon d'accord! Le chien du voisin tire son coup mais ne se tord pas de rire lui! Alors que moi! Ha sacré privilège qui adoucit ma jalousie...
Et puis moi, je peux toujours l'imiter lui, alors que lui, s'il voulait m'imiter....heu...il serait complètement fou!


LLéa 30/11/2010 20:51


Narf ,


Le chien de mon voisin a dit que le voisin avait un chien qui lorgnait sur la chienne de la voisine , et que le voisinage penserait a porter plainte pour les chiennes de vie du voisinage entier
!

:)


Vieux Jade 30/11/2010 20:54



Nom d'un chien !



LLéa 30/11/2010 20:47


Narf , bonsoir


Ah....tu me fais mourir de rire , là !

Narf , réjouis toi , tu vas devenir mamie ! Une belle portée !


Bises , Léa .


Narf 30/11/2010 20:38


Léa! Tu fais pareil que moi avant avec la télé quand je la regardais...si ça me plaisait, je gardais, je re-gardais, sinon je passais à autre chose... Bon là, je suis passée à autre chose...

Le chien de mon voisin me pose quelques questions et me remet en cause personnellement depuis que j'ai entendu dans la rue, un autre voisin dire à mon voisin: " Ben votre chien, c'est celui qui
assure le plus dans le quartier! Ils les a bien montées et s'en sert sans problème! Je le vois avec ma chienne....votre chien c'est celui qui a la sexualité la plus épanouie de tous les chiens du
coin!".
Oups! J'ai fermé mes oreilles et n'ai pas voulu en entendre plus! J'avais là assez, de quoi méditer assez... "Quoi? cet espèce de bâtard sympathique et tout fou de chien, bien dans sa peau quoi,
jouirait mieux de la vie que moi?!!!"

Ben oui quoi...on fait ce qu'on peut....


Vieux Jade 30/11/2010 20:53



Ouafff :)))



LLéa 30/11/2010 00:18


Narf , bonsoir,


Tssss , je ne regarde pas la télé , mais je tape programme TV par curiosité . Ensuite si un sujet me "branche" d'après les alléchants résumés et qui pourraient avoir un rapport avec des évènements
actuels , je donne parfois les liens .

Pour l'instant je m'informe encore sur le net , et lorsqu'une émission me semble digne de regard , je la visionne là .

Bientôt je débrancherais tout les fils , je préfère aller embrasser le chien de mon voisin ! :)


Gros bisous , Léa .


Vieux Jade 30/11/2010 07:49



Ça commence par le chien, puis...



Présentation

  • : Le jardin de Vieux Jade
  • : Arrivages du jour, légumes secs, mauvaises herbes, quelques trucs qui arrachent la gueule. Taupes, censeurs et culs bénits s'abstenir. Si vous cherchez des certitudes, c'est pas l'endroit.
  • Contact

Décidément rétif à l'ordre bestial, j'ai fixé ma résidence ailleurs, d'où j'observe le déroulement des temps infernaux, fumier des plus belles fleurs.  J'ai un jardin secret, où les plantes poussent toutes seules. Servez-vous, si le coeur vous en dit, sans tenir compte de la chronologie, car comme le mot le dit clairement, l'heure est un leurre.

 

Une précision concernant les commentaires : n'ayant pas toujours le temps ni l'énergie de répondre aux commentaires, ceux-ci restent ouverts, sans aucune garantie que j'y réponde. Je me réserve cependant le droit de sabrer les inconvenances, dont je reste seul juge.

 

Ici, je n'est pas un autre.

Recherche

Lave

Après l’explosion

Nul ne l’a sue

Le jour d’après

Coule la lave

Brûlent les cendres

Lave la lave

Mange la louve

Larmes sans sel

De régime

Cuit et recuit 

Frottent les cendres

Récurent

 

Pas encore nu,

Pas tout à fait ?

Restent des choses

Bien accrochées

Des salissures

De vieux fantômes

D’anciennes guerres

 

Qui peut le faire, si ce n'est toi ? 

 

Nettoie

 

Les notes glissent

Comme des larmes

Gouttes de feu

Sur la paroi

 

Qui m’a volé le cœur ?

Qui m’a trempé vivant,

Comme une lame ?

Qui m’a fouetté les yeux,

M’a déchiré le ventre

Me baisant les paupières

Et m’enduisant de baume,

Me prenant par la main,

Pour me conduire

Dehors ?

Les dits de Lao Yu

LE BUT DE LA QUÊTE EST DE N'AVOIR

NI BUT, NI QUÊTE

 

***

 

QUE SAIT-IL DE LA PESANTEUR,

CELUI QUI N'EST JAMAIS TOMBÉ ?

 

***

 

C'EST SOUVENT LORSQU'ELLE S'ENFUIT QU'ON PERÇOIT L'ESSENCE DE LA BEAUTÉ

 

***

 

LA MER A DES MILLIARDS DE VAGUES QUI BATTENT TOUS LES RIVAGES. OU EST LE CENTRE DE LA MER ?

 

***

 

CE QUI EST MORT N'A AUCUN POUVOIR SUR CE QUI EST VIVANT

SEULS LES MORTS CRAIGNENT LES MORTS

 

***

 

QUAND LE NID BRÛLE, LES OISEAUX S’ENVOLENT

 

***

 

C’EST DANS LA CHUTE QUE LES AILES POUSSENT

 

***

 

CE QUI PEUT ÊTRE PERDU EST SANS VALEUR

 

***

 

LA MAISON EST PLUS GRANDE QUE LA PORTE

 

***

 

L’ERREUR EST LA VOIE

 

***

 

LA ROUTE EST DURE A CELUI QUI BOÎTE

 

***

 

LA LUMIERE DE L’ETOILE EST DANS L’ŒIL QUI LA REGARDE

 

***

 

LES PETITS NOURRISSENT LES GRANDS

 

***

 

LES RICHES ONT UNE BOUCHE
MAIS PAS DE MAINS POUR LA REMPLIR

C’EST POURQUOI IL LEUR FAUT
DE NOMBREUX SERVITEURS ;


CEUX QUI ONT DE NOMBREUX SERVITEURS
NE SAURAIENT VIVRE SEULS,

CE SONT DONC DES PAUVRES ;


CELUI QUI PEUT VIVRE SANS SERVITEURS 
EST DONC LE VERITABLE RICHE.

 

***

 

VIVRE C’EST REVENIR SUR SES PAS

 

***

 

LA NUIT LAVE LE LINGE DU SOLEIL

 

***

 

LES RUISSEAUX EMPORTENT LES MONTAGNES

 

***

 

UNE EPINE DANS LE PIED DU GENERAL : L’ARMEE S’ARRÊTE


***
 


UN PORC EN HABITS DE SOIE RESTE UN PORC,
COMME UN DIAMANT DANS LE FUMIER

RESTE UN DIAMANT.

MAIS LA PLACE D’ UN DIAMANT

EST DANS UN ECRIN DE SOIE,

ET CELLE D’UN PORC DANS LE FUMIER.

 

***

 

COMME SEULE L’EAU ETANCHE LA SOIF,
SEULE LA JUSTICE COMBLE LA FAIM DE JUSTICE

 

***

 

DU COLIBRI A L’AIGLE, IL EXISTE DE NOMBREUX OISEAUX

 

***

 

LE DEDANS REGLE LE DEHORS

 

***

 

L’EPONGE BOIT LE VIN RENVERSÉ
ET LA ROSÉE DU MATIN

 

 

***  

 

LORSQU'IL DECOUVRE LE MIEL,

L'OURS OUBLIE LA PIQÛRE DES ABEILLES

 

 

 

 

 

 

 

 

Lisez-Moi Lisez Moi Lisez Moi

Des mots des mots des mots des

Quand à un livre je me livre , ce que je lis me délie.

 

 

Je me demande pourquoi on n'a pas encore une loi qui oblige à faire bouillir les bébés à la naissance, afin qu'ils soient parfaitement stérilisés.

 

Circuler, pour mieux s'ôter.

Toute notre vie, on attend une grande cause pour se lever, et on passe sa vie accroupi, à croupir.

Le lucane aime prendre l'R le soir à sa lucarne.

Ce qu’il y a de bien dans l’état de siège, c’est qu’on prend le temps de s’asseoir.

 

 

Les oiseaux sont les poissons du ciel,

nous en sommes les crabes


Heureux les déjantés, ils quitteront plus facilement la route commune!

 
L’argent n’a pas d’odeur, mais il y contribue.


Un vrai sosie, c’est invraisemblable.

   

Quand je grossis, je m’aigris ; et quand je m’aigris, je grossis.

   

Le temps, c’est de l’urgent.

   

Joindre l’utile au désagréable : se faire renverser par une ambulance.  

 

Le journal du paradis, c’est le Daily Cieux.

   

Yfaut et Yaka sont dans un bateau ; Yfaut tombe à l’eau, Yaka l’repêcher.

 

Chaque matin, s’ils ne sont pas morts, les vieux vont aux nouvelles.

 

Le poète a latitude d’explorer toutes les longitudes.

   

Etre réduit à la portion congrue, c’est fort peu. Moins, c’est incongru.

 

Peut-on dire de quelqu’un
dont la vie dépend des autres pour tout qu’il
est riche ?
La bouche est elle riche ?

Peut-on dire de quelqu’un
qui n’a rien à attendre des autres qu’il est pauvre ?
Les mains sont elles pauvres ?

 

Curieux comme mystique s’oppose à mastoc.

 

On a mis bien des ouvrages majeurs à l’index.

 

Quand le brouillard tombe, on voudrait qu’il se casse.

 

Au matin, la nuit tombe de sommeil.