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29 novembre 2010 1 29 /11 /novembre /2010 20:00

jules_verne_3-1-.jpg

 

 

Le 22/11/2010.

 

Ici le capitaine Nemo. Exceptionnellement, ce soir, je ne dors pas avec les poules. Façon de parler, jamais pu acclimater de poules dans ce rafiot.

 

Mme Nemo est partie dans sa nacelle privée pour 4 jours, ce qui nécessite de ma part un certain self-control, dans ce monde sous-marin où rôdent toutes sortes de poulpes et de squales, qui pourraient apprécier sa chair tendre...

 

J'ai écrit successivement six ou sept textes, en sirotant du blanc, du rouge - espagnol, trop rond - du ouisky Glen Deveron, du Picon bière, puis de la bière, dont j'ai fait ample provision dans les soutes du Nautilus.

 

Peu à peu, je vais plus bas dans les profondeurs sous-marines. Le Nautilus résiste bien à la pression, même si parfois quelque chose frémit ou craque dans sa structure.

 

Parfois longeant des forêts d'algues, je crains de m'y engluer, de m'y perdre, d'en rester prisonnier, de ne plus remonter.

 

Je glane hâtivement des trésors et des reliques, peut-être des ordures, parfois, dans les fantômes d'anciens bateaux coulés et envasés, que je m'empresse de décrire tant qu'ils demeurent dans la lueur tremblante et imprécise des phares.

 

La vessie ne chôme pas, mais, sur le Nautilus, tout est prévu pour l'évacuation et la dilution des miasmes.

 

La question résiduelle, qui m'a traversé l'esprit , en allant pisser une dernière fois, c'est : est-ce bien, même si ça facilite la transcription de ces messages, d'être bourré comme ça ?

 

Instantanément, le système de défense anti-surmoi s'est mis en place : C'est quoi, le bien ?

 

Dans ce journal écrit par mille pieds de fond sous la mer des Sargasses ce 21/11/2010, 00.12, et après réflexion, je tiens à préciser que la véritable question n'est pas: Est-ce bien ? mais : est-ce utile et indispensable, et  à qui? Ou : N'y a -t-il pas d'autre voie que l'intoxication ? Peut-on (puis-je) affronter le réel sans se (me) réfugier dans ce scaphandre de spiritueux ?

 

Qu'est-ce qui est le plus dangereux, du retrait ou de l'ouverture ? De la dangereuse ivresse des profondeurs ou de la stérile quiétude de la surface ?

 

Me lestant de liquides, je descends vers le fond d'où j'émets ces textes qui montent comme des bulles vers la surface. A force de vivre au fond, j'ai de plus en plus de mal à retourner à l'extérieur, où croise la foule bruyante et agitée. 

 

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Published by Vieux Jade - dans aromates
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commentaires

Narf 30/11/2010 22:22


Désolée d'être si lente..je viens d'éclater de rire là en relisant le titre de l'article... merci pour cet éclat de rire, encore, Vieux Jade!


Narf 30/11/2010 22:18


Encore...j'espère que vous avez posé la question à Mme VJ, et que vous avez bien attentivement écouté sa réponse à elle...et si vous n'avez pas bien compris, ou pas bien fait attention
sérieusement, reposez lui la question...sa réponse me paraît, dans votre cas, la plus éclairante pour vous...mais à vous de voir bien sûr! Ce que j'en sais moi!


Vieux Jade 01/12/2010 10:38



Elle connaît ma facilité à lever le coude. En réalité, si je ne me surveille pas (si je laisse faire l'éponge qui est quelque part en moi), je bois le vin comme de l'eau, littéralement. Jeune,
j'ai failli ne pas m'en relever. Maintenant, ça arrive de temps en temps, donc pas bien grave. L'idéal serait peut-être d'arrêter. "Ça" arrêtera quand ce sera prêt. En attendant, je gouverne un
peu le rafiot.



Narf 30/11/2010 22:09


Merci, merci encore, Vieux jade!

Pour être claire ( autant que je le peux) j'adore boire du vin et je fume en plus!!!

Quand j'ai vu la photo...j'étais déja contente: "C'est le captain Némo!!!" J'adore être replongée dans ce monde du 19ème siècle, dans ces gravures...déja un bonheur...Pourquoi? Je ne sais pas... et
je m'en fous! J'aime cette ambiance, cette atmosphère...c'est tout! (nostalgie? peut-être)

Ben chez moi, il ne neige pas, il pleut...je préfère parce que rouler sur la neige..j'aime pas!

Tous vos textes ne remontentpas du fond Vieux Jade..."Qu'est-ce qui est le plus dangereux?", d'ange heureux?
Je me répète ou Musset plutôt: "Qu'importe le flacon pourvu qu'on ait l'ivresse..." ça j'y crois.

Pour savoir, ben faut essayer... de ses sevrer...

Ce matin réunion des soignants au boulot...j'ose déclarer que plus ça va, plus je m'aperçois que les gamins traités chimiquement je ne veux plus, je ne peux plus travailler avec eux. J'ai 25 ans de
métier derrière, et j'adore mon travail (dur dur quand même, mais on a rien sans rien!) et là, je sais que déclarer ça, en intime, à l'équipe soignante, je prends des risques ( mais on ne se refait
pas! j'ai déja démissionner en 2002 à cause de ça!) mais, sincèrement, honnêtement, si je veux être intègre (et ne pas me perdre) je dois lâcher ça! La ritaline, le risperdal, et tous ces
neuroleptiques indiqués aux psychotiques, aux enfants trop bizarres, agités ( qui ré-agissent encore!), je jette le gant ( dans le discours là, en vrai, je ne les abandonne pas!), je ne peux
plus...je m'y perds: je ne sais plus si j'ai en face de moi un humain ou un drogué "surnaturel". J'y perds mes moyens, mon cadre, mes repères, ma technique... Flop! J'ai lancé un pavé. ( Retiens
toi m'a pourtant dit mon père...garde ta place! Sage conseil de vieux! Mais suis pas assez sage, pas assez vieille encore.) Tous mes collègues ouvrent grands les yeux et presque la bouche.) Ma chef
psychiatre ( que j'adore...elle est tellement humaine! Et c'est rare...)me dit mais comment faire alors? Un autre jour elle m'avait avouée que si elle ne prescrivait pas, cela pouvait se retourner
contre elle....l'ordre des médecins veille, il y a des directives....difficile de sortir de la tendance générale dictée!!

Bon voilà, ce sont des drogues bien officielles et légales. La France est je crois le pays le plus gros consommateurs de psychotrope et de neuroleptiques... c'est le progrès!

Bon sinon, je voulais dire, que j'aime bien le vin ( mais c'est comme internet, il faut se méfier, c'est très sournois!) et que ça dépend l'usage qu'on en fait! Aimer le vin oui, mais s'aimer
d'abord soi! Ne jamais se donner ou se perdre complètement. Nous sommes des jouets de la vie ( un peu comme dans les gravures de Nemo!): tant qu'il reste l'esthétique, la beauté, le jeu, l'art, la
vérité et la splendeur de la vie, tant que nous reconnaissons qu'elle nous dépasse, tant qu'il reste la vie, acceptons là, reconnaissons là, gratifions là!

Vieux Jade, je ne sais pas si ça peut répondre à votre questionnement, mais je tenais à vous dire... vous lire régulièrement, comme une drogue choisie et assumée, m'a permis de me remplir d'autre
chose. Et je me sens de mieux en mieux. Dépendante encore oui, mais il y a quelque chose qui se construit peu à peu. Une espèce de confiance, de noyau dur, solide et calme, d'espoir, de foi, de
vie...je ne sais pas trop. Les chutes sont moins abyssales. Les écarts se réduisent peu à peu. Je tangue moins. Heu, c'est plus reposant! J'apprécie!

Accepter le fond pour mieux apprécier les sommets. S'accepter tel qu'on est.


Vieux Jade 01/12/2010 10:35



Non, tous mes textes ne remontent pas du fond. Certains sont apportés par le courant d'air, d'autres sur un rayon de soleil. Ça dépend. Là, j'avais un peu glissé.



danielleg 30/11/2010 10:06


C'est difficile de répondre a votre questionnement,c'est une histoire entre vous et vous Jade.
Quelle en est votre perception?
En tous cas,merci d'essayer de partager cela.
Et a votre question,"peut-on affronter le réel sans se réfugier dans ce scaphandre de spiritueux?
En faire l'expérience.
belle journée a vous Jade.


Vieux Jade 30/11/2010 15:38



Oh, c'est ponctuel. Je ne suis pas une épave. Je flotte encore et je fais face  la plupart du temps complètement à jeun. Promis.:) Mais de temps en temps, cycliquement, je pratique cette
immersion. Mais bien sûr, c'est entre moi et moi. Plein de neige qui tombe. Attention sur les routes.



LLéa 30/11/2010 00:36


Bonsoir ,

Merci Jade .


Nemo , du latin nemo qui peut se traduire par «personne » .


Bises , Léa .


Vieux Jade 30/11/2010 07:50



Et en verlan : MONEY. Non, je rigole. Bien sûr, "personne"



Présentation

  • : Le jardin de Vieux Jade
  • : Arrivages du jour, légumes secs, mauvaises herbes, quelques trucs qui arrachent la gueule. Taupes, censeurs et culs bénits s'abstenir. Si vous cherchez des certitudes, c'est pas l'endroit.
  • Contact

Décidément rétif à l'ordre bestial, j'ai fixé ma résidence ailleurs, d'où j'observe le déroulement des temps infernaux, fumier des plus belles fleurs.  J'ai un jardin secret, où les plantes poussent toutes seules. Servez-vous, si le coeur vous en dit, sans tenir compte de la chronologie, car comme le mot le dit clairement, l'heure est un leurre.

 

Une précision concernant les commentaires : n'ayant pas toujours le temps ni l'énergie de répondre aux commentaires, ceux-ci restent ouverts, sans aucune garantie que j'y réponde. Je me réserve cependant le droit de sabrer les inconvenances, dont je reste seul juge.

 

Ici, je n'est pas un autre.

Recherche

Lave

Après l’explosion

Nul ne l’a sue

Le jour d’après

Coule la lave

Brûlent les cendres

Lave la lave

Mange la louve

Larmes sans sel

De régime

Cuit et recuit 

Frottent les cendres

Récurent

 

Pas encore nu,

Pas tout à fait ?

Restent des choses

Bien accrochées

Des salissures

De vieux fantômes

D’anciennes guerres

 

Qui peut le faire, si ce n'est toi ? 

 

Nettoie

 

Les notes glissent

Comme des larmes

Gouttes de feu

Sur la paroi

 

Qui m’a volé le cœur ?

Qui m’a trempé vivant,

Comme une lame ?

Qui m’a fouetté les yeux,

M’a déchiré le ventre

Me baisant les paupières

Et m’enduisant de baume,

Me prenant par la main,

Pour me conduire

Dehors ?

Les dits de Lao Yu

LE BUT DE LA QUÊTE EST DE N'AVOIR

NI BUT, NI QUÊTE

 

***

 

QUE SAIT-IL DE LA PESANTEUR,

CELUI QUI N'EST JAMAIS TOMBÉ ?

 

***

 

C'EST SOUVENT LORSQU'ELLE S'ENFUIT QU'ON PERÇOIT L'ESSENCE DE LA BEAUTÉ

 

***

 

LA MER A DES MILLIARDS DE VAGUES QUI BATTENT TOUS LES RIVAGES. OU EST LE CENTRE DE LA MER ?

 

***

 

CE QUI EST MORT N'A AUCUN POUVOIR SUR CE QUI EST VIVANT

SEULS LES MORTS CRAIGNENT LES MORTS

 

***

 

QUAND LE NID BRÛLE, LES OISEAUX S’ENVOLENT

 

***

 

C’EST DANS LA CHUTE QUE LES AILES POUSSENT

 

***

 

CE QUI PEUT ÊTRE PERDU EST SANS VALEUR

 

***

 

LA MAISON EST PLUS GRANDE QUE LA PORTE

 

***

 

L’ERREUR EST LA VOIE

 

***

 

LA ROUTE EST DURE A CELUI QUI BOÎTE

 

***

 

LA LUMIERE DE L’ETOILE EST DANS L’ŒIL QUI LA REGARDE

 

***

 

LES PETITS NOURRISSENT LES GRANDS

 

***

 

LES RICHES ONT UNE BOUCHE
MAIS PAS DE MAINS POUR LA REMPLIR

C’EST POURQUOI IL LEUR FAUT
DE NOMBREUX SERVITEURS ;


CEUX QUI ONT DE NOMBREUX SERVITEURS
NE SAURAIENT VIVRE SEULS,

CE SONT DONC DES PAUVRES ;


CELUI QUI PEUT VIVRE SANS SERVITEURS 
EST DONC LE VERITABLE RICHE.

 

***

 

VIVRE C’EST REVENIR SUR SES PAS

 

***

 

LA NUIT LAVE LE LINGE DU SOLEIL

 

***

 

LES RUISSEAUX EMPORTENT LES MONTAGNES

 

***

 

UNE EPINE DANS LE PIED DU GENERAL : L’ARMEE S’ARRÊTE


***
 


UN PORC EN HABITS DE SOIE RESTE UN PORC,
COMME UN DIAMANT DANS LE FUMIER

RESTE UN DIAMANT.

MAIS LA PLACE D’ UN DIAMANT

EST DANS UN ECRIN DE SOIE,

ET CELLE D’UN PORC DANS LE FUMIER.

 

***

 

COMME SEULE L’EAU ETANCHE LA SOIF,
SEULE LA JUSTICE COMBLE LA FAIM DE JUSTICE

 

***

 

DU COLIBRI A L’AIGLE, IL EXISTE DE NOMBREUX OISEAUX

 

***

 

LE DEDANS REGLE LE DEHORS

 

***

 

L’EPONGE BOIT LE VIN RENVERSÉ
ET LA ROSÉE DU MATIN

 

 

***  

 

LORSQU'IL DECOUVRE LE MIEL,

L'OURS OUBLIE LA PIQÛRE DES ABEILLES

 

 

 

 

 

 

 

 

Lisez-Moi Lisez Moi Lisez Moi

Des mots des mots des mots des

Quand à un livre je me livre , ce que je lis me délie.

 

 

Je me demande pourquoi on n'a pas encore une loi qui oblige à faire bouillir les bébés à la naissance, afin qu'ils soient parfaitement stérilisés.

 

Circuler, pour mieux s'ôter.

Toute notre vie, on attend une grande cause pour se lever, et on passe sa vie accroupi, à croupir.

Le lucane aime prendre l'R le soir à sa lucarne.

Ce qu’il y a de bien dans l’état de siège, c’est qu’on prend le temps de s’asseoir.

 

 

Les oiseaux sont les poissons du ciel,

nous en sommes les crabes


Heureux les déjantés, ils quitteront plus facilement la route commune!

 
L’argent n’a pas d’odeur, mais il y contribue.


Un vrai sosie, c’est invraisemblable.

   

Quand je grossis, je m’aigris ; et quand je m’aigris, je grossis.

   

Le temps, c’est de l’urgent.

   

Joindre l’utile au désagréable : se faire renverser par une ambulance.  

 

Le journal du paradis, c’est le Daily Cieux.

   

Yfaut et Yaka sont dans un bateau ; Yfaut tombe à l’eau, Yaka l’repêcher.

 

Chaque matin, s’ils ne sont pas morts, les vieux vont aux nouvelles.

 

Le poète a latitude d’explorer toutes les longitudes.

   

Etre réduit à la portion congrue, c’est fort peu. Moins, c’est incongru.

 

Peut-on dire de quelqu’un
dont la vie dépend des autres pour tout qu’il
est riche ?
La bouche est elle riche ?

Peut-on dire de quelqu’un
qui n’a rien à attendre des autres qu’il est pauvre ?
Les mains sont elles pauvres ?

 

Curieux comme mystique s’oppose à mastoc.

 

On a mis bien des ouvrages majeurs à l’index.

 

Quand le brouillard tombe, on voudrait qu’il se casse.

 

Au matin, la nuit tombe de sommeil.