Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
15 décembre 2011 4 15 /12 /décembre /2011 17:27

010.JPG

 

Photo de mon bureau réalisée sans trucs à je 

 

 

Fourbu par une journée de labeur, j'avais croisé mes pieds sur le bureau, affalé - pas bon pour le dos - dans mon fauteuil. De là, mon regard parvint au niveau de la mer.

 

Mer des Sargasses ? Mer des paperasses, plutôt, qui jonchent et encombrent chaque recoin de surface plane, se croisant, se grimpant dessus, comme font les vagues qui vont et viennent.

 

De là, soudain atterré, mes yeux grimpèrent aux parois des bibliothèques ouvertes où se pressent et s'entassent des cartons d'archives, des dizaines de dossiers ventrus aux couleurs plus ou moins fanées, griffonnés au feutre noir, constellés de post-it parasites.

 

Tel est le paysage qui s'offre à ma vue : mer et montagnes de papier.

 

Résumé de vingt ans de travail, lettres mortes, brouillons, copies de conventions, de contrats, de projets aboutis ou avortés, tout un fatras qui glisse vers l'oubli. J'y foutrais bien le feu, n'était le fait que parfois, on me réclame une trace d'un événement auquel j'aurais, parait-il, participé, même si le souvenir m'en échappe plus ou moins, c'est urgent, c'est important,

c'est mon job, chuis payé pour. Ça paie le Bourgogne.

 

Et je revêts mon costume d'archéologue, d'explorateur des papiers défraîchis, jaunis, perclus, et remue toute la poussière du temps avant, dans le meilleur des cas, d'exhumer le fragment désirable.

 

Le monde des hommes repose sur des fondations de papier. C'est le sable de la parabole.

 

Le Monde Véritable repose sur la confiance et l'amour. C'est le roc.

 

Mais, c'est la nouveauté, qu'on se le dise, on peut injecter l'amour et la confiance dans le monde du papier.

 

Une simple anecdote : un jour, j'ai laissé passer une broutille, une virgule, une chiure d'encre dans un contrat notarié que j'étais chargé d'inspecter. Deux ans plus tard, problème.

 

Le notaire se déballonne illico : pas sa faute, circulez, y a rien à saisir. Voyez M. VJ, c'est sa faute. Ma faute ma faute ma très grande faute. 

 

Au premier coup de téléphone, le client paniqué (faut niquer, c'est profitable) m'expose la fuite honteuse du notaire et blabla. VJ, ce héros au regard si doux (disait VH (Victor Hugo) de son père, le général Hugo, c'est une plaisanterie, ça s'appelle de l'auto-dérision) répond aussi sec que si problème il y a , il assure.

 

Une semaine de tergiversations (ça concernait deux personnes, deux parties aux intérêts opposés), et l'affaire se résoud à l'amiable. Le simple fait d'avoir dit : j'assure à fait fondre le litige naissant.

 

Aurais-je réellement assuré ? Ma compagnie d'assurance, qui est censée absorber les erreurs professionnelles m'aurait-elle suivi ? Aucune idée. 

 

Juste poser ça a réglé la question. 

 

L'une des parties m'a téléphoné. Il s'agissait d'une personne rompue aux affaires commerciales. Elle m'a dit que le notaire était une merde, et qu'elle me remerciait d'avoir tenu le cap, chose tellement rare dans ce monde de papier qu'elle tenait à m'en remercier.

 

La prochaine fois, peut-être que le torrent m'emportera.  Mais c'est sans importance. L'important, c'est de résister, de tenir tête aux mauvaises habitudes et aux petites et grandes lâchetés, ainsi qu'aux moyennes. 

 

L'important, c'est de mettre le Grand en balance avec le petit. 

Partager cet article

Repost 0
Published by Vieux Jade - dans compost
commenter cet article

commentaires

Korrigan 18/12/2011 11:44

Et en complément d’information cet article du Dauphiné Libéré (Dénommé le Daubé) :

le 18/12/2011 à 06:00 | Mis à jour il y a environ 2 heures
HAUTE-SAVOIE À Avoriaz, près d’un millier de nouveaux lits et des équipements de services et de loisirs

Après plus de 10 ans sans nouvelles réalisations, la station, engagée dans un vaste programme, s’offre un nouveau virage avec la mise sur le marché de nouveaux lités et d’équipements de
service.

-----
« de nouveaux lités » ??
C’est à peu près çà ! Litée -> Réunion d’animaux dans un même repaire.
Réflexion désabusée : Laisse béton !

Korrigan 18/12/2011 11:25

« J’entendais gronder la montagne »
Expression toute samivellienne que vous retrouverez de manière picturale dans une de ses BD :

Bonshommes de neige
Samivel
Editions Hoëbeke
Amazon/FNAC etc

Je vous suggère amicalement de le prévoir dans la grolle au pied du sapin.
Ceci devrait vous plaire, recommandé également à celles et ceux qui fréquentent ces lieux de haute culture (1200m).

Vieux Jade 18/12/2011 12:35



C'était terrible, ce dégoût que je ressentais pour les microbes très parisiens, et l'énorme présence de la montagne, terrible cette souillure, alors que la montagne est véritablement sacrée. A
chaque instant, je m'attendais à ce qu'elle rugisse et balaie tout ça.


Merci pour la suggestion. Justement, je devais négocier avec le père Noël :)



Korrigan 17/12/2011 11:37

Avoriaz…Avoriazeuuuh comme dit le touriste éclairé. L’abominable béton des neiges.

L’occasion de citer une nouvelle fois Giono préfaçant un texte de Samivel :

« La foule arrivait dans la montagne, non pas dans le désir de s’y apurer et d’y agrandir ses mesures, mais elle charriait avec elle ses mesquineries, ses petitesses, ses maladies, ses vices, ses
perversions, ses défauts, sa saleté.
Elle ne venait pas laver aux sources la saleté de son cœur, elle venait salir les sources ».

D’où la nécessité d’une médecine préventive, le jeune épi.

A ce sujet l’artemisinin est une médication naturelle contre paludisme et cancer, issu de l’artemisia, l’armoise dont on fait ce fameux breuvage qui mélangé à un solide caffè Valdotain se déguste à
la régalade dans la grolle collective (redondance puisqu’on évoque couramment la paire de grolles).
La grolle trouverait son origine dans le Graal, ceci pouvant en expliquer sa quête perpétuelle.

Vieux Jade 17/12/2011 12:26



Vous me faites marcher, avec votre paire de grolles ?



Louiseicietlà 16/12/2011 18:58

J'avoue que la femme de ménage qui passe le soir, derrière moi, est ce qui me motive le mieux pour me donne le courage de faire place lisse et nette, sur mon bureau et dans ma salle. Quand je n'y
arrive pas, je me morfonds d'excuses. J'ai beaucoup de reconnaissance et de respect pour elle, qui m'aide en oeuvrant régulièrement à ce que les choses ne prennent pas la pente du chaos. Merci à
elle. Quelqu'un a-t-il vu sur Arte, il y a quelques années, un reportage sur une femme de ménage? C'était impressionnant de sagesse et de philosophie. Un bijou.

Bise, Danielle. T'inquiète! Mon passé part en morceaux, sans peine. Narf n'est plus sur ce blog, d'ailleurs. :))

Vieux Jade 16/12/2011 20:45



Vous vouliez sûrement dire "une technicienne de surface" ?


Chais pas d'où vous sortez, Mme Louise, mais faudrait voir à causer moderne.



Korrigan 16/12/2011 18:29

Mais non cher ami, si la morphologie du Terre Neuve se rapproche de celle du Saint Bernard ici on remplit le dit tonneau de Genépi.

Et pourtant je vous donne raison, le Terre Neuve est chien de sauvetage…en mer.
Oui je confesse cette ambiguïté entretenue, est-ce jésuitique éducation, est-ce le fait de cette double appartenance mer/montagne fondue* en ultime scène où il nous est encore permis de vivre et
d’exister, l’Elément premier.
Conjugué à cette noble animalité.

Pardon pour l’ARVA, cet appareil indispensable dont dès demain le touriste, énervé après ses chaînes notice en mains sous des trombes de neige après avoir troublé de ses ahans la sérénité des lieux
ne manquera pas tel une médaille conquise de haute lutte de fièrement l’exhiber au premier bistro en soirée.


*J’aurais aussi bien pu dire raclette ou tartiflette, ce qui aurait altéré le sens profond de ces grandes vérités.

Posant ces lignes, justement je bats ma coulpe pensant à cette réflexion d’un magnifique élève des Jésuites, Saint Ex : « En contemplant les montagnes, souvenons nous que les grandes vérités se
communiquent par le silence ».

Vieux Jade 16/12/2011 20:00



J'ai ressenti les constructions d'Avoriaz comme une insulte à la montagne, lorsqu'invité, chuis allé me donner en pestacle sur les pistes immaculées. Enfin, maculées, plutôt, de cafards de toutes
nationalités, bleus, rouges, orange, bronzés au dents blanches.


Je l'entendais gronder.


L'origine du génepi, cher savant bénédictin, la voici : un soir, dans une auberge de montagne reculée, un voyageur égaré entra et demanda à bouère. On lui servit c't'affreuse misture, qu'il
renifla avec prudence, gouta puis recracha d'un trait en demandant : mais c'est quoi, c't'affaire ?


L'aubergiste réopondit : Je n'ai pis, monseigneur.


L'histoire est bien sûr inventée, mais parfaitement authentique. J'y étais.



Présentation

  • : Le jardin de Vieux Jade
  • : Arrivages du jour, légumes secs, mauvaises herbes, quelques trucs qui arrachent la gueule. Taupes, censeurs et culs bénits s'abstenir. Si vous cherchez des certitudes, c'est pas l'endroit.
  • Contact

Décidément rétif à l'ordre bestial, j'ai fixé ma résidence ailleurs, d'où j'observe le déroulement des temps infernaux, fumier des plus belles fleurs.  J'ai un jardin secret, où les plantes poussent toutes seules. Servez-vous, si le coeur vous en dit, sans tenir compte de la chronologie, car comme le mot le dit clairement, l'heure est un leurre.

 

Une précision concernant les commentaires : n'ayant pas toujours le temps ni l'énergie de répondre aux commentaires, ceux-ci restent ouverts, sans aucune garantie que j'y réponde. Je me réserve cependant le droit de sabrer les inconvenances, dont je reste seul juge.

 

Ici, je n'est pas un autre.

Recherche

Lave

Après l’explosion

Nul ne l’a sue

Le jour d’après

Coule la lave

Brûlent les cendres

Lave la lave

Mange la louve

Larmes sans sel

De régime

Cuit et recuit 

Frottent les cendres

Récurent

 

Pas encore nu,

Pas tout à fait ?

Restent des choses

Bien accrochées

Des salissures

De vieux fantômes

D’anciennes guerres

 

Qui peut le faire, si ce n'est toi ? 

 

Nettoie

 

Les notes glissent

Comme des larmes

Gouttes de feu

Sur la paroi

 

Qui m’a volé le cœur ?

Qui m’a trempé vivant,

Comme une lame ?

Qui m’a fouetté les yeux,

M’a déchiré le ventre

Me baisant les paupières

Et m’enduisant de baume,

Me prenant par la main,

Pour me conduire

Dehors ?

Les dits de Lao Yu

LE BUT DE LA QUÊTE EST DE N'AVOIR

NI BUT, NI QUÊTE

 

***

 

QUE SAIT-IL DE LA PESANTEUR,

CELUI QUI N'EST JAMAIS TOMBÉ ?

 

***

 

C'EST SOUVENT LORSQU'ELLE S'ENFUIT QU'ON PERÇOIT L'ESSENCE DE LA BEAUTÉ

 

***

 

LA MER A DES MILLIARDS DE VAGUES QUI BATTENT TOUS LES RIVAGES. OU EST LE CENTRE DE LA MER ?

 

***

 

CE QUI EST MORT N'A AUCUN POUVOIR SUR CE QUI EST VIVANT

SEULS LES MORTS CRAIGNENT LES MORTS

 

***

 

QUAND LE NID BRÛLE, LES OISEAUX S’ENVOLENT

 

***

 

C’EST DANS LA CHUTE QUE LES AILES POUSSENT

 

***

 

CE QUI PEUT ÊTRE PERDU EST SANS VALEUR

 

***

 

LA MAISON EST PLUS GRANDE QUE LA PORTE

 

***

 

L’ERREUR EST LA VOIE

 

***

 

LA ROUTE EST DURE A CELUI QUI BOÎTE

 

***

 

LA LUMIERE DE L’ETOILE EST DANS L’ŒIL QUI LA REGARDE

 

***

 

LES PETITS NOURRISSENT LES GRANDS

 

***

 

LES RICHES ONT UNE BOUCHE
MAIS PAS DE MAINS POUR LA REMPLIR

C’EST POURQUOI IL LEUR FAUT
DE NOMBREUX SERVITEURS ;


CEUX QUI ONT DE NOMBREUX SERVITEURS
NE SAURAIENT VIVRE SEULS,

CE SONT DONC DES PAUVRES ;


CELUI QUI PEUT VIVRE SANS SERVITEURS 
EST DONC LE VERITABLE RICHE.

 

***

 

VIVRE C’EST REVENIR SUR SES PAS

 

***

 

LA NUIT LAVE LE LINGE DU SOLEIL

 

***

 

LES RUISSEAUX EMPORTENT LES MONTAGNES

 

***

 

UNE EPINE DANS LE PIED DU GENERAL : L’ARMEE S’ARRÊTE


***
 


UN PORC EN HABITS DE SOIE RESTE UN PORC,
COMME UN DIAMANT DANS LE FUMIER

RESTE UN DIAMANT.

MAIS LA PLACE D’ UN DIAMANT

EST DANS UN ECRIN DE SOIE,

ET CELLE D’UN PORC DANS LE FUMIER.

 

***

 

COMME SEULE L’EAU ETANCHE LA SOIF,
SEULE LA JUSTICE COMBLE LA FAIM DE JUSTICE

 

***

 

DU COLIBRI A L’AIGLE, IL EXISTE DE NOMBREUX OISEAUX

 

***

 

LE DEDANS REGLE LE DEHORS

 

***

 

L’EPONGE BOIT LE VIN RENVERSÉ
ET LA ROSÉE DU MATIN

 

 

***  

 

LORSQU'IL DECOUVRE LE MIEL,

L'OURS OUBLIE LA PIQÛRE DES ABEILLES

 

 

 

 

 

 

 

 

Lisez-Moi Lisez Moi Lisez Moi

Des mots des mots des mots des

Quand à un livre je me livre , ce que je lis me délie.

 

 

Je me demande pourquoi on n'a pas encore une loi qui oblige à faire bouillir les bébés à la naissance, afin qu'ils soient parfaitement stérilisés.

 

Circuler, pour mieux s'ôter.

Toute notre vie, on attend une grande cause pour se lever, et on passe sa vie accroupi, à croupir.

Le lucane aime prendre l'R le soir à sa lucarne.

Ce qu’il y a de bien dans l’état de siège, c’est qu’on prend le temps de s’asseoir.

 

 

Les oiseaux sont les poissons du ciel,

nous en sommes les crabes


Heureux les déjantés, ils quitteront plus facilement la route commune!

 
L’argent n’a pas d’odeur, mais il y contribue.


Un vrai sosie, c’est invraisemblable.

   

Quand je grossis, je m’aigris ; et quand je m’aigris, je grossis.

   

Le temps, c’est de l’urgent.

   

Joindre l’utile au désagréable : se faire renverser par une ambulance.  

 

Le journal du paradis, c’est le Daily Cieux.

   

Yfaut et Yaka sont dans un bateau ; Yfaut tombe à l’eau, Yaka l’repêcher.

 

Chaque matin, s’ils ne sont pas morts, les vieux vont aux nouvelles.

 

Le poète a latitude d’explorer toutes les longitudes.

   

Etre réduit à la portion congrue, c’est fort peu. Moins, c’est incongru.

 

Peut-on dire de quelqu’un
dont la vie dépend des autres pour tout qu’il
est riche ?
La bouche est elle riche ?

Peut-on dire de quelqu’un
qui n’a rien à attendre des autres qu’il est pauvre ?
Les mains sont elles pauvres ?

 

Curieux comme mystique s’oppose à mastoc.

 

On a mis bien des ouvrages majeurs à l’index.

 

Quand le brouillard tombe, on voudrait qu’il se casse.

 

Au matin, la nuit tombe de sommeil.