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11 mars 2012 7 11 /03 /mars /2012 20:18

 

 

Nous sommes allés déjeuner, Mme VJ et moi, avec ma mère, dans un simple et bon restaurant auvergnat, d'une truffade.

 

A 83 ans, ma mère, veuve récente, aime sortir, mais son appétit s'étiole. Il restait la moitié de sa portion.

 

Pour revenir sur ce qu'elle m'infligeait petit, je lui dis : "Tu ne sortiras pas de table tant que tu n'auras pas fini ton assiette".

 

Elle se mit alors à raconter que son propre père lui avait fait ce sale coup : "Finis ton assiette, ou je t'emmène à l'école avec". Et il l'a fait : "Prends tes affaires !", et il sortit dans la rue avec l'assiette. De honte, brisée, elle la mangea.

 

Ils m'ont fait le coup chez mes parents, les grands-parents. J'étais particulièrement obstiné et eux pas assez vigilants. Dès qu'ils regardaient ailleurs, je balançais des morceaux de bouffe sous les meubles derrière moi en faisant semblant de mastiquer. Mais ma mère, ils l'ont eu.

 

Quand la serveuse est arrivée pour voir si on avait fini, afin qu'elle débarrasse, je lui ai dit : "C'est bon pour nous, mais ma mère reste jusqu'à ce qu'elle ait fini". Gentille, elle répond : "Je vais plutôt vous l'emballer, vous finirez ça chez vous ce soir".

 

Et on se met à parler, elle et nous, de cette putain d'éducation de fous. Ce qui lui est arrivé, à elle ? Son père lui a dit : "Si tu ne manges pas ton assiette, je te donne à manger aux cochons". Et il l'a attachée au bout d'une corde à une poutre au dessus des cochons et l'a ainsi laissée.

 

Depuis, j'ai peur des cochons, dit-elle sobrement.

 

 

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Published by Vieux Jade - dans sauvages
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commentaires

Cassandre 14/03/2012 13:48


Merci Vieux Jade


 


Jeunes mariés ???  oui 4 jours de mariage, c'est peu, d'autant plus qu'en mai nous feterons nos 27 ans de vie commune. Et oui, nous avons de la bouteille.


Bonne journée

Vieux Jade 14/03/2012 19:51



Ha ben ça, ça me plait. Alors, vous avez bien mérité ce petit souvenir :


Un vieux monsieur, un monsieur plutôt que j'ai connu quand il était vieux, avait une amoureuse, quand il était jeune. Hélas, c'était en 1914. Appelé au front, il lui dit : je risque de ne pas
revenir, ne m'attends pas. Et, de fait, quand il est revenu, elle avait un promis (peut-être imposé par les parents, je l'ignore). Il s'est marié aussi. La vie a passé. Il a eu deux enfants, un
garçon, gentil, que j'ai connu, une fille que je ne connais pas.


Sa femme est morte, dans les années 1970. Son ancienne amie était veuve depuis longtemps. Crime majeur : ils se sont mis à vivre ensemble !


Inquiète de la situation, la fille de ce monsieur a cherché à faire mettre son père en hospitalisation d'office (vous voyez bien qu'il est fou!).


Je n'en sais pas plus. J'ignore si elle a réussi ce mauvais coup. Mais tous les mauvais coups, on se les prend dans la tronche un jour ou l'autre. C'est ce qui permet de tenir.


Champagne quand même, 27 ans, mazette, nous on n'a que 15 ans, Mme VJ et moi. Des gamins :)



Cassandre 13/03/2012 20:44


Bonsoir Vieux Jade et toutes les personnes qui passent par içi,


 


Vaste sujet que la nourriture. Manger, partager... ce moment dans l'idéal qui devrait être échange, écoute,'amour tout simplement, temps de pause et souvent se  transforme en cris, drames,
pleurs.


Tant d'enjeux affectifs derrière un simple repas. Cela commence dès le premier biberon. Acceptation, rejet, amour, abandon. Ensuite vient l'éducation qui parfois est plus du dressage, de la
bienséance. De la transmission généalogique aussi.


Merci Vieux Jade au passage pour le post sur Jodorowsky. J'ai lu (tous les articles) mais pas le temps de commenter because i"m just married ( In english dans le texte). J'en profite pour
raconter mon bout de vie, au passage. Mais revenons à nos moutons.


Et puis manger, c'est aussi ceci, -trouvé sur le site de P. de Chatillon-;



http://presse.david-kyriakidis.be/2012/03/voici-les-images-dun-desastre-humanitaire-que-javais-mis-en-avant-premiere-mais-qui-navait-jamais-ete-diffuse-pour-que-cette-mascarade-soit-connue-de-tous/


Je suis les évènements là bas, si près de nous, cet enfer quotidien pour un nombre de personnes plus en plus important, dont on parle si peu ou avec de grandes phrases qui nous anesthésient
sur la réalité des grecs.


Bonne soirée

Vieux Jade 14/03/2012 07:14



La faim et la misère organisés. Et, comme dit l'article, là-bas il y a encore un vestige du passé, la famille.


Ici, des pavillons en carton sans jardin ni cheminée, et des voitures toutes neuves devant. Et des dettes, des dettes, des dettes...


Bravo aux jeunes mariés :)



danielleg 12/03/2012 20:06


http://www.dailymotion.com/video/xp1s59_regards-d-amour_lifestyle#from=embediframe


 


Un Bonheur pour ce soir


Bisous.

Vieux Jade 12/03/2012 20:32



Merci, bonne soirée.



atmosphère 12/03/2012 18:10


Un prilège de te lire. En échos à cet article : "On ne guérit jamais de son enfance, on peut juste apprendre à vivre avec". C'est ce que  nous transmet Alice Miller ds l'un de
ses livres, j'me souviens plus lequel, "Le drame de l'enfant doué", peut-être...choc salutaire. Chez moi ds mon enfance à la maison, c'était plus complet au niveau des menus comme
des injonctions. Maman (ex-enfant affamée de la guerre) , crispée en bout de table disant : "Mange, ma Moute" (Moute c'était moi, 6 ans, primo-tuberculeuse) Allez, mange un peu.
Mache. Avale, soit mignonne voyons..." Puisque nulle part où planquer, c'est  à grand renfort de verre d'eau que  descendaient les mixtures. Pour plaire à ma mère et
avoir la paix, tant le stress gâchait tout, appétit, amour, "profitation",  j'avalais. J'ai survécu. Les  années sont passées. Aujourd'hui, 60 ans + tard, je m'occupe de ma mère.
Et devinez ce que je lui dis ? 

Vieux Jade 12/03/2012 19:54



http://www.alice-miller.com/livres_fr.php?page=2


Merci, je ne connais pas du tout, ça semble très intéressant.



Lise 12/03/2012 13:31


La peur nous conduit à faire d'étranges choses..

Vieux Jade 12/03/2012 16:58



Le père de la serveuse, lui, il était carrément malade. Un fou dangereux.



Présentation

  • : Le jardin de Vieux Jade
  • : Arrivages du jour, légumes secs, mauvaises herbes, quelques trucs qui arrachent la gueule. Taupes, censeurs et culs bénits s'abstenir. Si vous cherchez des certitudes, c'est pas l'endroit.
  • Contact

Décidément rétif à l'ordre bestial, j'ai fixé ma résidence ailleurs, d'où j'observe le déroulement des temps infernaux, fumier des plus belles fleurs.  J'ai un jardin secret, où les plantes poussent toutes seules. Servez-vous, si le coeur vous en dit, sans tenir compte de la chronologie, car comme le mot le dit clairement, l'heure est un leurre.

 

Une précision concernant les commentaires : n'ayant pas toujours le temps ni l'énergie de répondre aux commentaires, ceux-ci restent ouverts, sans aucune garantie que j'y réponde. Je me réserve cependant le droit de sabrer les inconvenances, dont je reste seul juge.

 

Ici, je n'est pas un autre.

Recherche

Lave

Après l’explosion

Nul ne l’a sue

Le jour d’après

Coule la lave

Brûlent les cendres

Lave la lave

Mange la louve

Larmes sans sel

De régime

Cuit et recuit 

Frottent les cendres

Récurent

 

Pas encore nu,

Pas tout à fait ?

Restent des choses

Bien accrochées

Des salissures

De vieux fantômes

D’anciennes guerres

 

Qui peut le faire, si ce n'est toi ? 

 

Nettoie

 

Les notes glissent

Comme des larmes

Gouttes de feu

Sur la paroi

 

Qui m’a volé le cœur ?

Qui m’a trempé vivant,

Comme une lame ?

Qui m’a fouetté les yeux,

M’a déchiré le ventre

Me baisant les paupières

Et m’enduisant de baume,

Me prenant par la main,

Pour me conduire

Dehors ?

Les dits de Lao Yu

LE BUT DE LA QUÊTE EST DE N'AVOIR

NI BUT, NI QUÊTE

 

***

 

QUE SAIT-IL DE LA PESANTEUR,

CELUI QUI N'EST JAMAIS TOMBÉ ?

 

***

 

C'EST SOUVENT LORSQU'ELLE S'ENFUIT QU'ON PERÇOIT L'ESSENCE DE LA BEAUTÉ

 

***

 

LA MER A DES MILLIARDS DE VAGUES QUI BATTENT TOUS LES RIVAGES. OU EST LE CENTRE DE LA MER ?

 

***

 

CE QUI EST MORT N'A AUCUN POUVOIR SUR CE QUI EST VIVANT

SEULS LES MORTS CRAIGNENT LES MORTS

 

***

 

QUAND LE NID BRÛLE, LES OISEAUX S’ENVOLENT

 

***

 

C’EST DANS LA CHUTE QUE LES AILES POUSSENT

 

***

 

CE QUI PEUT ÊTRE PERDU EST SANS VALEUR

 

***

 

LA MAISON EST PLUS GRANDE QUE LA PORTE

 

***

 

L’ERREUR EST LA VOIE

 

***

 

LA ROUTE EST DURE A CELUI QUI BOÎTE

 

***

 

LA LUMIERE DE L’ETOILE EST DANS L’ŒIL QUI LA REGARDE

 

***

 

LES PETITS NOURRISSENT LES GRANDS

 

***

 

LES RICHES ONT UNE BOUCHE
MAIS PAS DE MAINS POUR LA REMPLIR

C’EST POURQUOI IL LEUR FAUT
DE NOMBREUX SERVITEURS ;


CEUX QUI ONT DE NOMBREUX SERVITEURS
NE SAURAIENT VIVRE SEULS,

CE SONT DONC DES PAUVRES ;


CELUI QUI PEUT VIVRE SANS SERVITEURS 
EST DONC LE VERITABLE RICHE.

 

***

 

VIVRE C’EST REVENIR SUR SES PAS

 

***

 

LA NUIT LAVE LE LINGE DU SOLEIL

 

***

 

LES RUISSEAUX EMPORTENT LES MONTAGNES

 

***

 

UNE EPINE DANS LE PIED DU GENERAL : L’ARMEE S’ARRÊTE


***
 


UN PORC EN HABITS DE SOIE RESTE UN PORC,
COMME UN DIAMANT DANS LE FUMIER

RESTE UN DIAMANT.

MAIS LA PLACE D’ UN DIAMANT

EST DANS UN ECRIN DE SOIE,

ET CELLE D’UN PORC DANS LE FUMIER.

 

***

 

COMME SEULE L’EAU ETANCHE LA SOIF,
SEULE LA JUSTICE COMBLE LA FAIM DE JUSTICE

 

***

 

DU COLIBRI A L’AIGLE, IL EXISTE DE NOMBREUX OISEAUX

 

***

 

LE DEDANS REGLE LE DEHORS

 

***

 

L’EPONGE BOIT LE VIN RENVERSÉ
ET LA ROSÉE DU MATIN

 

 

***  

 

LORSQU'IL DECOUVRE LE MIEL,

L'OURS OUBLIE LA PIQÛRE DES ABEILLES

 

 

 

 

 

 

 

 

Lisez-Moi Lisez Moi Lisez Moi

Des mots des mots des mots des

Quand à un livre je me livre , ce que je lis me délie.

 

 

Je me demande pourquoi on n'a pas encore une loi qui oblige à faire bouillir les bébés à la naissance, afin qu'ils soient parfaitement stérilisés.

 

Circuler, pour mieux s'ôter.

Toute notre vie, on attend une grande cause pour se lever, et on passe sa vie accroupi, à croupir.

Le lucane aime prendre l'R le soir à sa lucarne.

Ce qu’il y a de bien dans l’état de siège, c’est qu’on prend le temps de s’asseoir.

 

 

Les oiseaux sont les poissons du ciel,

nous en sommes les crabes


Heureux les déjantés, ils quitteront plus facilement la route commune!

 
L’argent n’a pas d’odeur, mais il y contribue.


Un vrai sosie, c’est invraisemblable.

   

Quand je grossis, je m’aigris ; et quand je m’aigris, je grossis.

   

Le temps, c’est de l’urgent.

   

Joindre l’utile au désagréable : se faire renverser par une ambulance.  

 

Le journal du paradis, c’est le Daily Cieux.

   

Yfaut et Yaka sont dans un bateau ; Yfaut tombe à l’eau, Yaka l’repêcher.

 

Chaque matin, s’ils ne sont pas morts, les vieux vont aux nouvelles.

 

Le poète a latitude d’explorer toutes les longitudes.

   

Etre réduit à la portion congrue, c’est fort peu. Moins, c’est incongru.

 

Peut-on dire de quelqu’un
dont la vie dépend des autres pour tout qu’il
est riche ?
La bouche est elle riche ?

Peut-on dire de quelqu’un
qui n’a rien à attendre des autres qu’il est pauvre ?
Les mains sont elles pauvres ?

 

Curieux comme mystique s’oppose à mastoc.

 

On a mis bien des ouvrages majeurs à l’index.

 

Quand le brouillard tombe, on voudrait qu’il se casse.

 

Au matin, la nuit tombe de sommeil.