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27 août 2011 6 27 /08 /août /2011 10:24

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Cette vieille Gaïa. Qui ne l'a pas fécondée, dans la mythologie grecque ? Vierge éternelle aux fécondes mamelles, elle a accouché d'à peu près tout ce qui compose notre paysage.

 

Nous sommes ses enfants, c'est évident. De vieux enfants, car nos atomes ont l'âge de l'univers. Nous sommes aussi vieux qu'Elle. Mais si Sa sagesse est réputée profonde, le nôtre est à peine éclose.

 

Car nous porterions une autre information. Nous serions coupés en deux. Une partie de nous ne viendrait pas d'elle, la Mère. Nous serions un pont entre elle, et un Autre. Ce pourquoi tout fait mal, tout est brûlure et arrachement, et jouissance.

 

En elle, tout se mêle, tout se mange. Horrible marâtre ou bonne Fée, elle fait de la manducation réciproque ou successive des espèces une sorte de noce sans fin. Le cerveau du mangé sécrète de subtiles endorphines qui font (peut-être, je ne l'ai pas encore vérifié) de sa mort une extase, un don unique et l'aboutissement de sa carrière.

 

Nous avons un moyen de le deviner dans l'orgasme : si notre cerveau ne libérait pas ses poisons sacrés au moment de la jouissance, cet acte serait si douloureux, insupportablement cruel, que toutes les espèces s'éteindraient en peu de temps.

 

La Mère est réputée cruelle, dévoratrice, mais sa bonté est infinie, puisqu'elle nous pond, nous choie, nous nourrit, nous berce, nous tue.

 

Si nous avons à faire un pont entre Elle et l'Autre, Quel qu'Il soit, c'est en nous plongeant en Elle, nous les graines : en lui livrant nos poumons intacts dans le cri primal, autre insupportable brûlure qu'Elle change en flot de délices, en lui abandonnant notre dépouille, en mangeant.

 

Les anciens de quelque partie du monde qu'ils soient bénissaient la nourriture car chaque repas est un mariage unique et renouvelé, un hommage à la Vie, à la Beauté, encensée sous des milliers de formes, aimée par la vue, l'odorat, le goût, l'ouie (craquant du biscuit, ruissellement des fluides),  le toucher (velouté de la peau de pêche, croûte du pain, arêtes du sel). Par tous nos sens, elle nous attire, nous berce et nous séduit.

 

En échange, nous lui donnons notre reconnaissance, notre admiration, ce regard qu' Elle même ne peut pas porter sur Elle.

 

Manger, c'est l'Épouser, sortir les habits de noce. S'emplir d'elle, avec délicatesse ou gloutonnerie, qu'importe, avec le temps, tout s'apprend  : M'en Gé.

 

Avant d'être m'en Gé.

 

Manger c'est mélanger la matière la plus noble issue des fumiers les plus noirs et les mêler à notre conscience qui n'est pas d'ici, l'informer.

 

C'est un acte d'amour. Un brassage infini.

 

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Published by Vieux Jade - dans compost
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commentaires

danielleg 28/08/2011 10:21


Si on se souvient...C'est là tout notre job.:)))


Vieux Jade 29/08/2011 09:18



Oui.



Narf 28/08/2011 09:18


Vous avez vu, les séries de photos sont titrées de façon décroissante. Là c'est la numéro 4... Profitons du spectacle. Cela ne durera pas!


Vieux Jade 28/08/2011 10:12



3.2.1.0 BOUM



Narf 28/08/2011 00:56


"La Mère est réputée cruelle, dévoratrice, mais sa bonté est infinie, puisqu'elle nous pond, nous choie, nous nourrit, nous berce, nous tue."

http://lemondededemainetdapresdemain.blogspot.com/


Vieux Jade 28/08/2011 08:57



Comme un serpent, elle mue. Magnifiques photos de ses vieilles peaux...



danielleg 27/08/2011 12:05


C'Est tellement bon lorsque l'on a faim!
Oui, un acte d'Amour, de chaque instants également nous pouvons faire un acte d'Amour!
Bon Samedi bon Samadhi!:)


Vieux Jade 27/08/2011 21:09



On peut, si on se souvient...



Présentation

  • : Le jardin de Vieux Jade
  • : Arrivages du jour, légumes secs, mauvaises herbes, quelques trucs qui arrachent la gueule. Taupes, censeurs et culs bénits s'abstenir. Si vous cherchez des certitudes, c'est pas l'endroit.
  • Contact

Décidément rétif à l'ordre bestial, j'ai fixé ma résidence ailleurs, d'où j'observe le déroulement des temps infernaux, fumier des plus belles fleurs.  J'ai un jardin secret, où les plantes poussent toutes seules. Servez-vous, si le coeur vous en dit, sans tenir compte de la chronologie, car comme le mot le dit clairement, l'heure est un leurre.

 

Une précision concernant les commentaires : n'ayant pas toujours le temps ni l'énergie de répondre aux commentaires, ceux-ci restent ouverts, sans aucune garantie que j'y réponde. Je me réserve cependant le droit de sabrer les inconvenances, dont je reste seul juge.

 

Ici, je n'est pas un autre.

Recherche

Lave

Après l’explosion

Nul ne l’a sue

Le jour d’après

Coule la lave

Brûlent les cendres

Lave la lave

Mange la louve

Larmes sans sel

De régime

Cuit et recuit 

Frottent les cendres

Récurent

 

Pas encore nu,

Pas tout à fait ?

Restent des choses

Bien accrochées

Des salissures

De vieux fantômes

D’anciennes guerres

 

Qui peut le faire, si ce n'est toi ? 

 

Nettoie

 

Les notes glissent

Comme des larmes

Gouttes de feu

Sur la paroi

 

Qui m’a volé le cœur ?

Qui m’a trempé vivant,

Comme une lame ?

Qui m’a fouetté les yeux,

M’a déchiré le ventre

Me baisant les paupières

Et m’enduisant de baume,

Me prenant par la main,

Pour me conduire

Dehors ?

Les dits de Lao Yu

LE BUT DE LA QUÊTE EST DE N'AVOIR

NI BUT, NI QUÊTE

 

***

 

QUE SAIT-IL DE LA PESANTEUR,

CELUI QUI N'EST JAMAIS TOMBÉ ?

 

***

 

C'EST SOUVENT LORSQU'ELLE S'ENFUIT QU'ON PERÇOIT L'ESSENCE DE LA BEAUTÉ

 

***

 

LA MER A DES MILLIARDS DE VAGUES QUI BATTENT TOUS LES RIVAGES. OU EST LE CENTRE DE LA MER ?

 

***

 

CE QUI EST MORT N'A AUCUN POUVOIR SUR CE QUI EST VIVANT

SEULS LES MORTS CRAIGNENT LES MORTS

 

***

 

QUAND LE NID BRÛLE, LES OISEAUX S’ENVOLENT

 

***

 

C’EST DANS LA CHUTE QUE LES AILES POUSSENT

 

***

 

CE QUI PEUT ÊTRE PERDU EST SANS VALEUR

 

***

 

LA MAISON EST PLUS GRANDE QUE LA PORTE

 

***

 

L’ERREUR EST LA VOIE

 

***

 

LA ROUTE EST DURE A CELUI QUI BOÎTE

 

***

 

LA LUMIERE DE L’ETOILE EST DANS L’ŒIL QUI LA REGARDE

 

***

 

LES PETITS NOURRISSENT LES GRANDS

 

***

 

LES RICHES ONT UNE BOUCHE
MAIS PAS DE MAINS POUR LA REMPLIR

C’EST POURQUOI IL LEUR FAUT
DE NOMBREUX SERVITEURS ;


CEUX QUI ONT DE NOMBREUX SERVITEURS
NE SAURAIENT VIVRE SEULS,

CE SONT DONC DES PAUVRES ;


CELUI QUI PEUT VIVRE SANS SERVITEURS 
EST DONC LE VERITABLE RICHE.

 

***

 

VIVRE C’EST REVENIR SUR SES PAS

 

***

 

LA NUIT LAVE LE LINGE DU SOLEIL

 

***

 

LES RUISSEAUX EMPORTENT LES MONTAGNES

 

***

 

UNE EPINE DANS LE PIED DU GENERAL : L’ARMEE S’ARRÊTE


***
 


UN PORC EN HABITS DE SOIE RESTE UN PORC,
COMME UN DIAMANT DANS LE FUMIER

RESTE UN DIAMANT.

MAIS LA PLACE D’ UN DIAMANT

EST DANS UN ECRIN DE SOIE,

ET CELLE D’UN PORC DANS LE FUMIER.

 

***

 

COMME SEULE L’EAU ETANCHE LA SOIF,
SEULE LA JUSTICE COMBLE LA FAIM DE JUSTICE

 

***

 

DU COLIBRI A L’AIGLE, IL EXISTE DE NOMBREUX OISEAUX

 

***

 

LE DEDANS REGLE LE DEHORS

 

***

 

L’EPONGE BOIT LE VIN RENVERSÉ
ET LA ROSÉE DU MATIN

 

 

***  

 

LORSQU'IL DECOUVRE LE MIEL,

L'OURS OUBLIE LA PIQÛRE DES ABEILLES

 

 

 

 

 

 

 

 

Lisez-Moi Lisez Moi Lisez Moi

Des mots des mots des mots des

Quand à un livre je me livre , ce que je lis me délie.

 

 

Je me demande pourquoi on n'a pas encore une loi qui oblige à faire bouillir les bébés à la naissance, afin qu'ils soient parfaitement stérilisés.

 

Circuler, pour mieux s'ôter.

Toute notre vie, on attend une grande cause pour se lever, et on passe sa vie accroupi, à croupir.

Le lucane aime prendre l'R le soir à sa lucarne.

Ce qu’il y a de bien dans l’état de siège, c’est qu’on prend le temps de s’asseoir.

 

 

Les oiseaux sont les poissons du ciel,

nous en sommes les crabes


Heureux les déjantés, ils quitteront plus facilement la route commune!

 
L’argent n’a pas d’odeur, mais il y contribue.


Un vrai sosie, c’est invraisemblable.

   

Quand je grossis, je m’aigris ; et quand je m’aigris, je grossis.

   

Le temps, c’est de l’urgent.

   

Joindre l’utile au désagréable : se faire renverser par une ambulance.  

 

Le journal du paradis, c’est le Daily Cieux.

   

Yfaut et Yaka sont dans un bateau ; Yfaut tombe à l’eau, Yaka l’repêcher.

 

Chaque matin, s’ils ne sont pas morts, les vieux vont aux nouvelles.

 

Le poète a latitude d’explorer toutes les longitudes.

   

Etre réduit à la portion congrue, c’est fort peu. Moins, c’est incongru.

 

Peut-on dire de quelqu’un
dont la vie dépend des autres pour tout qu’il
est riche ?
La bouche est elle riche ?

Peut-on dire de quelqu’un
qui n’a rien à attendre des autres qu’il est pauvre ?
Les mains sont elles pauvres ?

 

Curieux comme mystique s’oppose à mastoc.

 

On a mis bien des ouvrages majeurs à l’index.

 

Quand le brouillard tombe, on voudrait qu’il se casse.

 

Au matin, la nuit tombe de sommeil.