Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
4 mai 2012 5 04 /05 /mai /2012 11:11

3-sept-2010-074.jpg

 

J'ai eu récemment plusieurs occasions assez perturbantes de constater la justesse du proverbe chinois qui dit que "les imbéciles croient que leur malheur vient des autres, les apprentis s'en attribuent la faute, les sages savent qu'il n'est pas de faute ni de malheur".

 

Je l'ai un peu arrangé, ce proverbe, pour qu'il contienne ce que je veux exprimer, mais c'est à peu près ça.

 

Parler d'imbéciles est bien trouvé : l'imbécile est étymologiquement quelqu'un qui ne peut marcher sans bâton, sans béquilles.

 

Celui qui attribue l'origine de son malheur à d'autres qu'à lui-même est un imbécile, qui ne peut se tenir debout. Il s'appuie sur les autres pour leur faire porter le poids de sa responsabilité. C'est un irresponsable. J'ai actuellement deux exemples flagrants de gens qui à quarante et à soixante ans ont à faire face à d'importants échecs, dûs pour l'un à son incurie, son ivrognerie, sa paresse, pour l'autre à sa malignité et son désir de vengeance ; acculés à l'évidence, les deux tempêtent et cherchent désespérément des boucs émissaires.

 

Ils fuient, s'enferrent dans la nasse des contradictions, du déni et du refus, et mordent tout ce qui approche.

 

Je multiplie à loisir les termes tout faits, tels béquilles, irresponsables, bouc émissaire, car il s'agit d'un comportement on ne peut plus courant, aussi vieux que l'humanité.

 

René Girard a définitivement expliqué que le Christ a mis en lumière et dénoncé ce principe juif ancestral du bouc émissaire, voué au désert et à la mort pour laver les péchés d'Israel, en devenant lui-même le véhicule du transfert.

 

C'est commode, un être qui accepte de porter les péchés du monde, et de mourir pour que les petites combines puissent continuer. C'est incommode, un être qui, revenu du désert,le fait au vu de tous sans chercher à se justifier. Le Christ porte le karma que les imbéciles refusent de porter, et même de voir.

 

Un lendemain de beuverie étudiante, je me souviens d'un imbécile qui avait vomi au pied de son lit, et refusait de l'admettre.

 

Mais il ne faudrait pas croire que ça évacue réellement les conséquences des actes déniés.

 

Au mieux, ça peut faire prendre conscience aux plus lucides, ceux que le proverbe appelle "étudiants", "apprentis", "sur la voie", qu'ils ne peuvent désormais plus accuser personne de leurs propres déboires.

 

Dans les deux cas qui m'occupent (ça occupe vraiment, mais, curieusement, j'ai stoppé le blog juste avant que ça me tombe dessus), et parce que c'est pratique de se retourner contre celui qui ramasse les débris, je suis le bouc émissaire idéal. Si ce n'était pas moi, ce serait quelqu'un d'autre, le propos n'est pas là.

 

Un peu comme l'infirmière d'un vieillard tyrannique qui supporte les pires propos parce que, physiquement, c'est elle qui fait le boulot. Elle ou une autre, ce serait pareil, pour le vieux déchet (je sais de quoi je parle, j'ai partagé une chambre à l'hôpital avec un affreux du genre il y a quelques années). 

 

Ma question, c'est : pourquoi moi ? Parce que je suis placé juste à l'endroit le plus pratique, comme je viens de le remarquer n'est pas une réponse suffisante. Parce que ça ne suscite pas en moi de colère, d'agressivité et de haine en retour, c'est déjà mieux. Je ne vois pas pourquoi (tant que je reste maître de mes pulsions) j'ajouterais mon désordre au leur. Le Christ ne foutait pas de torgnoles aux soldats romains. Dans ce cas, je suis la personne idéale. Il n'y aura pas de supplément de rixe. 

 

Une autre possibilité, plus profonde et donc plus active se profile : leur merde, qu'ils haïssent tant qu'ils ne veulent pas la reconnaître, c'est leur karma. Je crois qu'en nettoyant le leur, je nettoie aussi le mien, et forcément celui du monde, et que c'est la véritable raison pour laquelle je suis à cet endroit, et pas ailleurs.

 

Parce que pour moi aussi, la tentation est grande de me défendre, d'argumenter, de me justifier, comme ils le font. Et qui sait si je n'ai pas une marge commune avec eux ? Si j'ai bien fait le ménage en moi ? Vraiment intégré le poids de mes lâchetés ? S'il n'y a pas des choses sur lesquelles je ferme plus ou moins sciemment les yeux ? Si je n'oppose à leur furie que le calme et l'acceptation, ils finiront bien par se calmer et voir ce qu'ils ont toujours refusé de voir : que personne ne peut grandir à leur place.     

 

Un peu comme une mère torche sans broncher son bébé qui hurle et se tortille. La mère est toujours un ancien bébé qui a grandi.  

 

On arrive ainsi au troisième terme du proverbe : à la bonne place au bon moment, il n'y a plus de mal, de malheur, de coupable. Il n'y a plus qu'un seul être, sous divers visages, et différentes phases.

 

Le sage et l'imbécile, au bout du compte, ne sont qu'un.

 

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Vieux Jade - dans légumes verts
commenter cet article

commentaires

Luc 07/05/2012 06:23


"c'est leur karma. Je crois qu'en nettoyant
le leur, je nettoie aussi le mien, et forcément celui du monde,"


Bien vu. C'est O' Oponopono. 

Vieux Jade 07/05/2012 07:59



Moins le folkore ?



LLéa 05/05/2012 22:34


:)


 


"Le sage montre la lune et l'imbécile voit le doigt "?


L'imbécile montre la lune et le sage regarde le doigt. 


 


 

Vieux Jade 06/05/2012 09:36



Il faut toujours tout regarder, c'est vrai.



Korrigan 05/05/2012 10:28


Demain 6 mai 2012 pleine lune et fête du Wesak.


Est-il permis d’ajouter à LA GRANDE INVOCATION une prière ?


 


Discréditer les dépositaires du pouvoir temporel et affaiblir leur pouvoir de nuisance.


Dont les deux pitoyables qui réussiront cependant à faire danser demain soir des millions d’aveuglés aux cris de
« on-na-gagné ! » qui auront gagné en réalité le droit de subir encore plus difficilement leur quotidien, condamnés à avancer les yeux baissés, un peu plus  contraints à se
taire.


 

Vieux Jade 05/05/2012 15:36



Tout est permis, cher ami. C'est justement ce qu'il faut découvrir (apocalypse). Bien sûr, ceux qui se permettent tout n'ont aucun droit de le faire. Ce qui est réellement permis, c'est d'aimer.



danielleg 05/05/2012 08:46


Qui c'Est Jade Bertrand Portevin?


On peut avoir 75 de Sage et 25 d'imbécile!


 



Vieux Jade 05/05/2012 09:41



♀♂


Ça dépend des moments ?


http://www.amazon.fr/Bertrand-Portevin/e/B004MPLLTS, le monsieur à qui j'ai demandé de lire http://www.vieux-jade.com/article-herge-1-quelques-renseignements-generaux-51334746.html et les
2 articles suivants avant de les publier. 



Miche 05/05/2012 02:04


Nul doute à ce propos, le sage et l'imbécile ne font qu'un.


 

Vieux Jade 05/05/2012 09:37



Janus.


(pas de caractère graveleux non plus :)



Présentation

  • : Le jardin de Vieux Jade
  • : Arrivages du jour, légumes secs, mauvaises herbes, quelques trucs qui arrachent la gueule. Taupes, censeurs et culs bénits s'abstenir. Si vous cherchez des certitudes, c'est pas l'endroit.
  • Contact

Décidément rétif à l'ordre bestial, j'ai fixé ma résidence ailleurs, d'où j'observe le déroulement des temps infernaux, fumier des plus belles fleurs.  J'ai un jardin secret, où les plantes poussent toutes seules. Servez-vous, si le coeur vous en dit, sans tenir compte de la chronologie, car comme le mot le dit clairement, l'heure est un leurre.

 

Une précision concernant les commentaires : n'ayant pas toujours le temps ni l'énergie de répondre aux commentaires, ceux-ci restent ouverts, sans aucune garantie que j'y réponde. Je me réserve cependant le droit de sabrer les inconvenances, dont je reste seul juge.

 

Ici, je n'est pas un autre.

Recherche

Lave

Après l’explosion

Nul ne l’a sue

Le jour d’après

Coule la lave

Brûlent les cendres

Lave la lave

Mange la louve

Larmes sans sel

De régime

Cuit et recuit 

Frottent les cendres

Récurent

 

Pas encore nu,

Pas tout à fait ?

Restent des choses

Bien accrochées

Des salissures

De vieux fantômes

D’anciennes guerres

 

Qui peut le faire, si ce n'est toi ? 

 

Nettoie

 

Les notes glissent

Comme des larmes

Gouttes de feu

Sur la paroi

 

Qui m’a volé le cœur ?

Qui m’a trempé vivant,

Comme une lame ?

Qui m’a fouetté les yeux,

M’a déchiré le ventre

Me baisant les paupières

Et m’enduisant de baume,

Me prenant par la main,

Pour me conduire

Dehors ?

Les dits de Lao Yu

LE BUT DE LA QUÊTE EST DE N'AVOIR

NI BUT, NI QUÊTE

 

***

 

QUE SAIT-IL DE LA PESANTEUR,

CELUI QUI N'EST JAMAIS TOMBÉ ?

 

***

 

C'EST SOUVENT LORSQU'ELLE S'ENFUIT QU'ON PERÇOIT L'ESSENCE DE LA BEAUTÉ

 

***

 

LA MER A DES MILLIARDS DE VAGUES QUI BATTENT TOUS LES RIVAGES. OU EST LE CENTRE DE LA MER ?

 

***

 

CE QUI EST MORT N'A AUCUN POUVOIR SUR CE QUI EST VIVANT

SEULS LES MORTS CRAIGNENT LES MORTS

 

***

 

QUAND LE NID BRÛLE, LES OISEAUX S’ENVOLENT

 

***

 

C’EST DANS LA CHUTE QUE LES AILES POUSSENT

 

***

 

CE QUI PEUT ÊTRE PERDU EST SANS VALEUR

 

***

 

LA MAISON EST PLUS GRANDE QUE LA PORTE

 

***

 

L’ERREUR EST LA VOIE

 

***

 

LA ROUTE EST DURE A CELUI QUI BOÎTE

 

***

 

LA LUMIERE DE L’ETOILE EST DANS L’ŒIL QUI LA REGARDE

 

***

 

LES PETITS NOURRISSENT LES GRANDS

 

***

 

LES RICHES ONT UNE BOUCHE
MAIS PAS DE MAINS POUR LA REMPLIR

C’EST POURQUOI IL LEUR FAUT
DE NOMBREUX SERVITEURS ;


CEUX QUI ONT DE NOMBREUX SERVITEURS
NE SAURAIENT VIVRE SEULS,

CE SONT DONC DES PAUVRES ;


CELUI QUI PEUT VIVRE SANS SERVITEURS 
EST DONC LE VERITABLE RICHE.

 

***

 

VIVRE C’EST REVENIR SUR SES PAS

 

***

 

LA NUIT LAVE LE LINGE DU SOLEIL

 

***

 

LES RUISSEAUX EMPORTENT LES MONTAGNES

 

***

 

UNE EPINE DANS LE PIED DU GENERAL : L’ARMEE S’ARRÊTE


***
 


UN PORC EN HABITS DE SOIE RESTE UN PORC,
COMME UN DIAMANT DANS LE FUMIER

RESTE UN DIAMANT.

MAIS LA PLACE D’ UN DIAMANT

EST DANS UN ECRIN DE SOIE,

ET CELLE D’UN PORC DANS LE FUMIER.

 

***

 

COMME SEULE L’EAU ETANCHE LA SOIF,
SEULE LA JUSTICE COMBLE LA FAIM DE JUSTICE

 

***

 

DU COLIBRI A L’AIGLE, IL EXISTE DE NOMBREUX OISEAUX

 

***

 

LE DEDANS REGLE LE DEHORS

 

***

 

L’EPONGE BOIT LE VIN RENVERSÉ
ET LA ROSÉE DU MATIN

 

 

***  

 

LORSQU'IL DECOUVRE LE MIEL,

L'OURS OUBLIE LA PIQÛRE DES ABEILLES

 

 

 

 

 

 

 

 

Lisez-Moi Lisez Moi Lisez Moi

Des mots des mots des mots des

Quand à un livre je me livre , ce que je lis me délie.

 

 

Je me demande pourquoi on n'a pas encore une loi qui oblige à faire bouillir les bébés à la naissance, afin qu'ils soient parfaitement stérilisés.

 

Circuler, pour mieux s'ôter.

Toute notre vie, on attend une grande cause pour se lever, et on passe sa vie accroupi, à croupir.

Le lucane aime prendre l'R le soir à sa lucarne.

Ce qu’il y a de bien dans l’état de siège, c’est qu’on prend le temps de s’asseoir.

 

 

Les oiseaux sont les poissons du ciel,

nous en sommes les crabes


Heureux les déjantés, ils quitteront plus facilement la route commune!

 
L’argent n’a pas d’odeur, mais il y contribue.


Un vrai sosie, c’est invraisemblable.

   

Quand je grossis, je m’aigris ; et quand je m’aigris, je grossis.

   

Le temps, c’est de l’urgent.

   

Joindre l’utile au désagréable : se faire renverser par une ambulance.  

 

Le journal du paradis, c’est le Daily Cieux.

   

Yfaut et Yaka sont dans un bateau ; Yfaut tombe à l’eau, Yaka l’repêcher.

 

Chaque matin, s’ils ne sont pas morts, les vieux vont aux nouvelles.

 

Le poète a latitude d’explorer toutes les longitudes.

   

Etre réduit à la portion congrue, c’est fort peu. Moins, c’est incongru.

 

Peut-on dire de quelqu’un
dont la vie dépend des autres pour tout qu’il
est riche ?
La bouche est elle riche ?

Peut-on dire de quelqu’un
qui n’a rien à attendre des autres qu’il est pauvre ?
Les mains sont elles pauvres ?

 

Curieux comme mystique s’oppose à mastoc.

 

On a mis bien des ouvrages majeurs à l’index.

 

Quand le brouillard tombe, on voudrait qu’il se casse.

 

Au matin, la nuit tombe de sommeil.