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8 janvier 2011 6 08 /01 /janvier /2011 00:04

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Oublié le feu ce matin.

 

A onze heures il faisait doux, et j'hiberne encore, à la quasi fin de mes vacances. Donc nounours levé tard, rentré le minimum du minimum de bois, gros morceaux pas trop fendus.

Et puis ce soir, il fait doux encore, mais Mme VJ me dit  : mon chéri (si si, elle dit des trucs comme ça) tu fais du feu ?

Mouais. J'allume le feu. Mais, paresseux, pas rentré de petit ni de moyen bois. Que du gros et des petits fragments de cagettes qu'on trouve en sacs dans les stations service. Et puis c'est du peuplier pas trop sec que j'achète pour trois fois rien à mon voisin. Du caca, quoi. Une fois enflammé, ça brûle bien, mais il faut alimenter souvent.

 

Première leçon du feu : faire une pyramide. Le lien ouiqui ne mentionne pas l'étymologie véritable du mot, qui est "pur, pyr", le feu. Or la pyramide est l'entrecroisement des branches ou des rondins qui conviennent le mieux à la prise du feu.

 

On voit bien ça dans le Temple du Soleil.

 

Pour faire un feu en conditions normales, l'idéal est la construction pyramidale. Pour les conditions extrêmes, voir les manuels de survie.

 

Pour faire un feu, il faut plusieurs éléments :

 

- du bois, sec de préférence, de taille variable; le feu de bûchettes, s'il convenait à chauffer les fours destinés à la fonte du cristal au XIXème siècle, qui réclame une chaleur de 1200°, épuise l'énergie du porteur de paniers ; à l'inverse, vouloir ne faire du feu qu'à partir de grosses bûches est  voué à l'échec ; on voit donc la nécessité de diversifier la taille et la section des matériaux ;

- du feu ; ça paraît con, certes, mais c'est quand même indispensable, sauf à passer du temps avec François Couplan.

- de l'air. Quand on dit vertement à quelqu'un : "de l'air !", on lui demande de s'écarter.  Jamais un feu ne prendra s'il n'y a pas de distance entre les morceaux de bois. Petits ou gros, secs ou humides, il faut que l'air circule, et que la flamme puisse bondir d'une bûche à l'autre. Le feu est un être qui peut se conserver rampant sur un unique support, avant de s'éteindre. Mais pour éclater, donner cette rage de lumière et de chaleur qu'il va chercher au coeur du bois, il a besoin d'espace. Enfermez le, il meurt.

- de la chance, quand le bois est humide, pourri, ou qu'on manque d'expérience ;

- de la patience ; car parfois, ce qui paraît gagné trébuche.

- j'oubliais (non, je rigole, c'est là que je voulais en venir): deux morceaux enflammés qui se font face et ronronnent en coeur bientôt ne se suffiront plus. Il en faudra un troisième.

 

Si, comme vous l'avez sûrement compris, ce petit texte est aussi une allégorie de la vie et de l'amour, ça ne signifie pas qu'il faille ajouter un amant ou une maîtresse au couple, mais que l'ouverture au monde est indispensable. Car le feu s'éteint vite sans ce stimulant.

 

Le grand Antoine, de Saint-Exupéry, disait que former un couple, ce n'était pas se regarder dans les yeux, mais regarder ensemble dans la même direction.

 

Le feu donne la même indication.

 

Un autre saint, Bernard de Clairvaux, disait à ses moines qu'ils apprendraient plus dans les bois que dans les livres.

 

Or, cette après-midi, nous nous sommes égarés lors d'une randonnée en forêt, peu avant le crépuscule. C'est évidemment l'observation d'un ruisseau, du relief et du sens de l'eau, à défaut du soleil que nous n'apercevions pas, qui nous a ramené sur la bonne voie. Cerise sur le gâteau, alors que nous n'avions entendu jusque là aucun oiseau, à l'instant où nous avons décidé de la direction, un oiseau a chanté.

 

C'est cela, la langue des oiseaux. Pas une construction intellectuelle, pas un savoir.

 

De la même manière, l'observation des faits naturels extérieurs, ou des processus intérieurs donnera beaucoup plus d'informations fiables sur l'état et l'avenir du monde que la lecture des agences de presse.

 

Telles sont les leçons du feu.

 

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Published by Vieux Jade - dans légumes verts
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commentaires

LLéa 12/01/2011 01:31


Ola !


- j'oubliais (non, je rigole, c'est là que je voulais en venir): deux morceaux enflammés qui se font face et ronronnent en coeur bientôt ne se suffiront plus. Il en faudra un troisième.


Et ceux qui sont seuls, ils font comment?


:)


Vieux Jade 12/01/2011 08:02



Est-on jamais seul ?


 



LLéa 12/01/2011 01:28


Non, sérieux,


Ton beau texte me fait penser a quelque chose.


Mon papi préparait le feu comme tu l'as si bien expliqué. Avec des sarments de vignes. Dans une vieille cuisinière en fonte, le petit bois refusait de prendre lorsque le soleil tapait sur la
cheminée, et papi pestait grave.... Comme la maison avait une surface mini mini minime et que le plafond était très bas, il y faisait toujours bien chaud.

Il y avait aussi un grand poêle a faïence qui avait l'avantage de longtemps diffuser doucement la chaleur.

Il a une belle histoire ce fameux poêle. Une personne de la famille, a mis au monde un beau bébé, mais de poids bien trop faible. Prématuré le bout de chou . A l'époque, les femmes accouchaient a
domicile et les couveuses n'existaient pas encore.

Donc, voyant ce petit bébé, ma mamie l'a mis dans un drap en pilou, posé délicatement dans un sabot en bois et mis ce joli paquet dans un compartiment du poêle en faïence. Mais non ! Pas pour le
cuire !


Et ..... Un grand gaillard, il est devenu!


Bonne journée, Léa.


Vieux Jade 12/01/2011 08:01



Fallait pas se louper !



LLéa 12/01/2011 01:06


Merci jade,


Je ne reste pas, le sujet est trop chaud! Une motte de beurre près de la chaleur, cela fond .....


Bien a toi, Léa .


danielleg 09/01/2011 10:11


L'oiseau vous a signaler que c'était le bon chemin.
C'est la Vie qui nous parle.
Aussi faut il être attentif a cela,la bonne vision,et la bonne ouîe.
Bon Dimanche a tous.


Vieux Jade 09/01/2011 13:49



Attentifs, oui.



Narf 08/01/2011 11:46


Hier soir,comme internet ne marchait pas chez moi, j'ai regardé le film "Tous les matins du monde". Tout cela fait une drôle de cuisine intérieure ou intérieur/extérieur.


Présentation

  • : Le jardin de Vieux Jade
  • : Arrivages du jour, légumes secs, mauvaises herbes, quelques trucs qui arrachent la gueule. Taupes, censeurs et culs bénits s'abstenir. Si vous cherchez des certitudes, c'est pas l'endroit.
  • Contact

Décidément rétif à l'ordre bestial, j'ai fixé ma résidence ailleurs, d'où j'observe le déroulement des temps infernaux, fumier des plus belles fleurs.  J'ai un jardin secret, où les plantes poussent toutes seules. Servez-vous, si le coeur vous en dit, sans tenir compte de la chronologie, car comme le mot le dit clairement, l'heure est un leurre.

 

Une précision concernant les commentaires : n'ayant pas toujours le temps ni l'énergie de répondre aux commentaires, ceux-ci restent ouverts, sans aucune garantie que j'y réponde. Je me réserve cependant le droit de sabrer les inconvenances, dont je reste seul juge.

 

Ici, je n'est pas un autre.

Recherche

Lave

Après l’explosion

Nul ne l’a sue

Le jour d’après

Coule la lave

Brûlent les cendres

Lave la lave

Mange la louve

Larmes sans sel

De régime

Cuit et recuit 

Frottent les cendres

Récurent

 

Pas encore nu,

Pas tout à fait ?

Restent des choses

Bien accrochées

Des salissures

De vieux fantômes

D’anciennes guerres

 

Qui peut le faire, si ce n'est toi ? 

 

Nettoie

 

Les notes glissent

Comme des larmes

Gouttes de feu

Sur la paroi

 

Qui m’a volé le cœur ?

Qui m’a trempé vivant,

Comme une lame ?

Qui m’a fouetté les yeux,

M’a déchiré le ventre

Me baisant les paupières

Et m’enduisant de baume,

Me prenant par la main,

Pour me conduire

Dehors ?

Les dits de Lao Yu

LE BUT DE LA QUÊTE EST DE N'AVOIR

NI BUT, NI QUÊTE

 

***

 

QUE SAIT-IL DE LA PESANTEUR,

CELUI QUI N'EST JAMAIS TOMBÉ ?

 

***

 

C'EST SOUVENT LORSQU'ELLE S'ENFUIT QU'ON PERÇOIT L'ESSENCE DE LA BEAUTÉ

 

***

 

LA MER A DES MILLIARDS DE VAGUES QUI BATTENT TOUS LES RIVAGES. OU EST LE CENTRE DE LA MER ?

 

***

 

CE QUI EST MORT N'A AUCUN POUVOIR SUR CE QUI EST VIVANT

SEULS LES MORTS CRAIGNENT LES MORTS

 

***

 

QUAND LE NID BRÛLE, LES OISEAUX S’ENVOLENT

 

***

 

C’EST DANS LA CHUTE QUE LES AILES POUSSENT

 

***

 

CE QUI PEUT ÊTRE PERDU EST SANS VALEUR

 

***

 

LA MAISON EST PLUS GRANDE QUE LA PORTE

 

***

 

L’ERREUR EST LA VOIE

 

***

 

LA ROUTE EST DURE A CELUI QUI BOÎTE

 

***

 

LA LUMIERE DE L’ETOILE EST DANS L’ŒIL QUI LA REGARDE

 

***

 

LES PETITS NOURRISSENT LES GRANDS

 

***

 

LES RICHES ONT UNE BOUCHE
MAIS PAS DE MAINS POUR LA REMPLIR

C’EST POURQUOI IL LEUR FAUT
DE NOMBREUX SERVITEURS ;


CEUX QUI ONT DE NOMBREUX SERVITEURS
NE SAURAIENT VIVRE SEULS,

CE SONT DONC DES PAUVRES ;


CELUI QUI PEUT VIVRE SANS SERVITEURS 
EST DONC LE VERITABLE RICHE.

 

***

 

VIVRE C’EST REVENIR SUR SES PAS

 

***

 

LA NUIT LAVE LE LINGE DU SOLEIL

 

***

 

LES RUISSEAUX EMPORTENT LES MONTAGNES

 

***

 

UNE EPINE DANS LE PIED DU GENERAL : L’ARMEE S’ARRÊTE


***
 


UN PORC EN HABITS DE SOIE RESTE UN PORC,
COMME UN DIAMANT DANS LE FUMIER

RESTE UN DIAMANT.

MAIS LA PLACE D’ UN DIAMANT

EST DANS UN ECRIN DE SOIE,

ET CELLE D’UN PORC DANS LE FUMIER.

 

***

 

COMME SEULE L’EAU ETANCHE LA SOIF,
SEULE LA JUSTICE COMBLE LA FAIM DE JUSTICE

 

***

 

DU COLIBRI A L’AIGLE, IL EXISTE DE NOMBREUX OISEAUX

 

***

 

LE DEDANS REGLE LE DEHORS

 

***

 

L’EPONGE BOIT LE VIN RENVERSÉ
ET LA ROSÉE DU MATIN

 

 

***  

 

LORSQU'IL DECOUVRE LE MIEL,

L'OURS OUBLIE LA PIQÛRE DES ABEILLES

 

 

 

 

 

 

 

 

Lisez-Moi Lisez Moi Lisez Moi

Des mots des mots des mots des

Quand à un livre je me livre , ce que je lis me délie.

 

 

Je me demande pourquoi on n'a pas encore une loi qui oblige à faire bouillir les bébés à la naissance, afin qu'ils soient parfaitement stérilisés.

 

Circuler, pour mieux s'ôter.

Toute notre vie, on attend une grande cause pour se lever, et on passe sa vie accroupi, à croupir.

Le lucane aime prendre l'R le soir à sa lucarne.

Ce qu’il y a de bien dans l’état de siège, c’est qu’on prend le temps de s’asseoir.

 

 

Les oiseaux sont les poissons du ciel,

nous en sommes les crabes


Heureux les déjantés, ils quitteront plus facilement la route commune!

 
L’argent n’a pas d’odeur, mais il y contribue.


Un vrai sosie, c’est invraisemblable.

   

Quand je grossis, je m’aigris ; et quand je m’aigris, je grossis.

   

Le temps, c’est de l’urgent.

   

Joindre l’utile au désagréable : se faire renverser par une ambulance.  

 

Le journal du paradis, c’est le Daily Cieux.

   

Yfaut et Yaka sont dans un bateau ; Yfaut tombe à l’eau, Yaka l’repêcher.

 

Chaque matin, s’ils ne sont pas morts, les vieux vont aux nouvelles.

 

Le poète a latitude d’explorer toutes les longitudes.

   

Etre réduit à la portion congrue, c’est fort peu. Moins, c’est incongru.

 

Peut-on dire de quelqu’un
dont la vie dépend des autres pour tout qu’il
est riche ?
La bouche est elle riche ?

Peut-on dire de quelqu’un
qui n’a rien à attendre des autres qu’il est pauvre ?
Les mains sont elles pauvres ?

 

Curieux comme mystique s’oppose à mastoc.

 

On a mis bien des ouvrages majeurs à l’index.

 

Quand le brouillard tombe, on voudrait qu’il se casse.

 

Au matin, la nuit tombe de sommeil.