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10 février 2014 1 10 /02 /février /2014 11:44

C’est arrivé comme ça. Je marchais dans la rue, devant les rares vitrines endormies, et soudain, je fus là-haut. Je devais être ridicule, battant des bras pour tenter d’assurer mon équilibre.

 

Retrouvant mon calme, je compris que les bras ne servaient à rien. Je n’étais pas un oiseau, non, juste un homme aspiré par un mouvement qui le dépasse. Comment ne me suis-je pas pris dans les câbles, les antennes, les enseignes, je l’ignore. Je me suis juste trouvé là-haut, à trente mètres de hauteur.

 

Des gens m’avaient aperçu. Ils mettaient leur main en visière. Certains téléphonaient, d’autres me photographiaient.

 

Pour l’anonymat, c’était foutu.

 

Je commençais à comprendre que je pouvais me diriger par ma simple volonté, pas en gesticulant, ce qui me rendit un peu de dignité.

 

Alors, je me mis à crier, et à apostropher la foule qui se rassemblait : « Comment je suis ici ? Parce que je ne pense plus comme vous. Depuis si longtemps ! Si longtemps que je simule l’intérêt pour ce qui vous passionne, si longtemps que je me déguise, que je fais semblant d’être comme vous ! Youhou ! »

 

Je hurlais de joie.

 

Un souvenir de lecture me revint ; c’était Rudolf Steiner, peut-être, qui avait dit que les oiseaux volaient non pas par la puissance de leurs ailes, qui ne servaient qu’à planer, ou accentuer le mouvement, mais qu’ils jaillissaient spontanément.

 

Exactement ça. Je me sentais comme un espace inconnu autour du cœur, comme si ma matière avait été allégée, et que j’avais simplement jailli du sol.

 

« Détachez-vous, vous volerez aussi ! » leur criai-je avant de foutre le camp.

 

Je me déplaçais tranquillement au dessus des campagnes jaunes et vertes. Deux forces se partageaient mon esprit : un calme profond, plein comme seul le mot plénitude peut en rendre compte, et une légère inquiétude. Comment vivrai-je, désormais ? Manger, dormir, retrouver ma femme, mes enfants, ceux que j’aime ? Puis je revis des scènes d’un film où Hulk est pris en chasse par des avions. Ça doit commencer. La police, l’armée, tous ces nains vont venir m’emmerder. Mais la paix du vol revenait. Je testai mes limites. Aucune. Comme les fameux OVNI, je pouvais changer de direction et d’endroit à l’instant même où je le désirais, planer tranquillement, ou observer un continent entier depuis les grandes altitudes.

 

Je compris que toute ma vie n’avait concouru qu’à cela : quitter l’attraction terrestre. Les tâches mécaniques et ennuyeuses, je les avais accomplies sans aucun intérêt. La plupart des gens, et leurs préoccupations miteuses, leurs plaisirs et leurs guerres n’avaient pas retenu mon attention. Seuls, mes sœurs et frères de cœur avaient su ouvrir en moi les chemins de la tendresse et de l’amitié.

 

Eux aussi sauraient s’envoler. A force de creuser, de ronger, de dissoudre, de chercher la Porte. Je le savais. Plus d’angoisse.

 

Manger ? Mes jeûnes m’ont appris que la faim est mécanique, elle aussi. On découvre de plus en plus de gens qui n’absorbent aucun aliment et vivent en parfaite santé.

 

Impossible, disaient les gens sérieux, c’est une escroquerie. Faussaires, menteurs, crachaient-ils en plaçant leurs escouades, sans jamais découvrir la moindre tromperie.

 

Et moi, je vole. Cherchez le truc, mes braves culs de plomb.

 

C’est alors que je vis venir vers moi dans la lumière du soir les formes élancées de ceux qui se sont envolés avant moi. Mon peuple, ma famille, mon clan.

 

D’autres arriveront encore, larguant les amarres, laissant à terre ceux qui rampent, qui se sont enlisés et dont le front baissé ne connaît plus le Ciel.

 

D’autres nous rejoindront, jusqu’à ce que nous soyons tous enfin réunis.

 

Jusqu’à notre départ.

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Published by Vieux Jade - dans fleurs des champs
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commentaires

Elena 12/02/2014 21:09


Bon d'accord "tu" as encore gagné, j'aime pas le jeu des émotions, "on" pourrait pas jouer à autre chose ? svp ?


 

Marilou 11/02/2014 09:07


Bonjour à tous...Merci des commentaires !


Merci Pégase pour Françoise H, 


2 x... "tant de Belles Choses" ?


 


Puisque vous vous préparez à partir v.j. , je choisis celle-ci :


http://www.youtube.com/watch?v=xa6nBOgwFE0


A la prochaine, ici ou ailleurs :-))


 

Pégase 10/02/2014 22:34


http://youtu.be/O2Ts8Ix1gqA

Pégase 10/02/2014 22:32


http://youtu.be/O2Ts8Ix1gqA

Elena 10/02/2014 22:32


Avec ce modèle, l'on est sûr d'être bien assis mais l'on est plus certain de distinguer le coeur du nombril. Merci pour l'expérience, c'est frappant.


Je suis assise là .;)


Quelqu'un à volé une chaise ???


 


 

Présentation

  • : Le jardin de Vieux Jade
  • : Arrivages du jour, légumes secs, mauvaises herbes, quelques trucs qui arrachent la gueule. Taupes, censeurs et culs bénits s'abstenir. Si vous cherchez des certitudes, c'est pas l'endroit.
  • Contact

Décidément rétif à l'ordre bestial, j'ai fixé ma résidence ailleurs, d'où j'observe le déroulement des temps infernaux, fumier des plus belles fleurs.  J'ai un jardin secret, où les plantes poussent toutes seules. Servez-vous, si le coeur vous en dit, sans tenir compte de la chronologie, car comme le mot le dit clairement, l'heure est un leurre.

 

Une précision concernant les commentaires : n'ayant pas toujours le temps ni l'énergie de répondre aux commentaires, ceux-ci restent ouverts, sans aucune garantie que j'y réponde. Je me réserve cependant le droit de sabrer les inconvenances, dont je reste seul juge.

 

Ici, je n'est pas un autre.

Recherche

Lave

Après l’explosion

Nul ne l’a sue

Le jour d’après

Coule la lave

Brûlent les cendres

Lave la lave

Mange la louve

Larmes sans sel

De régime

Cuit et recuit 

Frottent les cendres

Récurent

 

Pas encore nu,

Pas tout à fait ?

Restent des choses

Bien accrochées

Des salissures

De vieux fantômes

D’anciennes guerres

 

Qui peut le faire, si ce n'est toi ? 

 

Nettoie

 

Les notes glissent

Comme des larmes

Gouttes de feu

Sur la paroi

 

Qui m’a volé le cœur ?

Qui m’a trempé vivant,

Comme une lame ?

Qui m’a fouetté les yeux,

M’a déchiré le ventre

Me baisant les paupières

Et m’enduisant de baume,

Me prenant par la main,

Pour me conduire

Dehors ?

Les dits de Lao Yu

LE BUT DE LA QUÊTE EST DE N'AVOIR

NI BUT, NI QUÊTE

 

***

 

QUE SAIT-IL DE LA PESANTEUR,

CELUI QUI N'EST JAMAIS TOMBÉ ?

 

***

 

C'EST SOUVENT LORSQU'ELLE S'ENFUIT QU'ON PERÇOIT L'ESSENCE DE LA BEAUTÉ

 

***

 

LA MER A DES MILLIARDS DE VAGUES QUI BATTENT TOUS LES RIVAGES. OU EST LE CENTRE DE LA MER ?

 

***

 

CE QUI EST MORT N'A AUCUN POUVOIR SUR CE QUI EST VIVANT

SEULS LES MORTS CRAIGNENT LES MORTS

 

***

 

QUAND LE NID BRÛLE, LES OISEAUX S’ENVOLENT

 

***

 

C’EST DANS LA CHUTE QUE LES AILES POUSSENT

 

***

 

CE QUI PEUT ÊTRE PERDU EST SANS VALEUR

 

***

 

LA MAISON EST PLUS GRANDE QUE LA PORTE

 

***

 

L’ERREUR EST LA VOIE

 

***

 

LA ROUTE EST DURE A CELUI QUI BOÎTE

 

***

 

LA LUMIERE DE L’ETOILE EST DANS L’ŒIL QUI LA REGARDE

 

***

 

LES PETITS NOURRISSENT LES GRANDS

 

***

 

LES RICHES ONT UNE BOUCHE
MAIS PAS DE MAINS POUR LA REMPLIR

C’EST POURQUOI IL LEUR FAUT
DE NOMBREUX SERVITEURS ;


CEUX QUI ONT DE NOMBREUX SERVITEURS
NE SAURAIENT VIVRE SEULS,

CE SONT DONC DES PAUVRES ;


CELUI QUI PEUT VIVRE SANS SERVITEURS 
EST DONC LE VERITABLE RICHE.

 

***

 

VIVRE C’EST REVENIR SUR SES PAS

 

***

 

LA NUIT LAVE LE LINGE DU SOLEIL

 

***

 

LES RUISSEAUX EMPORTENT LES MONTAGNES

 

***

 

UNE EPINE DANS LE PIED DU GENERAL : L’ARMEE S’ARRÊTE


***
 


UN PORC EN HABITS DE SOIE RESTE UN PORC,
COMME UN DIAMANT DANS LE FUMIER

RESTE UN DIAMANT.

MAIS LA PLACE D’ UN DIAMANT

EST DANS UN ECRIN DE SOIE,

ET CELLE D’UN PORC DANS LE FUMIER.

 

***

 

COMME SEULE L’EAU ETANCHE LA SOIF,
SEULE LA JUSTICE COMBLE LA FAIM DE JUSTICE

 

***

 

DU COLIBRI A L’AIGLE, IL EXISTE DE NOMBREUX OISEAUX

 

***

 

LE DEDANS REGLE LE DEHORS

 

***

 

L’EPONGE BOIT LE VIN RENVERSÉ
ET LA ROSÉE DU MATIN

 

 

***  

 

LORSQU'IL DECOUVRE LE MIEL,

L'OURS OUBLIE LA PIQÛRE DES ABEILLES

 

 

 

 

 

 

 

 

Lisez-Moi Lisez Moi Lisez Moi

Des mots des mots des mots des

Quand à un livre je me livre , ce que je lis me délie.

 

 

Je me demande pourquoi on n'a pas encore une loi qui oblige à faire bouillir les bébés à la naissance, afin qu'ils soient parfaitement stérilisés.

 

Circuler, pour mieux s'ôter.

Toute notre vie, on attend une grande cause pour se lever, et on passe sa vie accroupi, à croupir.

Le lucane aime prendre l'R le soir à sa lucarne.

Ce qu’il y a de bien dans l’état de siège, c’est qu’on prend le temps de s’asseoir.

 

 

Les oiseaux sont les poissons du ciel,

nous en sommes les crabes


Heureux les déjantés, ils quitteront plus facilement la route commune!

 
L’argent n’a pas d’odeur, mais il y contribue.


Un vrai sosie, c’est invraisemblable.

   

Quand je grossis, je m’aigris ; et quand je m’aigris, je grossis.

   

Le temps, c’est de l’urgent.

   

Joindre l’utile au désagréable : se faire renverser par une ambulance.  

 

Le journal du paradis, c’est le Daily Cieux.

   

Yfaut et Yaka sont dans un bateau ; Yfaut tombe à l’eau, Yaka l’repêcher.

 

Chaque matin, s’ils ne sont pas morts, les vieux vont aux nouvelles.

 

Le poète a latitude d’explorer toutes les longitudes.

   

Etre réduit à la portion congrue, c’est fort peu. Moins, c’est incongru.

 

Peut-on dire de quelqu’un
dont la vie dépend des autres pour tout qu’il
est riche ?
La bouche est elle riche ?

Peut-on dire de quelqu’un
qui n’a rien à attendre des autres qu’il est pauvre ?
Les mains sont elles pauvres ?

 

Curieux comme mystique s’oppose à mastoc.

 

On a mis bien des ouvrages majeurs à l’index.

 

Quand le brouillard tombe, on voudrait qu’il se casse.

 

Au matin, la nuit tombe de sommeil.