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21 août 2011 7 21 /08 /août /2011 09:24

Si vous avez vraiment faim, ça ne devrait pas vous déranger que je vous resserve un peu de vieux fromage.

Première publication : 29 mars 2010.

 

gorges du Tarn mai 2009 367 

Ante scriptum : ce texte a été conçu pour être dit, parlé, et pourquoi pas vociféré, si vous ne craignez pas d'être enfermé, plutôt que lu du bout des yeux. C'est un texte de chair.

Milliards de trilliards de mots versés à la hâte sans regarder, suintant par tous les blogs dégorgeant des issues de secours, coulant des émonctoires, ruisselants, je n’en pluie pus, les livres, qui des livrées de Dell ivres ne délivrent pas, pleuvent en tas sans dire grand-chose, rien, éphémère  barrage de vide. Comblance. Boucherie. Obstructation. Draguage, séductesse, hâppement, éructisme.

 

Lus mais pas vus, pas vus pas pris quoique ?

 

Les mots globines, toujours mots dits, les mots scions, et les mots doux, les mots très durs, qu'on n'en a même pas pour le dire, les mots ressauts, mots recelés, sous le calme trompeur des mots lits, faut il comme les horribles ouvriers du Malleus Maleficarum rechercher par tous moyens tout démantibuler désinstaller pour obtenir enfin la vraie substance des mots niaques ?

 

Les Précieuses en fats bliauds de soie dont riait Molière avaient senti que dans la truculence des fabliaux de corde, et de sac, des baiseries rabelaisiennes et villonesques vilenies irradiait l'esprit impur, qui n’a que le tort bien caché d’être le seul Pur, du grec Puros, le Feu, comme le purin et dont les adeptes puromanes, ou purotins, comme le redit plus tard Alfred Jarry n’avaient de cesse de bouter le Feu divin à ce monde de paille.

 

Mots sades ? Mots laids ? Larcins ? Clairs de bauge à mi-lune ? Torve détour, tortueux tourbillon, trublion troglodyte, je mâche vos sons comme sons de gloire, pris pour toujours à l'âme son, vous dont j'aime tant le poids son, pure jouissance à pleine gueule.

 

La vérité est-elle dans les mots propres : technicienne de surface, prestataire de services sexuels, gardien de la paix et force de sécurité ou dans la souille des mots obscurs charriant l’humeur profonde des vieux passés : souillon, fille de salle, de joie, lumière des hommes, porc, tripaille, soudard ? Ressources humaines, ou chair à canon, cher appâté ?

Dans l'ordure, il y a l'or, c'est connu, l'or durable caché sous la couche des siècles, alors que vos mots ne sont que des étiquettes de lettres accolées sans amour et sans destinataire.

 

Un mot rayé du vocabulaire précieux : concupiscent, con, cul pissant. Un autre : convergence, con verge anse, curieux cul rieur, tout est interdit. Mais c'est pourtant le con et la verge en  qui font l'engeance, l'engendrement, le fruit du mâle et de la femelle même si vous avez, savants gloseurs inventé ou déféqué peut-être de vos cervelles sèches le vocabulaire in vitro

 

Gens de la Terre : causez propre, avec des mots absous et redissous dans le bouillon des Halde bien pensantes. Quand vous causerez propre, vous penserez propre.

 

C’est ce que NOUS voulons. Du propre, bien astiqué par les techniciennes électroniques impavides de la surface des choses mortes et ensevelies. Que vos mots reluisent et sortent déjà morts en longue cohorte de vers nettoyeurs du cadavre apoétique de vos palais déserts où même vos dents s'ennuient.

 

NOUS voulons que vous votiez pour ce qui vient d’être astiqué.

 

NOUS avons inventé et autorisé donné l’imprimatur à la Cacadémie pour astiquer et jeter. Il vient d'y entrer une Simone Vieille et maintenant immortelle, paraît-il, ce qui doit faire s'esclaffer toute la cohorte des anges, tant déchus que fidèles, pour une fois réunis par force, et qui n'est pas Celle que tant aimions, mais celle-là permettra enfin l'avortement légal de tous les mots que NOUS n'aimons pas.

 

N’aimez pas les mots sales. Fuyez les mots glissants et poisseux. Gluants puceux et pustuleux, fistuleux, flatulents. Boyaux viscères et glands visqueux fuyez, pets vents remugles et corruption fécale, furoncles et turgescences priapiques, lèvres gonflées, levés de lièvres, boucs égarnis, Sodome Gomorrhe et logorrhée fuyez, gens de la Terre. Brûlez sorciers mal embouchés cramez les livres nourriciers boutez sorcières en souricières. Qu'à chaque commissure on appose des commissaires, chargés d'en réprimer la joie.

 

Fuyez le laid fuyez le sale. NOUS savons ce qui est beau.

Sur la plus haute pointe du laboratoire enfin incandescent de l’eau de javel  Lacroixetlabannière labellisée et irradiée surirradiée selon l’évangile de saint Howard Hughes, martyr aseptisé, je vous en conjure, lavez-vous la bouche trente fois et ne dites plus que des mots propres. Alors vous serez enfin parfaitement et irrémédiablement morts, another brick in the wall.




PS: De la vraie Simone Weil : « À quatorze ans je suis tombée dans un de ces désespoirs sans fond de l'adolescence, et j'ai sérieusement pensé à mourir, à cause de la médiocrité de mes facultés naturelles. (…) Je ne regrettais pas les succès extérieurs, mais de ne pouvoir espérer aucun accès à ce royaume transcendant où les hommes authentiquement grands sont seuls à entrer et où habite la vérité. J'aimais mieux mourir que de vivre sans elle. Après des mois de ténèbres intérieures j'ai eu soudain et pour toujours la certitude que n'importe quel être humain, même si ses facultés naturelles sont presque nulles, pénètre dans ce royaume de la vérité réservée au génie, si seulement il désire la vérité et fait perpétuellement un effort d'attention pour l'atteindre. (…) Plus tard, quand les maux de tête ont fait peser sur le peu de facultés que je possède une paralysie que très vite j'ai supposée probablement définitive, cette même certitude m'a fait persévérer pendant dix ans dans des efforts d'attention que ne soutenait presque aucun espoir de résultats. » « Attente de Dieu, pp. 38-39 ; Œuvres, pp. 768-769 »

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Published by Vieux Jade - dans extrême
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commentaires

danielleg 23/08/2011 09:14


"Des efforts d'attention" dit t'elle!
Bien sur, c'Est notre fameux instant présent qui Est notre seule chance d'évoluer.
Quel Est le titre de ce livre Jade?
Une exellente journée d'attention!


Vieux Jade 23/08/2011 11:08



Vous pouvez lire ce bijou : http://www.amazon.fr/Pesanteur-gr%C3%A2ce-Simone-Weil/dp/2266045962/ref=sr_1_1?s=books&ie=UTF8&qid=1314090415&sr=1-1



Benoit 21/08/2011 09:50


Jour' Vieux Jade,

"La parole et d'argent et le silence est d'or".

L'Or a la côte en ce moment, presque à coté du coeur pour certains !

L'âme des mots pour remplacer la notre ? Ben voyons ... !

Bon, je retourne dans mon silence de mutin ... Jusqu'à une prochaine mutinerie !

Merci Vieux Jade !


Vieux Jade 21/08/2011 11:11



Considérant que le discours continu des medias est une mer de mensonges, je m'en délivre en hurlant des mots comme des coups de poignard pour crever ces baudruches. Le but, ce n'est pas le bruit,
mais le silence, oui.


S'il doit y avoir un nouvel âge d'Or, bien sûr, ce sera le monde du Silence. Mais il faudra d'abord renverser le monde du mensonge.



Présentation

  • : Le jardin de Vieux Jade
  • : Arrivages du jour, légumes secs, mauvaises herbes, quelques trucs qui arrachent la gueule. Taupes, censeurs et culs bénits s'abstenir. Si vous cherchez des certitudes, c'est pas l'endroit.
  • Contact

Décidément rétif à l'ordre bestial, j'ai fixé ma résidence ailleurs, d'où j'observe le déroulement des temps infernaux, fumier des plus belles fleurs.  J'ai un jardin secret, où les plantes poussent toutes seules. Servez-vous, si le coeur vous en dit, sans tenir compte de la chronologie, car comme le mot le dit clairement, l'heure est un leurre.

 

Une précision concernant les commentaires : n'ayant pas toujours le temps ni l'énergie de répondre aux commentaires, ceux-ci restent ouverts, sans aucune garantie que j'y réponde. Je me réserve cependant le droit de sabrer les inconvenances, dont je reste seul juge.

 

Ici, je n'est pas un autre.

Recherche

Lave

Après l’explosion

Nul ne l’a sue

Le jour d’après

Coule la lave

Brûlent les cendres

Lave la lave

Mange la louve

Larmes sans sel

De régime

Cuit et recuit 

Frottent les cendres

Récurent

 

Pas encore nu,

Pas tout à fait ?

Restent des choses

Bien accrochées

Des salissures

De vieux fantômes

D’anciennes guerres

 

Qui peut le faire, si ce n'est toi ? 

 

Nettoie

 

Les notes glissent

Comme des larmes

Gouttes de feu

Sur la paroi

 

Qui m’a volé le cœur ?

Qui m’a trempé vivant,

Comme une lame ?

Qui m’a fouetté les yeux,

M’a déchiré le ventre

Me baisant les paupières

Et m’enduisant de baume,

Me prenant par la main,

Pour me conduire

Dehors ?

Les dits de Lao Yu

LE BUT DE LA QUÊTE EST DE N'AVOIR

NI BUT, NI QUÊTE

 

***

 

QUE SAIT-IL DE LA PESANTEUR,

CELUI QUI N'EST JAMAIS TOMBÉ ?

 

***

 

C'EST SOUVENT LORSQU'ELLE S'ENFUIT QU'ON PERÇOIT L'ESSENCE DE LA BEAUTÉ

 

***

 

LA MER A DES MILLIARDS DE VAGUES QUI BATTENT TOUS LES RIVAGES. OU EST LE CENTRE DE LA MER ?

 

***

 

CE QUI EST MORT N'A AUCUN POUVOIR SUR CE QUI EST VIVANT

SEULS LES MORTS CRAIGNENT LES MORTS

 

***

 

QUAND LE NID BRÛLE, LES OISEAUX S’ENVOLENT

 

***

 

C’EST DANS LA CHUTE QUE LES AILES POUSSENT

 

***

 

CE QUI PEUT ÊTRE PERDU EST SANS VALEUR

 

***

 

LA MAISON EST PLUS GRANDE QUE LA PORTE

 

***

 

L’ERREUR EST LA VOIE

 

***

 

LA ROUTE EST DURE A CELUI QUI BOÎTE

 

***

 

LA LUMIERE DE L’ETOILE EST DANS L’ŒIL QUI LA REGARDE

 

***

 

LES PETITS NOURRISSENT LES GRANDS

 

***

 

LES RICHES ONT UNE BOUCHE
MAIS PAS DE MAINS POUR LA REMPLIR

C’EST POURQUOI IL LEUR FAUT
DE NOMBREUX SERVITEURS ;


CEUX QUI ONT DE NOMBREUX SERVITEURS
NE SAURAIENT VIVRE SEULS,

CE SONT DONC DES PAUVRES ;


CELUI QUI PEUT VIVRE SANS SERVITEURS 
EST DONC LE VERITABLE RICHE.

 

***

 

VIVRE C’EST REVENIR SUR SES PAS

 

***

 

LA NUIT LAVE LE LINGE DU SOLEIL

 

***

 

LES RUISSEAUX EMPORTENT LES MONTAGNES

 

***

 

UNE EPINE DANS LE PIED DU GENERAL : L’ARMEE S’ARRÊTE


***
 


UN PORC EN HABITS DE SOIE RESTE UN PORC,
COMME UN DIAMANT DANS LE FUMIER

RESTE UN DIAMANT.

MAIS LA PLACE D’ UN DIAMANT

EST DANS UN ECRIN DE SOIE,

ET CELLE D’UN PORC DANS LE FUMIER.

 

***

 

COMME SEULE L’EAU ETANCHE LA SOIF,
SEULE LA JUSTICE COMBLE LA FAIM DE JUSTICE

 

***

 

DU COLIBRI A L’AIGLE, IL EXISTE DE NOMBREUX OISEAUX

 

***

 

LE DEDANS REGLE LE DEHORS

 

***

 

L’EPONGE BOIT LE VIN RENVERSÉ
ET LA ROSÉE DU MATIN

 

 

***  

 

LORSQU'IL DECOUVRE LE MIEL,

L'OURS OUBLIE LA PIQÛRE DES ABEILLES

 

 

 

 

 

 

 

 

Lisez-Moi Lisez Moi Lisez Moi

Des mots des mots des mots des

Quand à un livre je me livre , ce que je lis me délie.

 

 

Je me demande pourquoi on n'a pas encore une loi qui oblige à faire bouillir les bébés à la naissance, afin qu'ils soient parfaitement stérilisés.

 

Circuler, pour mieux s'ôter.

Toute notre vie, on attend une grande cause pour se lever, et on passe sa vie accroupi, à croupir.

Le lucane aime prendre l'R le soir à sa lucarne.

Ce qu’il y a de bien dans l’état de siège, c’est qu’on prend le temps de s’asseoir.

 

 

Les oiseaux sont les poissons du ciel,

nous en sommes les crabes


Heureux les déjantés, ils quitteront plus facilement la route commune!

 
L’argent n’a pas d’odeur, mais il y contribue.


Un vrai sosie, c’est invraisemblable.

   

Quand je grossis, je m’aigris ; et quand je m’aigris, je grossis.

   

Le temps, c’est de l’urgent.

   

Joindre l’utile au désagréable : se faire renverser par une ambulance.  

 

Le journal du paradis, c’est le Daily Cieux.

   

Yfaut et Yaka sont dans un bateau ; Yfaut tombe à l’eau, Yaka l’repêcher.

 

Chaque matin, s’ils ne sont pas morts, les vieux vont aux nouvelles.

 

Le poète a latitude d’explorer toutes les longitudes.

   

Etre réduit à la portion congrue, c’est fort peu. Moins, c’est incongru.

 

Peut-on dire de quelqu’un
dont la vie dépend des autres pour tout qu’il
est riche ?
La bouche est elle riche ?

Peut-on dire de quelqu’un
qui n’a rien à attendre des autres qu’il est pauvre ?
Les mains sont elles pauvres ?

 

Curieux comme mystique s’oppose à mastoc.

 

On a mis bien des ouvrages majeurs à l’index.

 

Quand le brouillard tombe, on voudrait qu’il se casse.

 

Au matin, la nuit tombe de sommeil.