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13 mai 2011 5 13 /05 /mai /2011 08:36

saumon-1-.jpg

 

Nous étions assis sur un banc, à regarder couler le fleuve, et les couples d'amoureux attendris à l'ombre des arbres, les jeunes filles allumant des cigarettes comme si toute la liberté du monde se trouvait là, dans ce geste d'allumer une cigarette, en riant dans l'air chaud de ce début d'après-midi.

 

Comme dans les romans russes, les gens se promenaient en parlant de choses et d'autres. Comme dans une nouvelle de Meyrinck, deux hommes parlaient de la Torah. D'autres passaient en vélo, lunettes, écouteurs, comme des insectes insensibles et hermétiques.

 

Nous étions assis sagement, nous tenant la main.

 

Soudain, une dame fut là, et demanda si elle pouvait s'asseoir. Bien sûr. Nous nous poussâmes un peu. Elle était âgée, sans doute, et d'un très beau visage ovale aux yeux brun foncé. J'en dis ce que j'ai vu en un instant.

 

Quelques pas en arrière, une dame plus jeune, mais dans la soixantaine, tout de même, essouflée, embarrassée dans les vêtements de demi-saison posés au cours de la promenade.

 

Nous étions là, tous quatre : moi, ma douce, la vieille dame et sa dame de compagnie, peut-être, à regarder couler ce fleuve et les couples printaniers.

 

La dame demanda dans quel sens coulait le fleuve. Peut-être n'avait-elle pas de bons yeux, ou voulait-elle entendre le son de notre voix.

 

- De gauche à droite, répondis-je, du Sud au Nord (j'étais justement en train de lire sur le symbolisme polaire). 

- Et les saumons vont à l'inverse, dit-elle.

- Oui, ils remontent là où ils sont nés, pour frayer.

- Et ensuite ils meurent, ajouta-t-elle.

- Je crois, mais je n'en suis pas sûr.

 

J'ai vérifié, depuis, et vu que certains saumons font deux fois le voyage, cet immense voyage de plusieurs milliers de kilomètres, ce voyage invraisemblable.

 

La conversation cessa, et nous restâmes très calmement en silence. Puis les deux femmes se levèrent, nous remercièrent et s'en furent.

 

A ce moment, nous vîmes que la vieille dame était en fait une très vieille dame, malgré une silhouette fine et une démarche élégante ; elle avait un chignon de cheveux bleus noués dans un filet, comme on n'en voit plus, comme si elle avait été un très vieil exemplaire de la fée bleue.

 

Mme VJ, un peu impressionnée, dit : c'était une comtesse, ou une princesse.

 

C'est vrai que c'était une rencontre un peu étrange, presqu'onirique.

 

Quelque instants plus tard, je dis : c'est un peu comme la rencontre d'un ange, ou d'une présence invisible; elle est venue nous parler des saumons, et de ce voyage de retour. C'est ce qu'elle voulait nous dire, le message qu'elle avait à nous délivrer.

 

Le symbolisme du voyage du saumon est l'un des plus puissants et des plus évocateurs qui soit, car il évoque la descente de l'esprit dans la matière, puis sa difficile remontée.

 

C'était une belle après-midi un peu songeuse, un samedi de mai 2011.

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Published by Vieux Jade - dans aromates
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commentaires

Lléa 17/05/2011 00:27


Coucou,


Attendrissante histoire. A qui sait voir les signes.


PS. Prière de ne pas consommer de poissons. Ce sont des êtres vivants. Laissez les frayer en paix. :)

Bien a vous, Léa.


chantalouette 13/05/2011 09:29


merci de nous avoir partagé cette belle histoire.
Les messagers et messagères peuvent prendre toutes sortes d'apparence, et les saumons ont en effet un immense trajet a faire.Je n'avais pas pensé symboliser l'esprit par le saumon, en tout cas, çà
encourage a voir la vie en rose quand il faut passer le cap des grosses difficultés.
Bises à Mr et Mme VJ


Vieux Jade 14/05/2011 08:35



Bonjour, c'est vieux comme le monde : http://harter.audrey.free.fr/site%20mythologie%20celtique/animauxS.htm


Saumon : Le symbolisme du poisson est à peu près concentré dans le saumon
(Eo en breton et en gallois), qui a été autrefois
très commun et a joué un rôle important dans l'alimentation des peuples nordiques.


Symbole de l'immortalité de l'âme, le saumon est le poisson le plus souvent cité dans les légendes celtes. Il est à la fois
connaissance, vie et nourriture offertes par l'élément liquide et les divinités de l'Océan. Comme le sanglier, l'ours et le
cerf, le saumon fait partie des animaux primordiaux de la religion druidique,
car on le dit porteur de connaissance, de sagesse et de science.


Il est question dans bon nombre de textes irlandais d'une fontaine de sagesse : sur ses bords pousse un coudrier, ou un sorbier,
couvert de noisettes écarlates. Dans son eau vivent des saumons de sagesse, qui se nourrissent des noisettes tombées dans l'eau. Quiconque mange la chair de ces poissons devient voyant et
omniscient. Le fait de le manger procure le rang d'initié à son consommateur. C'est ce qui arriva au héros Find
quand il était jeune garçon : élève d'un poète ou file, il était occupé un jour à faire rôtir un saumon pour le compte de son
maître. Mais il se brûla en tournant la broche et il porta le doigt à sa bouche. Il fut aussitôt rempli de la science universelle et eut une dent prophétique : il lui suffisait de placer son
pouce sous sa dent de sagesse et de le mâcher pour être doué de prophétie.


Selon certains récits, le saumon n'apparaît que tous les sept ans dans le cours d'un torrent de la montagne Slieve Mis, où il est guetté avec ferveur. Les dieux eux-mêmes utilisent le
saumon comme gardien de la connaissance.


C'est dans l'estomac de l'un deux que Curoi Mac
Daere, dieu de la Mort et roi du Monde souterrain, cache le secret de son âme.


Comme le dauphin méditerranéen, le saumon celte appartient aux deux mondes et relie le monde lunaire invisible au monde solaire
sensible. C'est en cela que sa consommation est initiatique.


Le saumon sacré remontant à la source de toute chose, aux initia, est le symbole du niveau d'initiation le plus élevé.


Animal druidique par excellence avec le sanglier et le roitelet, le saumon est un des symboles de la sagesse et de la nourriture
spirituelle.


Il fait donc partie du repas traditionnel des druides et est un symbole d'immortalité (celle de l'Esprit, transmis au clan par
l'initiation) : dans leurs "transformations" rituelles, il achève leur initiation, il est l'homologue du sanglier et correspond à une classe initiatique probablement réservée aux
druidesses.


La forme de saumon est le dernier degré de la métempsycose : après avoir vécu cent ans sous cette forme, Tuan est pêché, apporté à la reine d'Irlande qui le mange et devient
enceinte.


Le saumon est encore la nourriture d'Eithne (allégorie de l'Irlande), après sa conversion au christianisme.



Présentation

  • : Le jardin de Vieux Jade
  • : Arrivages du jour, légumes secs, mauvaises herbes, quelques trucs qui arrachent la gueule. Taupes, censeurs et culs bénits s'abstenir. Si vous cherchez des certitudes, c'est pas l'endroit.
  • Contact

Décidément rétif à l'ordre bestial, j'ai fixé ma résidence ailleurs, d'où j'observe le déroulement des temps infernaux, fumier des plus belles fleurs.  J'ai un jardin secret, où les plantes poussent toutes seules. Servez-vous, si le coeur vous en dit, sans tenir compte de la chronologie, car comme le mot le dit clairement, l'heure est un leurre.

 

Une précision concernant les commentaires : n'ayant pas toujours le temps ni l'énergie de répondre aux commentaires, ceux-ci restent ouverts, sans aucune garantie que j'y réponde. Je me réserve cependant le droit de sabrer les inconvenances, dont je reste seul juge.

 

Ici, je n'est pas un autre.

Recherche

Lave

Après l’explosion

Nul ne l’a sue

Le jour d’après

Coule la lave

Brûlent les cendres

Lave la lave

Mange la louve

Larmes sans sel

De régime

Cuit et recuit 

Frottent les cendres

Récurent

 

Pas encore nu,

Pas tout à fait ?

Restent des choses

Bien accrochées

Des salissures

De vieux fantômes

D’anciennes guerres

 

Qui peut le faire, si ce n'est toi ? 

 

Nettoie

 

Les notes glissent

Comme des larmes

Gouttes de feu

Sur la paroi

 

Qui m’a volé le cœur ?

Qui m’a trempé vivant,

Comme une lame ?

Qui m’a fouetté les yeux,

M’a déchiré le ventre

Me baisant les paupières

Et m’enduisant de baume,

Me prenant par la main,

Pour me conduire

Dehors ?

Les dits de Lao Yu

LE BUT DE LA QUÊTE EST DE N'AVOIR

NI BUT, NI QUÊTE

 

***

 

QUE SAIT-IL DE LA PESANTEUR,

CELUI QUI N'EST JAMAIS TOMBÉ ?

 

***

 

C'EST SOUVENT LORSQU'ELLE S'ENFUIT QU'ON PERÇOIT L'ESSENCE DE LA BEAUTÉ

 

***

 

LA MER A DES MILLIARDS DE VAGUES QUI BATTENT TOUS LES RIVAGES. OU EST LE CENTRE DE LA MER ?

 

***

 

CE QUI EST MORT N'A AUCUN POUVOIR SUR CE QUI EST VIVANT

SEULS LES MORTS CRAIGNENT LES MORTS

 

***

 

QUAND LE NID BRÛLE, LES OISEAUX S’ENVOLENT

 

***

 

C’EST DANS LA CHUTE QUE LES AILES POUSSENT

 

***

 

CE QUI PEUT ÊTRE PERDU EST SANS VALEUR

 

***

 

LA MAISON EST PLUS GRANDE QUE LA PORTE

 

***

 

L’ERREUR EST LA VOIE

 

***

 

LA ROUTE EST DURE A CELUI QUI BOÎTE

 

***

 

LA LUMIERE DE L’ETOILE EST DANS L’ŒIL QUI LA REGARDE

 

***

 

LES PETITS NOURRISSENT LES GRANDS

 

***

 

LES RICHES ONT UNE BOUCHE
MAIS PAS DE MAINS POUR LA REMPLIR

C’EST POURQUOI IL LEUR FAUT
DE NOMBREUX SERVITEURS ;


CEUX QUI ONT DE NOMBREUX SERVITEURS
NE SAURAIENT VIVRE SEULS,

CE SONT DONC DES PAUVRES ;


CELUI QUI PEUT VIVRE SANS SERVITEURS 
EST DONC LE VERITABLE RICHE.

 

***

 

VIVRE C’EST REVENIR SUR SES PAS

 

***

 

LA NUIT LAVE LE LINGE DU SOLEIL

 

***

 

LES RUISSEAUX EMPORTENT LES MONTAGNES

 

***

 

UNE EPINE DANS LE PIED DU GENERAL : L’ARMEE S’ARRÊTE


***
 


UN PORC EN HABITS DE SOIE RESTE UN PORC,
COMME UN DIAMANT DANS LE FUMIER

RESTE UN DIAMANT.

MAIS LA PLACE D’ UN DIAMANT

EST DANS UN ECRIN DE SOIE,

ET CELLE D’UN PORC DANS LE FUMIER.

 

***

 

COMME SEULE L’EAU ETANCHE LA SOIF,
SEULE LA JUSTICE COMBLE LA FAIM DE JUSTICE

 

***

 

DU COLIBRI A L’AIGLE, IL EXISTE DE NOMBREUX OISEAUX

 

***

 

LE DEDANS REGLE LE DEHORS

 

***

 

L’EPONGE BOIT LE VIN RENVERSÉ
ET LA ROSÉE DU MATIN

 

 

***  

 

LORSQU'IL DECOUVRE LE MIEL,

L'OURS OUBLIE LA PIQÛRE DES ABEILLES

 

 

 

 

 

 

 

 

Lisez-Moi Lisez Moi Lisez Moi

Des mots des mots des mots des

Quand à un livre je me livre , ce que je lis me délie.

 

 

Je me demande pourquoi on n'a pas encore une loi qui oblige à faire bouillir les bébés à la naissance, afin qu'ils soient parfaitement stérilisés.

 

Circuler, pour mieux s'ôter.

Toute notre vie, on attend une grande cause pour se lever, et on passe sa vie accroupi, à croupir.

Le lucane aime prendre l'R le soir à sa lucarne.

Ce qu’il y a de bien dans l’état de siège, c’est qu’on prend le temps de s’asseoir.

 

 

Les oiseaux sont les poissons du ciel,

nous en sommes les crabes


Heureux les déjantés, ils quitteront plus facilement la route commune!

 
L’argent n’a pas d’odeur, mais il y contribue.


Un vrai sosie, c’est invraisemblable.

   

Quand je grossis, je m’aigris ; et quand je m’aigris, je grossis.

   

Le temps, c’est de l’urgent.

   

Joindre l’utile au désagréable : se faire renverser par une ambulance.  

 

Le journal du paradis, c’est le Daily Cieux.

   

Yfaut et Yaka sont dans un bateau ; Yfaut tombe à l’eau, Yaka l’repêcher.

 

Chaque matin, s’ils ne sont pas morts, les vieux vont aux nouvelles.

 

Le poète a latitude d’explorer toutes les longitudes.

   

Etre réduit à la portion congrue, c’est fort peu. Moins, c’est incongru.

 

Peut-on dire de quelqu’un
dont la vie dépend des autres pour tout qu’il
est riche ?
La bouche est elle riche ?

Peut-on dire de quelqu’un
qui n’a rien à attendre des autres qu’il est pauvre ?
Les mains sont elles pauvres ?

 

Curieux comme mystique s’oppose à mastoc.

 

On a mis bien des ouvrages majeurs à l’index.

 

Quand le brouillard tombe, on voudrait qu’il se casse.

 

Au matin, la nuit tombe de sommeil.