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16 septembre 2013 1 16 /09 /septembre /2013 18:48

 

 

Quand elle fut enfin née,

 

Ses parents le Roi et la Reine en furent très contents. La Reine parce que ouf, l'été avait été chaud, le Roi parce qu'il était déjà amoureux et que c'était une fameuse occasion de faire bombance. Alors ils donnèrent une grande fête comme ils savent faire, envoyèrent quérir les rois et reines des environs, et invitèrent les fées, comme ça se fait, paraît-il.

 

Les plats succédaient aux plats, comme d'habitude, marmitons et maîtres queux s'escrimaient à qui mieux mieux, et l'on mettait en perce sans faillir foudres et futailles.

 

Les fées vinrent après, car les fées déjeunent très légèrement d'un rayon de lumière. Quelques uns des invités dormaient, d'autres se promenaient dans le jardin pour favoriser la descente, mais ceux qui restèrent furent bien aise de voir ces belles dames se poser l'une après l'autre devant le berceau, et égrener leurs présents :

 

- Je te fais don de la beauté, dit la première.

- Moi de la grâce, dit la seconde.

- Je te donne la gentillesse, dit la troisième.

- L'intelligence, fit la quatrième.

- Le tact, souffla la cinquième.

- La douceur, finit la sixième.

 

Tous ces dons, elle les reçut à sa naissance.

 

Mais soudain, l'orage éclata, les fenêtres claquèrent, les volets battirent, et les promeneurs rentrèrent en hâte, éveillant ceux qui dormaient, de sorte que tout le monde vit descendre d'un nuage noir de souci, d'angoisse et de colère une belle dame sombre et rageuse.

 

- Et moi, on ne m'invite pas ? Pense-t-on qu'on peut tranquillement mettre au monde une petite princesse et que sa vie ne sera que sucre et miel ? Qu'elle pourra se dispenser d'en baver, comme les autres ?

 

Et se penchant sur le berceau, elle dit :

- Je te donne l'inquiétude et l'absence de repos. Jamais tu ne seras tranquille ni satisfaite de toi, malgré tout ce que mes soeurs t'ont donné.

 

Puis elle sauta sur une grosse corneille qui l'attendait, et ajouta, avant de s’envoler : "A moins que tu ne trouves la Sagesse".

   

Voilà ce qui s'est passé un jour de septembre 1961. J'y étais en esprit, j'avais sept ans, et à cet âge là, l'esprit vole un peu partout à sa guise. Je n'avais pas été invité par le Roi ni la Reine, mais par la toute petite princesse, qui m'avait averti d'un chuchotement : ça y est, je suis arrivée, attends moi, mon amour.

 

J'espère qu'elle va finir par être assez sage pour guérir des blessures de la septième fée, Mme Vieux Jade, parce qu'elle le mérite vraiment.

 

Mais, quelque part, je me dis que si elle n'avait pas eu ça, elle aurait été drôlement insupportable.

 

Et je finis par me dire que la septième fée, on devrait l'inviter de temps à autre pour la remercier.

 

 

Publié pour la première fois le 11/09/2011

 

 

 

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Published by Vieux Jade - dans 2ème service
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commentaires

asfodela 08/02/2015 11:34

Bonjour et merci. Qui est l'auteur de ce conte? Et si ce n'est pas indiscret, qu'est ce qui l'a inspiré? Merci, en tous cas.

LLéa 08/02/2015 18:10

:)

Tout a fée!

Quel bonheur que ta réponse. Grand Merci a toi. Prend ton temps pour la réécriture. Le moment venu, nous serons toustes là.

Enormes bises,

VJ 08/02/2015 17:15

:)

Incapable d'écrire. Sinon, je développerais ce que j'appelle "la société de l'écureuil" : il fait des réserves pour l'hiver, puis les oublie. Un autre écureuil - lui, peut-être - les découvre et s'en nourrit. Tous les écureuils font ça, et, de cette façon, tous ont de quoi traverser l'hiver sans qu'aucun ne soit jamais ni riche, ni pauvre.

Je fais le vœu que le projet humain prenne cette voie, ou une autre encore meilleure, à travers les convulsions de cette profonde crise qu'en fait nous attendons tous, du plus profond de notre coeur.

Merci, Lléa.

LLéa 08/02/2015 14:03

:)

Mon Dieu. Merci.

Jadou, enfin un petit signe de vie de ta part. Grand Merci.

Savais tu qu'il y avait une huitième fée? Tout Plein. Des tas. Des huitièmes fées. :)

Qui de leur baguettes enchantées, tente d'apporter le plus de bonheur aux autres. Ce qui les rend très très très heureuses.

Je t'embrasse, je vous embrasse tout deux. Et vous serre fort sur mon coeur. Beau, beau chemin a vous.

Comme promis irais jusqu'a 777 sur ton nouveau blog. Sois en rassuré, ce chiffre est celui de L'Amour et non du vulgaire copiste. Ensuite, m'en va faire un looooong stage de Louplantigrade. Apprendre a ne plus m'attacher a nul. Tu m'étonnes que notre société est au bord du gouffre! ;) ;)

Prend bien soin de toi, d'elle et de ta jolie famille,

VJ 08/02/2015 11:41

Ce n'est que moi, l'ex blogueur, qui parlais de la femme qui vit avec moi, avec laquelle je vis. Bonne journée.

LLéa 18/09/2013 20:48


Bonsoir,


 


Merci Jade.


 


Ahaaaaa! C'teu fée! :)


 


Magnifique vie a vous deux. Longue. A tous et toutes . :)


 


Gros bisous,


 


 

Elena 16/09/2013 21:15


Peut-être que la septième fée n'est peut-être pas aussi abjecte qu'on le raconte.  C'est sagesse que de voir qu'elle se mérite, tout comme Mme VJ .


 


Un visage est un paysage de sagesssssse n'est ce pas ...n'ED ;-)


 


Bonne soirée, les amis !


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 

Vieux Jade 17/09/2013 08:49



Oui, bien sûr, c'est l'ombre, elle est indispensable. C'est Saturne, c'est l'empêcheuse de roupiller.



NED 16/09/2013 20:21


Celle que l'on nomme "la Sage" doit être multiples avec plein de "S"  afin de pouvoir (enfin) l'appeler  SAGESSSSSE.


Mais Belle, Gracieuse ,Gentille, pleine de Tact, Intelligente et Douce, celà n'est pas qu'une possibilité en plus, c'était une porte que dis-je , un portail ouvert à la rencontre d'un compagnon à
la hauteur d'une telle princesse...  Un capable de Jacqu-assez suffisamment pour la rassurer et lui donner le repos et suffisamment de quiétude.


Bon boulot...

Vieux Jade 17/09/2013 08:48



A la hauteur, c'est le terme exact. Un couple c'est deux (en principe, c'est deux, mais l'étymologie latine est plus large : cum, c'est "ensemble", sans préciser le nombre), donc,
étymologiquement, c'est "un nombre indéfini" qui marche ensemble. Donc, si possible, à la même hauteur. C'est exigeant.



Présentation

  • : Le jardin de Vieux Jade
  • : Arrivages du jour, légumes secs, mauvaises herbes, quelques trucs qui arrachent la gueule. Taupes, censeurs et culs bénits s'abstenir. Si vous cherchez des certitudes, c'est pas l'endroit.
  • Contact

Décidément rétif à l'ordre bestial, j'ai fixé ma résidence ailleurs, d'où j'observe le déroulement des temps infernaux, fumier des plus belles fleurs.  J'ai un jardin secret, où les plantes poussent toutes seules. Servez-vous, si le coeur vous en dit, sans tenir compte de la chronologie, car comme le mot le dit clairement, l'heure est un leurre.

 

Une précision concernant les commentaires : n'ayant pas toujours le temps ni l'énergie de répondre aux commentaires, ceux-ci restent ouverts, sans aucune garantie que j'y réponde. Je me réserve cependant le droit de sabrer les inconvenances, dont je reste seul juge.

 

Ici, je n'est pas un autre.

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Lave

Après l’explosion

Nul ne l’a sue

Le jour d’après

Coule la lave

Brûlent les cendres

Lave la lave

Mange la louve

Larmes sans sel

De régime

Cuit et recuit 

Frottent les cendres

Récurent

 

Pas encore nu,

Pas tout à fait ?

Restent des choses

Bien accrochées

Des salissures

De vieux fantômes

D’anciennes guerres

 

Qui peut le faire, si ce n'est toi ? 

 

Nettoie

 

Les notes glissent

Comme des larmes

Gouttes de feu

Sur la paroi

 

Qui m’a volé le cœur ?

Qui m’a trempé vivant,

Comme une lame ?

Qui m’a fouetté les yeux,

M’a déchiré le ventre

Me baisant les paupières

Et m’enduisant de baume,

Me prenant par la main,

Pour me conduire

Dehors ?

Les dits de Lao Yu

LE BUT DE LA QUÊTE EST DE N'AVOIR

NI BUT, NI QUÊTE

 

***

 

QUE SAIT-IL DE LA PESANTEUR,

CELUI QUI N'EST JAMAIS TOMBÉ ?

 

***

 

C'EST SOUVENT LORSQU'ELLE S'ENFUIT QU'ON PERÇOIT L'ESSENCE DE LA BEAUTÉ

 

***

 

LA MER A DES MILLIARDS DE VAGUES QUI BATTENT TOUS LES RIVAGES. OU EST LE CENTRE DE LA MER ?

 

***

 

CE QUI EST MORT N'A AUCUN POUVOIR SUR CE QUI EST VIVANT

SEULS LES MORTS CRAIGNENT LES MORTS

 

***

 

QUAND LE NID BRÛLE, LES OISEAUX S’ENVOLENT

 

***

 

C’EST DANS LA CHUTE QUE LES AILES POUSSENT

 

***

 

CE QUI PEUT ÊTRE PERDU EST SANS VALEUR

 

***

 

LA MAISON EST PLUS GRANDE QUE LA PORTE

 

***

 

L’ERREUR EST LA VOIE

 

***

 

LA ROUTE EST DURE A CELUI QUI BOÎTE

 

***

 

LA LUMIERE DE L’ETOILE EST DANS L’ŒIL QUI LA REGARDE

 

***

 

LES PETITS NOURRISSENT LES GRANDS

 

***

 

LES RICHES ONT UNE BOUCHE
MAIS PAS DE MAINS POUR LA REMPLIR

C’EST POURQUOI IL LEUR FAUT
DE NOMBREUX SERVITEURS ;


CEUX QUI ONT DE NOMBREUX SERVITEURS
NE SAURAIENT VIVRE SEULS,

CE SONT DONC DES PAUVRES ;


CELUI QUI PEUT VIVRE SANS SERVITEURS 
EST DONC LE VERITABLE RICHE.

 

***

 

VIVRE C’EST REVENIR SUR SES PAS

 

***

 

LA NUIT LAVE LE LINGE DU SOLEIL

 

***

 

LES RUISSEAUX EMPORTENT LES MONTAGNES

 

***

 

UNE EPINE DANS LE PIED DU GENERAL : L’ARMEE S’ARRÊTE


***
 


UN PORC EN HABITS DE SOIE RESTE UN PORC,
COMME UN DIAMANT DANS LE FUMIER

RESTE UN DIAMANT.

MAIS LA PLACE D’ UN DIAMANT

EST DANS UN ECRIN DE SOIE,

ET CELLE D’UN PORC DANS LE FUMIER.

 

***

 

COMME SEULE L’EAU ETANCHE LA SOIF,
SEULE LA JUSTICE COMBLE LA FAIM DE JUSTICE

 

***

 

DU COLIBRI A L’AIGLE, IL EXISTE DE NOMBREUX OISEAUX

 

***

 

LE DEDANS REGLE LE DEHORS

 

***

 

L’EPONGE BOIT LE VIN RENVERSÉ
ET LA ROSÉE DU MATIN

 

 

***  

 

LORSQU'IL DECOUVRE LE MIEL,

L'OURS OUBLIE LA PIQÛRE DES ABEILLES

 

 

 

 

 

 

 

 

Lisez-Moi Lisez Moi Lisez Moi

Des mots des mots des mots des

Quand à un livre je me livre , ce que je lis me délie.

 

 

Je me demande pourquoi on n'a pas encore une loi qui oblige à faire bouillir les bébés à la naissance, afin qu'ils soient parfaitement stérilisés.

 

Circuler, pour mieux s'ôter.

Toute notre vie, on attend une grande cause pour se lever, et on passe sa vie accroupi, à croupir.

Le lucane aime prendre l'R le soir à sa lucarne.

Ce qu’il y a de bien dans l’état de siège, c’est qu’on prend le temps de s’asseoir.

 

 

Les oiseaux sont les poissons du ciel,

nous en sommes les crabes


Heureux les déjantés, ils quitteront plus facilement la route commune!

 
L’argent n’a pas d’odeur, mais il y contribue.


Un vrai sosie, c’est invraisemblable.

   

Quand je grossis, je m’aigris ; et quand je m’aigris, je grossis.

   

Le temps, c’est de l’urgent.

   

Joindre l’utile au désagréable : se faire renverser par une ambulance.  

 

Le journal du paradis, c’est le Daily Cieux.

   

Yfaut et Yaka sont dans un bateau ; Yfaut tombe à l’eau, Yaka l’repêcher.

 

Chaque matin, s’ils ne sont pas morts, les vieux vont aux nouvelles.

 

Le poète a latitude d’explorer toutes les longitudes.

   

Etre réduit à la portion congrue, c’est fort peu. Moins, c’est incongru.

 

Peut-on dire de quelqu’un
dont la vie dépend des autres pour tout qu’il
est riche ?
La bouche est elle riche ?

Peut-on dire de quelqu’un
qui n’a rien à attendre des autres qu’il est pauvre ?
Les mains sont elles pauvres ?

 

Curieux comme mystique s’oppose à mastoc.

 

On a mis bien des ouvrages majeurs à l’index.

 

Quand le brouillard tombe, on voudrait qu’il se casse.

 

Au matin, la nuit tombe de sommeil.