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31 mars 2013 7 31 /03 /mars /2013 22:16

En face du restau, il y avait un coiffeur. Une énorme pancarte : hommes 22 € / femmes 30 €.

 

Mes voisins de gauche étaient un couple dont le monsieur avait dans les 70 ans, le crâne pelé comme un œuf.

 

Du point de vue du coiffeur, c’était la bonne affaire, à 22 €.

 

J’étouffe un rire irrespectueux, et leur dis que par les temps qui courent, quand la tendance mortifère est à l’abolition des sexes et de tout ce qui s’y rattache, il faudra que le coiffeur se mette au pli (y a joke) sinon il finira en taule pour sexisme et discrimination.

 

Je crois qu’ils n’ont pas compris. Moi, je n’ai pas compris non plus : la dame voulait une pizza végétarienne, elle en a eu une jambon/mortadelle. La pizzeria était tenue par des indous ou des pakistanais qui ne sont manifestement pas musulmans.

 

Cette époque est exaltante, comme disait mon oncle.

 

Le jeune homme à ma droite était venu tout seul ; envie de se confier.   Se tourne vers moi :  

Vous n’avez pas peur qu’on ait la guerre ?

La guerre ? Mais C’EST la guerre. Il y a la guerre partout.

Oui, mais ici, en Europe. Ça monte de partout. 

 

Je pose ma fourchette.

Comment dit-on « je », en anglais ?

Game ?

Non, pas « jeu », « je ».

Heu…ye ?

Eye. Comme I. Moi. (j’ai lu ça il y a deux jours dans un lien que m’a passé l’Homme Invisible, et ç’a m’a bien plu ; deux heures plus tard, le conférencier faisait remarquer que pour « je », l’allemand dit : « Ich », comme « Isch », « Jésus »).

 

Posant mon index sur mon front, je lui dis :

« Eye », l’œil qui voit tout. Il est là aussi. On fait tous partie de la machine. Certains voient ce qu’ils veulent. Tout en noir, tout en blanc. Chacun choisit son camp. Mais un œil, ça ne sert pas à choisir ce qui est bon et ce qui ne l’est pas. Un œil, ça sert à voir. Moi, j’ai choisi de voir, pas de choisir. (Enfin, j'essaie, c'est pas facile) S’il y a la guerre, je verrai la guerre. Mais je n’ai pas peur. Je n'ai pas de camp (j'essaie).

 

Il rumine ça pendant que j’engloutis mon pavé de saumon, puis :

Vous avez des informations sur Shamballah et l’Agartha ?

Hum. Mon papa avait une expression, dont il n’était pas l’auteur, qui parlait de l’homme qui a vu l’homme qui a vu l’homme qui a vu l’homme qui a vu l’ours. Si j’ai vu l’ homme qui a vu l’homme, j’ai pas vu l’ours. Je ne sais rien de Shamballah.

Il paraît que c’est le centre du monde.

Ah bon ? C’est con, moi qui croyais qu’il était là, en moi ?

 

Il a fini son repas avant de sortir. Un quart d’heure plus tard, il fumait un mégot de tabac roulé, dans un rayon de soleil. Je me pose devant lui.

La guerre est partout, même ici dans ce soleil. Les piafs chassent les moustiques. La peur est partout ; la peur est naturelle. Tous les animaux ont peur de se faire bouffer. L’herbe s’évanouit devant la vache qui broute. Il est naturel d’avoir peur. Mais ça se travaille. Pas par l’espérance. Parce que c’est bonnet blanc et blanc bonnet. Pareil, kif kif. Les deux faces de la pièce. Le but, c’est de vivre sans peur ni espérance. Juste voir, sans juger, sans choisir. C’est pas facile, mais ça vient, ça bouge, avec le temps. On finit par vivre sans préférences.

J’espère quand même qu’il y aura pas la guerre, dit-il.

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Published by Vieux Jade - dans compost
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commentaires

elba 03/04/2013 10:09


"... Il paraît que c'est le centre du monde.


Ah bon ? C’est con, moi qui croyais qu’il était là, en moi ?"


 


Pas mal du tout cette "question-réponse à la fois" : le centre du monde est effectivement en nous. Mais nous confondons souvent en pensant
que NOUS-mêmes, sommes le centre du monde...


Et là, il y a une grosse différence. Ah ! Ego, quand tu nous tiens !


Je sais que je suis un peu hors sujet... Mais souvent lorsque je lis quelqu'un, il y a des petites phrases comme ça, qui me font
'tilt'...


Bisous, Mr et Mme VJ.

Vieux Jade 03/04/2013 10:30



Centre du monde "en moi", ce n'est pas tout à fait "je suis le centre du monde".


Ce jeune homme est fasciné (comme je l'étais à son âge) par les romans d'aventures ésotériques. J'ai voulu le ramener un peu à lui.



NED de : mabouillotte-et-mondoudou 01/04/2013 09:23


Mais est-elle moins présente au "fond" de nos campagnes ?


je ne crois pas ! Les moustiques et les oiseaux sont en guerre alimentaire pareil ! ! !


La Pizzeria de bourg est tenue, pareille, par des asiatiques ( charmants  d'autre part !)


Quand à dire s'il s'agit d'une face de la pièce ou de l'autre ! ! ! ! !


Je vous souhaite quand même un bon nouveau mois de printemps, déja un tiers de l'année passée !

Vieux Jade 01/04/2013 09:59



Oui, c'est ça, la guerre est partout, et la peur. C'est bien ce que je disais. L'herbe s'évanouit devant la vache, ça a été prouvé. Puis elle sécrète du poison, ce qui fait que la vache broute en
avançant. La peur est naturelle, nous est consubstancielle. Seulement, on a le choix de ne pas se laisser dominer par elle, peu à peu, d'en sortir.


Ce qui forme deux faces, c'est : 1) la peur 2) l'espérance. Si on cherche à se rassurer en se disant que ça va finir par passer, ok. Mais une fois que c'est passé, on a peur que ça recommence.
C'est donc bien 2 faces d'une seule pièce.


C'est pour ça qu'on ne peut pas sortir de la peur par l'espérance, mais en voyant que ce sont 2 faces de la même chose. Et qu'on n'est pas obligé de prendre la pièce. Laissez l'espérance, vous
laisserez aussi la peur.



Présentation

  • : Le jardin de Vieux Jade
  • : Arrivages du jour, légumes secs, mauvaises herbes, quelques trucs qui arrachent la gueule. Taupes, censeurs et culs bénits s'abstenir. Si vous cherchez des certitudes, c'est pas l'endroit.
  • Contact

Décidément rétif à l'ordre bestial, j'ai fixé ma résidence ailleurs, d'où j'observe le déroulement des temps infernaux, fumier des plus belles fleurs.  J'ai un jardin secret, où les plantes poussent toutes seules. Servez-vous, si le coeur vous en dit, sans tenir compte de la chronologie, car comme le mot le dit clairement, l'heure est un leurre.

 

Une précision concernant les commentaires : n'ayant pas toujours le temps ni l'énergie de répondre aux commentaires, ceux-ci restent ouverts, sans aucune garantie que j'y réponde. Je me réserve cependant le droit de sabrer les inconvenances, dont je reste seul juge.

 

Ici, je n'est pas un autre.

Recherche

Lave

Après l’explosion

Nul ne l’a sue

Le jour d’après

Coule la lave

Brûlent les cendres

Lave la lave

Mange la louve

Larmes sans sel

De régime

Cuit et recuit 

Frottent les cendres

Récurent

 

Pas encore nu,

Pas tout à fait ?

Restent des choses

Bien accrochées

Des salissures

De vieux fantômes

D’anciennes guerres

 

Qui peut le faire, si ce n'est toi ? 

 

Nettoie

 

Les notes glissent

Comme des larmes

Gouttes de feu

Sur la paroi

 

Qui m’a volé le cœur ?

Qui m’a trempé vivant,

Comme une lame ?

Qui m’a fouetté les yeux,

M’a déchiré le ventre

Me baisant les paupières

Et m’enduisant de baume,

Me prenant par la main,

Pour me conduire

Dehors ?

Les dits de Lao Yu

LE BUT DE LA QUÊTE EST DE N'AVOIR

NI BUT, NI QUÊTE

 

***

 

QUE SAIT-IL DE LA PESANTEUR,

CELUI QUI N'EST JAMAIS TOMBÉ ?

 

***

 

C'EST SOUVENT LORSQU'ELLE S'ENFUIT QU'ON PERÇOIT L'ESSENCE DE LA BEAUTÉ

 

***

 

LA MER A DES MILLIARDS DE VAGUES QUI BATTENT TOUS LES RIVAGES. OU EST LE CENTRE DE LA MER ?

 

***

 

CE QUI EST MORT N'A AUCUN POUVOIR SUR CE QUI EST VIVANT

SEULS LES MORTS CRAIGNENT LES MORTS

 

***

 

QUAND LE NID BRÛLE, LES OISEAUX S’ENVOLENT

 

***

 

C’EST DANS LA CHUTE QUE LES AILES POUSSENT

 

***

 

CE QUI PEUT ÊTRE PERDU EST SANS VALEUR

 

***

 

LA MAISON EST PLUS GRANDE QUE LA PORTE

 

***

 

L’ERREUR EST LA VOIE

 

***

 

LA ROUTE EST DURE A CELUI QUI BOÎTE

 

***

 

LA LUMIERE DE L’ETOILE EST DANS L’ŒIL QUI LA REGARDE

 

***

 

LES PETITS NOURRISSENT LES GRANDS

 

***

 

LES RICHES ONT UNE BOUCHE
MAIS PAS DE MAINS POUR LA REMPLIR

C’EST POURQUOI IL LEUR FAUT
DE NOMBREUX SERVITEURS ;


CEUX QUI ONT DE NOMBREUX SERVITEURS
NE SAURAIENT VIVRE SEULS,

CE SONT DONC DES PAUVRES ;


CELUI QUI PEUT VIVRE SANS SERVITEURS 
EST DONC LE VERITABLE RICHE.

 

***

 

VIVRE C’EST REVENIR SUR SES PAS

 

***

 

LA NUIT LAVE LE LINGE DU SOLEIL

 

***

 

LES RUISSEAUX EMPORTENT LES MONTAGNES

 

***

 

UNE EPINE DANS LE PIED DU GENERAL : L’ARMEE S’ARRÊTE


***
 


UN PORC EN HABITS DE SOIE RESTE UN PORC,
COMME UN DIAMANT DANS LE FUMIER

RESTE UN DIAMANT.

MAIS LA PLACE D’ UN DIAMANT

EST DANS UN ECRIN DE SOIE,

ET CELLE D’UN PORC DANS LE FUMIER.

 

***

 

COMME SEULE L’EAU ETANCHE LA SOIF,
SEULE LA JUSTICE COMBLE LA FAIM DE JUSTICE

 

***

 

DU COLIBRI A L’AIGLE, IL EXISTE DE NOMBREUX OISEAUX

 

***

 

LE DEDANS REGLE LE DEHORS

 

***

 

L’EPONGE BOIT LE VIN RENVERSÉ
ET LA ROSÉE DU MATIN

 

 

***  

 

LORSQU'IL DECOUVRE LE MIEL,

L'OURS OUBLIE LA PIQÛRE DES ABEILLES

 

 

 

 

 

 

 

 

Lisez-Moi Lisez Moi Lisez Moi

Des mots des mots des mots des

Quand à un livre je me livre , ce que je lis me délie.

 

 

Je me demande pourquoi on n'a pas encore une loi qui oblige à faire bouillir les bébés à la naissance, afin qu'ils soient parfaitement stérilisés.

 

Circuler, pour mieux s'ôter.

Toute notre vie, on attend une grande cause pour se lever, et on passe sa vie accroupi, à croupir.

Le lucane aime prendre l'R le soir à sa lucarne.

Ce qu’il y a de bien dans l’état de siège, c’est qu’on prend le temps de s’asseoir.

 

 

Les oiseaux sont les poissons du ciel,

nous en sommes les crabes


Heureux les déjantés, ils quitteront plus facilement la route commune!

 
L’argent n’a pas d’odeur, mais il y contribue.


Un vrai sosie, c’est invraisemblable.

   

Quand je grossis, je m’aigris ; et quand je m’aigris, je grossis.

   

Le temps, c’est de l’urgent.

   

Joindre l’utile au désagréable : se faire renverser par une ambulance.  

 

Le journal du paradis, c’est le Daily Cieux.

   

Yfaut et Yaka sont dans un bateau ; Yfaut tombe à l’eau, Yaka l’repêcher.

 

Chaque matin, s’ils ne sont pas morts, les vieux vont aux nouvelles.

 

Le poète a latitude d’explorer toutes les longitudes.

   

Etre réduit à la portion congrue, c’est fort peu. Moins, c’est incongru.

 

Peut-on dire de quelqu’un
dont la vie dépend des autres pour tout qu’il
est riche ?
La bouche est elle riche ?

Peut-on dire de quelqu’un
qui n’a rien à attendre des autres qu’il est pauvre ?
Les mains sont elles pauvres ?

 

Curieux comme mystique s’oppose à mastoc.

 

On a mis bien des ouvrages majeurs à l’index.

 

Quand le brouillard tombe, on voudrait qu’il se casse.

 

Au matin, la nuit tombe de sommeil.