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15 mars 2013 5 15 /03 /mars /2013 07:38

Avant-hier, j'ai entendu quelqu'un penser. Je suis entré dans sa cervelle.

 

C'est le matin. Je grimpe dans mon splendide véhicule automobile (qui se meut par lui-même, dès lors que je lui octroie le liquide approprié, et que j'insinue la clef décisive en son intimité). Lassé d'écouter Barbara en boucle, j'extirpe le susdit CD. Le temps d'en dégotter un autre (Marcel Azzola), la radio prend le relais. N'écoutant pas la radio, le réglage a pu être fait par l'une de mes filles. J'ignore ce que c'est, peut-être France Info, parce que ça cause sérieux mais pas trop intello ni djeune de la sacro-sainte "actualité".

 

Donc causant sérieux, une vacataire vaquant à poser sérieusement mais pas trop des questions intéressantes pour le public qui avale la pâtée pose une question sérieuse à une dame qui se trouvait probablement assise en face quelque part dans un studio, et les pose cette question : "Et les femen, ces femmes dépoitraillées (j'en saute) (pas des femmes dépoitraillées, c'est plus de mon âge, non, je saute du texte, j'ai pas tout retenu), vous en pensez quoi ?"

 

L'autre, l'interrogée, dont j'ignore le nom, je l'ai entendu penser.

 

Ça a duré une microseconde. Peut-être même une nanoseconde, va savoir. C'est très long. J'ai vu et entendu la bête mettre en place sa stratégie. C'est une lutte. La question est comme un coup de griffe à éviter, ou à parer. L'oeil du fauve examine sa position, explore les alentours pour y choisir l'endroit exact où rebondir, afin d'y retrouver une posture qui permettra de rassembler autant que possible les divers éléments constitutifs de son image, avant d'effectuer le rétablissement.

 

Et les mots fusent.

 

Tout un monde de rouages mentaux qui soudain se déplacent, afin de donner une réponse qui satisfasse au mieux les intérêts immédiats et subséquents de l'interviouvée. La réponse doit être cohérente avec la politique de survie savamment et longuement peaufinée, qui permet aux cherzauditeurs de savoir qui a parlé, quelle étiquette lui appliquer, où la ranger, mais pas trop cependant. Le cherauditeur doit quand même être gardé au frais, haletant, sur le qui-vive. Il faut donc que la réponse soit favorable, bien sûr, comment, quand on est progressiste, être l'ennemi des femen, je n'aurais pas dit "dépoitraillé", non, ces femmes sont belles, vous savez, la nudité, mais quand même, cette violence, non, la violence, quand même, il en faut, bien sûr, mais pas trop, ce côté chienne de garde.

 

Et l'accordéon de Marcel a noyé la purée.

 

J'ai tout entendu. Les rouages se mettre en place, les analyseurs, les documentalistes, les archivistes, le brain storming et les synthétiseurs, tout ce qui bosse en silence dans l'arrière-boutique mentale de cette dame, une microseconde durant, une éternité, avant l'irruption des mots, lus par la bouche habituée à cacher la vérité.

 

Car c'est du mensonge, qui est sorti. Ça s'entendait très bien. Du mensonge pour coller au mensonge de la personnalité fabriquée afin de durer. Comme la bête se tapit, se cache pour durer, dans la jungle sauvage. Ce qui a été proféré n'a qu'un seul but : rester en vie pour pouvoir continuer à rester en vie ici, dans cette jungle.

 

Si vous y faites attention, vous verrez qu'il y a toujours une microseconde. Chez l'autre, chez soi aussi.

 

Elle peut-être pleine de bruit, comme ici. Pleine de rouages et de malice, pour perpétuer le mensonge.

 

Elle peut aussi être vide. Et soudain surgit la Parole. Qui ne cache rien. Qui ne veut rien. Que dire. Nue, comme les femen. 

 

Vous savez, la nudité, c'est beau. 

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Published by Vieux Jade - dans sauvages
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commentaires

elba 03/05/2013 07:54


Vieux Jade, je vous vois souvent tel un médecin légiste de la pensée. Et j'adore ça, car votre dissection et le compte-rendu que vous en faites, donnent un résultat superbe pour nous faire
parvenir à l'introspection.


Et nous avons besoin de ça, pour nous rendre compte de qui nous sommes et de ce que nous voulons faire de ce monde. De ce que nous en faisons, encore plus. Ce n'est d'ailleurs pas toujours
agréable de nous en rendre compte.


Cependant, avons-nous toujours la nécessité de mentir, aux autres ou à nous-mêmes, pour 'rester en vie' dans cette jungle ?


Que cette journée vous doit douce et paisible, à vous et Mme VJ.

Vieux Jade 03/05/2013 10:28



Non, il y a un autre étage, où les vilaines bêtes ne montent pas.



LLéa 15/03/2013 23:43


;)


Danielle, les étoiles ... la forme ... pas jolie ;)

LLéa 15/03/2013 23:41


Merci Jade. :)


 


Danielle, bonsoir. Merci a vous. Grosses bises.



danielleg 15/03/2013 12:58


Coucou Jade, et vous tous!


Pensées amicales pour vous tous, suis très prise par le Grand Patron en ce moment! 


Pleins de bonnes choses qui évoluent en moi- m'aime!


Si, si, Jade un vrai Bonheur, je devient ma meilleure Amie.


Merci, je vous Aime les Amis!


 


                            


 

Vieux Jade 15/03/2013 15:39



http://www.youtube.com/watch?v=dGyj0eHsC8E


Bises :)



Présentation

  • : Le jardin de Vieux Jade
  • : Arrivages du jour, légumes secs, mauvaises herbes, quelques trucs qui arrachent la gueule. Taupes, censeurs et culs bénits s'abstenir. Si vous cherchez des certitudes, c'est pas l'endroit.
  • Contact

Décidément rétif à l'ordre bestial, j'ai fixé ma résidence ailleurs, d'où j'observe le déroulement des temps infernaux, fumier des plus belles fleurs.  J'ai un jardin secret, où les plantes poussent toutes seules. Servez-vous, si le coeur vous en dit, sans tenir compte de la chronologie, car comme le mot le dit clairement, l'heure est un leurre.

 

Une précision concernant les commentaires : n'ayant pas toujours le temps ni l'énergie de répondre aux commentaires, ceux-ci restent ouverts, sans aucune garantie que j'y réponde. Je me réserve cependant le droit de sabrer les inconvenances, dont je reste seul juge.

 

Ici, je n'est pas un autre.

Recherche

Lave

Après l’explosion

Nul ne l’a sue

Le jour d’après

Coule la lave

Brûlent les cendres

Lave la lave

Mange la louve

Larmes sans sel

De régime

Cuit et recuit 

Frottent les cendres

Récurent

 

Pas encore nu,

Pas tout à fait ?

Restent des choses

Bien accrochées

Des salissures

De vieux fantômes

D’anciennes guerres

 

Qui peut le faire, si ce n'est toi ? 

 

Nettoie

 

Les notes glissent

Comme des larmes

Gouttes de feu

Sur la paroi

 

Qui m’a volé le cœur ?

Qui m’a trempé vivant,

Comme une lame ?

Qui m’a fouetté les yeux,

M’a déchiré le ventre

Me baisant les paupières

Et m’enduisant de baume,

Me prenant par la main,

Pour me conduire

Dehors ?

Les dits de Lao Yu

LE BUT DE LA QUÊTE EST DE N'AVOIR

NI BUT, NI QUÊTE

 

***

 

QUE SAIT-IL DE LA PESANTEUR,

CELUI QUI N'EST JAMAIS TOMBÉ ?

 

***

 

C'EST SOUVENT LORSQU'ELLE S'ENFUIT QU'ON PERÇOIT L'ESSENCE DE LA BEAUTÉ

 

***

 

LA MER A DES MILLIARDS DE VAGUES QUI BATTENT TOUS LES RIVAGES. OU EST LE CENTRE DE LA MER ?

 

***

 

CE QUI EST MORT N'A AUCUN POUVOIR SUR CE QUI EST VIVANT

SEULS LES MORTS CRAIGNENT LES MORTS

 

***

 

QUAND LE NID BRÛLE, LES OISEAUX S’ENVOLENT

 

***

 

C’EST DANS LA CHUTE QUE LES AILES POUSSENT

 

***

 

CE QUI PEUT ÊTRE PERDU EST SANS VALEUR

 

***

 

LA MAISON EST PLUS GRANDE QUE LA PORTE

 

***

 

L’ERREUR EST LA VOIE

 

***

 

LA ROUTE EST DURE A CELUI QUI BOÎTE

 

***

 

LA LUMIERE DE L’ETOILE EST DANS L’ŒIL QUI LA REGARDE

 

***

 

LES PETITS NOURRISSENT LES GRANDS

 

***

 

LES RICHES ONT UNE BOUCHE
MAIS PAS DE MAINS POUR LA REMPLIR

C’EST POURQUOI IL LEUR FAUT
DE NOMBREUX SERVITEURS ;


CEUX QUI ONT DE NOMBREUX SERVITEURS
NE SAURAIENT VIVRE SEULS,

CE SONT DONC DES PAUVRES ;


CELUI QUI PEUT VIVRE SANS SERVITEURS 
EST DONC LE VERITABLE RICHE.

 

***

 

VIVRE C’EST REVENIR SUR SES PAS

 

***

 

LA NUIT LAVE LE LINGE DU SOLEIL

 

***

 

LES RUISSEAUX EMPORTENT LES MONTAGNES

 

***

 

UNE EPINE DANS LE PIED DU GENERAL : L’ARMEE S’ARRÊTE


***
 


UN PORC EN HABITS DE SOIE RESTE UN PORC,
COMME UN DIAMANT DANS LE FUMIER

RESTE UN DIAMANT.

MAIS LA PLACE D’ UN DIAMANT

EST DANS UN ECRIN DE SOIE,

ET CELLE D’UN PORC DANS LE FUMIER.

 

***

 

COMME SEULE L’EAU ETANCHE LA SOIF,
SEULE LA JUSTICE COMBLE LA FAIM DE JUSTICE

 

***

 

DU COLIBRI A L’AIGLE, IL EXISTE DE NOMBREUX OISEAUX

 

***

 

LE DEDANS REGLE LE DEHORS

 

***

 

L’EPONGE BOIT LE VIN RENVERSÉ
ET LA ROSÉE DU MATIN

 

 

***  

 

LORSQU'IL DECOUVRE LE MIEL,

L'OURS OUBLIE LA PIQÛRE DES ABEILLES

 

 

 

 

 

 

 

 

Lisez-Moi Lisez Moi Lisez Moi

Des mots des mots des mots des

Quand à un livre je me livre , ce que je lis me délie.

 

 

Je me demande pourquoi on n'a pas encore une loi qui oblige à faire bouillir les bébés à la naissance, afin qu'ils soient parfaitement stérilisés.

 

Circuler, pour mieux s'ôter.

Toute notre vie, on attend une grande cause pour se lever, et on passe sa vie accroupi, à croupir.

Le lucane aime prendre l'R le soir à sa lucarne.

Ce qu’il y a de bien dans l’état de siège, c’est qu’on prend le temps de s’asseoir.

 

 

Les oiseaux sont les poissons du ciel,

nous en sommes les crabes


Heureux les déjantés, ils quitteront plus facilement la route commune!

 
L’argent n’a pas d’odeur, mais il y contribue.


Un vrai sosie, c’est invraisemblable.

   

Quand je grossis, je m’aigris ; et quand je m’aigris, je grossis.

   

Le temps, c’est de l’urgent.

   

Joindre l’utile au désagréable : se faire renverser par une ambulance.  

 

Le journal du paradis, c’est le Daily Cieux.

   

Yfaut et Yaka sont dans un bateau ; Yfaut tombe à l’eau, Yaka l’repêcher.

 

Chaque matin, s’ils ne sont pas morts, les vieux vont aux nouvelles.

 

Le poète a latitude d’explorer toutes les longitudes.

   

Etre réduit à la portion congrue, c’est fort peu. Moins, c’est incongru.

 

Peut-on dire de quelqu’un
dont la vie dépend des autres pour tout qu’il
est riche ?
La bouche est elle riche ?

Peut-on dire de quelqu’un
qui n’a rien à attendre des autres qu’il est pauvre ?
Les mains sont elles pauvres ?

 

Curieux comme mystique s’oppose à mastoc.

 

On a mis bien des ouvrages majeurs à l’index.

 

Quand le brouillard tombe, on voudrait qu’il se casse.

 

Au matin, la nuit tombe de sommeil.