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25 octobre 2013 5 25 /10 /octobre /2013 08:47

L’éléphant et la libellule se rencontrèrent un matin au point d’eau.

 

 Qu'est-ce que tu es es belle, dit l’éléphant. Elle était irisée et buvait doucement une goutte de rosée posée là sur une feuille.

 

Il réfléchit, et une pensée naquit de son énorme cerveau qui enregistrait tout depuis près de cent ans.

 

Tu es belle, et c’est écrit dans ton nom : liBELLulE. Tu es belle, et je suis laid.

 

Il était tout crotté, et de grandes brassées de peau écailleuse pendaient de son ventre rond comme un tonneau.

 

C’est écrit aussi dans mon nom : LAID - LAID- phant, dit-il tristement en arrosant tout de son énorme trompe. Tu vois, c'est même dit deux fois, tellement je suis pas beau.

 

La libellule s’écarta prudemment du jet, et dit : moi, je te trouve beau. J’aime tes petits yeux ronds et ta sagesse, et le vacarme que tu fais. J’aimerais bien en faire autant, mais vois, je n’ai que ces maigres ailes et ce ventre longiligne, alors que toi, tu es rond comme la Terre.

 

Elle vrombit un peu pour montrer comme elle était triste d’être si menue.

 

Et je ne vis qu’un jour, alors que tu sais toutes les histoires du temps passé. Demain, tu m’auras oublié.

 

L’éléphant fut encore plus triste, et une grosse larme, à noyer une tribu de libellules et plusieurs fourmilières, coula sur sa joue parcheminée.

 

C’est vrai, au fil du temps, j’ai perdu tous mes amis, et toutes mes amours. Mais je n’ai jamais vu une si belle personne que toi, et je voudrais être ton amoureux, si c’était possible, et boire avec toi une goutte de rosée sur une feuille.

 

Hélas, c’est impossible, mon cher amour, dit la belle. Moi aussi, j’aurais tant voulu que nous puissions partager cette beauté, cette tendresse.

 

Elle se tut un instant puis dit : je ne te trouve pas laid, bien au contraire. Ta légèreté et ta délicatesse sont écrites dans ton nom : AILES et FAON.

 

L’éléphant éperdu de tendresse lui jeta un coup d’œil, et dit : je sais que demain, tu seras morte, et que je vivrai encore longtemps. Mais je ne t’oublierai jamais.

 

Il y eut un silence, puis il ajouta : Dans amour, malheureusement, il y a mur : aMoUR.

 

Tu as de beaux petits yeux ronds, tu es ancien et tu es sage, dit-elle. Mais tu ne vois pas tout, regarde : dans AmOur, il y a aussi A et O, qui sont le début et la fin du monde.

 

Et leurs esprits s’envolèrent alors très loin, très haut, hors des apparences, là où tout est possible, l'instant d'une éternité.  

 

 

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Published by Vieux Jade - dans aromates
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commentaires

Elena 26/10/2013 11:38


Dans libellule, il y a aussi "lie" et "bulle",relier les bulles entre-ailes, les bulles de l'amitié ...


"Redevenez comme des enfants", oui . mais pas des enfants capricieux.


En tout cas, merci, VJ, tes mots me font flotter comme une bulle :-)


 


 


 


 


 


 


 

Vieux Jade 26/10/2013 12:11



Les enfants peuvent être capricieux, pas ceux qui le sont redevenus. Ils ont laissé ça dans le monde des adultes.


A propos de bulles, il y a du champagne pas loin, c'est repas de famille, et je vais me préparer.


Bises à tout le monde, aux belles libellules et aux gros éléphants. J'ai mis un peu de vidéos pour l'après-midi.



LLéa 25/10/2013 22:57


:)


 


Le génie a encore frappé! Merci Jadou. C'est trop chou!


Instant d'éternité. Très beau.


 


Jade, c'est presque samedi .... et le samedi, le lâcher est plus accentué. Mes excuses. :)


Tu remarqueras, cher ami, que dans l'éléphant, il y a aussi planète. Et dans libellule, élue. Mais il reste Billl. Billl avec trois ailes mais sans Boule.


Faut que je prenne des vacances, plus cela avance, plus c'est .... la cata! ;)


 





 


 


 


Belle soirée,

Vieux Jade 26/10/2013 10:44



Aïe le génie a frappé ! J'en ai des bleus. A l'âme.


Pas mal vu, éléphant/planète/boule, libellule élue.


Je savais bien que cette histoire est magique.


 



Elena 25/10/2013 10:10


J'aime beaucoup cette histoire de libellule et d'elephant VJ .


Elle touche en moi quelque chose de l'intime, une rencontre hors du temps de cette magie là où rien n'est possible d'un certain point du vue et où tout se résout en cet "instant éternité" .


Cela fait écho à la lecture du" petit prince", mais je ne lis plus, cela me faisait toujours pleurer et j'en ai assez pleurer et je crois que je comprends mieux pourquoi cela me faisait toujours
pleurer .


Ce texte là...bon allez j'avoue, m'a fait rire, sourire et peut-être aussi versé une toute petit larme d'écureuil :-)


 


 


 


 


 


 

Vieux Jade 26/10/2013 10:42



Il y a des jours où je voudrais que tout soit possible, que tout coexiste, que tous les murs disparaissent. Peut-être qu'en le voulant vraiment, ça peut arriver ?


C'est de la pensée magique, que les gens sérieux prennent pour de l'enfantillage. Mais quelqu'un n'a-t-il pas dit : Redevenez comme des enfants ?



Présentation

  • : Le jardin de Vieux Jade
  • : Arrivages du jour, légumes secs, mauvaises herbes, quelques trucs qui arrachent la gueule. Taupes, censeurs et culs bénits s'abstenir. Si vous cherchez des certitudes, c'est pas l'endroit.
  • Contact

Décidément rétif à l'ordre bestial, j'ai fixé ma résidence ailleurs, d'où j'observe le déroulement des temps infernaux, fumier des plus belles fleurs.  J'ai un jardin secret, où les plantes poussent toutes seules. Servez-vous, si le coeur vous en dit, sans tenir compte de la chronologie, car comme le mot le dit clairement, l'heure est un leurre.

 

Une précision concernant les commentaires : n'ayant pas toujours le temps ni l'énergie de répondre aux commentaires, ceux-ci restent ouverts, sans aucune garantie que j'y réponde. Je me réserve cependant le droit de sabrer les inconvenances, dont je reste seul juge.

 

Ici, je n'est pas un autre.

Recherche

Lave

Après l’explosion

Nul ne l’a sue

Le jour d’après

Coule la lave

Brûlent les cendres

Lave la lave

Mange la louve

Larmes sans sel

De régime

Cuit et recuit 

Frottent les cendres

Récurent

 

Pas encore nu,

Pas tout à fait ?

Restent des choses

Bien accrochées

Des salissures

De vieux fantômes

D’anciennes guerres

 

Qui peut le faire, si ce n'est toi ? 

 

Nettoie

 

Les notes glissent

Comme des larmes

Gouttes de feu

Sur la paroi

 

Qui m’a volé le cœur ?

Qui m’a trempé vivant,

Comme une lame ?

Qui m’a fouetté les yeux,

M’a déchiré le ventre

Me baisant les paupières

Et m’enduisant de baume,

Me prenant par la main,

Pour me conduire

Dehors ?

Les dits de Lao Yu

LE BUT DE LA QUÊTE EST DE N'AVOIR

NI BUT, NI QUÊTE

 

***

 

QUE SAIT-IL DE LA PESANTEUR,

CELUI QUI N'EST JAMAIS TOMBÉ ?

 

***

 

C'EST SOUVENT LORSQU'ELLE S'ENFUIT QU'ON PERÇOIT L'ESSENCE DE LA BEAUTÉ

 

***

 

LA MER A DES MILLIARDS DE VAGUES QUI BATTENT TOUS LES RIVAGES. OU EST LE CENTRE DE LA MER ?

 

***

 

CE QUI EST MORT N'A AUCUN POUVOIR SUR CE QUI EST VIVANT

SEULS LES MORTS CRAIGNENT LES MORTS

 

***

 

QUAND LE NID BRÛLE, LES OISEAUX S’ENVOLENT

 

***

 

C’EST DANS LA CHUTE QUE LES AILES POUSSENT

 

***

 

CE QUI PEUT ÊTRE PERDU EST SANS VALEUR

 

***

 

LA MAISON EST PLUS GRANDE QUE LA PORTE

 

***

 

L’ERREUR EST LA VOIE

 

***

 

LA ROUTE EST DURE A CELUI QUI BOÎTE

 

***

 

LA LUMIERE DE L’ETOILE EST DANS L’ŒIL QUI LA REGARDE

 

***

 

LES PETITS NOURRISSENT LES GRANDS

 

***

 

LES RICHES ONT UNE BOUCHE
MAIS PAS DE MAINS POUR LA REMPLIR

C’EST POURQUOI IL LEUR FAUT
DE NOMBREUX SERVITEURS ;


CEUX QUI ONT DE NOMBREUX SERVITEURS
NE SAURAIENT VIVRE SEULS,

CE SONT DONC DES PAUVRES ;


CELUI QUI PEUT VIVRE SANS SERVITEURS 
EST DONC LE VERITABLE RICHE.

 

***

 

VIVRE C’EST REVENIR SUR SES PAS

 

***

 

LA NUIT LAVE LE LINGE DU SOLEIL

 

***

 

LES RUISSEAUX EMPORTENT LES MONTAGNES

 

***

 

UNE EPINE DANS LE PIED DU GENERAL : L’ARMEE S’ARRÊTE


***
 


UN PORC EN HABITS DE SOIE RESTE UN PORC,
COMME UN DIAMANT DANS LE FUMIER

RESTE UN DIAMANT.

MAIS LA PLACE D’ UN DIAMANT

EST DANS UN ECRIN DE SOIE,

ET CELLE D’UN PORC DANS LE FUMIER.

 

***

 

COMME SEULE L’EAU ETANCHE LA SOIF,
SEULE LA JUSTICE COMBLE LA FAIM DE JUSTICE

 

***

 

DU COLIBRI A L’AIGLE, IL EXISTE DE NOMBREUX OISEAUX

 

***

 

LE DEDANS REGLE LE DEHORS

 

***

 

L’EPONGE BOIT LE VIN RENVERSÉ
ET LA ROSÉE DU MATIN

 

 

***  

 

LORSQU'IL DECOUVRE LE MIEL,

L'OURS OUBLIE LA PIQÛRE DES ABEILLES

 

 

 

 

 

 

 

 

Lisez-Moi Lisez Moi Lisez Moi

Des mots des mots des mots des

Quand à un livre je me livre , ce que je lis me délie.

 

 

Je me demande pourquoi on n'a pas encore une loi qui oblige à faire bouillir les bébés à la naissance, afin qu'ils soient parfaitement stérilisés.

 

Circuler, pour mieux s'ôter.

Toute notre vie, on attend une grande cause pour se lever, et on passe sa vie accroupi, à croupir.

Le lucane aime prendre l'R le soir à sa lucarne.

Ce qu’il y a de bien dans l’état de siège, c’est qu’on prend le temps de s’asseoir.

 

 

Les oiseaux sont les poissons du ciel,

nous en sommes les crabes


Heureux les déjantés, ils quitteront plus facilement la route commune!

 
L’argent n’a pas d’odeur, mais il y contribue.


Un vrai sosie, c’est invraisemblable.

   

Quand je grossis, je m’aigris ; et quand je m’aigris, je grossis.

   

Le temps, c’est de l’urgent.

   

Joindre l’utile au désagréable : se faire renverser par une ambulance.  

 

Le journal du paradis, c’est le Daily Cieux.

   

Yfaut et Yaka sont dans un bateau ; Yfaut tombe à l’eau, Yaka l’repêcher.

 

Chaque matin, s’ils ne sont pas morts, les vieux vont aux nouvelles.

 

Le poète a latitude d’explorer toutes les longitudes.

   

Etre réduit à la portion congrue, c’est fort peu. Moins, c’est incongru.

 

Peut-on dire de quelqu’un
dont la vie dépend des autres pour tout qu’il
est riche ?
La bouche est elle riche ?

Peut-on dire de quelqu’un
qui n’a rien à attendre des autres qu’il est pauvre ?
Les mains sont elles pauvres ?

 

Curieux comme mystique s’oppose à mastoc.

 

On a mis bien des ouvrages majeurs à l’index.

 

Quand le brouillard tombe, on voudrait qu’il se casse.

 

Au matin, la nuit tombe de sommeil.