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10 août 2011 3 10 /08 /août /2011 09:16

Nattier-_Deux_lutteurs-1-.JPG

 

Âge de fer, ou des conflits. Des antagonismes.

 

Agôn est le lieu du rassemblement, du contact, par le jeu, la lutte, la prière, donc aussi celui des périls, des limites; il est le lieu privilégié de Mercure, dieu des frontières et de ceux qui les passent.

 

Nombreux sont ceux qui passent les frontières : les guerriers, les marchands, les contrebandiers, les exilés, les curieux, les distraits, les chercheurs, les affamés.

 

Le soldat (latin miles) renverse les frontières (limes). C'est clairement dans le texte.

 

Dans ce monde duel, le duel est interdit. Le dernier duel tenu en France l'a été par Gaston Defferre, provoqué, qui l'a emporté sur son adversaire. Gaston ayant eu le choix des armes avait choisi le fleuret. Depuis, hélas, la pratique du duel est proscrite. Les fripouilles bien à l'abri. On est tombé bien bas.

 

Si le duel est interdit, tout est fait pour exacerber notre agressivité. La guerre de tous contre tous arrive, après avoir couvé de tous temps.

 

La guerre est une voie naturelle de connaissance. Elle permet de connaître l'emplacement mouvant des frontières. Frontières géographiques, mais aussi frontières de soi. Où s'arrête la bravitude, pour causer ségolénien, où commence le courage ? Où s'arrête la saine défense du territoire, où commence l'acharnement ? Qu'est-ce qui différencie l'acte noble de l'immonde ? Est-il vertueux de violer les femmes et tuer les mâles pour qu'un peuple ennemi devienne un peu comme nous, par cousinage ? Ou est-ce un crime ?

 

Le coq est l'animal yang par excellence : bec, crête, ergots, c'est une bête de combat. Lors des combats de coqs, dont la saloperie humaine a fait un spectacle infect, l'un triomphe de l'autre. Les deux bien amochés. L'un bascule dans le camp des vaincus, et fait la connaissance du yin.

 

Perdre plonge dans l'obscurité du malheur, où naît (peut naître) l'étincelle de la conscience. Gagner est le gage d'avoir à redouter sans cesse de perdre, de tomber là où on a expédié ses précédents concurrents. Gagner apporte aussi de la conscience : celle que rien n'est sûr, ni stable.

 

Perdre fait découvrir qu'il y a une vie dans le malheur.

 

Les hommes qui se battent sont comme les coqs, les chiens, les loups, les chats, les moineaux, les corbeaux : tous se font la guerre. Les hommes qui s'affrontent sont des frères, un dédoublement du même qui cherche à connaître ses limites et sa nature.

 

L'autre, c'est toi. L'autre lui-même, comme toi, est double : Yin, et Yang. Tendre et dur. Il est toi, et ton contraire. Un autre et le même. Il n'est ni plus, ni moins. Capable du pire, comme toi, et du meilleur, comme toi. C'est une ordure, comme toi, un fumier, comme toi. Une pute, comme toi.

 

Les hommes qui se battent apprennent à danser avec leur ombre.

 

Le boucher amoureux peut-être plus tendre que la bonne soeur acariâtre.

 

Nous sommes fatigués de la guerre. Ou plutôt : certains d'entre nous, ou une certaine partie de chacun de nous est fatiguée par la guerre. Et la guerre continue, se répand partout et embrase tout. Londres, la Lybie, l'Asie, tout flambe.

 

La guerre est un couteau qui fouille nos tripes et met à nu nos coeurs et nos cervelles, jusqu' à ce que nous sachions enfin comment vivre sans elle.

 

 

 

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Published by Vieux Jade - dans sauvages
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commentaires

Madeleine 11/08/2011 15:35


Hi hi, vieux cochon ;-)
Merci d'être passé sur mon blog, je t'ai répondu...

Tiens en plus des pyxides je vais mettre des MM à poil!
Ou pas...


Vieux Jade 11/08/2011 16:32







Madeleine 11/08/2011 08:24


Coucou, j'espère que toute la petite troupe va bien ;-)
Faites labour pas la guerre, ça rapporte plus...

Si vous voulez quelques moments de détente entre deux obus, j'ai commis un nouveau blog avec des Marie-Madeleine à poils et des Christ épilés...

http://magdala.over-blog.net/

Bise aux braves!


Vieux Jade 11/08/2011 11:00



Y a des lunettes 3D ?



Narf 10/08/2011 21:36


Quand l'illusion cesse... je pense souvent, dans mon quotidien, à cette vidéo sur le guerrier et la mouche,que vous aviez diffusée. Intéressant.

Illusion? Ouais.. peut-être bien que dans quelques temps, nous penserons avec nostalgie à combien c'était bien, un bonheur, aujourd'hui!? Et nous nous retrouverons tout con de ne pas y avoir songé
avant.

Quand j'étais petite, découvrant le monde et écoutant mon grand père ou mon oncle, je me disais que s'il y avait la guerre, moi, je partirais très loin, très vite... Aujourd'hui, je me sens
beaucoup plus bornée, et j'aurais du mal à bouger. J'ai du mal à bouger tout court. Mon âme de guerrière s'est envolée avec mes rêves d'enfant. Enfin, c'est ce que je crois, encore. Encore une
croyance ou une illusion à combattre.

Quant à la gamine bornée à 80 ans..Ha.. j'ai encore pas mal de marge!! Heureusement. J'vais laisser le temps au temps, comme on dit. Quel luxe!

Et un autre grand luxe est celui de poser ici des commentaires auxquels vous répondez toujours posément! Oui quel luxe!!! Depuis le temps! J'ai peur de vous user et d'abuser. Je me souviens
toujours de la première fois où j'me suis décidée, en me demandant "où tu vas la?". C'est vraiment comme dans un jardin! On sème une graine et hop! Ca pousse! Excellent Vieux Jade! Merci beaucoup
pour ça! Vous êtes un super jardinier dites-donc! c'est quoi le secret?


Vieux Jade 11/08/2011 07:36



J'ai un haricot magique !!!



Narf 10/08/2011 11:10


Plus je vieillis et plus je me rapproche de mes aïeux, eux qui ont connu la boucherie. C'est drôle comme involontairement, inconsciemment, inexorablement, croyant m'éloigner d'eux, je me découvre
de plus à plus sensible et reliée à ce qu'ils ont pû être et vivre. Jeu de boucles qui roulent sous le soleil ou spirale? Drôle de danse...


Vieux Jade 10/08/2011 15:00



En avançant dans le chemin de sa vie, on change, le regard sur soi et sur l'autre change. Heureusement. Rien de plus triste qu'un gamin borné de 80 ans.



Narf 10/08/2011 10:59


Il n'y a pas de rose sans fumier. Mais ouarff... quel nettoyage de se faire à cette idée... de l'envisager pleinement. Pouvons-nous nous y habituer un jour? Allons-nous découvrir de nouvelles
frontières? De nouvelles limites? Où sera le nouveau sous le soleil? Sous le soleil, en tout cas, ça c'est sûr.
Merci Vieux Jade. Belle journée ensoleillée à vous!


Vieux Jade 10/08/2011 14:59



Je lisais il y a peu que nous ne sommes pas séparés les uns des autres, ni du Tout, mais que nous vivons dans l'illusion d'être séparés. C'est quand cette illusion cesse que cesse la guerre.



Présentation

  • : Le jardin de Vieux Jade
  • : Arrivages du jour, légumes secs, mauvaises herbes, quelques trucs qui arrachent la gueule. Taupes, censeurs et culs bénits s'abstenir. Si vous cherchez des certitudes, c'est pas l'endroit.
  • Contact

Décidément rétif à l'ordre bestial, j'ai fixé ma résidence ailleurs, d'où j'observe le déroulement des temps infernaux, fumier des plus belles fleurs.  J'ai un jardin secret, où les plantes poussent toutes seules. Servez-vous, si le coeur vous en dit, sans tenir compte de la chronologie, car comme le mot le dit clairement, l'heure est un leurre.

 

Une précision concernant les commentaires : n'ayant pas toujours le temps ni l'énergie de répondre aux commentaires, ceux-ci restent ouverts, sans aucune garantie que j'y réponde. Je me réserve cependant le droit de sabrer les inconvenances, dont je reste seul juge.

 

Ici, je n'est pas un autre.

Recherche

Lave

Après l’explosion

Nul ne l’a sue

Le jour d’après

Coule la lave

Brûlent les cendres

Lave la lave

Mange la louve

Larmes sans sel

De régime

Cuit et recuit 

Frottent les cendres

Récurent

 

Pas encore nu,

Pas tout à fait ?

Restent des choses

Bien accrochées

Des salissures

De vieux fantômes

D’anciennes guerres

 

Qui peut le faire, si ce n'est toi ? 

 

Nettoie

 

Les notes glissent

Comme des larmes

Gouttes de feu

Sur la paroi

 

Qui m’a volé le cœur ?

Qui m’a trempé vivant,

Comme une lame ?

Qui m’a fouetté les yeux,

M’a déchiré le ventre

Me baisant les paupières

Et m’enduisant de baume,

Me prenant par la main,

Pour me conduire

Dehors ?

Les dits de Lao Yu

LE BUT DE LA QUÊTE EST DE N'AVOIR

NI BUT, NI QUÊTE

 

***

 

QUE SAIT-IL DE LA PESANTEUR,

CELUI QUI N'EST JAMAIS TOMBÉ ?

 

***

 

C'EST SOUVENT LORSQU'ELLE S'ENFUIT QU'ON PERÇOIT L'ESSENCE DE LA BEAUTÉ

 

***

 

LA MER A DES MILLIARDS DE VAGUES QUI BATTENT TOUS LES RIVAGES. OU EST LE CENTRE DE LA MER ?

 

***

 

CE QUI EST MORT N'A AUCUN POUVOIR SUR CE QUI EST VIVANT

SEULS LES MORTS CRAIGNENT LES MORTS

 

***

 

QUAND LE NID BRÛLE, LES OISEAUX S’ENVOLENT

 

***

 

C’EST DANS LA CHUTE QUE LES AILES POUSSENT

 

***

 

CE QUI PEUT ÊTRE PERDU EST SANS VALEUR

 

***

 

LA MAISON EST PLUS GRANDE QUE LA PORTE

 

***

 

L’ERREUR EST LA VOIE

 

***

 

LA ROUTE EST DURE A CELUI QUI BOÎTE

 

***

 

LA LUMIERE DE L’ETOILE EST DANS L’ŒIL QUI LA REGARDE

 

***

 

LES PETITS NOURRISSENT LES GRANDS

 

***

 

LES RICHES ONT UNE BOUCHE
MAIS PAS DE MAINS POUR LA REMPLIR

C’EST POURQUOI IL LEUR FAUT
DE NOMBREUX SERVITEURS ;


CEUX QUI ONT DE NOMBREUX SERVITEURS
NE SAURAIENT VIVRE SEULS,

CE SONT DONC DES PAUVRES ;


CELUI QUI PEUT VIVRE SANS SERVITEURS 
EST DONC LE VERITABLE RICHE.

 

***

 

VIVRE C’EST REVENIR SUR SES PAS

 

***

 

LA NUIT LAVE LE LINGE DU SOLEIL

 

***

 

LES RUISSEAUX EMPORTENT LES MONTAGNES

 

***

 

UNE EPINE DANS LE PIED DU GENERAL : L’ARMEE S’ARRÊTE


***
 


UN PORC EN HABITS DE SOIE RESTE UN PORC,
COMME UN DIAMANT DANS LE FUMIER

RESTE UN DIAMANT.

MAIS LA PLACE D’ UN DIAMANT

EST DANS UN ECRIN DE SOIE,

ET CELLE D’UN PORC DANS LE FUMIER.

 

***

 

COMME SEULE L’EAU ETANCHE LA SOIF,
SEULE LA JUSTICE COMBLE LA FAIM DE JUSTICE

 

***

 

DU COLIBRI A L’AIGLE, IL EXISTE DE NOMBREUX OISEAUX

 

***

 

LE DEDANS REGLE LE DEHORS

 

***

 

L’EPONGE BOIT LE VIN RENVERSÉ
ET LA ROSÉE DU MATIN

 

 

***  

 

LORSQU'IL DECOUVRE LE MIEL,

L'OURS OUBLIE LA PIQÛRE DES ABEILLES

 

 

 

 

 

 

 

 

Lisez-Moi Lisez Moi Lisez Moi

Des mots des mots des mots des

Quand à un livre je me livre , ce que je lis me délie.

 

 

Je me demande pourquoi on n'a pas encore une loi qui oblige à faire bouillir les bébés à la naissance, afin qu'ils soient parfaitement stérilisés.

 

Circuler, pour mieux s'ôter.

Toute notre vie, on attend une grande cause pour se lever, et on passe sa vie accroupi, à croupir.

Le lucane aime prendre l'R le soir à sa lucarne.

Ce qu’il y a de bien dans l’état de siège, c’est qu’on prend le temps de s’asseoir.

 

 

Les oiseaux sont les poissons du ciel,

nous en sommes les crabes


Heureux les déjantés, ils quitteront plus facilement la route commune!

 
L’argent n’a pas d’odeur, mais il y contribue.


Un vrai sosie, c’est invraisemblable.

   

Quand je grossis, je m’aigris ; et quand je m’aigris, je grossis.

   

Le temps, c’est de l’urgent.

   

Joindre l’utile au désagréable : se faire renverser par une ambulance.  

 

Le journal du paradis, c’est le Daily Cieux.

   

Yfaut et Yaka sont dans un bateau ; Yfaut tombe à l’eau, Yaka l’repêcher.

 

Chaque matin, s’ils ne sont pas morts, les vieux vont aux nouvelles.

 

Le poète a latitude d’explorer toutes les longitudes.

   

Etre réduit à la portion congrue, c’est fort peu. Moins, c’est incongru.

 

Peut-on dire de quelqu’un
dont la vie dépend des autres pour tout qu’il
est riche ?
La bouche est elle riche ?

Peut-on dire de quelqu’un
qui n’a rien à attendre des autres qu’il est pauvre ?
Les mains sont elles pauvres ?

 

Curieux comme mystique s’oppose à mastoc.

 

On a mis bien des ouvrages majeurs à l’index.

 

Quand le brouillard tombe, on voudrait qu’il se casse.

 

Au matin, la nuit tombe de sommeil.