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14 janvier 2014 2 14 /01 /janvier /2014 14:14

Copié d'un autre blog que jai eu :

 

Le folklore et les auteurs plus ou moins récents ont défini et décrit plusieurs sortes de troll.  

 

N'en étant pas spécialiste, ni particulièrement amateur, je n'en ferai pas l'inventaire. Leur nature générale est proche de la pierre. Ça suffit comme prémisses. 

 

Sans même parler du troll de l'ère informatique, il en existe tant que de cervelles enfièvrées. Lorsque l'on sait, comme chacun devrait le savoir, que tout ce qui a été imaginé une fois existe et fonde une réalité (synonyme : royaume, univers), on ne doutera pas que le monde - qui est une myriade de trilliards d'univers interconnectés - est un endroit d'une grande variété, contrairement à ce que les écraseurs de caboche modernes voudraient qu'on croie, afin de nous laisser demeurer à leur profit des demeurés serviles.

 

Mon propos porte sur un troll tout à fait spécifique : le troll des ponts. On en trouve une famille, si ma mémoire ne me trompe pas, dans "la Fille du roi des elfes", de ce brillant aristocrate et brillant esprit qu'était Lord Dunsany.

 

Le troll des ponts, comme les clochards, vit, comme son nom l'indique, sous les ponts. Il y dort, attendant en apnée le voyageur. Bien évidemment, il n'y en a plus depuis longtemps sous les ponts modernes continuellement enfourchés par un flot ininterrompu de passagers motorisés.

 

Quoi que... je n'ose pousser plus loin mon propos, de peur de donner naissance à un univers dans lequel certains trolls pourraient trouver le moyen quand même... passons, on voit assez d'horribles choses comme ça à l'ère républicaine.

 

Le troll ancien des ponts antiques et vermoulus, aux dents déchaussées, fondu aux pierres de l'arche, minéral, roupille pesamment, guettant la vibration infime qui annonce l'arrivée d'un convoi, d'un pélerin solitaire, d'une troupe d'éclaireurs, de paysans en goguette ou de bergères en bamboche.

 

Il étire alors ses membres gourds, se redresse, et pointe sa tête moussue à l'entrée du pont. Lorsque le ou les passants s'y sont engagés, il les hèle, et leur pose une question, à la manière du sphinx de Thèbes, une question à laquelle peu savent répondre. 

 

Et, comme le sphinx, il dévore aussi sec et sans état d'âme - a-t-il une âme ? - ceux qui ne savent pas.

 

Remarquons incidemment que la voie reste pourtant libre, puisque le troll, incapable a priori de par son énorme poids de franchir en un instant rivière et pont, ne peut en boucher à la fois les deux issues. Il y a donc une fois encore des questions pernicieuses à se poser, et par exemple : qu'est-ce qui empêche le voyageur surpris de fuir devant lui ? Nul doute, à moins qu'il ne travaille en équipe ou en famille, avec sa trollesse et ses trollmignons et mignonnes, que le troll des ponts est un magicien considérable.

     

Peut-être le troll du passé et le troll de l'avenir se donnent-ils la main ?

           

Si ce n'est pas le cas, si le troll, comme tout un chacun est bien là où il se trouve, c'est-à-dire, comme vous et moi, d'un seul côté du pont en un instant déterminé, alors, qui est le voyageur, suffisamment bête pour ne pas fuir à toutes jambes s'il ignore la réponse ? 

 

Comme nous, le troll a besoin de réponses. Il a faim de savoir, soif d'apprendre. Ce n'est pas forcément un être malfaisant. Comme nous tous, il est avide d'ingurgiter du neuf.

 

Il se contenterait volontiers d'une information qui lui permettrait de retourner méditer fructueusement sur le mystère du monde, et ainsi accroître son être.

 

Hélas, bien des voyageurs marchent sans but, et sans rien voir, comme marcheraient des robots absents qui courent après la queue du temps.

 

Alors, quand ils passent inconscients et les yeux vides, le troll les dépèce et dévore leur corps, en suce longuement les nerfs et les os, la moelle qu'elle contient, afin de patienter jusqu'à la prochaine occasion.

 

Comme chacun de nous, le troll n'attend que de rencontrer le passant qui l'éclairera définitivement. Alors, lui et les siens franchiront enfin le pont.

           

Le fameux pont qui sépare la matière pesante de l'esprit; ou l'état de mort où nous croyons vivre de la Vie. 

 

Pourquoi croyez-vous que le troll des ponts passe ainsi son temps à attendre sous les ponts ?

 

Une remarque : chacune de nos synapses est un pont. Sommes-nous pleins de minuscules trolls ?

 

Avant cette dernière remarque, j'en mets une avant-dernière, et puis une antépénultième : comment expliquer que le troll attende les réponses des autres, alors qu'il lui suffirait de se pencher sur son reflet dans l'eau de la rivière, et se regarder longuement, sans se laisser happer ? Et encore, pourquoi les trolls sont-ils si sales ?

 

J'arrête là. Il serait temps que tout le monde se pose les vraies questions.

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Published by Vieux Jade - dans compost
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commentaires

LLéa 16/01/2014 19:15


Coucou,


Merci Jade.


La fin du troll. :)


Grosses bises,

Présentation

  • : Le jardin de Vieux Jade
  • : Arrivages du jour, légumes secs, mauvaises herbes, quelques trucs qui arrachent la gueule. Taupes, censeurs et culs bénits s'abstenir. Si vous cherchez des certitudes, c'est pas l'endroit.
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Décidément rétif à l'ordre bestial, j'ai fixé ma résidence ailleurs, d'où j'observe le déroulement des temps infernaux, fumier des plus belles fleurs.  J'ai un jardin secret, où les plantes poussent toutes seules. Servez-vous, si le coeur vous en dit, sans tenir compte de la chronologie, car comme le mot le dit clairement, l'heure est un leurre.

 

Une précision concernant les commentaires : n'ayant pas toujours le temps ni l'énergie de répondre aux commentaires, ceux-ci restent ouverts, sans aucune garantie que j'y réponde. Je me réserve cependant le droit de sabrer les inconvenances, dont je reste seul juge.

 

Ici, je n'est pas un autre.

Recherche

Lave

Après l’explosion

Nul ne l’a sue

Le jour d’après

Coule la lave

Brûlent les cendres

Lave la lave

Mange la louve

Larmes sans sel

De régime

Cuit et recuit 

Frottent les cendres

Récurent

 

Pas encore nu,

Pas tout à fait ?

Restent des choses

Bien accrochées

Des salissures

De vieux fantômes

D’anciennes guerres

 

Qui peut le faire, si ce n'est toi ? 

 

Nettoie

 

Les notes glissent

Comme des larmes

Gouttes de feu

Sur la paroi

 

Qui m’a volé le cœur ?

Qui m’a trempé vivant,

Comme une lame ?

Qui m’a fouetté les yeux,

M’a déchiré le ventre

Me baisant les paupières

Et m’enduisant de baume,

Me prenant par la main,

Pour me conduire

Dehors ?

Les dits de Lao Yu

LE BUT DE LA QUÊTE EST DE N'AVOIR

NI BUT, NI QUÊTE

 

***

 

QUE SAIT-IL DE LA PESANTEUR,

CELUI QUI N'EST JAMAIS TOMBÉ ?

 

***

 

C'EST SOUVENT LORSQU'ELLE S'ENFUIT QU'ON PERÇOIT L'ESSENCE DE LA BEAUTÉ

 

***

 

LA MER A DES MILLIARDS DE VAGUES QUI BATTENT TOUS LES RIVAGES. OU EST LE CENTRE DE LA MER ?

 

***

 

CE QUI EST MORT N'A AUCUN POUVOIR SUR CE QUI EST VIVANT

SEULS LES MORTS CRAIGNENT LES MORTS

 

***

 

QUAND LE NID BRÛLE, LES OISEAUX S’ENVOLENT

 

***

 

C’EST DANS LA CHUTE QUE LES AILES POUSSENT

 

***

 

CE QUI PEUT ÊTRE PERDU EST SANS VALEUR

 

***

 

LA MAISON EST PLUS GRANDE QUE LA PORTE

 

***

 

L’ERREUR EST LA VOIE

 

***

 

LA ROUTE EST DURE A CELUI QUI BOÎTE

 

***

 

LA LUMIERE DE L’ETOILE EST DANS L’ŒIL QUI LA REGARDE

 

***

 

LES PETITS NOURRISSENT LES GRANDS

 

***

 

LES RICHES ONT UNE BOUCHE
MAIS PAS DE MAINS POUR LA REMPLIR

C’EST POURQUOI IL LEUR FAUT
DE NOMBREUX SERVITEURS ;


CEUX QUI ONT DE NOMBREUX SERVITEURS
NE SAURAIENT VIVRE SEULS,

CE SONT DONC DES PAUVRES ;


CELUI QUI PEUT VIVRE SANS SERVITEURS 
EST DONC LE VERITABLE RICHE.

 

***

 

VIVRE C’EST REVENIR SUR SES PAS

 

***

 

LA NUIT LAVE LE LINGE DU SOLEIL

 

***

 

LES RUISSEAUX EMPORTENT LES MONTAGNES

 

***

 

UNE EPINE DANS LE PIED DU GENERAL : L’ARMEE S’ARRÊTE


***
 


UN PORC EN HABITS DE SOIE RESTE UN PORC,
COMME UN DIAMANT DANS LE FUMIER

RESTE UN DIAMANT.

MAIS LA PLACE D’ UN DIAMANT

EST DANS UN ECRIN DE SOIE,

ET CELLE D’UN PORC DANS LE FUMIER.

 

***

 

COMME SEULE L’EAU ETANCHE LA SOIF,
SEULE LA JUSTICE COMBLE LA FAIM DE JUSTICE

 

***

 

DU COLIBRI A L’AIGLE, IL EXISTE DE NOMBREUX OISEAUX

 

***

 

LE DEDANS REGLE LE DEHORS

 

***

 

L’EPONGE BOIT LE VIN RENVERSÉ
ET LA ROSÉE DU MATIN

 

 

***  

 

LORSQU'IL DECOUVRE LE MIEL,

L'OURS OUBLIE LA PIQÛRE DES ABEILLES

 

 

 

 

 

 

 

 

Lisez-Moi Lisez Moi Lisez Moi

Des mots des mots des mots des

Quand à un livre je me livre , ce que je lis me délie.

 

 

Je me demande pourquoi on n'a pas encore une loi qui oblige à faire bouillir les bébés à la naissance, afin qu'ils soient parfaitement stérilisés.

 

Circuler, pour mieux s'ôter.

Toute notre vie, on attend une grande cause pour se lever, et on passe sa vie accroupi, à croupir.

Le lucane aime prendre l'R le soir à sa lucarne.

Ce qu’il y a de bien dans l’état de siège, c’est qu’on prend le temps de s’asseoir.

 

 

Les oiseaux sont les poissons du ciel,

nous en sommes les crabes


Heureux les déjantés, ils quitteront plus facilement la route commune!

 
L’argent n’a pas d’odeur, mais il y contribue.


Un vrai sosie, c’est invraisemblable.

   

Quand je grossis, je m’aigris ; et quand je m’aigris, je grossis.

   

Le temps, c’est de l’urgent.

   

Joindre l’utile au désagréable : se faire renverser par une ambulance.  

 

Le journal du paradis, c’est le Daily Cieux.

   

Yfaut et Yaka sont dans un bateau ; Yfaut tombe à l’eau, Yaka l’repêcher.

 

Chaque matin, s’ils ne sont pas morts, les vieux vont aux nouvelles.

 

Le poète a latitude d’explorer toutes les longitudes.

   

Etre réduit à la portion congrue, c’est fort peu. Moins, c’est incongru.

 

Peut-on dire de quelqu’un
dont la vie dépend des autres pour tout qu’il
est riche ?
La bouche est elle riche ?

Peut-on dire de quelqu’un
qui n’a rien à attendre des autres qu’il est pauvre ?
Les mains sont elles pauvres ?

 

Curieux comme mystique s’oppose à mastoc.

 

On a mis bien des ouvrages majeurs à l’index.

 

Quand le brouillard tombe, on voudrait qu’il se casse.

 

Au matin, la nuit tombe de sommeil.