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6 mai 2013 1 06 /05 /mai /2013 11:11

gorges du Tarn mai 2009 037 

Ce texte a été publié pour la première fois le 12 février 2010. Il reparaît parce qu'hier soir Mme VJ a fait un remarquable shuffle : Jean Ferrat chante Aragon, tome 2, Charles Trenet : les poètes descent dans la rue et les Kruger Brothers : Appalachian Concerto.

 

A l’ère du MP3, et vues mes maigres connaissances techniques je ne sais pas combien de temps durera cet art fugitif, mais j’apporte ici la preuve que rien n’arrête le plaisir, la joie, le bonheur de créer. La preuve que l’Esprit transcende les machines.

 

Pour cause de décès successifs, j’en suis à mon troisième ou quatrième lecteur de CDs, et j’ai eu du mal, lors du dernier renouvellement à trouver un lecteur de disques multiples, à lecture aléatoire, que l’anglais obligé nomme délicieusement « shuffle », le souffle, l’esprit.

 

L’expression française correspondante doit être : « au petit bonheur la chance ».

 

Je pose 3 disques dans la gueule de la bête et le hasard ou je ne sais quelle obscure détermination définit l’ordre de passage des morceaux.

 

Pratiqué sur un seul disque, ça casse les habitudes, les séries, ça permet d’appréhender des disques connus et archi-connus d’une manière neuve.  

 

Moi le rat de bibliothèque élevé au sérum ancien, je salue ici un bénéfice de la moderne magie que j’exècre souvent, et justement pour son automatisme.

 

Mais je n’ai parlé jusqu’ici que de hasard.

 

L’art, qui est entre les mains des hommes, naît de la rencontre inspirée de trois disques.

 

L’art de marier plusieurs œuvres musicales dans un désordre imprévisible fait appel aux génies (de la tradition, pas les petits génies de la phynance).

 

Le génie du savoir, le génie de l'anticipation, et le génie impalpable de la création, qui mettent en œuvre bien plus que notre conscient, lequel mélange je ne peux comparer qu’à l’art japonais de l’ikebana, art traditionnel de la composition florale.

 

La nature m’offre les plantes, je les contemple dans leur indicible beauté, les choisis, les cueille puis les assemble pour un instant unique dans une structure fugitive qui peut atteindre parfois un équilibre somptueux. Parfois non.

 

L’art du shuffle en est une expression technologique raffinée.

 

Des œuvres totalement étrangères l’une à l’autre, d'espèces différentes mais savamment élues peuvent soudain révéler des ponts jusque là invisibles, des liens insoupçonnés, et leur mariage les transcender, pour en faire une œuvre nouvelle et décuplée, unique, non reproductible.

 

C’est – pour moi -  la preuve que l’esprit souffle partout et transcende toutes les limites que nos pauvres habitudes de pensée voudraient lui assigner.

 

L’Esprit transcende les machines. L’Esprit souffle où il veut. Qui peut construire des murs assez hauts pour l’arrêter, le contenir ?

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Published by Vieux Jade - dans fleurs des champs
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commentaires

Marilou 17/05/2013 09:27


Hello LLéa, Elba, Mmes et Mrs !


V.J. !


Mince, j'ai pas pu mettre le commentaire sous la photo...


Bon, j'ai bien cherché mais pour l'instant pas de vébilocymocletteur, (ouf, dur à écrire pour mon cerveau !) et je n'ai trouvé que ce vélocyclette ! il n'y a donc pas de moteur...


Je continue de chercher des fois que sur "le boncoin", ou ailleurs... j'en trouve !


- Avez-vous des photos de votre côté LLéa ?


J'ai bien compris aussi que V.J. attend un double moteur dans sa tête pour être plus vélib' heu pardon, volubil' en ce moment...mais "ils",  sur le marché de l'Ether, n'en mettent
pas de nouveaux à notre disposition ! alors que faire ???  


Patientons...et bon courage !


 


Bise et bonne journée à vous toutes et tous !


 

Marilou 17/05/2013 09:05



LLéa 16/05/2013 23:31


Bonsoir,


 


Merci Marie. :)


 


Elba, je doute fort que "notre" Jade soit très interressé par une simple planche.


Par contre un Vébilocymocletteur pourrait lui faire envie de montrer son bout de nez! ;)


 


Agréable soirée a vous toutes et tous,

elba 16/05/2013 17:09


Merci à toi Lléa pour ces bulles de bonheur... Bon rétablissement à ta maman.


Je suis désolée, mais ne veux pas du skate : depuis que j'ai 60 ans (depuis très peu), je ne veux pas qu'il m'arrive la même chose qu'à elle. Tu devras donc trouver un autre acheteur... VJ, peut-être, s'il est plus souple que moi ? Tente le coup !


 


Merci à toi, Marie, pour les magnifiques poèmes...


Bisatous ! ♥

Marie 16/05/2013 17:01


Bonjour,


 


Ci-joint quelques textes en partage dont l'inspiration a traversé ma plume :


 


AMPLITUDE


 


De toute invraisemblance


Où se parcourt l'envers du décor


Il me faut demander


La nature qui lie


Et relie toutes ces âmes en peine ...


A-t-elle cette science 


Que le con anoblit


Pour que naisse conscience


En germe d'harmonie ?


 


De simples idéaux déformés


Ont terni la pureté de son cri


Et la malmènent encore, encore et encore


Jusqu'à tant de passion,


Tant de rêve tant de vie


 


Que les mots de lettres rondement formées


Apprivoisent le sens


En mille expressions


Maintes fois renouvelées


Qui nous mènent un à un


En l'ombre d'une incontournable liberté


 


En l'instant et pour peu


M'autorise à traduire ...


 


Pourquoi nous faut-il


A nous petits humains


Blesser ainsi nos frères de lumière ?


Pour longtemps pour combien


Et pour quelles croyances


Laisserons-nous l'oubli embrumer nos consciences ?


 


De mêmes illusions


En identiques passions


Sommes tant d'âmes en perdition


Jusqu'au seuil du vide 


Et enfin nous voilà


Désarmés dénudés


En un ultime face à face


Sans fenêtre vers demain


 


Et pourtant


L'espoir ne se meurt


Bien au-delà de l'un


Aussi grand, autant vivant


Que peuvent libérer ces peuples


D'un ample mouvement


Et de tant de dialectes


Aujourd'hui il réunit nos voix


 


                     Marie BOIKSIL


 


 


LE PASSAGE


 


Le temps passe et trépasse


Au fil des pages du livre


Se donne et se reprend


Comme la vie dans l'instant


Savoir ou pas ne l'intéresse nullement


 


Combien de mots, combien de larmes


Ont-ils coulé le long des drames


S'apercevoir de ce qui est


A bout de souffle sans un regret ?


 


Aimer à en mourir


Pour qui, pour quoi ?


Sans effet ni sujet


Le verbe se libère


De son sommeil d'antan


Je te aime tant !


Seul le rire, la musique et la danse


Les notes, les pas, les voix


Se mélangent, ne font qu'un


Où hier n'est plus


Et pas même demain


 


Que la joie qui respire


Enfle et grandisse sans bruit


A ne plus respecter


Les limites de l'ennui


Se dispersent et se tendent


En vibrations discrètes


Et parvenir au centre


Du grondement intérieur


Où mille et une couleurs


 


Il n'est besoin de rien


A l'accordéoniste


Qu'accords, harmonies et rythmes


Au-delà du temps, des mots ...


Que s'ouvrent les portes


Et souffle le vent


Pirouette !


 


                      Marie BOIKSIL


 


                     "Chaque instant est toute une vie


                      demain est un autre aujourd'hui" 


                                                 (G.MOUSTAKI)


 


LOIN DE LA-BAS


 


Et moi j'entends les voix qui s'élèvent et le vent qui gronde


Je crie le nom de mes pairs et masque mes larmes


Je n'en peux plus de vomir la honte qui arrache les tripes


Je marche loin de là-bas ... hors sol


Celui que ne foule aucun de mes pas


J'emporte au sein de ma féminité l'enfant


Celui aux mille visages et à l'unique saison où fuit le temps du devenir


Je croise le fer de mes incertitudes et rends toutes les armes


Je libère les notes et de vibrantes rages anime la passion


Je cherche la main nue que seul délivre le vivant


Et moi j'entends les voix qui s'élèvent et le vent qui gronde ...


 


                                                       
           Marie BOIKSIL


 


Là, un tendre hommage au Grand Poète 


 


L'ALCHIMISTE


 


La joie des retrouvailles achève le tableau d'un guide à lui-même perdu


Mais où donc vas-tu, étrange personnage ?


D'une question tu agrandis l'espace et d'un chant tu allèges ta besace


 


As-tu reçu ma peur du dedans alors qu'hier encor' tu fuyais l'entendement ?


Les pas grandissent se croisent atteignent l'horizon


D'un gaillard poilu au regard si clair qu'aucun n'a jamais su


 


Le noir s'est cassé loin de sa dynastie finie la grandeur à hauteur d'une vie


Aucun besoin que celui de pleurer


Annonce d'impalpables malices à vent d'éternité


                                               A toi, Jean de la
Montagne ...


 


                                               Marie BOIKSIL


 


Bonne route à tou(te)s, je reviendrai te lire, Vieux Jade, que nos chemins se croisent et s'accompagnent ...


Marie


 


 


 


 

Présentation

  • : Le jardin de Vieux Jade
  • : Arrivages du jour, légumes secs, mauvaises herbes, quelques trucs qui arrachent la gueule. Taupes, censeurs et culs bénits s'abstenir. Si vous cherchez des certitudes, c'est pas l'endroit.
  • Contact

Décidément rétif à l'ordre bestial, j'ai fixé ma résidence ailleurs, d'où j'observe le déroulement des temps infernaux, fumier des plus belles fleurs.  J'ai un jardin secret, où les plantes poussent toutes seules. Servez-vous, si le coeur vous en dit, sans tenir compte de la chronologie, car comme le mot le dit clairement, l'heure est un leurre.

 

Une précision concernant les commentaires : n'ayant pas toujours le temps ni l'énergie de répondre aux commentaires, ceux-ci restent ouverts, sans aucune garantie que j'y réponde. Je me réserve cependant le droit de sabrer les inconvenances, dont je reste seul juge.

 

Ici, je n'est pas un autre.

Recherche

Lave

Après l’explosion

Nul ne l’a sue

Le jour d’après

Coule la lave

Brûlent les cendres

Lave la lave

Mange la louve

Larmes sans sel

De régime

Cuit et recuit 

Frottent les cendres

Récurent

 

Pas encore nu,

Pas tout à fait ?

Restent des choses

Bien accrochées

Des salissures

De vieux fantômes

D’anciennes guerres

 

Qui peut le faire, si ce n'est toi ? 

 

Nettoie

 

Les notes glissent

Comme des larmes

Gouttes de feu

Sur la paroi

 

Qui m’a volé le cœur ?

Qui m’a trempé vivant,

Comme une lame ?

Qui m’a fouetté les yeux,

M’a déchiré le ventre

Me baisant les paupières

Et m’enduisant de baume,

Me prenant par la main,

Pour me conduire

Dehors ?

Les dits de Lao Yu

LE BUT DE LA QUÊTE EST DE N'AVOIR

NI BUT, NI QUÊTE

 

***

 

QUE SAIT-IL DE LA PESANTEUR,

CELUI QUI N'EST JAMAIS TOMBÉ ?

 

***

 

C'EST SOUVENT LORSQU'ELLE S'ENFUIT QU'ON PERÇOIT L'ESSENCE DE LA BEAUTÉ

 

***

 

LA MER A DES MILLIARDS DE VAGUES QUI BATTENT TOUS LES RIVAGES. OU EST LE CENTRE DE LA MER ?

 

***

 

CE QUI EST MORT N'A AUCUN POUVOIR SUR CE QUI EST VIVANT

SEULS LES MORTS CRAIGNENT LES MORTS

 

***

 

QUAND LE NID BRÛLE, LES OISEAUX S’ENVOLENT

 

***

 

C’EST DANS LA CHUTE QUE LES AILES POUSSENT

 

***

 

CE QUI PEUT ÊTRE PERDU EST SANS VALEUR

 

***

 

LA MAISON EST PLUS GRANDE QUE LA PORTE

 

***

 

L’ERREUR EST LA VOIE

 

***

 

LA ROUTE EST DURE A CELUI QUI BOÎTE

 

***

 

LA LUMIERE DE L’ETOILE EST DANS L’ŒIL QUI LA REGARDE

 

***

 

LES PETITS NOURRISSENT LES GRANDS

 

***

 

LES RICHES ONT UNE BOUCHE
MAIS PAS DE MAINS POUR LA REMPLIR

C’EST POURQUOI IL LEUR FAUT
DE NOMBREUX SERVITEURS ;


CEUX QUI ONT DE NOMBREUX SERVITEURS
NE SAURAIENT VIVRE SEULS,

CE SONT DONC DES PAUVRES ;


CELUI QUI PEUT VIVRE SANS SERVITEURS 
EST DONC LE VERITABLE RICHE.

 

***

 

VIVRE C’EST REVENIR SUR SES PAS

 

***

 

LA NUIT LAVE LE LINGE DU SOLEIL

 

***

 

LES RUISSEAUX EMPORTENT LES MONTAGNES

 

***

 

UNE EPINE DANS LE PIED DU GENERAL : L’ARMEE S’ARRÊTE


***
 


UN PORC EN HABITS DE SOIE RESTE UN PORC,
COMME UN DIAMANT DANS LE FUMIER

RESTE UN DIAMANT.

MAIS LA PLACE D’ UN DIAMANT

EST DANS UN ECRIN DE SOIE,

ET CELLE D’UN PORC DANS LE FUMIER.

 

***

 

COMME SEULE L’EAU ETANCHE LA SOIF,
SEULE LA JUSTICE COMBLE LA FAIM DE JUSTICE

 

***

 

DU COLIBRI A L’AIGLE, IL EXISTE DE NOMBREUX OISEAUX

 

***

 

LE DEDANS REGLE LE DEHORS

 

***

 

L’EPONGE BOIT LE VIN RENVERSÉ
ET LA ROSÉE DU MATIN

 

 

***  

 

LORSQU'IL DECOUVRE LE MIEL,

L'OURS OUBLIE LA PIQÛRE DES ABEILLES

 

 

 

 

 

 

 

 

Lisez-Moi Lisez Moi Lisez Moi

Des mots des mots des mots des

Quand à un livre je me livre , ce que je lis me délie.

 

 

Je me demande pourquoi on n'a pas encore une loi qui oblige à faire bouillir les bébés à la naissance, afin qu'ils soient parfaitement stérilisés.

 

Circuler, pour mieux s'ôter.

Toute notre vie, on attend une grande cause pour se lever, et on passe sa vie accroupi, à croupir.

Le lucane aime prendre l'R le soir à sa lucarne.

Ce qu’il y a de bien dans l’état de siège, c’est qu’on prend le temps de s’asseoir.

 

 

Les oiseaux sont les poissons du ciel,

nous en sommes les crabes


Heureux les déjantés, ils quitteront plus facilement la route commune!

 
L’argent n’a pas d’odeur, mais il y contribue.


Un vrai sosie, c’est invraisemblable.

   

Quand je grossis, je m’aigris ; et quand je m’aigris, je grossis.

   

Le temps, c’est de l’urgent.

   

Joindre l’utile au désagréable : se faire renverser par une ambulance.  

 

Le journal du paradis, c’est le Daily Cieux.

   

Yfaut et Yaka sont dans un bateau ; Yfaut tombe à l’eau, Yaka l’repêcher.

 

Chaque matin, s’ils ne sont pas morts, les vieux vont aux nouvelles.

 

Le poète a latitude d’explorer toutes les longitudes.

   

Etre réduit à la portion congrue, c’est fort peu. Moins, c’est incongru.

 

Peut-on dire de quelqu’un
dont la vie dépend des autres pour tout qu’il
est riche ?
La bouche est elle riche ?

Peut-on dire de quelqu’un
qui n’a rien à attendre des autres qu’il est pauvre ?
Les mains sont elles pauvres ?

 

Curieux comme mystique s’oppose à mastoc.

 

On a mis bien des ouvrages majeurs à l’index.

 

Quand le brouillard tombe, on voudrait qu’il se casse.

 

Au matin, la nuit tombe de sommeil.