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18 février 2011 5 18 /02 /février /2011 13:57

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Le Christ disait : si tu as la foi gros comme la moitié d'une cacahuète, dis à cette montagne "jette-toi dans la mer" et elle le fera.

 

La montagne ne répond pas : je mets mon maillot et j'arrive, non. Toutes les montagnes finissent à la mer, c'est leur destinée, mais ça va moins vite que ça. Par un phénomène qui nous dépasse et qu'on appelle "érosion".

 

L'érosion, c'est l'acharnement continuel de petites et de grandes pluies qui la lavent des souillures des hommes et du caca des bêtes, toujours naturellement sans gêne, la caresse appuyée du vent qui la fait frémir dans ses interstices, la pression du gel et la brûlure amoureuse du soleil; immuablement, ces comparses érotiques, très anciens sextoys la labourent et la baisent tour à tour, jusqu'à ce qu'enfin devenue sable roulé, lavé et relavé, rompue, elle serve de plage aux hordes frénétiques des citadins en liberté surveillée en attendant qu'un gigantesque tsunami nettoie tout.

 

Tout va à son but. Le but de la montagne, c'est la mer.

 

Ce que le Christ ajoute, c'est l'intention. L'intention accélère, ou peut accélérer le mouvement. Les fakirs qui font germer une graine en une heure pour en faire une plante aboutie y parviennent. Quel fakir est prêt à le faire sur un hectare ?

 

Nous pouvons changer le monde. Nous avons ce pouvoir. Le Christ l'a dit, et beaucoup le disent encore. Mais c'est par la patience que les choses changent, l'intention, l'application soutenue des jours et des jours.

 

La révolte des tunisiens ou des égyptiens n'a pas duré une heure. Ben ali s'est jeté à la mer, parce que des semaines entières, l'effort n'a pas faibli. Dans le monde matériel où nous sommes descendus, rien de durable ou de grand ne se fait en un clin d'oeil.

 

Certains disent que répété 21 jours durant, un acte devient inhérent, gravé dans la chair et acquiert un pouvoir.

 

Nous pouvons changer ce monde. Nous pouvons individuellement changer notre existence, transformer un fardeau en cadeau, un enfer personnel en jardin. Ensemble, et nous sommes nombreux, nous pouvons changer le monde.

 

Mais il en est comme de la météo. A son travail, Mme VJ assiste à de sempiternelles réunions au cours desquelles chacun est censé dire ce qu'il souhaiterait. Rien ne change jamais. Ce que l'un voudrait, l'autre n'en veut pas. Des millions de petits bonshommes fermés à tout ce qui n'est pas eux, et qui parlent, parlent, parlent et dorment en rond.

 

Ce que nous devons savoir, le plus petit dénominateur commun, c'est ce dont nous ne voulons plus, dont nul ne veut plus. D'abord. Plus de meurtre, de violence, de mensonge, de chantage. En pratique, chez soi, ça commence par ne plus tuer le voisin derrière son dos, ne plus malmener les enfants et le conjoint, dire toujours la vérité, cesser les stratégies. Lorsque ce comportement nous est devenu naturel, le monde a changé. Gagné. La montagne a déjà un pied dans la mer, ou l'ongle du petit orteil.

 

Lorsque je change, l'autre change aussi. Parfois en pire.

 

Si tous nous cessons de mentir, d'assassiner, d'empoisonner, ce mouvement induit un déséquilibre qui effraie les gens bien assis sur leurs avoirs et leurs habitudes. Ayant peur, ils s'énervent et lâchent les chiens. Ce qu'a fait benali, avant de partir comme une diarrhée chez ses collègues mafieux d'arabie séoudite.

 

Mais la montagne n'a pas fondu. Les tunisiens, les égyptiens doivent veiller et veiller encore, car d'autres loups sont prêts à entrer dans leur bergerie.

 

Dans le monde d'aujourd'hui, des millions de consciences ne veulent plus du modèle ancien. Mais chacun voudrait sa petite météo à lui.

 

La vraie foi, me semble-t-il, est celle qui sait ce dont elle ne veut pas, mais laisse la porte ouverte à ce qui advient, sans cliquer sans cesse sur la touche : beau temps.

 

Car ce qui advient est toujours supérieur à tout ce que les hommes peuvent désirer.

 

 

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Published by Vieux Jade - dans aromates
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commentaires

Benoit 19/02/2011 09:22


Salutations Vieux Jade,

Ainsi qu'a vous qui passez en ces terres.

Seule une conscience unifiée peut nous conduire à nous comporter comme un seul être. L'égo est notre gardien du seuil, le maton de notre prison charnelle, qui ne nous autorise la perception du réel
que par nos simples 5 sens, le 6em étant le fait de savoir qu'il y a un au-delà des murs.


Vieux Jade 19/02/2011 10:52



Bonne définition du 6ème sens, en vérité. Percutant. Alors bien des gens n'ont que 5 sens. Ça explique bien des comportements. Merci.



danielleg 19/02/2011 08:11


A,patience,intention,et application soutenue on peut rajouter,honnêteté,sincèrité et détachement!
Quels Zoms et quelles fames!!!
Mazette!


Vieux Jade 19/02/2011 10:50



Bon ouikinde



Nedallen 18/02/2011 16:11


BRAVO !

En version choix d'autonomie (s), nous avons installé Chauffe-eau solaire, puis éolienne, sur batteries pour ne pas dépendre de Énergie De Foutaises, puis des panneaux solaires pour compléter, puis
de la récupération d'eau de pluie de nos toits, et des bois pour alimenter le poêle ... et tout s'est fait tranquillement !

Et quand il pleut nous sommes content de remplir les citernes, et quand il fait beau soleil nous sommes heureux de renouveler le stock dans les batteries, et quand il y a du vent c'est pareil..;
Nous avons enfin appris à prendre la météo comme elle vient. Nue et complète !


Vieux Jade 18/02/2011 18:30



J'ai ouï dire que la durée de vie des batteries était limitée ?


"Nous avons enfin appris à prendre la météo comme elle vient. Nue et complète ! " Bravo.



Présentation

  • : Le jardin de Vieux Jade
  • : Arrivages du jour, légumes secs, mauvaises herbes, quelques trucs qui arrachent la gueule. Taupes, censeurs et culs bénits s'abstenir. Si vous cherchez des certitudes, c'est pas l'endroit.
  • Contact

Décidément rétif à l'ordre bestial, j'ai fixé ma résidence ailleurs, d'où j'observe le déroulement des temps infernaux, fumier des plus belles fleurs.  J'ai un jardin secret, où les plantes poussent toutes seules. Servez-vous, si le coeur vous en dit, sans tenir compte de la chronologie, car comme le mot le dit clairement, l'heure est un leurre.

 

Une précision concernant les commentaires : n'ayant pas toujours le temps ni l'énergie de répondre aux commentaires, ceux-ci restent ouverts, sans aucune garantie que j'y réponde. Je me réserve cependant le droit de sabrer les inconvenances, dont je reste seul juge.

 

Ici, je n'est pas un autre.

Recherche

Lave

Après l’explosion

Nul ne l’a sue

Le jour d’après

Coule la lave

Brûlent les cendres

Lave la lave

Mange la louve

Larmes sans sel

De régime

Cuit et recuit 

Frottent les cendres

Récurent

 

Pas encore nu,

Pas tout à fait ?

Restent des choses

Bien accrochées

Des salissures

De vieux fantômes

D’anciennes guerres

 

Qui peut le faire, si ce n'est toi ? 

 

Nettoie

 

Les notes glissent

Comme des larmes

Gouttes de feu

Sur la paroi

 

Qui m’a volé le cœur ?

Qui m’a trempé vivant,

Comme une lame ?

Qui m’a fouetté les yeux,

M’a déchiré le ventre

Me baisant les paupières

Et m’enduisant de baume,

Me prenant par la main,

Pour me conduire

Dehors ?

Les dits de Lao Yu

LE BUT DE LA QUÊTE EST DE N'AVOIR

NI BUT, NI QUÊTE

 

***

 

QUE SAIT-IL DE LA PESANTEUR,

CELUI QUI N'EST JAMAIS TOMBÉ ?

 

***

 

C'EST SOUVENT LORSQU'ELLE S'ENFUIT QU'ON PERÇOIT L'ESSENCE DE LA BEAUTÉ

 

***

 

LA MER A DES MILLIARDS DE VAGUES QUI BATTENT TOUS LES RIVAGES. OU EST LE CENTRE DE LA MER ?

 

***

 

CE QUI EST MORT N'A AUCUN POUVOIR SUR CE QUI EST VIVANT

SEULS LES MORTS CRAIGNENT LES MORTS

 

***

 

QUAND LE NID BRÛLE, LES OISEAUX S’ENVOLENT

 

***

 

C’EST DANS LA CHUTE QUE LES AILES POUSSENT

 

***

 

CE QUI PEUT ÊTRE PERDU EST SANS VALEUR

 

***

 

LA MAISON EST PLUS GRANDE QUE LA PORTE

 

***

 

L’ERREUR EST LA VOIE

 

***

 

LA ROUTE EST DURE A CELUI QUI BOÎTE

 

***

 

LA LUMIERE DE L’ETOILE EST DANS L’ŒIL QUI LA REGARDE

 

***

 

LES PETITS NOURRISSENT LES GRANDS

 

***

 

LES RICHES ONT UNE BOUCHE
MAIS PAS DE MAINS POUR LA REMPLIR

C’EST POURQUOI IL LEUR FAUT
DE NOMBREUX SERVITEURS ;


CEUX QUI ONT DE NOMBREUX SERVITEURS
NE SAURAIENT VIVRE SEULS,

CE SONT DONC DES PAUVRES ;


CELUI QUI PEUT VIVRE SANS SERVITEURS 
EST DONC LE VERITABLE RICHE.

 

***

 

VIVRE C’EST REVENIR SUR SES PAS

 

***

 

LA NUIT LAVE LE LINGE DU SOLEIL

 

***

 

LES RUISSEAUX EMPORTENT LES MONTAGNES

 

***

 

UNE EPINE DANS LE PIED DU GENERAL : L’ARMEE S’ARRÊTE


***
 


UN PORC EN HABITS DE SOIE RESTE UN PORC,
COMME UN DIAMANT DANS LE FUMIER

RESTE UN DIAMANT.

MAIS LA PLACE D’ UN DIAMANT

EST DANS UN ECRIN DE SOIE,

ET CELLE D’UN PORC DANS LE FUMIER.

 

***

 

COMME SEULE L’EAU ETANCHE LA SOIF,
SEULE LA JUSTICE COMBLE LA FAIM DE JUSTICE

 

***

 

DU COLIBRI A L’AIGLE, IL EXISTE DE NOMBREUX OISEAUX

 

***

 

LE DEDANS REGLE LE DEHORS

 

***

 

L’EPONGE BOIT LE VIN RENVERSÉ
ET LA ROSÉE DU MATIN

 

 

***  

 

LORSQU'IL DECOUVRE LE MIEL,

L'OURS OUBLIE LA PIQÛRE DES ABEILLES

 

 

 

 

 

 

 

 

Lisez-Moi Lisez Moi Lisez Moi

Des mots des mots des mots des

Quand à un livre je me livre , ce que je lis me délie.

 

 

Je me demande pourquoi on n'a pas encore une loi qui oblige à faire bouillir les bébés à la naissance, afin qu'ils soient parfaitement stérilisés.

 

Circuler, pour mieux s'ôter.

Toute notre vie, on attend une grande cause pour se lever, et on passe sa vie accroupi, à croupir.

Le lucane aime prendre l'R le soir à sa lucarne.

Ce qu’il y a de bien dans l’état de siège, c’est qu’on prend le temps de s’asseoir.

 

 

Les oiseaux sont les poissons du ciel,

nous en sommes les crabes


Heureux les déjantés, ils quitteront plus facilement la route commune!

 
L’argent n’a pas d’odeur, mais il y contribue.


Un vrai sosie, c’est invraisemblable.

   

Quand je grossis, je m’aigris ; et quand je m’aigris, je grossis.

   

Le temps, c’est de l’urgent.

   

Joindre l’utile au désagréable : se faire renverser par une ambulance.  

 

Le journal du paradis, c’est le Daily Cieux.

   

Yfaut et Yaka sont dans un bateau ; Yfaut tombe à l’eau, Yaka l’repêcher.

 

Chaque matin, s’ils ne sont pas morts, les vieux vont aux nouvelles.

 

Le poète a latitude d’explorer toutes les longitudes.

   

Etre réduit à la portion congrue, c’est fort peu. Moins, c’est incongru.

 

Peut-on dire de quelqu’un
dont la vie dépend des autres pour tout qu’il
est riche ?
La bouche est elle riche ?

Peut-on dire de quelqu’un
qui n’a rien à attendre des autres qu’il est pauvre ?
Les mains sont elles pauvres ?

 

Curieux comme mystique s’oppose à mastoc.

 

On a mis bien des ouvrages majeurs à l’index.

 

Quand le brouillard tombe, on voudrait qu’il se casse.

 

Au matin, la nuit tombe de sommeil.