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23 mai 2011 1 23 /05 /mai /2011 17:34

Jean Giono écrivait avant la 2ème grande boucherie du 20ème siècle une "Lettre ouverte aux Paysans", par laquelle il les accusait d'avoir vendu leur âme au diable.

 

Ce fameux diable industriel qui fourguait d'une main des machines infernales qui ont ravagé les paysages, de l'autre en finançait l'achat par le moyen des dépôts d'or qu'il encourageait à faire dans ses succursales.

 

L'intérêt versé sur les sommes déposées n'était jamais que la contrepartie des intérêts pris sur les sommes prêtées.

On n'y a vu que du feu. Le feu de l'enfer, bien sûr.

 

Puis le feu, on l'a versé et on le verse sans cesse sur la terre, le feu des engrais, le feu des désherbants et autres traitements, le feu des antibiotiques, le feu du pétrole sous toutes ses formes, de l'enfer encore, puisque le pétrole vient d'en bas.

 

Ce n'est pas nouveau, chacun le sait.

 

Ce qui l'est plus, c'est que la spéculation sur les denrées alimentaires, descendue de l'Olympe financier arrive sur le terrain.

 

Jusque là, les spéculateurs jouaient plus ou moins sur les stocks ou des récoltes bien avancées. C'est fini. Depuis quelques années, des producteurs de céréales - je n'appelle plus ces gens là paysans ou même agriculteurs - des industriels de la quantité se sont mis à jouer au poker, et à vendre par contrat des récoltes à peine semées.

 

Au début, ça concernait les plus gros de ces gens, les plus riches, les mieux organisés, les bien informés, les seigneurs.

 

Puis ça s'est généralisé. La fièvre de l'or est arrivée dans les exploitations moyennes. L'hiver dernier, les stockeurs ont prospecté toutes les fermes ou presque, incitant les producteurs à vendre par avance leur production 2011 à des prix alléchants.

 

Beaucoup s'y sont risqué. Je ne les condamne pas, ils sont pris dans le vertige incessant des augmentations de charges, doivent faire des économies sur tout, redoutent, comme cela s'est produit à plusieurs reprises ces dernières années, un effondrement des cours qui fait toujours la fortune des plus gros requins, et leur ruine subséquente.

 

Les plus prudents ont vendu par contrat 10, 20, 25% de la récolte à venir.

 

Mais d'autres ont joué beaucoup plus, jusqu'à 80%, ai-je entendu.

 

Comme c'est toujours le diable qui gagne, au poker, voici que le ciel est désespérément avare de la moindre goutte d'eau, et les prévisions de récolte baissent de jour en jour. Certains ne récolteront rien.

 

Or, un contrat, c'est un contrat. Lorsqu'on promet de céder une certaine quantité de céréales, il faut s'exécuter, le jour venu. Et lorsqu'on en est incapable, il faut racheter les quantités manquantes, au prix du marché. Et dans un marché déficitaire, on rachète très cher, très très cher, ce qu'on croyait avoir bien vendu.

 

Certains y laisseront tout ce qu'ils croyaient avoir, plus le reste, qui n'est pas quantifiable.

 

Le diable n'existe pas, bien sûr. C'est un conte. Mais tous les mécanismes de la peur, de l'ambition et de la cupidité, oui.

 

Le rôle assigné à ce diable qui n'existe pas, c'est de nous montrer le fruit de nos actes.

 

La Révélation continue son chemin dans les larmes.

 

 

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Published by Vieux Jade - dans attention ça pique
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commentaires

danielleg 25/05/2011 11:17


Petite question,Jade!
Pouvez vous me dire si la bouillie bordelaise tue les coccinelles?
Merci!


Vieux Jade 25/05/2011 20:56



Bonsoir, je ne le sais pas, mais je présume que oui. C'est toxique pour nos poumons, notre peau, nos yeux. Bonne soirée à vous.



Narf 23/05/2011 23:30


Fort, très fort... décidémment... je ne connaissais pas ces contrats... aïe, cela est très inquiétant... sècheresse programmée? Je pense automatiquement chemtrails ...enfin, simple hypothèse,
puisque je ne sais rien...
Dans la huitième play-list je découvre Eric Bibb: je l'ai vu en concert il y a 3 ou 4 ans... un immense rassemblement dans la ferme d'un maraîcher bio du coin, passionné aussi, de jazz et de
musique... il anime une émission tous les mardis soirs sur la radio "libre" locale... pas libre mais bien en marge et avec de la super musique et bourrée de gens qui ouvrent leurs yeux, leurs
coeurs, leurs gueules..gentillement. Il en restent...

Je remets là un lien sur un vol d'oiseau donné par David chez Ferlin... ce vol danse et prend une multitude de formes changeantes... comme la vie.
http://www.youtube.com/watch?v=5v52BN8YaUU


Vieux Jade 25/05/2011 07:38



Incroyable. J'ai eu 2 ou 3 ans un dortoir d'étourneaux dans mon jardin, à 5 m de ma fenêtre, puis ils ne sont pas revenus. Maintenant, c'est colonisé par les moineaux.



chantalouette 23/05/2011 21:10


L'hypothèse se tient,
si çà arrive çà sera une catastrophe aggravée par la spéculation, comme la crises des subprimes.
Bises a tous les deux


Vieux Jade 25/05/2011 07:34



Bizossi, merci.



Présentation

  • : Le jardin de Vieux Jade
  • : Arrivages du jour, légumes secs, mauvaises herbes, quelques trucs qui arrachent la gueule. Taupes, censeurs et culs bénits s'abstenir. Si vous cherchez des certitudes, c'est pas l'endroit.
  • Contact

Décidément rétif à l'ordre bestial, j'ai fixé ma résidence ailleurs, d'où j'observe le déroulement des temps infernaux, fumier des plus belles fleurs.  J'ai un jardin secret, où les plantes poussent toutes seules. Servez-vous, si le coeur vous en dit, sans tenir compte de la chronologie, car comme le mot le dit clairement, l'heure est un leurre.

 

Une précision concernant les commentaires : n'ayant pas toujours le temps ni l'énergie de répondre aux commentaires, ceux-ci restent ouverts, sans aucune garantie que j'y réponde. Je me réserve cependant le droit de sabrer les inconvenances, dont je reste seul juge.

 

Ici, je n'est pas un autre.

Recherche

Lave

Après l’explosion

Nul ne l’a sue

Le jour d’après

Coule la lave

Brûlent les cendres

Lave la lave

Mange la louve

Larmes sans sel

De régime

Cuit et recuit 

Frottent les cendres

Récurent

 

Pas encore nu,

Pas tout à fait ?

Restent des choses

Bien accrochées

Des salissures

De vieux fantômes

D’anciennes guerres

 

Qui peut le faire, si ce n'est toi ? 

 

Nettoie

 

Les notes glissent

Comme des larmes

Gouttes de feu

Sur la paroi

 

Qui m’a volé le cœur ?

Qui m’a trempé vivant,

Comme une lame ?

Qui m’a fouetté les yeux,

M’a déchiré le ventre

Me baisant les paupières

Et m’enduisant de baume,

Me prenant par la main,

Pour me conduire

Dehors ?

Les dits de Lao Yu

LE BUT DE LA QUÊTE EST DE N'AVOIR

NI BUT, NI QUÊTE

 

***

 

QUE SAIT-IL DE LA PESANTEUR,

CELUI QUI N'EST JAMAIS TOMBÉ ?

 

***

 

C'EST SOUVENT LORSQU'ELLE S'ENFUIT QU'ON PERÇOIT L'ESSENCE DE LA BEAUTÉ

 

***

 

LA MER A DES MILLIARDS DE VAGUES QUI BATTENT TOUS LES RIVAGES. OU EST LE CENTRE DE LA MER ?

 

***

 

CE QUI EST MORT N'A AUCUN POUVOIR SUR CE QUI EST VIVANT

SEULS LES MORTS CRAIGNENT LES MORTS

 

***

 

QUAND LE NID BRÛLE, LES OISEAUX S’ENVOLENT

 

***

 

C’EST DANS LA CHUTE QUE LES AILES POUSSENT

 

***

 

CE QUI PEUT ÊTRE PERDU EST SANS VALEUR

 

***

 

LA MAISON EST PLUS GRANDE QUE LA PORTE

 

***

 

L’ERREUR EST LA VOIE

 

***

 

LA ROUTE EST DURE A CELUI QUI BOÎTE

 

***

 

LA LUMIERE DE L’ETOILE EST DANS L’ŒIL QUI LA REGARDE

 

***

 

LES PETITS NOURRISSENT LES GRANDS

 

***

 

LES RICHES ONT UNE BOUCHE
MAIS PAS DE MAINS POUR LA REMPLIR

C’EST POURQUOI IL LEUR FAUT
DE NOMBREUX SERVITEURS ;


CEUX QUI ONT DE NOMBREUX SERVITEURS
NE SAURAIENT VIVRE SEULS,

CE SONT DONC DES PAUVRES ;


CELUI QUI PEUT VIVRE SANS SERVITEURS 
EST DONC LE VERITABLE RICHE.

 

***

 

VIVRE C’EST REVENIR SUR SES PAS

 

***

 

LA NUIT LAVE LE LINGE DU SOLEIL

 

***

 

LES RUISSEAUX EMPORTENT LES MONTAGNES

 

***

 

UNE EPINE DANS LE PIED DU GENERAL : L’ARMEE S’ARRÊTE


***
 


UN PORC EN HABITS DE SOIE RESTE UN PORC,
COMME UN DIAMANT DANS LE FUMIER

RESTE UN DIAMANT.

MAIS LA PLACE D’ UN DIAMANT

EST DANS UN ECRIN DE SOIE,

ET CELLE D’UN PORC DANS LE FUMIER.

 

***

 

COMME SEULE L’EAU ETANCHE LA SOIF,
SEULE LA JUSTICE COMBLE LA FAIM DE JUSTICE

 

***

 

DU COLIBRI A L’AIGLE, IL EXISTE DE NOMBREUX OISEAUX

 

***

 

LE DEDANS REGLE LE DEHORS

 

***

 

L’EPONGE BOIT LE VIN RENVERSÉ
ET LA ROSÉE DU MATIN

 

 

***  

 

LORSQU'IL DECOUVRE LE MIEL,

L'OURS OUBLIE LA PIQÛRE DES ABEILLES

 

 

 

 

 

 

 

 

Lisez-Moi Lisez Moi Lisez Moi

Des mots des mots des mots des

Quand à un livre je me livre , ce que je lis me délie.

 

 

Je me demande pourquoi on n'a pas encore une loi qui oblige à faire bouillir les bébés à la naissance, afin qu'ils soient parfaitement stérilisés.

 

Circuler, pour mieux s'ôter.

Toute notre vie, on attend une grande cause pour se lever, et on passe sa vie accroupi, à croupir.

Le lucane aime prendre l'R le soir à sa lucarne.

Ce qu’il y a de bien dans l’état de siège, c’est qu’on prend le temps de s’asseoir.

 

 

Les oiseaux sont les poissons du ciel,

nous en sommes les crabes


Heureux les déjantés, ils quitteront plus facilement la route commune!

 
L’argent n’a pas d’odeur, mais il y contribue.


Un vrai sosie, c’est invraisemblable.

   

Quand je grossis, je m’aigris ; et quand je m’aigris, je grossis.

   

Le temps, c’est de l’urgent.

   

Joindre l’utile au désagréable : se faire renverser par une ambulance.  

 

Le journal du paradis, c’est le Daily Cieux.

   

Yfaut et Yaka sont dans un bateau ; Yfaut tombe à l’eau, Yaka l’repêcher.

 

Chaque matin, s’ils ne sont pas morts, les vieux vont aux nouvelles.

 

Le poète a latitude d’explorer toutes les longitudes.

   

Etre réduit à la portion congrue, c’est fort peu. Moins, c’est incongru.

 

Peut-on dire de quelqu’un
dont la vie dépend des autres pour tout qu’il
est riche ?
La bouche est elle riche ?

Peut-on dire de quelqu’un
qui n’a rien à attendre des autres qu’il est pauvre ?
Les mains sont elles pauvres ?

 

Curieux comme mystique s’oppose à mastoc.

 

On a mis bien des ouvrages majeurs à l’index.

 

Quand le brouillard tombe, on voudrait qu’il se casse.

 

Au matin, la nuit tombe de sommeil.