Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
17 novembre 2011 4 17 /11 /novembre /2011 18:55

038.JPG

 

Hier soir, je rentre chez moi, regarde mes mails, et trouve un message d'un monsieur qui me dit : VJ, je vous lis depuis deux  ans, je n'ai jamais été déçu, je n'ai jamais rien dit, mais aujourd'hui, je veux vous le dire : je vous aime.

 

Vous aussi, parfois, souvent, me dites des choses comme ça, plus ou moins directes. Mais là, c'est franco de port.

 

Ça m'a toujours paru un gros mot, ces trois mots, jusqu'au jour où mon coeur s'est brisé puis empli d'un vent nouveau, d'une sève nouvelle. Maintenant encore, j'hésite à le dire, et quelle grossière erreur. Pourquoi hésiter ? Par peur d'être piégé (pour moi, c'est ça) ? 

 

On nous a appris à comprimer les élans du coeur. Dingue. Et l'amour, aujourd'hui pour bien des adolescents, c'est trois malabars en train de limer une poupée barbie. Redingue. 

 

L'une des raisons de la guerre de tous contre tous est là, dans cette espèce de pudeur grotesque qui voudrait qu'on n'exprime pas, qu'on refoule ces montées d'affection, de partage et de bonheur qui consistent à dire à l'autre comment on le voit : beau. Parce que, dès qu'on observe attentivement un humain derrière ses carcans, ses tics, sa mécanique : il est nécessairement beau.

 

L'autre est comme on le voit, et aussi comme il se voit à travers nous, c'est important. Si ce lecteur m'avait dit : je prends la plume pour vous dire que vous n'êtes qu'un étron puant, je me serais senti tout vilain et tout sale. De sa fenêtre grise, il aurait jeté de la boue sur le seuil de ma porte. Il aurait fallu que je m'en remette, que je lave tout à grande eau avant de retrouver un peu de vie.

 

C'est l'occupation préférée de bien des gens : salir le monde, salir le voisin. Diminuer l'autre, l'emmerder, lui souhaiter de crever. Les rues pleines de cadavres, d'amochés, de rancis. Pauvre con, minable, bon à rien fleurissent les bouches.

 

Merci donc à cet homme qui m'a fait cette surprenante déclaration. Ça me touche, ça m'ouvre, et la lumière entre un peu plus en moi. S'il n'avait rien dit, vous ne liriez pas ces mots. C'est le pouvoir de l'amour, et du courage de le dire.

 

Le monde changerait si au lieu de se jeter des insultes et des regards noirs et meurtriers, parce que ce connard sa gueule me revient pas ou cette pouf ou machin m'a pris ma place de parking, peu à peu les pousses vertes de l'amour se mettaient à pousser et à fendre le bitume des conventions.

 

J'apprends de vous, lectrices, lecteurs, et d'autres m'apprennent à considérer le monde autrement : moins agressif, moins pressé. Mille trucs à faire, mais ce soir vingt minutes pour parler avec l'électricien de sa femme, de la mienne, de sa vie, son gosse. De l'or impalpable qui vaut l'or volé de Goldmann Sachs. Avec sa retraite prévue de 1 100 € bruts dans deux ans, mon électricien n'est pas pauvre : il ne vole personne et rend volontiers service.

 

Que les humains détournent leur regard de l'hypnotiseur maléfique, de la voix du monde et de cet infect spectacle de la pirocratie (gouvernement des pires) est la seule vraie priorité, la seule voie possible pour qu'enfin ils se voient l'un l'autre, et se disent l'un l'autre : tu es beau, je t'aime.

 

C'est ici, sur ce blog, les blogs, dans la vie, le matin, en voiture, dans le train, au marché, qu'il faut renouer le lien de l'amitié, du respect et de l'amour, et dissoudre celui de la peur, et surtout de la peur de donner, et dire, et d'accepter de rompre les murs qui nous séparent.

 

D'un côté, les forces obscures nous enferment sans relâche dans la haine, le mépris et l'indifférence, au point qu'innombrables sont ceux qui eux-mêmes se haïssent, se méprisent et se font du mal. Qu'avons nous à y opposer, si chacun d'entre nous ne se laisse pas toucher par la lumière qui brille en l'autre, timidement et obscurément, et qui allume la nôtre, qui en allume d'autres, et ainsi de suite ?

 

C'est cette lumière qui doit transformer le monde, et y allumer un grand feu. Nulle autre.

 

Il est vital de créer, recréer un lien entre les gens, social, familial, inter générationnel, vital et urgent.

 

Faute de quoi nous serons sous peu une race dévastée et vaincue par la haine.

 

Et plus la pression deviendra forte, plus nous devrons évider, ouvrir et emplir notre coeur d'amour. Amour, amour. Ce n'est pas un mot creux, quand on commence à l'expérimenter. C'est actif. Plus nous serons enfouis et écrasés sous les décombres du monde qui s'écroule, plus nous aurons d'espace intérieur pour creuser de grandes cavernes pour des tribus dont la loi hors la loi de ce monde sera : respect, confiance et amour.

 

Plus la peur et le vacarme nous assailleront, et plus nous devrons apprendre que le plus précieux n'est pas l'or puant ni le pouvoir ni la conquête, mais la plus simple humanité, et son corollaire : la dignité. Que les singes d'en haut se roulent dans la boue ne nous concerne pas. Nous avons reçu des trésors à faire valoir, mettons-les en commun et faisons les fructifier.

 

Ce soir, je vous le déclare : je vous aime. Faites passer. C'est à nous, vous, moi, de commencer. Sinon personne ne commencera jamais. 

Partager cet article

Repost 0
Published by Vieux Jade - dans sauvages
commenter cet article

commentaires

Lise 22/11/2011 12:01

Découvrir "je t'aime"
délicatement enlever un à un tous les habits étroits qu'il porte dans nos vies..
Lentement sentir vibrer en nous cette énergie qui se répand alors sans limites.
Et dans un sourire, comme on respire une fleur, respirer en l'autre ce " Je Aimant ".
Alors tous les mots pour le dire parleront d'une même chose: cette Rencontre.
Là dans l'instant ce qui vient en moi c'est : Merci à Toi.

Vieux Jade 22/11/2011 17:37



C'est certes une affaire délicate que de transformer de la poudre à canon en lumière...



Narf 19/11/2011 00:08

Pour le chat de Peutimporte et son maître: http://rue-affre.20minutes-blogs.fr/

Vieux Jade 19/11/2011 08:27



Merci, super texte. Je ne connaissais pas du tout.



Narf 18/11/2011 23:10

Hey!! Irremplaçable et unique Korrigan!! La truie et l'altruisme. Quelle joie!!! Et en plus tu "Saillagouses"? Vraiment? Mâ c'est incroyable ça!

L'Aveyron et Saillagouse sont pour moi des contrées qui font partie de ces lieux magiques... indescriptibles. Pas de mots. Il s'agit de ressentis seulement. Ou bien j'en aurais tellement à
dire!

Les Causses.. je connais un peu. Ca dépend lesquels. Le Mont Blanc, inconnu sauf dans mes cours de géographie à l'école primaire. Vagues réminiscences. Mais j'imagine très bien... et c'est
peut-être encore mieux ainsi.

Et t'en rajoutes encore une couche avec un livre de Bazin! Hou... cerise sur le gâteau!

Bonsoir à vous toutes et tous. Enchantée de découvrir Peutimporte. Merci pour ça. Merci Vieux Jade de semer tant d'amour! ça marche!!!

Vieux Jade 19/11/2011 08:24



Des fois sur une patte, des fois sur deux pattes, parfois même sur trois, ça marche, c'est vrai. A sa vitesse, qui peut être prudente et délicate ou dévaler comme un torrent, l'Amour en marche...



peutimporte 18/11/2011 18:17

je pense au coté ludique de la vie ,un jeu pour pas s'ennuyer dans les limbes .
cette illusion est créatrice de sensations ,c'est mon avis ..
pardonnez moi svp..il y a cette chatte qui ne pense qu’a jouer ..2 Ans..
à pluche les amis

Korrigan 18/11/2011 16:52

Je serai plus prudent !

1 – Avec le ratafia ! Made in Aveyron que m’a envoyé l’un de mes gendres (Je ne sais faire que des filles).
Le nectar à vous faire confondre la truie et l’altruisme.
Message perso pour la Narfette, raison pour laquelle il m’arrive de saillagouser de temps à autre entre Causses et Mont Blanc.

2 – Avec l’amour ! Et m’en tiendrais à cette littérature d’Hervé Bazin : « Qui j’ose aimer ? »
Il n’y a pas d’amour, il n’y a que des preuves d’amour.
Difficile chemin de l’âme et du cœur, faut-il esquiver, oser, prouver ?

Vieux Jade 18/11/2011 18:42



Faut du ratafiable.


Pour l'amour, avant de grimper à l'étage où on aime tout le monde, il faut d'abord commencer (à mon humble avis, car je suis un débutant dans ces choses, comme tout le monde) par accepter de
vivre et dire l'amour qu'on ressent.



Présentation

  • : Le jardin de Vieux Jade
  • : Arrivages du jour, légumes secs, mauvaises herbes, quelques trucs qui arrachent la gueule. Taupes, censeurs et culs bénits s'abstenir. Si vous cherchez des certitudes, c'est pas l'endroit.
  • Contact

Décidément rétif à l'ordre bestial, j'ai fixé ma résidence ailleurs, d'où j'observe le déroulement des temps infernaux, fumier des plus belles fleurs.  J'ai un jardin secret, où les plantes poussent toutes seules. Servez-vous, si le coeur vous en dit, sans tenir compte de la chronologie, car comme le mot le dit clairement, l'heure est un leurre.

 

Une précision concernant les commentaires : n'ayant pas toujours le temps ni l'énergie de répondre aux commentaires, ceux-ci restent ouverts, sans aucune garantie que j'y réponde. Je me réserve cependant le droit de sabrer les inconvenances, dont je reste seul juge.

 

Ici, je n'est pas un autre.

Recherche

Lave

Après l’explosion

Nul ne l’a sue

Le jour d’après

Coule la lave

Brûlent les cendres

Lave la lave

Mange la louve

Larmes sans sel

De régime

Cuit et recuit 

Frottent les cendres

Récurent

 

Pas encore nu,

Pas tout à fait ?

Restent des choses

Bien accrochées

Des salissures

De vieux fantômes

D’anciennes guerres

 

Qui peut le faire, si ce n'est toi ? 

 

Nettoie

 

Les notes glissent

Comme des larmes

Gouttes de feu

Sur la paroi

 

Qui m’a volé le cœur ?

Qui m’a trempé vivant,

Comme une lame ?

Qui m’a fouetté les yeux,

M’a déchiré le ventre

Me baisant les paupières

Et m’enduisant de baume,

Me prenant par la main,

Pour me conduire

Dehors ?

Les dits de Lao Yu

LE BUT DE LA QUÊTE EST DE N'AVOIR

NI BUT, NI QUÊTE

 

***

 

QUE SAIT-IL DE LA PESANTEUR,

CELUI QUI N'EST JAMAIS TOMBÉ ?

 

***

 

C'EST SOUVENT LORSQU'ELLE S'ENFUIT QU'ON PERÇOIT L'ESSENCE DE LA BEAUTÉ

 

***

 

LA MER A DES MILLIARDS DE VAGUES QUI BATTENT TOUS LES RIVAGES. OU EST LE CENTRE DE LA MER ?

 

***

 

CE QUI EST MORT N'A AUCUN POUVOIR SUR CE QUI EST VIVANT

SEULS LES MORTS CRAIGNENT LES MORTS

 

***

 

QUAND LE NID BRÛLE, LES OISEAUX S’ENVOLENT

 

***

 

C’EST DANS LA CHUTE QUE LES AILES POUSSENT

 

***

 

CE QUI PEUT ÊTRE PERDU EST SANS VALEUR

 

***

 

LA MAISON EST PLUS GRANDE QUE LA PORTE

 

***

 

L’ERREUR EST LA VOIE

 

***

 

LA ROUTE EST DURE A CELUI QUI BOÎTE

 

***

 

LA LUMIERE DE L’ETOILE EST DANS L’ŒIL QUI LA REGARDE

 

***

 

LES PETITS NOURRISSENT LES GRANDS

 

***

 

LES RICHES ONT UNE BOUCHE
MAIS PAS DE MAINS POUR LA REMPLIR

C’EST POURQUOI IL LEUR FAUT
DE NOMBREUX SERVITEURS ;


CEUX QUI ONT DE NOMBREUX SERVITEURS
NE SAURAIENT VIVRE SEULS,

CE SONT DONC DES PAUVRES ;


CELUI QUI PEUT VIVRE SANS SERVITEURS 
EST DONC LE VERITABLE RICHE.

 

***

 

VIVRE C’EST REVENIR SUR SES PAS

 

***

 

LA NUIT LAVE LE LINGE DU SOLEIL

 

***

 

LES RUISSEAUX EMPORTENT LES MONTAGNES

 

***

 

UNE EPINE DANS LE PIED DU GENERAL : L’ARMEE S’ARRÊTE


***
 


UN PORC EN HABITS DE SOIE RESTE UN PORC,
COMME UN DIAMANT DANS LE FUMIER

RESTE UN DIAMANT.

MAIS LA PLACE D’ UN DIAMANT

EST DANS UN ECRIN DE SOIE,

ET CELLE D’UN PORC DANS LE FUMIER.

 

***

 

COMME SEULE L’EAU ETANCHE LA SOIF,
SEULE LA JUSTICE COMBLE LA FAIM DE JUSTICE

 

***

 

DU COLIBRI A L’AIGLE, IL EXISTE DE NOMBREUX OISEAUX

 

***

 

LE DEDANS REGLE LE DEHORS

 

***

 

L’EPONGE BOIT LE VIN RENVERSÉ
ET LA ROSÉE DU MATIN

 

 

***  

 

LORSQU'IL DECOUVRE LE MIEL,

L'OURS OUBLIE LA PIQÛRE DES ABEILLES

 

 

 

 

 

 

 

 

Lisez-Moi Lisez Moi Lisez Moi

Des mots des mots des mots des

Quand à un livre je me livre , ce que je lis me délie.

 

 

Je me demande pourquoi on n'a pas encore une loi qui oblige à faire bouillir les bébés à la naissance, afin qu'ils soient parfaitement stérilisés.

 

Circuler, pour mieux s'ôter.

Toute notre vie, on attend une grande cause pour se lever, et on passe sa vie accroupi, à croupir.

Le lucane aime prendre l'R le soir à sa lucarne.

Ce qu’il y a de bien dans l’état de siège, c’est qu’on prend le temps de s’asseoir.

 

 

Les oiseaux sont les poissons du ciel,

nous en sommes les crabes


Heureux les déjantés, ils quitteront plus facilement la route commune!

 
L’argent n’a pas d’odeur, mais il y contribue.


Un vrai sosie, c’est invraisemblable.

   

Quand je grossis, je m’aigris ; et quand je m’aigris, je grossis.

   

Le temps, c’est de l’urgent.

   

Joindre l’utile au désagréable : se faire renverser par une ambulance.  

 

Le journal du paradis, c’est le Daily Cieux.

   

Yfaut et Yaka sont dans un bateau ; Yfaut tombe à l’eau, Yaka l’repêcher.

 

Chaque matin, s’ils ne sont pas morts, les vieux vont aux nouvelles.

 

Le poète a latitude d’explorer toutes les longitudes.

   

Etre réduit à la portion congrue, c’est fort peu. Moins, c’est incongru.

 

Peut-on dire de quelqu’un
dont la vie dépend des autres pour tout qu’il
est riche ?
La bouche est elle riche ?

Peut-on dire de quelqu’un
qui n’a rien à attendre des autres qu’il est pauvre ?
Les mains sont elles pauvres ?

 

Curieux comme mystique s’oppose à mastoc.

 

On a mis bien des ouvrages majeurs à l’index.

 

Quand le brouillard tombe, on voudrait qu’il se casse.

 

Au matin, la nuit tombe de sommeil.