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25 février 2011 5 25 /02 /février /2011 08:15

En hommage à M. Raymond Devos, et parce qu'hier, en ville quelqu'un m'a souri, ce petit essai à la manière de ce grand homme :

 

Hier, Messieudames, je me suis rendu à la zone commerciale qui a poussé à trois pas de chez moi. Je cherchais le marchand d'enclumes pour une réparation. Mon ami Marcel et moi avons créé un petit orchestre, lui à la flute de Pan, moi à l'enclume. J'ai douze enclumes, sept pour les tons, cinq pour les demi-tons. Non, pas les marmitons. Vous êtes un peu dur de la feuille ? Moi aussi. Avec tous ces feuilletons...et à force de taper sur les enclumes. Avec quoi ? Avec une masse, un marteau, un pied de biche, une barre à mine, ça dépend. Et pour les passages délicats, avec un balai de soie. Non, ça ne va pas de soi.

 

L'autre soir, nous étions en pleine répétition de la Moldau - non, pas la boldo la boldo la boldoflorine - la MOLDAU, de Smetana, au moment de la chute, Marcel soufflait si fort dans sa flute qu'elle lui échappe et tombe sur l'enclume en si bémol. "Flute" dit-il. "Pan" réponds-je en assenant un coup de masse. "T'es marteau ?" dit Marcel. "Ça m'a échappé" réponds-je.

 

Donc Marcel a commandé une nouvelle flute et moi, j'attendais le marchand d'enclumes pour faire réaccorder le si bémol.

 

Et alors, Messieudames, alors que je faisais les cent pas devant sa boutique, j'ai connu des gens qui à force de faire les cent pas ne peuvent plus s'en passer, et sans passé, comment envisager l'avenir, je vous le demande, je faisais les cent pas à trois pas de chez moi, c'est pas facile, je passais et repassais sans cesse devant mes fenêtres en me disant : pourvu que je ne me voie pas, je vais finir par me demander ce que je fais là, avec mon enclume en si bémol à faire les cent pas parmi les passants lorsque soudain : quelqu'un m'a souri.

 

Vous vous rendez compte ? Quelqu'un que je n'avais jamais vu de ma vie, sans le moindre motif, quelqu'un m'a souri. Je vous demande un peu. Un peu, pas plus. Mais où va-t-on, Messieudames ? Si maintenant les gens vous sourient sans raison ? Il n'était même pas chauve. On sait que les chauves sourient. Mais celui-là il avait toute sa tête. Enfin, tous ses cheveux. Parce que la tête, je vous demande un peu ? Non, un peu, comme ça, pas plus, ça ira, merci. Faut pas avoir toute sa tête. Imaginez un monde où les gens se sourient comme ça, sans motif. De la pure provocation.

 

Alors, d'indignation, les bras m'en sont tombés. Avec l'enclume évidemment, ça a fait du bruit. Un passant m'a dit : "Vous me cassez les pieds, avec votre enclume" avant de trépasser. Ça me dépasse, un passant qui trépasse pour si peu...certainement quelqu'un qui n'aimait pas la musique. Heureusement, le marchand d'enclumes est arrivé et m'a remis les bras parce que c'est pas facile à faire tout seul.

 

Il était déjà parti, le salopard, c'était trop tard pour lui faire un bras d'honneur, mais, parole d'homme, la prochaine fois que je vois quelqu'un sourire, au lieu de faire la gueule comme tout le monde, j'appelle la police.

 

 

NOUVELLE PETITE PAUSE EN VUE. BON OUIKENNDE A TOUS MES LECTEURS ET AUX AUTRES.

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Published by Vieux Jade - dans aromates
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commentaires

Narf 28/02/2011 08:02


C'est "étrangeé! Je découvre cette vidéo chez Ferlin ce matin: écoutez au début, quand Pierre Rabhi parle de son père! :)))

http://www.dailymotion.com/video/xguftr_pierre-rabhi-y-a-t-il-une-vie-avant-la-mort-y_news#from=embed&start=103


Vieux Jade 28/02/2011 19:37



Le chant de l'enclume, bravo !


 



Narf 27/02/2011 15:27


:)))))))
Magique Bourvil, magnifique, c'est celui qu'j'préfère! Merci VJ!


Narf 27/02/2011 14:30


http://www.dailymotion.com/video/x144ah_basicamente-giovanni-sample_music#from=embed

:))


Vieux Jade 27/02/2011 15:11



Mais c'est la la Moldau, ça. Non, la Moldau, c'est


La boldo, c'est par ici :


 



danielleg 26/02/2011 06:34


Trop bien!:))))
Salut,et énorme BISES a tous!


Vieux Jade 26/02/2011 10:33








Narf 25/02/2011 16:37


Quelle inspiration! Ha déja rien qu'à imaginer un marchand d'enclumes dans une zone nouvelle, et tous ces gens sous-riants qui gravitent autour...moi aussi j'ose sous-rire... Bravo! Bon week-end à
tousses!!


Vieux Jade 26/02/2011 10:31



Ah, c'est pas plausible, mon histoire ?



Présentation

  • : Le jardin de Vieux Jade
  • : Arrivages du jour, légumes secs, mauvaises herbes, quelques trucs qui arrachent la gueule. Taupes, censeurs et culs bénits s'abstenir. Si vous cherchez des certitudes, c'est pas l'endroit.
  • Contact

Décidément rétif à l'ordre bestial, j'ai fixé ma résidence ailleurs, d'où j'observe le déroulement des temps infernaux, fumier des plus belles fleurs.  J'ai un jardin secret, où les plantes poussent toutes seules. Servez-vous, si le coeur vous en dit, sans tenir compte de la chronologie, car comme le mot le dit clairement, l'heure est un leurre.

 

Une précision concernant les commentaires : n'ayant pas toujours le temps ni l'énergie de répondre aux commentaires, ceux-ci restent ouverts, sans aucune garantie que j'y réponde. Je me réserve cependant le droit de sabrer les inconvenances, dont je reste seul juge.

 

Ici, je n'est pas un autre.

Recherche

Lave

Après l’explosion

Nul ne l’a sue

Le jour d’après

Coule la lave

Brûlent les cendres

Lave la lave

Mange la louve

Larmes sans sel

De régime

Cuit et recuit 

Frottent les cendres

Récurent

 

Pas encore nu,

Pas tout à fait ?

Restent des choses

Bien accrochées

Des salissures

De vieux fantômes

D’anciennes guerres

 

Qui peut le faire, si ce n'est toi ? 

 

Nettoie

 

Les notes glissent

Comme des larmes

Gouttes de feu

Sur la paroi

 

Qui m’a volé le cœur ?

Qui m’a trempé vivant,

Comme une lame ?

Qui m’a fouetté les yeux,

M’a déchiré le ventre

Me baisant les paupières

Et m’enduisant de baume,

Me prenant par la main,

Pour me conduire

Dehors ?

Les dits de Lao Yu

LE BUT DE LA QUÊTE EST DE N'AVOIR

NI BUT, NI QUÊTE

 

***

 

QUE SAIT-IL DE LA PESANTEUR,

CELUI QUI N'EST JAMAIS TOMBÉ ?

 

***

 

C'EST SOUVENT LORSQU'ELLE S'ENFUIT QU'ON PERÇOIT L'ESSENCE DE LA BEAUTÉ

 

***

 

LA MER A DES MILLIARDS DE VAGUES QUI BATTENT TOUS LES RIVAGES. OU EST LE CENTRE DE LA MER ?

 

***

 

CE QUI EST MORT N'A AUCUN POUVOIR SUR CE QUI EST VIVANT

SEULS LES MORTS CRAIGNENT LES MORTS

 

***

 

QUAND LE NID BRÛLE, LES OISEAUX S’ENVOLENT

 

***

 

C’EST DANS LA CHUTE QUE LES AILES POUSSENT

 

***

 

CE QUI PEUT ÊTRE PERDU EST SANS VALEUR

 

***

 

LA MAISON EST PLUS GRANDE QUE LA PORTE

 

***

 

L’ERREUR EST LA VOIE

 

***

 

LA ROUTE EST DURE A CELUI QUI BOÎTE

 

***

 

LA LUMIERE DE L’ETOILE EST DANS L’ŒIL QUI LA REGARDE

 

***

 

LES PETITS NOURRISSENT LES GRANDS

 

***

 

LES RICHES ONT UNE BOUCHE
MAIS PAS DE MAINS POUR LA REMPLIR

C’EST POURQUOI IL LEUR FAUT
DE NOMBREUX SERVITEURS ;


CEUX QUI ONT DE NOMBREUX SERVITEURS
NE SAURAIENT VIVRE SEULS,

CE SONT DONC DES PAUVRES ;


CELUI QUI PEUT VIVRE SANS SERVITEURS 
EST DONC LE VERITABLE RICHE.

 

***

 

VIVRE C’EST REVENIR SUR SES PAS

 

***

 

LA NUIT LAVE LE LINGE DU SOLEIL

 

***

 

LES RUISSEAUX EMPORTENT LES MONTAGNES

 

***

 

UNE EPINE DANS LE PIED DU GENERAL : L’ARMEE S’ARRÊTE


***
 


UN PORC EN HABITS DE SOIE RESTE UN PORC,
COMME UN DIAMANT DANS LE FUMIER

RESTE UN DIAMANT.

MAIS LA PLACE D’ UN DIAMANT

EST DANS UN ECRIN DE SOIE,

ET CELLE D’UN PORC DANS LE FUMIER.

 

***

 

COMME SEULE L’EAU ETANCHE LA SOIF,
SEULE LA JUSTICE COMBLE LA FAIM DE JUSTICE

 

***

 

DU COLIBRI A L’AIGLE, IL EXISTE DE NOMBREUX OISEAUX

 

***

 

LE DEDANS REGLE LE DEHORS

 

***

 

L’EPONGE BOIT LE VIN RENVERSÉ
ET LA ROSÉE DU MATIN

 

 

***  

 

LORSQU'IL DECOUVRE LE MIEL,

L'OURS OUBLIE LA PIQÛRE DES ABEILLES

 

 

 

 

 

 

 

 

Lisez-Moi Lisez Moi Lisez Moi

Des mots des mots des mots des

Quand à un livre je me livre , ce que je lis me délie.

 

 

Je me demande pourquoi on n'a pas encore une loi qui oblige à faire bouillir les bébés à la naissance, afin qu'ils soient parfaitement stérilisés.

 

Circuler, pour mieux s'ôter.

Toute notre vie, on attend une grande cause pour se lever, et on passe sa vie accroupi, à croupir.

Le lucane aime prendre l'R le soir à sa lucarne.

Ce qu’il y a de bien dans l’état de siège, c’est qu’on prend le temps de s’asseoir.

 

 

Les oiseaux sont les poissons du ciel,

nous en sommes les crabes


Heureux les déjantés, ils quitteront plus facilement la route commune!

 
L’argent n’a pas d’odeur, mais il y contribue.


Un vrai sosie, c’est invraisemblable.

   

Quand je grossis, je m’aigris ; et quand je m’aigris, je grossis.

   

Le temps, c’est de l’urgent.

   

Joindre l’utile au désagréable : se faire renverser par une ambulance.  

 

Le journal du paradis, c’est le Daily Cieux.

   

Yfaut et Yaka sont dans un bateau ; Yfaut tombe à l’eau, Yaka l’repêcher.

 

Chaque matin, s’ils ne sont pas morts, les vieux vont aux nouvelles.

 

Le poète a latitude d’explorer toutes les longitudes.

   

Etre réduit à la portion congrue, c’est fort peu. Moins, c’est incongru.

 

Peut-on dire de quelqu’un
dont la vie dépend des autres pour tout qu’il
est riche ?
La bouche est elle riche ?

Peut-on dire de quelqu’un
qui n’a rien à attendre des autres qu’il est pauvre ?
Les mains sont elles pauvres ?

 

Curieux comme mystique s’oppose à mastoc.

 

On a mis bien des ouvrages majeurs à l’index.

 

Quand le brouillard tombe, on voudrait qu’il se casse.

 

Au matin, la nuit tombe de sommeil.