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22 décembre 2010 3 22 /12 /décembre /2010 10:47

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Mon père était passionné de musique. Le regret de sa vie, c’est que dans son enfance, seules les filles apprenaient la musique. Il vouait une admiration immense à une antique cousine qui, disait-il, avait « fait la Schola Cantorum ».

 

Moi, après des études rapidement avortées de piano – tant j’étais indiscipliné, et pour dire la vérité parce que chaque fois que j’allais faire pipi chez la prof que je détestais à cause des gammes et de ses sourcils peints au crayon, j’en foutais partout et qu’elle n’a plus voulu continuer, ce qui constitue une preuve incidente qu’à chaque problème existe une solution – on m’a fourré un peu plus tard – vers 10 ou 11 ans – dans une école de musique dont j’ai promptement été renvoyé. J’avais choisi d’étudier la batterie, on m’avait collé en classe de clarinette. Le prof de clarinette m’avait pris la lèvre inférieure pour regarder mes dents, et avait dit : ça ira. Mais ça n’allait pas du tout, pour moi.

 

Plus tard encore, 13 ou 14 ans, mes parents m’ont offert une guitare Framus. Et là, j’ai passé des semaines pleines de jours pleins d’heures seul dans ma grotte à découvrir à quoi ça pouvait servir. Après quelques années de ce régime, j’étais devenu un guitariste passable.

 

C’est alors que le papa décida pour des raisons oubliées d’aller visiter l’antiquité musicale tant vénérée, que je n’avais jamais vue.

 

Arrivés dans sa maison toute noire de tentures de glands et de fanfreluches comme on aimait à la fin du XIXème, la manman toute fière soudain informe la susdite vieille bique de cousine que je jouais de la guitare.

 

-         De la guitare ? dit l’ancêtre, comme si elle avait reniflé une odeur suspecte, ce n’est pas un instrument complet. Le piano est un instrument complet, asséna-t-elle de son autorité malveillante.

 

C’est en mémoire de cette vieille punaise, et à la santé de toutes les sortes de punaises qui existent que je suis heureux d’annoncer à ceux qui l’ignorent encore qu’un certain Richard Galliano, qui est une espèce d’immigré d’on ne sait où, joue d’un instrument vulgaire qui se porte au cou au moyen de bretelles.

 

Des bretelles, comme c’est commun, mon dieu. Et de ce vulgaire instrument dont les punaises continuent à se demander si c’est vraiment correct d’y faire allusion en public, de cet accordéon, le bougre s’est amusé à jouer une partie du répertoire d’un certain Jean-Sébastien Baque, qui en dehors d’avoir fait une flopée de gosses à sa bourgeoise fut un temps renommé à la schola cantorum.

 

Merci, Richard. A mon avis, ça n’apporte rien à Baque, mais ça tétanise les punaises.

 

Un autre qui devrait les tétaniser, c’est le petit Bela Fleck, l’homme qui joue du banjo comme personne. Baque au banjo. Un truc de nègres ! Le fantôme de la cousine doit l’avoir mauvaise : Mais le banjo n’est pas un instrument complet, mon p’tit gars.

 

N’empêche. Faudra t-y faire, grand-mère. Tout est possible. Tout est toujours ouvert à qui le veut.

 

Tout ce qu’on nous présente comme sûr, certain, inéluctable, impossible, tout cela est libre et ouvert. J'attends plus qu'un gars qui nous fasse Brahms au tambour, Stockausen à la scie musicale et Bitovent à la flûte de Pan. Pan !

 

Pour ceux qui en doutent, une petite histoire, une belle histoire, une grande histoire en fait, dont j’ai personnellement connu les protagonistes : voyez ici le troisième témoignage.

 

Tout problème a sa solution. Toute cuirasse son défaut. Toute prison une issue. Rien n’est écrit. Jamais.

 

Bela-Fleck-interv-1-.jpg

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commentaires

Narf 22/12/2010 21:28


Bache a fé bocou dé mules!

http://www.youtube.com/watch?v=gQZw3nema0Q


Vieux Jade 23/12/2010 07:47



Merci, c'est impressionnant.



Narf 22/12/2010 21:13


Passionnant Maurice Daubard!!! Très belle leçon! (J'parle même pas de Galliano et Fleck, on voit bien à les écouter qu'ils sont dans une autre dimension!). Je vois bien Yog (et pas qu'elle bien
sûr!) à un stage de Maurice! Vous lui avez peut-être déja dit? Mais j'va tout d'suite lui dire d'y aller voir...si elle ne l'a pas déja fait.

J'ai trouvé Galliano qui joue Bache mais pas encore Fleck! Mais il ne saurait tarder!
Merci VJ!


Narf 22/12/2010 19:39


:)


Vieux Jade 22/12/2010 20:18



Le pire truc au monde, c'est les cousines.



Korrigan 22/12/2010 14:50


Bonjour,

Rapide synthèse de deux articles, s’agissant de Bach on ne prononce pas baque pas plus que barre.
Au pire, au mieux, barbaque que ce soit par tribord ou bâbord où chacun sur cette planète aussi agitée qu’imbécile s’évertue à la mener à bon porc, tentons donc de sauver la tête de l’art.

Korrigan


Vieux Jade 22/12/2010 20:17



Bache, peut-être ?



Présentation

  • : Le jardin de Vieux Jade
  • : Arrivages du jour, légumes secs, mauvaises herbes, quelques trucs qui arrachent la gueule. Taupes, censeurs et culs bénits s'abstenir. Si vous cherchez des certitudes, c'est pas l'endroit.
  • Contact

Décidément rétif à l'ordre bestial, j'ai fixé ma résidence ailleurs, d'où j'observe le déroulement des temps infernaux, fumier des plus belles fleurs.  J'ai un jardin secret, où les plantes poussent toutes seules. Servez-vous, si le coeur vous en dit, sans tenir compte de la chronologie, car comme le mot le dit clairement, l'heure est un leurre.

 

Une précision concernant les commentaires : n'ayant pas toujours le temps ni l'énergie de répondre aux commentaires, ceux-ci restent ouverts, sans aucune garantie que j'y réponde. Je me réserve cependant le droit de sabrer les inconvenances, dont je reste seul juge.

 

Ici, je n'est pas un autre.

Recherche

Lave

Après l’explosion

Nul ne l’a sue

Le jour d’après

Coule la lave

Brûlent les cendres

Lave la lave

Mange la louve

Larmes sans sel

De régime

Cuit et recuit 

Frottent les cendres

Récurent

 

Pas encore nu,

Pas tout à fait ?

Restent des choses

Bien accrochées

Des salissures

De vieux fantômes

D’anciennes guerres

 

Qui peut le faire, si ce n'est toi ? 

 

Nettoie

 

Les notes glissent

Comme des larmes

Gouttes de feu

Sur la paroi

 

Qui m’a volé le cœur ?

Qui m’a trempé vivant,

Comme une lame ?

Qui m’a fouetté les yeux,

M’a déchiré le ventre

Me baisant les paupières

Et m’enduisant de baume,

Me prenant par la main,

Pour me conduire

Dehors ?

Les dits de Lao Yu

LE BUT DE LA QUÊTE EST DE N'AVOIR

NI BUT, NI QUÊTE

 

***

 

QUE SAIT-IL DE LA PESANTEUR,

CELUI QUI N'EST JAMAIS TOMBÉ ?

 

***

 

C'EST SOUVENT LORSQU'ELLE S'ENFUIT QU'ON PERÇOIT L'ESSENCE DE LA BEAUTÉ

 

***

 

LA MER A DES MILLIARDS DE VAGUES QUI BATTENT TOUS LES RIVAGES. OU EST LE CENTRE DE LA MER ?

 

***

 

CE QUI EST MORT N'A AUCUN POUVOIR SUR CE QUI EST VIVANT

SEULS LES MORTS CRAIGNENT LES MORTS

 

***

 

QUAND LE NID BRÛLE, LES OISEAUX S’ENVOLENT

 

***

 

C’EST DANS LA CHUTE QUE LES AILES POUSSENT

 

***

 

CE QUI PEUT ÊTRE PERDU EST SANS VALEUR

 

***

 

LA MAISON EST PLUS GRANDE QUE LA PORTE

 

***

 

L’ERREUR EST LA VOIE

 

***

 

LA ROUTE EST DURE A CELUI QUI BOÎTE

 

***

 

LA LUMIERE DE L’ETOILE EST DANS L’ŒIL QUI LA REGARDE

 

***

 

LES PETITS NOURRISSENT LES GRANDS

 

***

 

LES RICHES ONT UNE BOUCHE
MAIS PAS DE MAINS POUR LA REMPLIR

C’EST POURQUOI IL LEUR FAUT
DE NOMBREUX SERVITEURS ;


CEUX QUI ONT DE NOMBREUX SERVITEURS
NE SAURAIENT VIVRE SEULS,

CE SONT DONC DES PAUVRES ;


CELUI QUI PEUT VIVRE SANS SERVITEURS 
EST DONC LE VERITABLE RICHE.

 

***

 

VIVRE C’EST REVENIR SUR SES PAS

 

***

 

LA NUIT LAVE LE LINGE DU SOLEIL

 

***

 

LES RUISSEAUX EMPORTENT LES MONTAGNES

 

***

 

UNE EPINE DANS LE PIED DU GENERAL : L’ARMEE S’ARRÊTE


***
 


UN PORC EN HABITS DE SOIE RESTE UN PORC,
COMME UN DIAMANT DANS LE FUMIER

RESTE UN DIAMANT.

MAIS LA PLACE D’ UN DIAMANT

EST DANS UN ECRIN DE SOIE,

ET CELLE D’UN PORC DANS LE FUMIER.

 

***

 

COMME SEULE L’EAU ETANCHE LA SOIF,
SEULE LA JUSTICE COMBLE LA FAIM DE JUSTICE

 

***

 

DU COLIBRI A L’AIGLE, IL EXISTE DE NOMBREUX OISEAUX

 

***

 

LE DEDANS REGLE LE DEHORS

 

***

 

L’EPONGE BOIT LE VIN RENVERSÉ
ET LA ROSÉE DU MATIN

 

 

***  

 

LORSQU'IL DECOUVRE LE MIEL,

L'OURS OUBLIE LA PIQÛRE DES ABEILLES

 

 

 

 

 

 

 

 

Lisez-Moi Lisez Moi Lisez Moi

Des mots des mots des mots des

Quand à un livre je me livre , ce que je lis me délie.

 

 

Je me demande pourquoi on n'a pas encore une loi qui oblige à faire bouillir les bébés à la naissance, afin qu'ils soient parfaitement stérilisés.

 

Circuler, pour mieux s'ôter.

Toute notre vie, on attend une grande cause pour se lever, et on passe sa vie accroupi, à croupir.

Le lucane aime prendre l'R le soir à sa lucarne.

Ce qu’il y a de bien dans l’état de siège, c’est qu’on prend le temps de s’asseoir.

 

 

Les oiseaux sont les poissons du ciel,

nous en sommes les crabes


Heureux les déjantés, ils quitteront plus facilement la route commune!

 
L’argent n’a pas d’odeur, mais il y contribue.


Un vrai sosie, c’est invraisemblable.

   

Quand je grossis, je m’aigris ; et quand je m’aigris, je grossis.

   

Le temps, c’est de l’urgent.

   

Joindre l’utile au désagréable : se faire renverser par une ambulance.  

 

Le journal du paradis, c’est le Daily Cieux.

   

Yfaut et Yaka sont dans un bateau ; Yfaut tombe à l’eau, Yaka l’repêcher.

 

Chaque matin, s’ils ne sont pas morts, les vieux vont aux nouvelles.

 

Le poète a latitude d’explorer toutes les longitudes.

   

Etre réduit à la portion congrue, c’est fort peu. Moins, c’est incongru.

 

Peut-on dire de quelqu’un
dont la vie dépend des autres pour tout qu’il
est riche ?
La bouche est elle riche ?

Peut-on dire de quelqu’un
qui n’a rien à attendre des autres qu’il est pauvre ?
Les mains sont elles pauvres ?

 

Curieux comme mystique s’oppose à mastoc.

 

On a mis bien des ouvrages majeurs à l’index.

 

Quand le brouillard tombe, on voudrait qu’il se casse.

 

Au matin, la nuit tombe de sommeil.