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10 novembre 2013 7 10 /11 /novembre /2013 08:40

Aux fourmis aveugles qui n'ont cessé et ne cessent de s'entredévorer au nom de dieux ou de patries, un texte limpide de Joseph Campbell :

 

 

"La paix est au coeur de tout parce qu’Avalokiteshvara-Kwannon le Bodhisattva tout-puissant, l'Amour sans Limites, contient, voit et habite sans exception chacun des êtres sensibles. La perfection des ailes délicates de l'insecte que brise le cours du temps, il la voit et il en est à la fois la perfection et la désagrégation.

 

L'angoisse perpétuelle de l'homme, victime de ses illusions, auteur de ses propres souffrances, pris dans les rets ténus de son délire, frustré, encore que recelant en lui, ignoré, absolument inutilisé, le secret de sa délivrance, cela aussi il le voit et il l’est.

 

Dans leur sérénité, au-dessus de l'homme, les anges ; au-dessous de l'homme, les démons et les morts en peine ; tous sont attirés vers le Bodhisattva par les rayons de ses mains précieuses. Ils sont Lui. Il est eux.

 

Centres de conscience limités, prisonniers, myriades de myriades, sur chaque plan d'existence (pas seulement dans ce présent univers que borne la Voie lactée, mais, par-delà, dans les étendues de l'espace, galaxie après galaxie, monde, par-delà le monde des univers, naissant de l'océan éternel du vide, éclatant à la vie et, comme une bulle, s'évanouissant aussitôt ; temps et temps encore ; êtres en foule ; tous souffrants ; tous captifs de leur propre étroitesse - agressifs, capables de haine et de meurtre et désirant la paix encore plus que la victoire ; tous sont les enfants, les personnages insensés, du grand rêve universel, transitoire et pourtant inépuisable, du Tout-regardant dont l'essence est l'essence du vide : « le Seigneur qui abaisse son regard avec pitié. » Mais son nom signifie aussi : « le Seigneur qui est vu au-dedans. » Nous sommes tous des reflets de l'image du Bodhisattva. Celui qui souffre en nous est cet être divin : ce père tutélaire nous ne faisons qu'un avec lui.

 

Telle est la vision rédemptrice. Ce père tutélaire est chaque homme que nous rencontrons. De sorte qu'il faut comprendre que l'autre, celui que notre corps souffrant, ignorant, limité, sur la défensive, ressent comme un ennemi menaçant, est Dieu, lui aussi. L'ogre nous brise, mais le héros, le candidat élu passe par la voix de l'initiation « comme un homme », et comprend alors que l’ogre représentait le père : nous en Lui et Lui en nous.

 

La mère bien-aimée qui protège notre corps, ne pouvait pas nous défendre du Grand-Père Serpent ; le corps sensible mortel qu'elle nous a donné a été livré à son pouvoir redoutable. Mais la mort n'était pas le dénouement. Une nouvelle vie, une nouvelle naissance, une nouvelle connaissance de l'existence nous ont été données ; dès lors nous ne vivons plus sur le seul plan physique, mais dans tous les corps, à toutes les échelles du monde, comme le Bodhisattva. Le père était lui-même la matrice, la mère, d'une seconde naissance.

 

Telle est la signification de l'image du Dieu bisexué. Il représente le mystère du thème initiatique. Nous sommes arrachés à la mère, mis en pièces et assimilés au corps de l'ogre dévorateur du monde, pour qui tous les êtres et toutes les formes précieuses ne sont que les mets d'un festin.

 

C'est alors que, renaissant miraculeusement, nous sommes davantage que nous n'étions. Ce Dieu est un archétype, émanation d'une tribu, d'une race, une nation ou d'une secte, nous sommes les guerriers dévoués à sa cause ; mais si ce Dieu est le Seigneur de l'univers tout entier, nous devenons ceux qui savent, ceux pour qui tous les hommes sont frères.

 

Dans l'un et l'autre cas, les images parentales de l'enfance et les notions du bien et du mal ont été dépassées. Nous cessons de désirer et de craindre ; nous sommes ce qui était craint et ce qui était désiré. Tous les dieux, Bodhisattvas, Bouddhas, ont été réunis en nous, comme ils le sont dans le nimbe de celui qui porte le lotus du monde".

 

 

Joseph Campbell « Le héros aux mille et un visages », J’ai Lu, p. 222/224

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Présentation

  • : Le jardin de Vieux Jade
  • : Arrivages du jour, légumes secs, mauvaises herbes, quelques trucs qui arrachent la gueule. Taupes, censeurs et culs bénits s'abstenir. Si vous cherchez des certitudes, c'est pas l'endroit.
  • Contact

Décidément rétif à l'ordre bestial, j'ai fixé ma résidence ailleurs, d'où j'observe le déroulement des temps infernaux, fumier des plus belles fleurs.  J'ai un jardin secret, où les plantes poussent toutes seules. Servez-vous, si le coeur vous en dit, sans tenir compte de la chronologie, car comme le mot le dit clairement, l'heure est un leurre.

 

Une précision concernant les commentaires : n'ayant pas toujours le temps ni l'énergie de répondre aux commentaires, ceux-ci restent ouverts, sans aucune garantie que j'y réponde. Je me réserve cependant le droit de sabrer les inconvenances, dont je reste seul juge.

 

Ici, je n'est pas un autre.

Recherche

Lave

Après l’explosion

Nul ne l’a sue

Le jour d’après

Coule la lave

Brûlent les cendres

Lave la lave

Mange la louve

Larmes sans sel

De régime

Cuit et recuit 

Frottent les cendres

Récurent

 

Pas encore nu,

Pas tout à fait ?

Restent des choses

Bien accrochées

Des salissures

De vieux fantômes

D’anciennes guerres

 

Qui peut le faire, si ce n'est toi ? 

 

Nettoie

 

Les notes glissent

Comme des larmes

Gouttes de feu

Sur la paroi

 

Qui m’a volé le cœur ?

Qui m’a trempé vivant,

Comme une lame ?

Qui m’a fouetté les yeux,

M’a déchiré le ventre

Me baisant les paupières

Et m’enduisant de baume,

Me prenant par la main,

Pour me conduire

Dehors ?

Les dits de Lao Yu

LE BUT DE LA QUÊTE EST DE N'AVOIR

NI BUT, NI QUÊTE

 

***

 

QUE SAIT-IL DE LA PESANTEUR,

CELUI QUI N'EST JAMAIS TOMBÉ ?

 

***

 

C'EST SOUVENT LORSQU'ELLE S'ENFUIT QU'ON PERÇOIT L'ESSENCE DE LA BEAUTÉ

 

***

 

LA MER A DES MILLIARDS DE VAGUES QUI BATTENT TOUS LES RIVAGES. OU EST LE CENTRE DE LA MER ?

 

***

 

CE QUI EST MORT N'A AUCUN POUVOIR SUR CE QUI EST VIVANT

SEULS LES MORTS CRAIGNENT LES MORTS

 

***

 

QUAND LE NID BRÛLE, LES OISEAUX S’ENVOLENT

 

***

 

C’EST DANS LA CHUTE QUE LES AILES POUSSENT

 

***

 

CE QUI PEUT ÊTRE PERDU EST SANS VALEUR

 

***

 

LA MAISON EST PLUS GRANDE QUE LA PORTE

 

***

 

L’ERREUR EST LA VOIE

 

***

 

LA ROUTE EST DURE A CELUI QUI BOÎTE

 

***

 

LA LUMIERE DE L’ETOILE EST DANS L’ŒIL QUI LA REGARDE

 

***

 

LES PETITS NOURRISSENT LES GRANDS

 

***

 

LES RICHES ONT UNE BOUCHE
MAIS PAS DE MAINS POUR LA REMPLIR

C’EST POURQUOI IL LEUR FAUT
DE NOMBREUX SERVITEURS ;


CEUX QUI ONT DE NOMBREUX SERVITEURS
NE SAURAIENT VIVRE SEULS,

CE SONT DONC DES PAUVRES ;


CELUI QUI PEUT VIVRE SANS SERVITEURS 
EST DONC LE VERITABLE RICHE.

 

***

 

VIVRE C’EST REVENIR SUR SES PAS

 

***

 

LA NUIT LAVE LE LINGE DU SOLEIL

 

***

 

LES RUISSEAUX EMPORTENT LES MONTAGNES

 

***

 

UNE EPINE DANS LE PIED DU GENERAL : L’ARMEE S’ARRÊTE


***
 


UN PORC EN HABITS DE SOIE RESTE UN PORC,
COMME UN DIAMANT DANS LE FUMIER

RESTE UN DIAMANT.

MAIS LA PLACE D’ UN DIAMANT

EST DANS UN ECRIN DE SOIE,

ET CELLE D’UN PORC DANS LE FUMIER.

 

***

 

COMME SEULE L’EAU ETANCHE LA SOIF,
SEULE LA JUSTICE COMBLE LA FAIM DE JUSTICE

 

***

 

DU COLIBRI A L’AIGLE, IL EXISTE DE NOMBREUX OISEAUX

 

***

 

LE DEDANS REGLE LE DEHORS

 

***

 

L’EPONGE BOIT LE VIN RENVERSÉ
ET LA ROSÉE DU MATIN

 

 

***  

 

LORSQU'IL DECOUVRE LE MIEL,

L'OURS OUBLIE LA PIQÛRE DES ABEILLES

 

 

 

 

 

 

 

 

Lisez-Moi Lisez Moi Lisez Moi

Des mots des mots des mots des

Quand à un livre je me livre , ce que je lis me délie.

 

 

Je me demande pourquoi on n'a pas encore une loi qui oblige à faire bouillir les bébés à la naissance, afin qu'ils soient parfaitement stérilisés.

 

Circuler, pour mieux s'ôter.

Toute notre vie, on attend une grande cause pour se lever, et on passe sa vie accroupi, à croupir.

Le lucane aime prendre l'R le soir à sa lucarne.

Ce qu’il y a de bien dans l’état de siège, c’est qu’on prend le temps de s’asseoir.

 

 

Les oiseaux sont les poissons du ciel,

nous en sommes les crabes


Heureux les déjantés, ils quitteront plus facilement la route commune!

 
L’argent n’a pas d’odeur, mais il y contribue.


Un vrai sosie, c’est invraisemblable.

   

Quand je grossis, je m’aigris ; et quand je m’aigris, je grossis.

   

Le temps, c’est de l’urgent.

   

Joindre l’utile au désagréable : se faire renverser par une ambulance.  

 

Le journal du paradis, c’est le Daily Cieux.

   

Yfaut et Yaka sont dans un bateau ; Yfaut tombe à l’eau, Yaka l’repêcher.

 

Chaque matin, s’ils ne sont pas morts, les vieux vont aux nouvelles.

 

Le poète a latitude d’explorer toutes les longitudes.

   

Etre réduit à la portion congrue, c’est fort peu. Moins, c’est incongru.

 

Peut-on dire de quelqu’un
dont la vie dépend des autres pour tout qu’il
est riche ?
La bouche est elle riche ?

Peut-on dire de quelqu’un
qui n’a rien à attendre des autres qu’il est pauvre ?
Les mains sont elles pauvres ?

 

Curieux comme mystique s’oppose à mastoc.

 

On a mis bien des ouvrages majeurs à l’index.

 

Quand le brouillard tombe, on voudrait qu’il se casse.

 

Au matin, la nuit tombe de sommeil.