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13 mars 2012 2 13 /03 /mars /2012 10:06

 

Jean Martin, les Aveugles, huile sur toile, 1937

 

 

En peu de jours, j'ai assisté à deux scènes étonnantes, qu'on pourrait qualifier d'haïssables s'il était possible d'éprouver de la haine pour de simples idiots enfermés dans leur paysage mental.

 

Me promenant dans un chemin de campagne avec un agriculteur (on ne dit plus un paysan, et l'expression moderne, horriblement révélatrice, est exploitant agricole. Le plus souvent, comme ici, exploiteur conviendrait mieux), je vis que la plupart des vieux chênes étaient à l'agonie : écorces soulevées, manquantes, coeur creux, branches mortes. 

 

On en recherchait les causes, l'âge, la densité excessive, la sécheresse de 2003, les diverses pollutions, les parasites, lorsque j'aperçus une large entaille dans l'un deux, faite verticalement à la tronçonneuse dans l'écorce, au ras de l'aubier afin d'en approcher au maximum une brillante clôture neuve.

 

Je m'en étonnai. Tranquille, il me dit que ce n'était pas çà qui les faisait crever, que ça ne leur faisait pas de mal.

 

Je lui répondis sans agressivité que si je lui enlevais la peau d'une cuisse avec mon couteau de poche, peut-être qu'il n'en mourrait pas, mais que ça lui ferait certainement très mal, et que ça l'affaiblirait, ce dont il dût convenir et lui donna, j'espère, un peu à réfléchir.

 

Quelque temps plus tard, je me trouvais dans une assemblée où soudain un téléphone sonna, pour annoncer que quelqu'un venait d'avoir un accident en percutant un cerf.

 

Il y eut un brouhaha d'où je captai soudain cette phrase : "C'est pas grave pour le cerf", ou "le cerf on s'en fout".

 

Renversant de sottise. Un mec heurte un cerf, et le cerf on s'en fout. Qu'il crève, il n'est pas des nôtres.

 

Consternant. Ahurissant, dégueulasse, je ne trouve pas le mot.

 

Des gens comme ça, il y en a partout. Qui ne ressentent aucune empathie.

 

Pleurent quand leur papa ou leur fiston clamse, parce que c'est la famille, le clan, mais vont à la chasse flinguer tout ce qui passe, et n'hésiteraient pas une seconde à faire de même sur d'autres gens, les boches ou les arabes si on leur en donnait l'ordre, pourvu que ce soit "pour la france", ou pour la "civilisation".

 

De temps à autre, je me demande ce que je fous dans cette putain d'antiquité de société d'abrutis. Plus ou moins gentils connards aux mains sanglantes, aux yeux fermés, au coeur en berne. 

 

 

 

 

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Published by Vieux Jade - dans attention ça pique
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commentaires

danielleg 15/03/2012 19:52


Joli jeux de mots en tous cas!

Vieux Jade 15/03/2012 21:55



Plus que ça. Il y a des gens qui n'ont conscience de rien, et qui veulent que tout soit "scientifiquement" prouvé. La science, c'est rien. Ça permet de fabriquer des bombes des routes et des
vaccins, ça ne sert donc qu'à emmerder les gens. La science ne débouche que sur le pire parce qu'elle ne cherche pas dans la bonne direction, qui est : POURQUOI ?


La science ne connait que : COMMENT? Comment faire ci, comment faire ça. Science sans conscience, c'est un pléonasme.


Bises. Je vais dormir.



danielleg 15/03/2012 07:43


http://www.youtube.com/watch?v=EU7vKitN4Ro&feature=related

danielleg 15/03/2012 07:37


Maintenant, en tous cas même la science le reconnait cette merveilleuse Conscience Est vraiment en évolution et cela fait du bien a tous!


Merci Monsieur Kabbat -Zinn!


 


woutube.com/watch?v=EU7vKitN4Roww.y


 


Bises a tous!

Vieux Jade 15/03/2012 19:00



Pourrait-on dire que la science, c'est la conscience des cons ?


 



Miche 15/03/2012 05:00


"…de
simples idiots enfermés dans leur paysage mental. " Tu le dis,
justement.


La révolte
est nécessaire, dire est nécessaire, c’est trancher en soi, le membre gangréné.


Pour ces
gens ? Franchement, je n’attends rien d’eux. S’ils le peuvent ils changeront.

Vieux Jade 15/03/2012 07:24



La révolte est nécessaire, et l'acceptation aussi. Quel cocktail ! Tchin !



Korrigan 14/03/2012 10:42


Il en est du destin du serf ignare comme celui du cerf innocent.


Le Roi méprisant en ignore l’un et tue l’autre par amusement, et inversement.


 


Moralité,


Rien ne serf de pourrir quand on ne sait que bramer à point.


 

Vieux Jade 14/03/2012 19:43



Certains morts dont les serfs n'étaient pas sûrs qu'ils soient convenablement alités ont été duments percés d'un pieu (pour ça qu'on dit "rester au pieu") afin qu'avares de pourrir ils n'aillent
(excusez moi, c'est involontaire) trop courir.


 



Présentation

  • : Le jardin de Vieux Jade
  • : Arrivages du jour, légumes secs, mauvaises herbes, quelques trucs qui arrachent la gueule. Taupes, censeurs et culs bénits s'abstenir. Si vous cherchez des certitudes, c'est pas l'endroit.
  • Contact

Décidément rétif à l'ordre bestial, j'ai fixé ma résidence ailleurs, d'où j'observe le déroulement des temps infernaux, fumier des plus belles fleurs.  J'ai un jardin secret, où les plantes poussent toutes seules. Servez-vous, si le coeur vous en dit, sans tenir compte de la chronologie, car comme le mot le dit clairement, l'heure est un leurre.

 

Une précision concernant les commentaires : n'ayant pas toujours le temps ni l'énergie de répondre aux commentaires, ceux-ci restent ouverts, sans aucune garantie que j'y réponde. Je me réserve cependant le droit de sabrer les inconvenances, dont je reste seul juge.

 

Ici, je n'est pas un autre.

Recherche

Lave

Après l’explosion

Nul ne l’a sue

Le jour d’après

Coule la lave

Brûlent les cendres

Lave la lave

Mange la louve

Larmes sans sel

De régime

Cuit et recuit 

Frottent les cendres

Récurent

 

Pas encore nu,

Pas tout à fait ?

Restent des choses

Bien accrochées

Des salissures

De vieux fantômes

D’anciennes guerres

 

Qui peut le faire, si ce n'est toi ? 

 

Nettoie

 

Les notes glissent

Comme des larmes

Gouttes de feu

Sur la paroi

 

Qui m’a volé le cœur ?

Qui m’a trempé vivant,

Comme une lame ?

Qui m’a fouetté les yeux,

M’a déchiré le ventre

Me baisant les paupières

Et m’enduisant de baume,

Me prenant par la main,

Pour me conduire

Dehors ?

Les dits de Lao Yu

LE BUT DE LA QUÊTE EST DE N'AVOIR

NI BUT, NI QUÊTE

 

***

 

QUE SAIT-IL DE LA PESANTEUR,

CELUI QUI N'EST JAMAIS TOMBÉ ?

 

***

 

C'EST SOUVENT LORSQU'ELLE S'ENFUIT QU'ON PERÇOIT L'ESSENCE DE LA BEAUTÉ

 

***

 

LA MER A DES MILLIARDS DE VAGUES QUI BATTENT TOUS LES RIVAGES. OU EST LE CENTRE DE LA MER ?

 

***

 

CE QUI EST MORT N'A AUCUN POUVOIR SUR CE QUI EST VIVANT

SEULS LES MORTS CRAIGNENT LES MORTS

 

***

 

QUAND LE NID BRÛLE, LES OISEAUX S’ENVOLENT

 

***

 

C’EST DANS LA CHUTE QUE LES AILES POUSSENT

 

***

 

CE QUI PEUT ÊTRE PERDU EST SANS VALEUR

 

***

 

LA MAISON EST PLUS GRANDE QUE LA PORTE

 

***

 

L’ERREUR EST LA VOIE

 

***

 

LA ROUTE EST DURE A CELUI QUI BOÎTE

 

***

 

LA LUMIERE DE L’ETOILE EST DANS L’ŒIL QUI LA REGARDE

 

***

 

LES PETITS NOURRISSENT LES GRANDS

 

***

 

LES RICHES ONT UNE BOUCHE
MAIS PAS DE MAINS POUR LA REMPLIR

C’EST POURQUOI IL LEUR FAUT
DE NOMBREUX SERVITEURS ;


CEUX QUI ONT DE NOMBREUX SERVITEURS
NE SAURAIENT VIVRE SEULS,

CE SONT DONC DES PAUVRES ;


CELUI QUI PEUT VIVRE SANS SERVITEURS 
EST DONC LE VERITABLE RICHE.

 

***

 

VIVRE C’EST REVENIR SUR SES PAS

 

***

 

LA NUIT LAVE LE LINGE DU SOLEIL

 

***

 

LES RUISSEAUX EMPORTENT LES MONTAGNES

 

***

 

UNE EPINE DANS LE PIED DU GENERAL : L’ARMEE S’ARRÊTE


***
 


UN PORC EN HABITS DE SOIE RESTE UN PORC,
COMME UN DIAMANT DANS LE FUMIER

RESTE UN DIAMANT.

MAIS LA PLACE D’ UN DIAMANT

EST DANS UN ECRIN DE SOIE,

ET CELLE D’UN PORC DANS LE FUMIER.

 

***

 

COMME SEULE L’EAU ETANCHE LA SOIF,
SEULE LA JUSTICE COMBLE LA FAIM DE JUSTICE

 

***

 

DU COLIBRI A L’AIGLE, IL EXISTE DE NOMBREUX OISEAUX

 

***

 

LE DEDANS REGLE LE DEHORS

 

***

 

L’EPONGE BOIT LE VIN RENVERSÉ
ET LA ROSÉE DU MATIN

 

 

***  

 

LORSQU'IL DECOUVRE LE MIEL,

L'OURS OUBLIE LA PIQÛRE DES ABEILLES

 

 

 

 

 

 

 

 

Lisez-Moi Lisez Moi Lisez Moi

Des mots des mots des mots des

Quand à un livre je me livre , ce que je lis me délie.

 

 

Je me demande pourquoi on n'a pas encore une loi qui oblige à faire bouillir les bébés à la naissance, afin qu'ils soient parfaitement stérilisés.

 

Circuler, pour mieux s'ôter.

Toute notre vie, on attend une grande cause pour se lever, et on passe sa vie accroupi, à croupir.

Le lucane aime prendre l'R le soir à sa lucarne.

Ce qu’il y a de bien dans l’état de siège, c’est qu’on prend le temps de s’asseoir.

 

 

Les oiseaux sont les poissons du ciel,

nous en sommes les crabes


Heureux les déjantés, ils quitteront plus facilement la route commune!

 
L’argent n’a pas d’odeur, mais il y contribue.


Un vrai sosie, c’est invraisemblable.

   

Quand je grossis, je m’aigris ; et quand je m’aigris, je grossis.

   

Le temps, c’est de l’urgent.

   

Joindre l’utile au désagréable : se faire renverser par une ambulance.  

 

Le journal du paradis, c’est le Daily Cieux.

   

Yfaut et Yaka sont dans un bateau ; Yfaut tombe à l’eau, Yaka l’repêcher.

 

Chaque matin, s’ils ne sont pas morts, les vieux vont aux nouvelles.

 

Le poète a latitude d’explorer toutes les longitudes.

   

Etre réduit à la portion congrue, c’est fort peu. Moins, c’est incongru.

 

Peut-on dire de quelqu’un
dont la vie dépend des autres pour tout qu’il
est riche ?
La bouche est elle riche ?

Peut-on dire de quelqu’un
qui n’a rien à attendre des autres qu’il est pauvre ?
Les mains sont elles pauvres ?

 

Curieux comme mystique s’oppose à mastoc.

 

On a mis bien des ouvrages majeurs à l’index.

 

Quand le brouillard tombe, on voudrait qu’il se casse.

 

Au matin, la nuit tombe de sommeil.