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22 mars 2012 4 22 /03 /mars /2012 11:11

 

Piqué

 

 

A près de 60 ans, j'ai toujours mangé au hasard des rencontres. Né dans une ferme, j'ai mangé des oeufs, de la viande, du poisson, des laitages, des légumes et des fruits qu'on qualifierait aujourd'hui d'extraordinaires.

 

Les bovins qu'engraissaient mes ancêtres étaient bio sans le savoir, comme M. Jourdain faisait de la prose. Mon grand-oncle, pour les concours précédant Pâques, ajoutait à la ration de ses animaux des oeufs battus à la gnôle de prune, trois semaines durant, ce qui rappelle les boeufs de Kobé.

 

Mon père collectionnait les anciennes souches d'arbres fruitiers, et classait ses récoltes de fruits afin d'en manger d'octobre à mars. L'ère des Golden et autres betteraves insipides a contribué à le tuer.

 

Chez nous, les laitières - de grosses et placides Montbéliardes, qui ne mangeaient, comme dix mille ans plus tôt, que de l'herbe fraîche, sans pétrole en poudre - donnaient un lait crémeux dont, à quatre ou cinq ans, je buvais des litres, non pasteurisé, cru, juste écrémé, la crème servant à napper les desserts.

 

Ce lait était si proche de l'herbe nourricière qu'en mai, mois de Maïa, de Marie, du triomphe de la nature, le beurre était presque vert.

 

Qui pourrait aujourd'hui imaginer cela ?

 

Les pommes et les poires de mon père avaient des défauts, des taches. Qui m'en rendra la perfection du goût, et des arômes ?

  

Certainement pas les parfaits faux fruits de la Bête.

 

Qui a jamais mangé les sublimes premiers petits pois, les exquises carottes et les renversantes pommes de terre nouvelles ne voudra jamais de ces pauvres succédanés à texture de carton et parfum d'égout qu'on trouve maintenant presqu'exclusivement.

 

La Pieuvre nous propose maintenant des clones de lady gaga en lieu et place de notre éternelle fiancée. Ça ne fait pas le compte.

 

Sans être une exception, j'ai la chance d'avoir, malgré - ou à cause ? - de nombreux excès une santé globalement satisfaisante.

 

Mme VJ étant abonnée à des revues telles que Néo Santé, honorable au demeurant, il lui arrive de me dire que je ne satisfais pas aux dogmes en vigueur. Passe que j'insatisfasse la Bête est ses dogmes débilitants et mercantiles, voilà-t-y-pas que les gurus du naturel me condamnneraient à leur tour ?

 

Trop de ci, trop de ça, pas assez de, ou pas comme il faudrait ?

 

Manger thérapeutique ? Penser : je me fais du bien, en mâchant un truc qui me débecte ?

 

A tous, fussé-je damné et condamné, je réponds : et le plaisir, bordel ?

 

Je me fous des dogmes, des études prétendues scientifiques, je m'assieds dessus. De toutes façons, depuis que je suis né, j'ai entendu qu'il fallait manger du pain, pas de pain, du sucre, pas de sucre, pas de sucre avec du pain, du pain sucré, beurré pas sucré, pas beurré. Ouf.

 

Je méprise la science et les docteurs. J'emmerde les donneurs de leçons.

 

Je suis moi, et cette vie est la mienne. J'entends la vivre à ma manière. Les marques et les balises ne me concernent pas. Je bois comme un trou, je mange de la viande, des légumes, du fromage, lorsque ça me plait.

 

Depuis 3 jours, je suis à la flotte. Oui Mesdames, je bois de l'eau. Pas la faculté qui m'a fait peur. Juste mon corps qui m'a dit : j'ai soif d'eau. J'emmerde les pontifes, mais j'écoute mon corps. 

 

Je condamne l'élevage industriel des animaux, et je pleurais quand on emmenait les châtrons de mon père à l'abattoir.

 

J'ai lu Barjavel et sa "Faim du tigre". Je n'ai pas de réponse à la dévoration réciproque des espèces. Il me faut manger pour vivre. Comme le Renard de la fable, je trouve le prana un peu vert.

 

A défaut de manger avec amour, il me semble important de manger avec plaisir.

 

Je mange donc ce qui me plait, et non ce que me suggère la faculté de médecine, ou ses adversaires.

 

Je mange selon mon appétit. Je mange instinctivement. Et, parce que je n'ai pas oublié ce que disait la mère d'Agnès, nonne zen (un moine mendiant mange ce qu'on lui donne), je mange ce qu'on me propose, viande et poisson inclus.

 

Car si des théories - toujours et toujours les théories - réprouvent l'usage de la viande, d'autres affirment qu'on amène au niveau humain ce qu'on mange. Théorie contre théorie, tels sont les temps de la confusion, ce qui devrait amener à la conclusion que les théories se valent, dans l'annulation réciproque.

 

"Aime, et fais ce que voudras", disait Rabelais après Augustin, évêque d'Hippone. C'est là que je vais.

 

Les anciens chasseurs priaient l'Esprit du monde et s'excusaient par avance du meurtre qui leur était imposé et qu'ils allaient commettre pour se nourrir.

 

Sommes-nous responsables et devons nous nous excuser de la nécessité de tuer pour vivre ?

 

Manger, dès lors qu'on a de quoi manger, ce qui n'est pas donné à tous, reste une nécessité. Autant que ce soit aussi un plaisir.

 

Manger de la merde pour complaire aux séides de la Pieuvre ou des trucs dont on n'a pas envie pour suivre les opposants à la Pieuvre, ce n'est pas manger, c'est voter.

 

Mangez ce que vous voulez, faites vous plaisir. Ma croyance est la suivante : la plupart des maladies, et contrairement à un dogme extrêmement fort, ne sont dues ni à ce qu'on mange ni à la façon dont on les mange, ou pas seulement, mais aussi à l'absence du plaisir de manger.

 

Manger ces aliments dont le nom comprend celui de la lumière divine, AL, devrait être comme faire l'amour : une jouissance consciente et partagée.

   

 

 

PS : Mme VJ et moi serons absents quelques jours. Adieu blog, blagues, cocons, cuvées, et comme chantait Perrette, la suite au prochain épisode... 

 

 

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Published by Vieux Jade - dans légumes verts
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commentaires

Marilou 24/03/2012 08:12


Bonjour V.J., bonjour tous !


Du bon beurre, sur du bon pain, et du sucre avec... hum !  quand j'en fais à ma petite fille elle adore çà aussi...


Bon repas, heu... bon repos aussi...Et bon printemps !


Salutations !

Vieux Jade 26/03/2012 20:34



Bon jour X 2, bon beurre, bon pain, bon repas, repos, printemps, merci pour ces sept bonnes intentions :)



Miche 24/03/2012 04:50


, il y a plaisir, là où il y a accord en soi...


 

Vieux Jade 26/03/2012 20:32



Où il y a de la gêne, c'est bien connu...



LLéa 24/03/2012 01:15


:)


 


Beau samedi, beau dimanche, beau temps, beaux coeurs. ;)


Bises a toutes et tous.

LLéa 22/03/2012 22:02


:)


 


http://www.leblogdebango.fr/2011/02/les-foodscapes-de-carl-warner-des-paysages-qui-se-mangent/

Vieux Jade 26/03/2012 20:31



Miam :)



LLéa 22/03/2012 21:45


:)))


 


Bonsoir et merci.


 


Manger instinctivement. Le corps réclame ce dont il a besoin. Chaque corps est différent, a son propre rythme ...


 


Ahaaaaa, les petit pois, les vrais! C'est d'une douceur, lorsque l'on plonge les mains dans la bassine ou y sont déposées ces vertes perles, après écossage.


 


Léa fait l'amour avec des coquillettes et des légumes. ;)


 


Belles vacances avec ton épouse. Je t'embrasse fort. A quand tu veux ...

Vieux Jade 26/03/2012 20:27



Je vous passe l'histoire de la bonne soeur...hum...avec des carottes...râpées, la pauvre...d'où l'intérêt d'être bien informée...



Présentation

  • : Le jardin de Vieux Jade
  • : Arrivages du jour, légumes secs, mauvaises herbes, quelques trucs qui arrachent la gueule. Taupes, censeurs et culs bénits s'abstenir. Si vous cherchez des certitudes, c'est pas l'endroit.
  • Contact

Décidément rétif à l'ordre bestial, j'ai fixé ma résidence ailleurs, d'où j'observe le déroulement des temps infernaux, fumier des plus belles fleurs.  J'ai un jardin secret, où les plantes poussent toutes seules. Servez-vous, si le coeur vous en dit, sans tenir compte de la chronologie, car comme le mot le dit clairement, l'heure est un leurre.

 

Une précision concernant les commentaires : n'ayant pas toujours le temps ni l'énergie de répondre aux commentaires, ceux-ci restent ouverts, sans aucune garantie que j'y réponde. Je me réserve cependant le droit de sabrer les inconvenances, dont je reste seul juge.

 

Ici, je n'est pas un autre.

Recherche

Lave

Après l’explosion

Nul ne l’a sue

Le jour d’après

Coule la lave

Brûlent les cendres

Lave la lave

Mange la louve

Larmes sans sel

De régime

Cuit et recuit 

Frottent les cendres

Récurent

 

Pas encore nu,

Pas tout à fait ?

Restent des choses

Bien accrochées

Des salissures

De vieux fantômes

D’anciennes guerres

 

Qui peut le faire, si ce n'est toi ? 

 

Nettoie

 

Les notes glissent

Comme des larmes

Gouttes de feu

Sur la paroi

 

Qui m’a volé le cœur ?

Qui m’a trempé vivant,

Comme une lame ?

Qui m’a fouetté les yeux,

M’a déchiré le ventre

Me baisant les paupières

Et m’enduisant de baume,

Me prenant par la main,

Pour me conduire

Dehors ?

Les dits de Lao Yu

LE BUT DE LA QUÊTE EST DE N'AVOIR

NI BUT, NI QUÊTE

 

***

 

QUE SAIT-IL DE LA PESANTEUR,

CELUI QUI N'EST JAMAIS TOMBÉ ?

 

***

 

C'EST SOUVENT LORSQU'ELLE S'ENFUIT QU'ON PERÇOIT L'ESSENCE DE LA BEAUTÉ

 

***

 

LA MER A DES MILLIARDS DE VAGUES QUI BATTENT TOUS LES RIVAGES. OU EST LE CENTRE DE LA MER ?

 

***

 

CE QUI EST MORT N'A AUCUN POUVOIR SUR CE QUI EST VIVANT

SEULS LES MORTS CRAIGNENT LES MORTS

 

***

 

QUAND LE NID BRÛLE, LES OISEAUX S’ENVOLENT

 

***

 

C’EST DANS LA CHUTE QUE LES AILES POUSSENT

 

***

 

CE QUI PEUT ÊTRE PERDU EST SANS VALEUR

 

***

 

LA MAISON EST PLUS GRANDE QUE LA PORTE

 

***

 

L’ERREUR EST LA VOIE

 

***

 

LA ROUTE EST DURE A CELUI QUI BOÎTE

 

***

 

LA LUMIERE DE L’ETOILE EST DANS L’ŒIL QUI LA REGARDE

 

***

 

LES PETITS NOURRISSENT LES GRANDS

 

***

 

LES RICHES ONT UNE BOUCHE
MAIS PAS DE MAINS POUR LA REMPLIR

C’EST POURQUOI IL LEUR FAUT
DE NOMBREUX SERVITEURS ;


CEUX QUI ONT DE NOMBREUX SERVITEURS
NE SAURAIENT VIVRE SEULS,

CE SONT DONC DES PAUVRES ;


CELUI QUI PEUT VIVRE SANS SERVITEURS 
EST DONC LE VERITABLE RICHE.

 

***

 

VIVRE C’EST REVENIR SUR SES PAS

 

***

 

LA NUIT LAVE LE LINGE DU SOLEIL

 

***

 

LES RUISSEAUX EMPORTENT LES MONTAGNES

 

***

 

UNE EPINE DANS LE PIED DU GENERAL : L’ARMEE S’ARRÊTE


***
 


UN PORC EN HABITS DE SOIE RESTE UN PORC,
COMME UN DIAMANT DANS LE FUMIER

RESTE UN DIAMANT.

MAIS LA PLACE D’ UN DIAMANT

EST DANS UN ECRIN DE SOIE,

ET CELLE D’UN PORC DANS LE FUMIER.

 

***

 

COMME SEULE L’EAU ETANCHE LA SOIF,
SEULE LA JUSTICE COMBLE LA FAIM DE JUSTICE

 

***

 

DU COLIBRI A L’AIGLE, IL EXISTE DE NOMBREUX OISEAUX

 

***

 

LE DEDANS REGLE LE DEHORS

 

***

 

L’EPONGE BOIT LE VIN RENVERSÉ
ET LA ROSÉE DU MATIN

 

 

***  

 

LORSQU'IL DECOUVRE LE MIEL,

L'OURS OUBLIE LA PIQÛRE DES ABEILLES

 

 

 

 

 

 

 

 

Lisez-Moi Lisez Moi Lisez Moi

Des mots des mots des mots des

Quand à un livre je me livre , ce que je lis me délie.

 

 

Je me demande pourquoi on n'a pas encore une loi qui oblige à faire bouillir les bébés à la naissance, afin qu'ils soient parfaitement stérilisés.

 

Circuler, pour mieux s'ôter.

Toute notre vie, on attend une grande cause pour se lever, et on passe sa vie accroupi, à croupir.

Le lucane aime prendre l'R le soir à sa lucarne.

Ce qu’il y a de bien dans l’état de siège, c’est qu’on prend le temps de s’asseoir.

 

 

Les oiseaux sont les poissons du ciel,

nous en sommes les crabes


Heureux les déjantés, ils quitteront plus facilement la route commune!

 
L’argent n’a pas d’odeur, mais il y contribue.


Un vrai sosie, c’est invraisemblable.

   

Quand je grossis, je m’aigris ; et quand je m’aigris, je grossis.

   

Le temps, c’est de l’urgent.

   

Joindre l’utile au désagréable : se faire renverser par une ambulance.  

 

Le journal du paradis, c’est le Daily Cieux.

   

Yfaut et Yaka sont dans un bateau ; Yfaut tombe à l’eau, Yaka l’repêcher.

 

Chaque matin, s’ils ne sont pas morts, les vieux vont aux nouvelles.

 

Le poète a latitude d’explorer toutes les longitudes.

   

Etre réduit à la portion congrue, c’est fort peu. Moins, c’est incongru.

 

Peut-on dire de quelqu’un
dont la vie dépend des autres pour tout qu’il
est riche ?
La bouche est elle riche ?

Peut-on dire de quelqu’un
qui n’a rien à attendre des autres qu’il est pauvre ?
Les mains sont elles pauvres ?

 

Curieux comme mystique s’oppose à mastoc.

 

On a mis bien des ouvrages majeurs à l’index.

 

Quand le brouillard tombe, on voudrait qu’il se casse.

 

Au matin, la nuit tombe de sommeil.