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21 juillet 2011 4 21 /07 /juillet /2011 18:47

 

8_novembre-1-.jpg

 

Mon père est mort à 84 ans. Il en avait 28 lorsque je suis né. J'avais donc les deux tiers de son âge quand il a quitté la scène. 

 

Mon père est-il mon père ? Ou plutôt n'est-ce pas moi, par ma révolte, inscrite bien sûr dans la conscience collective de ma génération qui lui ai indiqué des pistes, des moyens de se libérer du carcan des générations antérieures ?

 

Je ne crois pas au temps linéaire, au temps flèche dirigé du passé vers l'avenir. J'ai reçu des visions contraires, et je crois bien plus à mes visions qu'aux conventions.

 

Qu'on éduque ses parents me paraît évident. Le plus neuf enseigne l'ancien. Il n'y a cependant que les idiots pour croire que c'est à sens unique. Il y a communication, transmission de l'un à l'autre, dans les deux sens. Mais le dogme quasi-intangible de l'ancien qui éduque le nouveau doit être renversé, mis à bas, comme une idole.

 

C'est un mensonge. Ce que tu as voulu m'apprendre, mon père, en toute bonne foi, c'est ce qu'on t'a appris, 80% de terreau hérité et un peu que tu as découvert par toi-même. 80% de vieilles combines aussi fraîches et légères que les crèpes aux jambon et à la béchamelle de ta mère. Je n'accepte ton héritage que sous bénéfice d'inventaire.

 

En clair : je veux, j'ai toujours voulu juger de tout par moi-même, faire et inventer ma cuisine, chercher MA voie, quel que soit le prix à payer. Vos coutumes, vos fortunes, votre sagesse, je m'en fous. Vos combines et votre carnet d'adresses, je m'en tape. Pire, même, tu t'en souviens, j'ai tout jeté. C'est loin, mais toujours actuel.

 

La sagesse héritée, c'est du guano. La fortune héritée : le malheur cumulé de toutes les malversations, rapines et faussetés des générations. Que ceux que ça fait bander ramassent ces excréments. Il y a des coprophages.

 

Être, vivre libre, c'est vivre l'instant. Difficile exercice, puisqu'à renouveler à chaque instant.  

 

Le soir où j'ai écrit ça, je me suis amusé à une action de gamin : mes voisins et leurs invités  jouant aux boules dans le chemin qui jouxte ma maison, l'un d'eux, un gros gras à la touffe sommitale rasée avait posé son cul sur ma fenêtre.

 

Subrepticement, j'ai, au moyen de ma télécommande, balancé la musique à fond, avant de me renfoncer derrière une cloison : rien de plus drôle que sa pantomime pendant quelques secondes. On aurait cru Donald Duck assis sur un nid de frelons.

 

Il n'y a pas d'âge pour s'amuser.

 

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Published by Vieux Jade - dans fleurs des champs
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commentaires

jac 22/07/2011 09:33


C'est de bonne paix .

Bonne journée à vous


Vieux Jade 22/07/2011 09:54



Merci. Bonne journée également.



jac 21/07/2011 22:33


cool , cool mon doux,
mon prof , le directeur de mon école de gestalt me disait y a pas longtemps , l'enfant qui naît maintenant est plus vieux que toi ...on parlait de bienveillance , de placer l'autre au dessus de soi
... oh ben , dis donc , c'est vrai, cela mérite réflexion , et puis me vient une autre pensée de gurdjieff celle ci , retransmise par jodo dans le livre "le maître et les magiciennes" le travail
sur l'essence ,
entre autres :

"ne regarde pas en te cachant, regarde directement ...
je vous joins l'enseignement entier si vous voulez
l'heure est à la vérité et à l'amour , cela j'en suis sûre même les gras du genoux et les gras du bide et de la touffe le méritent même si ils ne le savent pas, .nous on le sait et l'on ne s'égare
pas.
De grâce.


Vieux Jade 22/07/2011 07:30



Je l'ai peut-être mal exprimé, mais c'est bien ce que je voulais dire : la génération nouvelle est plus neuve, donc plus proche du "centre", donc plus sage et plus "vieille". Dans ma jeunesse, on
n'entendait jamais les enfants. Tais toi, c'était notre lot. Cela dit, les enfants ne sont pas non plus des puits de sagesse et les anciens des idiots. C'est contre le système : les anciens
savent tout que je m'insurge.


Quant au monsieur sur ma fenêtre, je ne m'en moque pas, je suis relativement gras moi aussi, je me suis juste amusé comme si j'avais eu 10 ans, et ça n'a rien à voir avec un manque de respect.


 



Narf 21/07/2011 21:06


Oups! J'ai oublié! Trouvé là:
http://www.laphilosophie.fr/ebook/Nietzsche%20-%20Ainsi%20parlait%20Zarathoustra%20(trad.%20Henri%20Albert,%201898).pdf


Narf 21/07/2011 21:04


LES DISCOURS DE ZARATHOUSTRA
LES TROIS METAMORPHOSES
Je vais vous dire trois métamorphoses de l'esprit: comment l'esprit devient chameau, comment le chameau
devient lion, et comment enfin le lion devient enfant.
Il est maint fardeau pesant pour l'esprit, pour l'esprit patient et vigoureux en qui domine le respect: sa vigueur
réclame le fardeau pesant, le plus pesant.
Qu'y a−t−il de plus pesant! ainsi interroge l'esprit robuste. Dites−le, ô héros, afin que je le charge sur moi et
que ma force se réjouisse.
N'est−ce pas cela: s'humilier pour faire souffrir son orgueil? Faire luire sa folie pour tourner en dérision sa
sagesse?
Ou bien est−ce cela: déserter une cause, au moment où elle célèbre sa victoire? Monter sur de hautes
montagnes pour tenter le tentateur?
Ou bien est−ce cela: se nourrir des glands et de l'herbe de la connaissance, et souffrir la faim dans son âme,
pour l'amour de la vérité?
Ainsi Parlait Zarathoustra
LES DISCOURS DE ZARATHOUSTRA 13
Ou bien est−ce cela: être malade et renvoyer les consolateurs, se lier d'amitié avec des sourds qui m'entendent
jamais ce que tu veux?
Ou bien est−ce cela: descendre dans l'eau sale si c'est l'eau de la vérité et ne point repousser les grenouilles
visqueuses et les purulents crapauds?$
Ou bien est−ce cela: aimer qui nous méprise et tendre la main au fantôme lorsqu'il veut nous effrayer?
L'esprit robuste charge sur lui tous ces fardeaux pesants: tel le chameau qui sitôt chargé se hâte vers le désert,
ainsi lui se hâte vers son désert.
Mais au fond du désert le plus solitaire s'accomplit la seconde métamorphose: ici l'esprit devient lion, il veut
conquérir la liberté et être maître de son propre désert.
Il cherche ici son dernier maître: il veut être l'ennemi de ce maître, comme il est l'ennemi de son dernier dieu;
il veut lutter pour la victoire avec le grand dragon.
Quel est le grand dragon que l'esprit ne veut plus appeler ni dieu ni maître? “Tu dois", s'appelle le grand
dragon. Mais l'esprit du lion dit:
“Je veux.”
“Tu dois” le guette au bord du chemin, étincelant d'or sous sa carapace aux mille écailles, et sur chaque
écaille brille en lettres dorées: “Tu dois!”
Des valeurs de mille années brillent sur ces écailles et ainsi parle le plus puissant de tous les dragons: “Tout
ce qui est valeur—brille sur moi.”
Tout ce qui est valeur a déjà été créé, et c'est moi qui représente toutes les valeurs créées. En vérité il ne doit
plus y avoir de “Je veux”! Ainsi parle le dragon.
Mes frères, pourquoi est−il besoin du lion de l'esprit? La bête robuste qui s'abstient et qui est respectueuse ne
suffit−elle pas?
Créer des valeurs nouvelles—le lion même ne le peut pas encore: mais se rendre libre pour la création
nouvelle—c'est ce que peut la puissance du lion.
Se faire libre, opposer une divine négation, même au devoir: telle, mes frères, est la tâche où il est besoin du
lion.
Conquérir le droit de créer des valeurs nouvelles—c'est la plus terrible conquête pour un esprit patient et
respectueux. En vérité, c'est là un acte féroce, pour lui, et le fait d'une bête de proie.
Il aimait jadis le “Tu dois” comme son bien le plus sacré: maintenant il lui faut trouver l'illusion et l'arbitraire,
même dans ce bien le plus sacré, pour qu'il fasse, aux dépens de son amour, la conquête de la liberté: il faut
un lion pour un pareil rapt.
Mais, dites−moi, mes frères, que peut faire l'enfant que le lion ne pouvait faire? Pourquoi faut−il que le lion
ravisseur devienne enfant?
L'enfant est innocence et oubli, un renouveau et un jeu, une roue qui roule sur elle−même, un premier
mouvement, une sainte affirmation.
Ainsi Parlait Zarathoustra
LES DISCOURS DE ZARATHOUSTRA 14
Oui, pour le jeu divin de la création, ô mes frères, il faut une sainte affirmation: l'esprit veut maintenant
sa propre volonté, celui qui a perdu le monde veut gagner son propre monde.
Je vous ai nommé trois métamorphoses de l'esprit: comment l'esprit devient chameau, comment l'esprit
devient lion, et comment enfin le lion devient enfant.—


Vieux Jade 22/07/2011 07:33



A digérer...merci



Présentation

  • : Le jardin de Vieux Jade
  • : Arrivages du jour, légumes secs, mauvaises herbes, quelques trucs qui arrachent la gueule. Taupes, censeurs et culs bénits s'abstenir. Si vous cherchez des certitudes, c'est pas l'endroit.
  • Contact

Décidément rétif à l'ordre bestial, j'ai fixé ma résidence ailleurs, d'où j'observe le déroulement des temps infernaux, fumier des plus belles fleurs.  J'ai un jardin secret, où les plantes poussent toutes seules. Servez-vous, si le coeur vous en dit, sans tenir compte de la chronologie, car comme le mot le dit clairement, l'heure est un leurre.

 

Une précision concernant les commentaires : n'ayant pas toujours le temps ni l'énergie de répondre aux commentaires, ceux-ci restent ouverts, sans aucune garantie que j'y réponde. Je me réserve cependant le droit de sabrer les inconvenances, dont je reste seul juge.

 

Ici, je n'est pas un autre.

Recherche

Lave

Après l’explosion

Nul ne l’a sue

Le jour d’après

Coule la lave

Brûlent les cendres

Lave la lave

Mange la louve

Larmes sans sel

De régime

Cuit et recuit 

Frottent les cendres

Récurent

 

Pas encore nu,

Pas tout à fait ?

Restent des choses

Bien accrochées

Des salissures

De vieux fantômes

D’anciennes guerres

 

Qui peut le faire, si ce n'est toi ? 

 

Nettoie

 

Les notes glissent

Comme des larmes

Gouttes de feu

Sur la paroi

 

Qui m’a volé le cœur ?

Qui m’a trempé vivant,

Comme une lame ?

Qui m’a fouetté les yeux,

M’a déchiré le ventre

Me baisant les paupières

Et m’enduisant de baume,

Me prenant par la main,

Pour me conduire

Dehors ?

Les dits de Lao Yu

LE BUT DE LA QUÊTE EST DE N'AVOIR

NI BUT, NI QUÊTE

 

***

 

QUE SAIT-IL DE LA PESANTEUR,

CELUI QUI N'EST JAMAIS TOMBÉ ?

 

***

 

C'EST SOUVENT LORSQU'ELLE S'ENFUIT QU'ON PERÇOIT L'ESSENCE DE LA BEAUTÉ

 

***

 

LA MER A DES MILLIARDS DE VAGUES QUI BATTENT TOUS LES RIVAGES. OU EST LE CENTRE DE LA MER ?

 

***

 

CE QUI EST MORT N'A AUCUN POUVOIR SUR CE QUI EST VIVANT

SEULS LES MORTS CRAIGNENT LES MORTS

 

***

 

QUAND LE NID BRÛLE, LES OISEAUX S’ENVOLENT

 

***

 

C’EST DANS LA CHUTE QUE LES AILES POUSSENT

 

***

 

CE QUI PEUT ÊTRE PERDU EST SANS VALEUR

 

***

 

LA MAISON EST PLUS GRANDE QUE LA PORTE

 

***

 

L’ERREUR EST LA VOIE

 

***

 

LA ROUTE EST DURE A CELUI QUI BOÎTE

 

***

 

LA LUMIERE DE L’ETOILE EST DANS L’ŒIL QUI LA REGARDE

 

***

 

LES PETITS NOURRISSENT LES GRANDS

 

***

 

LES RICHES ONT UNE BOUCHE
MAIS PAS DE MAINS POUR LA REMPLIR

C’EST POURQUOI IL LEUR FAUT
DE NOMBREUX SERVITEURS ;


CEUX QUI ONT DE NOMBREUX SERVITEURS
NE SAURAIENT VIVRE SEULS,

CE SONT DONC DES PAUVRES ;


CELUI QUI PEUT VIVRE SANS SERVITEURS 
EST DONC LE VERITABLE RICHE.

 

***

 

VIVRE C’EST REVENIR SUR SES PAS

 

***

 

LA NUIT LAVE LE LINGE DU SOLEIL

 

***

 

LES RUISSEAUX EMPORTENT LES MONTAGNES

 

***

 

UNE EPINE DANS LE PIED DU GENERAL : L’ARMEE S’ARRÊTE


***
 


UN PORC EN HABITS DE SOIE RESTE UN PORC,
COMME UN DIAMANT DANS LE FUMIER

RESTE UN DIAMANT.

MAIS LA PLACE D’ UN DIAMANT

EST DANS UN ECRIN DE SOIE,

ET CELLE D’UN PORC DANS LE FUMIER.

 

***

 

COMME SEULE L’EAU ETANCHE LA SOIF,
SEULE LA JUSTICE COMBLE LA FAIM DE JUSTICE

 

***

 

DU COLIBRI A L’AIGLE, IL EXISTE DE NOMBREUX OISEAUX

 

***

 

LE DEDANS REGLE LE DEHORS

 

***

 

L’EPONGE BOIT LE VIN RENVERSÉ
ET LA ROSÉE DU MATIN

 

 

***  

 

LORSQU'IL DECOUVRE LE MIEL,

L'OURS OUBLIE LA PIQÛRE DES ABEILLES

 

 

 

 

 

 

 

 

Lisez-Moi Lisez Moi Lisez Moi

Des mots des mots des mots des

Quand à un livre je me livre , ce que je lis me délie.

 

 

Je me demande pourquoi on n'a pas encore une loi qui oblige à faire bouillir les bébés à la naissance, afin qu'ils soient parfaitement stérilisés.

 

Circuler, pour mieux s'ôter.

Toute notre vie, on attend une grande cause pour se lever, et on passe sa vie accroupi, à croupir.

Le lucane aime prendre l'R le soir à sa lucarne.

Ce qu’il y a de bien dans l’état de siège, c’est qu’on prend le temps de s’asseoir.

 

 

Les oiseaux sont les poissons du ciel,

nous en sommes les crabes


Heureux les déjantés, ils quitteront plus facilement la route commune!

 
L’argent n’a pas d’odeur, mais il y contribue.


Un vrai sosie, c’est invraisemblable.

   

Quand je grossis, je m’aigris ; et quand je m’aigris, je grossis.

   

Le temps, c’est de l’urgent.

   

Joindre l’utile au désagréable : se faire renverser par une ambulance.  

 

Le journal du paradis, c’est le Daily Cieux.

   

Yfaut et Yaka sont dans un bateau ; Yfaut tombe à l’eau, Yaka l’repêcher.

 

Chaque matin, s’ils ne sont pas morts, les vieux vont aux nouvelles.

 

Le poète a latitude d’explorer toutes les longitudes.

   

Etre réduit à la portion congrue, c’est fort peu. Moins, c’est incongru.

 

Peut-on dire de quelqu’un
dont la vie dépend des autres pour tout qu’il
est riche ?
La bouche est elle riche ?

Peut-on dire de quelqu’un
qui n’a rien à attendre des autres qu’il est pauvre ?
Les mains sont elles pauvres ?

 

Curieux comme mystique s’oppose à mastoc.

 

On a mis bien des ouvrages majeurs à l’index.

 

Quand le brouillard tombe, on voudrait qu’il se casse.

 

Au matin, la nuit tombe de sommeil.