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8 décembre 2013 7 08 /12 /décembre /2013 11:21
En regardant cette puissante version du 2ème concerto pour piano de Brahms, où le paterne Celibidache s'associe au fougueux Barenboïm pour nous livrer les pensées secrètes de ce génie de la musique, je ne cesse d'être bouleversé par d'évidentes flamboyances : chaque musicien, le soliste y compris sont liés au respect de l'oeuvre écrite, figée dans l'encre et le papier, et nul ne peut y déroger.
 
Le vieux Celibidache est le domestique en chef, un larbin comme un autre, comme le cher Haydn, qui mangeait à la table du personnel et tous les histrions dont le rôle est de divertir les maîtres qui les paient. S'ils sont fastueusement traités, de nos jours, pour ceux qui réussissent, la concurrence est rude, et ils ne sont toujours que des rouages de la pyramide.
 
Leur mission pyramidale, plus encore que de divertir les maîtres, est de maintenir le peuple dans le moule culturel ambiant, qui forme une sorte de mur dont nul n'échappe. Et par peuple, j'entends aussi les gens fortunés qui s'assoient sur leurs fauteuils à plusieurs centaines d'euros la soirée avant d'aller dîner de bulles et de graisses animales.
 
J'ai dit : dont nul n'échappe, et c'est faux. Je sais que c'est faux, pour avoir vécu il y a bien longtemps un rejet viscéral de ce carcan. A un certain degré de libération, le silence revient, et le silence suffit (et puis la vie revient). 
 
Comme des fourmis industrieuses, les musiciens disparates - blonds, bruns, jeunes ou anciens, hommes et femmes, aux faciès de boutiquiers ou de romantiques bien soignés, tous anonymes mènent sans broncher l'oeuvre à son terme, pour que le public soit content d'être venu là plutôt qu'ailleurs, et puisse émettre sa satisfaction, ou sa critique : certains se diront déçus, qu'ils avaient nettement préféré Machin, en 1992, c'était autre chose, rien à voir, toutes sortes de commentaires destinés à donner le change, à faire croire qu'eux ne font pas partie de la ruche.
 
L'éternelle question de l'appartenance : comme le violon de l'orchestre doit admettre que le violon soliste l'a définitivement relégué à faire tapisserie, comme le soliste sait qu'au moindre faux pas les critiques le mettront à mort, comme le critique jongle sans cesse entre louange et venin, jusqu'à ce que les lecteurs et ceux qui le paient le renvoient à l'anonymat, comme le rupin lambda, grand amateur de concerts et peut-être présent ce soir doit admettre que le fisc le tonde, et finisse par avoir sa précieuse peau, chacun de nous est qu'il le veuille ou non une abeille dans la ruche.  
 
Pendant ce temps, la déferlante s'abat sur nos oreilles et sur nos coeurs, et la musique torrentielle ploie tout sur son passage.
 
Et, bien que tout soit rouage, rouage et encore rouage, autre chose se révèle alors : sens et beauté, comme la vapeur monte de l'eau en ébullition.
 
Comment croire que de toute cette soumission en chaîne, de l'exécutant que nul ne voyait avant l'avènement de la télé spécialisée au chef des domestiques, du virtuose coulé dans le moule au public en grand habit, dont l'or vient toujours de son obéissance et de son conformisme, que de toute cette pauvre et terrible soumission puisse émerger cette profonde liberté, cette limpide beauté un jour jaillie du cerveau du jeune et vieux Brahms ?
 
 
 
                 
 
 
Pour les amateurs :
 
 
 
 
 
 
 
 

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Published by Vieux Jade - dans sauvages
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commentaires

l'homme invisible 12/12/2013 18:30


Du fond de la cruche, je ris vers toi !

Vieux Jade 13/12/2013 07:43



Prosit !


;)



LLéa 10/12/2013 23:02


Bonsoir,


 


Pour les "absent(e)s".


 


http://www.youtube.com/watch?v=D2SoGHFM18I


 


Grosses bises, a .... vous ne savez pas quand, moi non plus! :)

Vieux Jade 11/12/2013 19:16



Mme VJ a le même nez pour le vin :)



LLéa 09/12/2013 22:58


http://lesbrindherbes.org/2013/12/08/parole-retrouver-sa-liberte/

Vieux Jade 11/12/2013 19:09



Oui, c'est fondamental (comme disait le mec soumis au supplice du pal). Bon, c'est pas drôle, ok. Mais merci, Lléa, c'est un vrai texte.



Joss/personne 08/12/2013 21:26


Est-ce un jour particulier ?


Sans doute, comme chaque jour.


Quelque chose est revenu devant mes yeux, quelque chose que vous nous avez déjà offert, il y a quelque temps : http://www.youtube.com/watch_popup?v=nr9KrqN_lIg


Cela n'a rien à voir avec ce qui est est proposé aujourd'hui, et pourtant...


Lorsque des milliards de personnes de toutes "conditions" deviennent des centaines, qui deviennent des dizaines, et que le 3 devient 2, qui devient 1.


Là, est la Majesté, la Grâce.


Merci, Vieux Jade.

Vieux Jade 11/12/2013 19:07



Et aussi le piège...


Un et miroir de l'Un.


"Dieu" et "singe de Dieu".


Seule l'intention compte, je crois.


Merci, Joss/Personne



Présentation

  • : Le jardin de Vieux Jade
  • : Arrivages du jour, légumes secs, mauvaises herbes, quelques trucs qui arrachent la gueule. Taupes, censeurs et culs bénits s'abstenir. Si vous cherchez des certitudes, c'est pas l'endroit.
  • Contact

Décidément rétif à l'ordre bestial, j'ai fixé ma résidence ailleurs, d'où j'observe le déroulement des temps infernaux, fumier des plus belles fleurs.  J'ai un jardin secret, où les plantes poussent toutes seules. Servez-vous, si le coeur vous en dit, sans tenir compte de la chronologie, car comme le mot le dit clairement, l'heure est un leurre.

 

Une précision concernant les commentaires : n'ayant pas toujours le temps ni l'énergie de répondre aux commentaires, ceux-ci restent ouverts, sans aucune garantie que j'y réponde. Je me réserve cependant le droit de sabrer les inconvenances, dont je reste seul juge.

 

Ici, je n'est pas un autre.

Recherche

Lave

Après l’explosion

Nul ne l’a sue

Le jour d’après

Coule la lave

Brûlent les cendres

Lave la lave

Mange la louve

Larmes sans sel

De régime

Cuit et recuit 

Frottent les cendres

Récurent

 

Pas encore nu,

Pas tout à fait ?

Restent des choses

Bien accrochées

Des salissures

De vieux fantômes

D’anciennes guerres

 

Qui peut le faire, si ce n'est toi ? 

 

Nettoie

 

Les notes glissent

Comme des larmes

Gouttes de feu

Sur la paroi

 

Qui m’a volé le cœur ?

Qui m’a trempé vivant,

Comme une lame ?

Qui m’a fouetté les yeux,

M’a déchiré le ventre

Me baisant les paupières

Et m’enduisant de baume,

Me prenant par la main,

Pour me conduire

Dehors ?

Les dits de Lao Yu

LE BUT DE LA QUÊTE EST DE N'AVOIR

NI BUT, NI QUÊTE

 

***

 

QUE SAIT-IL DE LA PESANTEUR,

CELUI QUI N'EST JAMAIS TOMBÉ ?

 

***

 

C'EST SOUVENT LORSQU'ELLE S'ENFUIT QU'ON PERÇOIT L'ESSENCE DE LA BEAUTÉ

 

***

 

LA MER A DES MILLIARDS DE VAGUES QUI BATTENT TOUS LES RIVAGES. OU EST LE CENTRE DE LA MER ?

 

***

 

CE QUI EST MORT N'A AUCUN POUVOIR SUR CE QUI EST VIVANT

SEULS LES MORTS CRAIGNENT LES MORTS

 

***

 

QUAND LE NID BRÛLE, LES OISEAUX S’ENVOLENT

 

***

 

C’EST DANS LA CHUTE QUE LES AILES POUSSENT

 

***

 

CE QUI PEUT ÊTRE PERDU EST SANS VALEUR

 

***

 

LA MAISON EST PLUS GRANDE QUE LA PORTE

 

***

 

L’ERREUR EST LA VOIE

 

***

 

LA ROUTE EST DURE A CELUI QUI BOÎTE

 

***

 

LA LUMIERE DE L’ETOILE EST DANS L’ŒIL QUI LA REGARDE

 

***

 

LES PETITS NOURRISSENT LES GRANDS

 

***

 

LES RICHES ONT UNE BOUCHE
MAIS PAS DE MAINS POUR LA REMPLIR

C’EST POURQUOI IL LEUR FAUT
DE NOMBREUX SERVITEURS ;


CEUX QUI ONT DE NOMBREUX SERVITEURS
NE SAURAIENT VIVRE SEULS,

CE SONT DONC DES PAUVRES ;


CELUI QUI PEUT VIVRE SANS SERVITEURS 
EST DONC LE VERITABLE RICHE.

 

***

 

VIVRE C’EST REVENIR SUR SES PAS

 

***

 

LA NUIT LAVE LE LINGE DU SOLEIL

 

***

 

LES RUISSEAUX EMPORTENT LES MONTAGNES

 

***

 

UNE EPINE DANS LE PIED DU GENERAL : L’ARMEE S’ARRÊTE


***
 


UN PORC EN HABITS DE SOIE RESTE UN PORC,
COMME UN DIAMANT DANS LE FUMIER

RESTE UN DIAMANT.

MAIS LA PLACE D’ UN DIAMANT

EST DANS UN ECRIN DE SOIE,

ET CELLE D’UN PORC DANS LE FUMIER.

 

***

 

COMME SEULE L’EAU ETANCHE LA SOIF,
SEULE LA JUSTICE COMBLE LA FAIM DE JUSTICE

 

***

 

DU COLIBRI A L’AIGLE, IL EXISTE DE NOMBREUX OISEAUX

 

***

 

LE DEDANS REGLE LE DEHORS

 

***

 

L’EPONGE BOIT LE VIN RENVERSÉ
ET LA ROSÉE DU MATIN

 

 

***  

 

LORSQU'IL DECOUVRE LE MIEL,

L'OURS OUBLIE LA PIQÛRE DES ABEILLES

 

 

 

 

 

 

 

 

Lisez-Moi Lisez Moi Lisez Moi

Des mots des mots des mots des

Quand à un livre je me livre , ce que je lis me délie.

 

 

Je me demande pourquoi on n'a pas encore une loi qui oblige à faire bouillir les bébés à la naissance, afin qu'ils soient parfaitement stérilisés.

 

Circuler, pour mieux s'ôter.

Toute notre vie, on attend une grande cause pour se lever, et on passe sa vie accroupi, à croupir.

Le lucane aime prendre l'R le soir à sa lucarne.

Ce qu’il y a de bien dans l’état de siège, c’est qu’on prend le temps de s’asseoir.

 

 

Les oiseaux sont les poissons du ciel,

nous en sommes les crabes


Heureux les déjantés, ils quitteront plus facilement la route commune!

 
L’argent n’a pas d’odeur, mais il y contribue.


Un vrai sosie, c’est invraisemblable.

   

Quand je grossis, je m’aigris ; et quand je m’aigris, je grossis.

   

Le temps, c’est de l’urgent.

   

Joindre l’utile au désagréable : se faire renverser par une ambulance.  

 

Le journal du paradis, c’est le Daily Cieux.

   

Yfaut et Yaka sont dans un bateau ; Yfaut tombe à l’eau, Yaka l’repêcher.

 

Chaque matin, s’ils ne sont pas morts, les vieux vont aux nouvelles.

 

Le poète a latitude d’explorer toutes les longitudes.

   

Etre réduit à la portion congrue, c’est fort peu. Moins, c’est incongru.

 

Peut-on dire de quelqu’un
dont la vie dépend des autres pour tout qu’il
est riche ?
La bouche est elle riche ?

Peut-on dire de quelqu’un
qui n’a rien à attendre des autres qu’il est pauvre ?
Les mains sont elles pauvres ?

 

Curieux comme mystique s’oppose à mastoc.

 

On a mis bien des ouvrages majeurs à l’index.

 

Quand le brouillard tombe, on voudrait qu’il se casse.

 

Au matin, la nuit tombe de sommeil.