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26 octobre 2013 6 26 /10 /octobre /2013 20:05

Karine - personne ne connait Karine, mais Karine est l'une de mes très chères amies, depuis qu'on se connaît, vas y papy, dis nous tout : elle et moi, ça remonte à 1970, c'est vous dire l'antiquité. Elle était vraiment toute petite, et j'étais amoureux de sa soeur.

 

Quarante ans de relations, d'amitié, de longues périodes d'oubli, et de conflits - parce que le véritable amour ne fait aucune concession - c'est pas fréquent.

 

Karine, parlant de ses enfants, dit : mes enfants sont extraordinaires.

 

Moi : mais non, ce sont des enfants normaux.

 

Elle : non, ils sont extraordinaires. Te rends tu compte de ce qu'ils ont vécu ?

 

Moi : Tes enfants sont extraordinaires, comme tous les enfants du monde. Ni plus, ni moins. Ils vivent tous une vie accélérée, par rapport à nos ancêtres.

 

J'arrête ici la conversation.

 

Aujourd'hui, nous avons reçu mes enfants. Ils sont extraordinaires, eux aussi. J'ai découvert que ma fille ainée meurt discrètement de faim pour ne pas me déranger, et me faire dépenser de quoi la nourrir, que sa petite soeur ne m'appelle pas, pour ne pas me déranger, alors que sa peine à exister est immense. Marie, elle, dans son désarroi, n'hésite pas à donner la météo locale, mais ne va pas mieux.

 

Songez un instant que ces filles là me disent : tu es un papa d'amour, le meilleur qu'on aurait pu rêver, et qu'elles se laisseraient crever à ma porte plutôt que de sonner, pour ne pas déranger ! 

 

Où sommes-nous, dans quel monde vivons-nous ?

 

Ces extraordinaires enfants sont d'extraordinaires personnes, Karine. Les tiens, les miens. Ils ont une extraordinaire dignité et ne veulent rien devoir à personne. Ils débordent d'amour, et de reconnaissance. Ils sont d'une extrême fragilité, d'une extrême sensibilité.

 

Ce monde voué à la rentabilité leur échappe totalement. Ils sont des précurseurs, comme des colons qui débarquent sur un continent aux coutumes dépassées. C'est à eux de prendre les rênes et d'abolir la folie ambiante.

 

Karine, toi qui es si belle et si sensible, toi qui es l'une de mes petites soeurs d'amour, tes enfants et les miens sont d'une beauté extraordinaire, c'est toi qui as raison.

 

J'ai tellement l'habitude de voir l'ordinaire que l'extraordinaire m'échappe.

 

Mais tu sais, toi particulièrement, à cause de ton histoire particulière, comme  il est difficile de rester extraordinaire dans un monde trivial et laid comme celui-ci.

 

Peut-être que nous sommes descendus ici-bas, toi, ta chère mère que j'aime tant, ta soeur, nos précieux enfants et nos rares amis pour illuminer ce misérable monde de la lumière qui nous a été allouée.

 

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Published by Vieux Jade - dans fleurs des champs
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commentaires

LLéa 27/10/2013 22:53


Merci jade.


 


C'est beau. Merci.


Ah! Mince! Jade, sais tu que tu as encore une fille quelque part? :) Non pas pour le côté extraordinaire, mais celui du dérangement!


Bisous,


 

n'ED 27/10/2013 08:51


J'ai tellement l'habitude de voir l'ordinaire que l'extraordinaire m'échappe.


Assurément il ne va pas être facile de reçevoir nos enfants de la même façon maintenant !


Une de tes plus belles "histoires" ai-je mis en commentaire sur le lien sur mon blog !


Bon dimanche.

Vieux Jade 27/10/2013 09:06



Merci, c'est vraiment un texte spontané, qui s'est écrit tout seul.



Présentation

  • : Le jardin de Vieux Jade
  • : Arrivages du jour, légumes secs, mauvaises herbes, quelques trucs qui arrachent la gueule. Taupes, censeurs et culs bénits s'abstenir. Si vous cherchez des certitudes, c'est pas l'endroit.
  • Contact

Décidément rétif à l'ordre bestial, j'ai fixé ma résidence ailleurs, d'où j'observe le déroulement des temps infernaux, fumier des plus belles fleurs.  J'ai un jardin secret, où les plantes poussent toutes seules. Servez-vous, si le coeur vous en dit, sans tenir compte de la chronologie, car comme le mot le dit clairement, l'heure est un leurre.

 

Une précision concernant les commentaires : n'ayant pas toujours le temps ni l'énergie de répondre aux commentaires, ceux-ci restent ouverts, sans aucune garantie que j'y réponde. Je me réserve cependant le droit de sabrer les inconvenances, dont je reste seul juge.

 

Ici, je n'est pas un autre.

Recherche

Lave

Après l’explosion

Nul ne l’a sue

Le jour d’après

Coule la lave

Brûlent les cendres

Lave la lave

Mange la louve

Larmes sans sel

De régime

Cuit et recuit 

Frottent les cendres

Récurent

 

Pas encore nu,

Pas tout à fait ?

Restent des choses

Bien accrochées

Des salissures

De vieux fantômes

D’anciennes guerres

 

Qui peut le faire, si ce n'est toi ? 

 

Nettoie

 

Les notes glissent

Comme des larmes

Gouttes de feu

Sur la paroi

 

Qui m’a volé le cœur ?

Qui m’a trempé vivant,

Comme une lame ?

Qui m’a fouetté les yeux,

M’a déchiré le ventre

Me baisant les paupières

Et m’enduisant de baume,

Me prenant par la main,

Pour me conduire

Dehors ?

Les dits de Lao Yu

LE BUT DE LA QUÊTE EST DE N'AVOIR

NI BUT, NI QUÊTE

 

***

 

QUE SAIT-IL DE LA PESANTEUR,

CELUI QUI N'EST JAMAIS TOMBÉ ?

 

***

 

C'EST SOUVENT LORSQU'ELLE S'ENFUIT QU'ON PERÇOIT L'ESSENCE DE LA BEAUTÉ

 

***

 

LA MER A DES MILLIARDS DE VAGUES QUI BATTENT TOUS LES RIVAGES. OU EST LE CENTRE DE LA MER ?

 

***

 

CE QUI EST MORT N'A AUCUN POUVOIR SUR CE QUI EST VIVANT

SEULS LES MORTS CRAIGNENT LES MORTS

 

***

 

QUAND LE NID BRÛLE, LES OISEAUX S’ENVOLENT

 

***

 

C’EST DANS LA CHUTE QUE LES AILES POUSSENT

 

***

 

CE QUI PEUT ÊTRE PERDU EST SANS VALEUR

 

***

 

LA MAISON EST PLUS GRANDE QUE LA PORTE

 

***

 

L’ERREUR EST LA VOIE

 

***

 

LA ROUTE EST DURE A CELUI QUI BOÎTE

 

***

 

LA LUMIERE DE L’ETOILE EST DANS L’ŒIL QUI LA REGARDE

 

***

 

LES PETITS NOURRISSENT LES GRANDS

 

***

 

LES RICHES ONT UNE BOUCHE
MAIS PAS DE MAINS POUR LA REMPLIR

C’EST POURQUOI IL LEUR FAUT
DE NOMBREUX SERVITEURS ;


CEUX QUI ONT DE NOMBREUX SERVITEURS
NE SAURAIENT VIVRE SEULS,

CE SONT DONC DES PAUVRES ;


CELUI QUI PEUT VIVRE SANS SERVITEURS 
EST DONC LE VERITABLE RICHE.

 

***

 

VIVRE C’EST REVENIR SUR SES PAS

 

***

 

LA NUIT LAVE LE LINGE DU SOLEIL

 

***

 

LES RUISSEAUX EMPORTENT LES MONTAGNES

 

***

 

UNE EPINE DANS LE PIED DU GENERAL : L’ARMEE S’ARRÊTE


***
 


UN PORC EN HABITS DE SOIE RESTE UN PORC,
COMME UN DIAMANT DANS LE FUMIER

RESTE UN DIAMANT.

MAIS LA PLACE D’ UN DIAMANT

EST DANS UN ECRIN DE SOIE,

ET CELLE D’UN PORC DANS LE FUMIER.

 

***

 

COMME SEULE L’EAU ETANCHE LA SOIF,
SEULE LA JUSTICE COMBLE LA FAIM DE JUSTICE

 

***

 

DU COLIBRI A L’AIGLE, IL EXISTE DE NOMBREUX OISEAUX

 

***

 

LE DEDANS REGLE LE DEHORS

 

***

 

L’EPONGE BOIT LE VIN RENVERSÉ
ET LA ROSÉE DU MATIN

 

 

***  

 

LORSQU'IL DECOUVRE LE MIEL,

L'OURS OUBLIE LA PIQÛRE DES ABEILLES

 

 

 

 

 

 

 

 

Lisez-Moi Lisez Moi Lisez Moi

Des mots des mots des mots des

Quand à un livre je me livre , ce que je lis me délie.

 

 

Je me demande pourquoi on n'a pas encore une loi qui oblige à faire bouillir les bébés à la naissance, afin qu'ils soient parfaitement stérilisés.

 

Circuler, pour mieux s'ôter.

Toute notre vie, on attend une grande cause pour se lever, et on passe sa vie accroupi, à croupir.

Le lucane aime prendre l'R le soir à sa lucarne.

Ce qu’il y a de bien dans l’état de siège, c’est qu’on prend le temps de s’asseoir.

 

 

Les oiseaux sont les poissons du ciel,

nous en sommes les crabes


Heureux les déjantés, ils quitteront plus facilement la route commune!

 
L’argent n’a pas d’odeur, mais il y contribue.


Un vrai sosie, c’est invraisemblable.

   

Quand je grossis, je m’aigris ; et quand je m’aigris, je grossis.

   

Le temps, c’est de l’urgent.

   

Joindre l’utile au désagréable : se faire renverser par une ambulance.  

 

Le journal du paradis, c’est le Daily Cieux.

   

Yfaut et Yaka sont dans un bateau ; Yfaut tombe à l’eau, Yaka l’repêcher.

 

Chaque matin, s’ils ne sont pas morts, les vieux vont aux nouvelles.

 

Le poète a latitude d’explorer toutes les longitudes.

   

Etre réduit à la portion congrue, c’est fort peu. Moins, c’est incongru.

 

Peut-on dire de quelqu’un
dont la vie dépend des autres pour tout qu’il
est riche ?
La bouche est elle riche ?

Peut-on dire de quelqu’un
qui n’a rien à attendre des autres qu’il est pauvre ?
Les mains sont elles pauvres ?

 

Curieux comme mystique s’oppose à mastoc.

 

On a mis bien des ouvrages majeurs à l’index.

 

Quand le brouillard tombe, on voudrait qu’il se casse.

 

Au matin, la nuit tombe de sommeil.