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12 septembre 2013 4 12 /09 /septembre /2013 11:28

Le petit garçon est avec sa maman. Elle est jeune, la trentaine; il la trouve jolie. Elle a des cheveux bouclés noirs qui se promènent autour de son visage. Ils sont dans la cour, c'est l'été.  Elle est en jupe, et chemisier, bien propres, lui en short. Une table de fer peinte en blanc, des chaises de bois semblablement peintes. L'énorme marronnier peaufine ses bogues et ses nids d'hôtes dans le vent calme.

 

Une dame arrive. Une demoiselle, plutôt. Il la connaît bien, et ne l'aime pas.

 

Dans ce village de deux mille âmes, en 1960 et quelques, elle a un rôle prestigieux pour la population catholique locale : c'est l'adjointe du curé. Elle a la haute main sur les bouquets, les vases et tout le tintouin. Une sorte d'adjudant du bondieu, ça ne rigole pas.

 

Le clan des instituteurs et les buveurs de rouge et de Ricard eux, ricanent à son passage. 

 

Elle doit être de petite taille, la taille épaisse, l'air sévère, les lèvres pincées, le chignon gris, les cheveux gras peut-être. Elle a un drôle de nom : mademoiselle Marme. Comme marmonner. Je marmonne, tu marmonnes...

 

- Qu'est-ce que tu marmonnes, mon petit ? semblent dire ses petits yeux de furet malveillant.

 

Si elle toise le marmot, elle est cependant très aimable avec la maman, qui n'est quand même pas à négliger, puisque c'est Mme. X, d'une famille honorablement connue.

 

Elle est sûrement venue quémander quelque chose.

 

Organiser - c'est elle, l'organisatrice - quelque fête au bondieu, avec toutes les retombées en vie éternelle, prestige inter paroissial dans un monde malheureusement seigneur si plein de jaloux, sans oublier la quête.

 

L'homme ne vit pas que de pain, mais tout de même.  

 

Ces dames papotent. On parle chorale, missions et crise des vocations. On a peut-être même commencé à égratigner sans y prendre garde quelques brebis perdues, avant de prendre une mine pieuse. On est maintenant autour du puits, où sont accrochés des pots de fleurs. Géraniums et autres.

 

La spécialiste des fleurs coupées semble également tout savoir des fleurs en pots.

 

La voilà qui dit à quelque chose près que certaines fleurs ont besoin d'être rempotées.

 

Rempotées, rempotées, le mot rebondit dans le crâne du petit garçon, où soudain, explose cette phrase silencieuse : Et toi, tu n'es qu'une empotée !

 

Il pouffe de rire et s'arrête d'un coup, bouleversé.

 

Empoté,le mot désigne celui ou celle qui n'est pas bien dégourdi. Comme s'il avait les deux pieds dans la terre.

 

Quelle est cette voix qui vient de proférer ce gros mot, cette prodigieuse intervention, d'où vient cette joie, ce bonheur encore inconnu d'avoir porté un coup terrible au dragon fielleux, terrassé cette lourde créature malveillante, cette force soudaine, cette légèreté, cette envie de rire ?

 

Serait-ce le diable, ce fameux diable dont tout le monde à peur ? L'ennemi qu'il faut craindre et fuir à toutes jambes, qui est tout noir et tout velu ?

 

Mais alors, pourquoi est-il alors si drôle, et pourquoi se moque-t-il justement de cette vilaine bonne femme ?    

 

- Mais qu'est-ce que tu marmonnes ? semblent dire les yeux fixes et soupçonneux de l'aspic, qui a repéré une odeur de soufre, et ses lèvres si minces, si sèches, qui ne sourient que pour mieux frapper.

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Published by Vieux Jade - dans compost
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commentaires

LLéa 14/09/2013 20:06


:)


 


Noire? Le diable n'a t'il pas la queue rouge?


 


Attention Jade, tu es peut être un verni. C'est tout le bonheur que je te souhaite.


Sur ton épaule gauche, un ange, la droite un ....


 


 

LLéa 14/09/2013 18:14


Merci Jade.


 


Deux oreilles, deux épaules, une bouche. Epaule gauche, les ailes, droite, la fourche!


 


:)


 


Poutoux,

Vieux Jade 14/09/2013 19:22



Sans oublier la grosse queue toute noire !



elba 14/09/2013 01:35


Souvenir d'enfance, VJ ?

Vieux Jade 14/09/2013 08:33



Oui. Les souvenirs affluent, en ce moment. Disons que je n'avais pas oublié, mais que le souvenir devient plus précis, comme je tenterai de l'expliquer dans un texte beaucoup plus long. Il y a
moi, le narrateur, qui se souvient, et lui, l'enfant, qui revit les mêmes impressions. Très intéressant.



Présentation

  • : Le jardin de Vieux Jade
  • : Arrivages du jour, légumes secs, mauvaises herbes, quelques trucs qui arrachent la gueule. Taupes, censeurs et culs bénits s'abstenir. Si vous cherchez des certitudes, c'est pas l'endroit.
  • Contact

Décidément rétif à l'ordre bestial, j'ai fixé ma résidence ailleurs, d'où j'observe le déroulement des temps infernaux, fumier des plus belles fleurs.  J'ai un jardin secret, où les plantes poussent toutes seules. Servez-vous, si le coeur vous en dit, sans tenir compte de la chronologie, car comme le mot le dit clairement, l'heure est un leurre.

 

Une précision concernant les commentaires : n'ayant pas toujours le temps ni l'énergie de répondre aux commentaires, ceux-ci restent ouverts, sans aucune garantie que j'y réponde. Je me réserve cependant le droit de sabrer les inconvenances, dont je reste seul juge.

 

Ici, je n'est pas un autre.

Recherche

Lave

Après l’explosion

Nul ne l’a sue

Le jour d’après

Coule la lave

Brûlent les cendres

Lave la lave

Mange la louve

Larmes sans sel

De régime

Cuit et recuit 

Frottent les cendres

Récurent

 

Pas encore nu,

Pas tout à fait ?

Restent des choses

Bien accrochées

Des salissures

De vieux fantômes

D’anciennes guerres

 

Qui peut le faire, si ce n'est toi ? 

 

Nettoie

 

Les notes glissent

Comme des larmes

Gouttes de feu

Sur la paroi

 

Qui m’a volé le cœur ?

Qui m’a trempé vivant,

Comme une lame ?

Qui m’a fouetté les yeux,

M’a déchiré le ventre

Me baisant les paupières

Et m’enduisant de baume,

Me prenant par la main,

Pour me conduire

Dehors ?

Les dits de Lao Yu

LE BUT DE LA QUÊTE EST DE N'AVOIR

NI BUT, NI QUÊTE

 

***

 

QUE SAIT-IL DE LA PESANTEUR,

CELUI QUI N'EST JAMAIS TOMBÉ ?

 

***

 

C'EST SOUVENT LORSQU'ELLE S'ENFUIT QU'ON PERÇOIT L'ESSENCE DE LA BEAUTÉ

 

***

 

LA MER A DES MILLIARDS DE VAGUES QUI BATTENT TOUS LES RIVAGES. OU EST LE CENTRE DE LA MER ?

 

***

 

CE QUI EST MORT N'A AUCUN POUVOIR SUR CE QUI EST VIVANT

SEULS LES MORTS CRAIGNENT LES MORTS

 

***

 

QUAND LE NID BRÛLE, LES OISEAUX S’ENVOLENT

 

***

 

C’EST DANS LA CHUTE QUE LES AILES POUSSENT

 

***

 

CE QUI PEUT ÊTRE PERDU EST SANS VALEUR

 

***

 

LA MAISON EST PLUS GRANDE QUE LA PORTE

 

***

 

L’ERREUR EST LA VOIE

 

***

 

LA ROUTE EST DURE A CELUI QUI BOÎTE

 

***

 

LA LUMIERE DE L’ETOILE EST DANS L’ŒIL QUI LA REGARDE

 

***

 

LES PETITS NOURRISSENT LES GRANDS

 

***

 

LES RICHES ONT UNE BOUCHE
MAIS PAS DE MAINS POUR LA REMPLIR

C’EST POURQUOI IL LEUR FAUT
DE NOMBREUX SERVITEURS ;


CEUX QUI ONT DE NOMBREUX SERVITEURS
NE SAURAIENT VIVRE SEULS,

CE SONT DONC DES PAUVRES ;


CELUI QUI PEUT VIVRE SANS SERVITEURS 
EST DONC LE VERITABLE RICHE.

 

***

 

VIVRE C’EST REVENIR SUR SES PAS

 

***

 

LA NUIT LAVE LE LINGE DU SOLEIL

 

***

 

LES RUISSEAUX EMPORTENT LES MONTAGNES

 

***

 

UNE EPINE DANS LE PIED DU GENERAL : L’ARMEE S’ARRÊTE


***
 


UN PORC EN HABITS DE SOIE RESTE UN PORC,
COMME UN DIAMANT DANS LE FUMIER

RESTE UN DIAMANT.

MAIS LA PLACE D’ UN DIAMANT

EST DANS UN ECRIN DE SOIE,

ET CELLE D’UN PORC DANS LE FUMIER.

 

***

 

COMME SEULE L’EAU ETANCHE LA SOIF,
SEULE LA JUSTICE COMBLE LA FAIM DE JUSTICE

 

***

 

DU COLIBRI A L’AIGLE, IL EXISTE DE NOMBREUX OISEAUX

 

***

 

LE DEDANS REGLE LE DEHORS

 

***

 

L’EPONGE BOIT LE VIN RENVERSÉ
ET LA ROSÉE DU MATIN

 

 

***  

 

LORSQU'IL DECOUVRE LE MIEL,

L'OURS OUBLIE LA PIQÛRE DES ABEILLES

 

 

 

 

 

 

 

 

Lisez-Moi Lisez Moi Lisez Moi

Des mots des mots des mots des

Quand à un livre je me livre , ce que je lis me délie.

 

 

Je me demande pourquoi on n'a pas encore une loi qui oblige à faire bouillir les bébés à la naissance, afin qu'ils soient parfaitement stérilisés.

 

Circuler, pour mieux s'ôter.

Toute notre vie, on attend une grande cause pour se lever, et on passe sa vie accroupi, à croupir.

Le lucane aime prendre l'R le soir à sa lucarne.

Ce qu’il y a de bien dans l’état de siège, c’est qu’on prend le temps de s’asseoir.

 

 

Les oiseaux sont les poissons du ciel,

nous en sommes les crabes


Heureux les déjantés, ils quitteront plus facilement la route commune!

 
L’argent n’a pas d’odeur, mais il y contribue.


Un vrai sosie, c’est invraisemblable.

   

Quand je grossis, je m’aigris ; et quand je m’aigris, je grossis.

   

Le temps, c’est de l’urgent.

   

Joindre l’utile au désagréable : se faire renverser par une ambulance.  

 

Le journal du paradis, c’est le Daily Cieux.

   

Yfaut et Yaka sont dans un bateau ; Yfaut tombe à l’eau, Yaka l’repêcher.

 

Chaque matin, s’ils ne sont pas morts, les vieux vont aux nouvelles.

 

Le poète a latitude d’explorer toutes les longitudes.

   

Etre réduit à la portion congrue, c’est fort peu. Moins, c’est incongru.

 

Peut-on dire de quelqu’un
dont la vie dépend des autres pour tout qu’il
est riche ?
La bouche est elle riche ?

Peut-on dire de quelqu’un
qui n’a rien à attendre des autres qu’il est pauvre ?
Les mains sont elles pauvres ?

 

Curieux comme mystique s’oppose à mastoc.

 

On a mis bien des ouvrages majeurs à l’index.

 

Quand le brouillard tombe, on voudrait qu’il se casse.

 

Au matin, la nuit tombe de sommeil.