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20 mars 2013 3 20 /03 /mars /2013 07:33

 "  Quand nous-mêmes nous donnons lieu à la colère, et que la laissant passer comme un torrent impétueux, nous examinons tranquillement combien elle trouble et défigure ceux qu’elle possède, nous apprenons par l’usage combien il est vrai de dire qu’« un homme emporté se met dans un état indécent » (Pr 11, 25). Oui, sans doute, lorsqu’une fois la colère, bannissant la raison, s’empare de toutes les facultés de l’âme, elle change l’homme en une bête féroce, ne lui permet plus d’être homme et d’user de son intelligence naturelle. Ce que fait le venin dans les animaux venimeux, la colère le fait dans ceux qu’elle anime. Ils sont enragés comme des chiens, s’élancent comme des scorpions, mordent comme des serpents. L’Écriture en général a coutume de donner à ceux qu’une passion domine, les noms des bêtes auxquelles ils se rendent semblables par leurs vices. Elle les appelle chiens muets, serpents, race de vipères (Is 56, 10 ; Mt 23, 33), et autres noms pareils. Des hommes prêts à détruire leurs semblables, à nuire à leurs compatriotes, peuvent être mis au nombre des bêtes féroces et des animaux venimeux, qui, par nature, sont ennemis irréconciliables de l’homme.

 

Les effets de la colère

Légèreté de la langue, paroles inconsidérées, calomnies, reproches, injures, violences des pieds et des mains : tels sont, sans parler de beaucoup d’autres qu’on ne pourrait détailler, tels sont les effets de la colère. La colère aiguise les épées, elle porte un homme à tremper sa main dans le sang d’un autre homme. Par elle, les frères se méconnaissent, les pères et les enfants étouffent les sentiments de la nature. Une personne irritée ne se connaît plus elle-même ; elle ne connaît plus ceux à qui elle tient de plus près. Et comme un torrent qui se précipite dans une vallée, entraîne tout ce qui s’oppose à son passage : ainsi un homme agité par une colère violente, attaque et renverse tout ce qu’il rencontre. ll ne respecte ni la vieillesse, ni la vertu, ni le sang ; il oublie les bienfaits ; rien de ce qui mérite le plus d’égards ne le touche. La colère est une courte frénésie. Ceux qu’elle transporte négligent leurs propres intérêts pour se venger, et se jettent eux-mêmes dans un mal évident. Le souvenir des injures qu’on leur a faites est comme un aiguillon qui les pique dans les bouillonnements et les agitations d’une fureur aveugle ; ils n’ont point de repos qu’ils n’aient fait un grand mal à ceux qui les ont offensés, ou qu’ils ne s’en soient fait à eux-mêmes. Ainsi un corps qui en choque violemment un autre qui lui résiste, reçoit souvent plus de dommage qu’il n’en cause. Qui pourrait exprimer les horribles effets de la colère ? Qui pourrait dire comment ceux qui s’emportent pour le moindre sujet, crient et s’agitent comme des forcenés, s’élancent avec la même impétuosité que des serpents, et ne cessent point que lorsque, s’étant causé quelque mal affreux, leur colère se rompt comme une bulle d’eau par un choc, et l’enflure se dissipe ? Le fer, la flamme, rien de ce qu’il y a de plus terrible, ne peut retenir, ni celui que la colère transporte, ni celui que le démon possède, dont l’homme irrité ne diffère, ni par la figure, ni par les dispositions intérieures. Brûle-t-il de se venger, le sang lui bout autour du cœur, bouillonnant et agité comme par la violence du feu. L’effet qui s’en marque au dehors le défigure entièrement, le fait paraître tout autre qu’il n’est pour l’ordinaire, le change comme un masque de théâtre. Ses yeux ne sont plus les mêmes, ils brillent et étincellent. Il aiguise ses dents comme un sanglier qui se prépare à attaquer son adversaire. Son visage est obscurci par une pâleur livide. Tout son corps s’enfle ; ses veines se gonflent par l’agitation du sang et des esprits. Sa voix devient rude et éclatante : ses paroles sont confuses et mal articulées, sans suite et sans ordre. Mais lorsque sa colère est portée aux derniers excès par les objets qui l’excitent, comme la flamme par les aliments qu’on lui fournit, alors il offre un spectacle qu’on ne peut ni raconter, ni supporter. Il n’épargne personne ; ses pieds, ses mains, toutes les parties de son corps deviennent les instruments de sa fureur : il s’arme de tout ce qui se présente. S’il rencontre un autre homme également irritable, susceptible de la même furie, ils se font tous deux les maux que peuvent se faire des hommes qui s’élancent l’un sur l’autre sous les auspices d’un pareil démon. Ils se déchirent, ils se blessent, souvent même ils se tuent ; et tels sont les prix que ces combattants furieux remportent de leur colère. L’un commence l’attaque, l’autre la repousse ; l’un presse, l’autre résiste : ils se portent les plus rudes coups, dont leur sang échauffé les empêche de sentir la douleur. Ils n’ont pas le loisir de songer aux blessures qu’ils reçoivent, leur âme étant tout entière attachée à la vengeance".

 

 

Basile de Césarée, un extrait de la dixième homélie

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commentaires

LLéa 23/03/2013 21:25


Bonsoir,


Merci Jade.  


La colère est souvent mauvaise conseillère. Lorsque la sauce monte, laisser passer du temps. Ce qui met en colère dans l'instant, ne l'est parfois plus le moment d'après. Et puis est ce vraiment
constructif d'agir en étant sous le coup d'une colère ...


Poutoux,


 

elba 20/03/2013 23:38


A mon avis, la colère exprime une forme d'impuissance.


Soit à se faire comprendre, soit à se faire entendre.


Mais la colère n'est pas la seule expression violente que les humains utilisent. Personnellement je crains plus, de la part de quelqu'un, le mensonge ou le mépris que la colère.


Parfois cette dernière est un genre de soupape pour ceux qui ne parviennent pas à s'exprimer, à ceux qui refoulent en eux, pour diverses raisons, ce qu'ils auraient à dire.


Mais il est vrai qu'elle transforme souvent nos visages en faciès monstrueux. Nous devrions nous regarder dans un miroir lorsque nous sommes en colère.


Je crois que c'est Sénèque qui a fait un très bon traité sur la colère. J'ai lu ça dans un bouquin que j'ai à la maison : impossible de remettre la main dessus (je classe très mal mes livres,
hélas ! Je les empile et lorsque je veux les retrouver, je mets des heures ! Mdr ! C'est ça le souci des gens désordonnés. ^^)


 


Merci, VJ pour cette petite page de rappel.


 

quasi mir et quasi modo 20/03/2013 22:30


A l' ombre du vaisseau mère ,


les loups sont des hommes ordinaires ,


avec toutes leurs griffes sur terre ,


sous des prétextes futilitaires .

quasi modo 20/03/2013 22:26


à l' ombre du vaisseau mère ,


les loups sont des hommes ordinaires ,


avec toutes leurs griffes sur terre ,


sous des pretextes futilitaires .

Présentation

  • : Le jardin de Vieux Jade
  • : Arrivages du jour, légumes secs, mauvaises herbes, quelques trucs qui arrachent la gueule. Taupes, censeurs et culs bénits s'abstenir. Si vous cherchez des certitudes, c'est pas l'endroit.
  • Contact

Décidément rétif à l'ordre bestial, j'ai fixé ma résidence ailleurs, d'où j'observe le déroulement des temps infernaux, fumier des plus belles fleurs.  J'ai un jardin secret, où les plantes poussent toutes seules. Servez-vous, si le coeur vous en dit, sans tenir compte de la chronologie, car comme le mot le dit clairement, l'heure est un leurre.

 

Une précision concernant les commentaires : n'ayant pas toujours le temps ni l'énergie de répondre aux commentaires, ceux-ci restent ouverts, sans aucune garantie que j'y réponde. Je me réserve cependant le droit de sabrer les inconvenances, dont je reste seul juge.

 

Ici, je n'est pas un autre.

Recherche

Lave

Après l’explosion

Nul ne l’a sue

Le jour d’après

Coule la lave

Brûlent les cendres

Lave la lave

Mange la louve

Larmes sans sel

De régime

Cuit et recuit 

Frottent les cendres

Récurent

 

Pas encore nu,

Pas tout à fait ?

Restent des choses

Bien accrochées

Des salissures

De vieux fantômes

D’anciennes guerres

 

Qui peut le faire, si ce n'est toi ? 

 

Nettoie

 

Les notes glissent

Comme des larmes

Gouttes de feu

Sur la paroi

 

Qui m’a volé le cœur ?

Qui m’a trempé vivant,

Comme une lame ?

Qui m’a fouetté les yeux,

M’a déchiré le ventre

Me baisant les paupières

Et m’enduisant de baume,

Me prenant par la main,

Pour me conduire

Dehors ?

Les dits de Lao Yu

LE BUT DE LA QUÊTE EST DE N'AVOIR

NI BUT, NI QUÊTE

 

***

 

QUE SAIT-IL DE LA PESANTEUR,

CELUI QUI N'EST JAMAIS TOMBÉ ?

 

***

 

C'EST SOUVENT LORSQU'ELLE S'ENFUIT QU'ON PERÇOIT L'ESSENCE DE LA BEAUTÉ

 

***

 

LA MER A DES MILLIARDS DE VAGUES QUI BATTENT TOUS LES RIVAGES. OU EST LE CENTRE DE LA MER ?

 

***

 

CE QUI EST MORT N'A AUCUN POUVOIR SUR CE QUI EST VIVANT

SEULS LES MORTS CRAIGNENT LES MORTS

 

***

 

QUAND LE NID BRÛLE, LES OISEAUX S’ENVOLENT

 

***

 

C’EST DANS LA CHUTE QUE LES AILES POUSSENT

 

***

 

CE QUI PEUT ÊTRE PERDU EST SANS VALEUR

 

***

 

LA MAISON EST PLUS GRANDE QUE LA PORTE

 

***

 

L’ERREUR EST LA VOIE

 

***

 

LA ROUTE EST DURE A CELUI QUI BOÎTE

 

***

 

LA LUMIERE DE L’ETOILE EST DANS L’ŒIL QUI LA REGARDE

 

***

 

LES PETITS NOURRISSENT LES GRANDS

 

***

 

LES RICHES ONT UNE BOUCHE
MAIS PAS DE MAINS POUR LA REMPLIR

C’EST POURQUOI IL LEUR FAUT
DE NOMBREUX SERVITEURS ;


CEUX QUI ONT DE NOMBREUX SERVITEURS
NE SAURAIENT VIVRE SEULS,

CE SONT DONC DES PAUVRES ;


CELUI QUI PEUT VIVRE SANS SERVITEURS 
EST DONC LE VERITABLE RICHE.

 

***

 

VIVRE C’EST REVENIR SUR SES PAS

 

***

 

LA NUIT LAVE LE LINGE DU SOLEIL

 

***

 

LES RUISSEAUX EMPORTENT LES MONTAGNES

 

***

 

UNE EPINE DANS LE PIED DU GENERAL : L’ARMEE S’ARRÊTE


***
 


UN PORC EN HABITS DE SOIE RESTE UN PORC,
COMME UN DIAMANT DANS LE FUMIER

RESTE UN DIAMANT.

MAIS LA PLACE D’ UN DIAMANT

EST DANS UN ECRIN DE SOIE,

ET CELLE D’UN PORC DANS LE FUMIER.

 

***

 

COMME SEULE L’EAU ETANCHE LA SOIF,
SEULE LA JUSTICE COMBLE LA FAIM DE JUSTICE

 

***

 

DU COLIBRI A L’AIGLE, IL EXISTE DE NOMBREUX OISEAUX

 

***

 

LE DEDANS REGLE LE DEHORS

 

***

 

L’EPONGE BOIT LE VIN RENVERSÉ
ET LA ROSÉE DU MATIN

 

 

***  

 

LORSQU'IL DECOUVRE LE MIEL,

L'OURS OUBLIE LA PIQÛRE DES ABEILLES

 

 

 

 

 

 

 

 

Lisez-Moi Lisez Moi Lisez Moi

Des mots des mots des mots des

Quand à un livre je me livre , ce que je lis me délie.

 

 

Je me demande pourquoi on n'a pas encore une loi qui oblige à faire bouillir les bébés à la naissance, afin qu'ils soient parfaitement stérilisés.

 

Circuler, pour mieux s'ôter.

Toute notre vie, on attend une grande cause pour se lever, et on passe sa vie accroupi, à croupir.

Le lucane aime prendre l'R le soir à sa lucarne.

Ce qu’il y a de bien dans l’état de siège, c’est qu’on prend le temps de s’asseoir.

 

 

Les oiseaux sont les poissons du ciel,

nous en sommes les crabes


Heureux les déjantés, ils quitteront plus facilement la route commune!

 
L’argent n’a pas d’odeur, mais il y contribue.


Un vrai sosie, c’est invraisemblable.

   

Quand je grossis, je m’aigris ; et quand je m’aigris, je grossis.

   

Le temps, c’est de l’urgent.

   

Joindre l’utile au désagréable : se faire renverser par une ambulance.  

 

Le journal du paradis, c’est le Daily Cieux.

   

Yfaut et Yaka sont dans un bateau ; Yfaut tombe à l’eau, Yaka l’repêcher.

 

Chaque matin, s’ils ne sont pas morts, les vieux vont aux nouvelles.

 

Le poète a latitude d’explorer toutes les longitudes.

   

Etre réduit à la portion congrue, c’est fort peu. Moins, c’est incongru.

 

Peut-on dire de quelqu’un
dont la vie dépend des autres pour tout qu’il
est riche ?
La bouche est elle riche ?

Peut-on dire de quelqu’un
qui n’a rien à attendre des autres qu’il est pauvre ?
Les mains sont elles pauvres ?

 

Curieux comme mystique s’oppose à mastoc.

 

On a mis bien des ouvrages majeurs à l’index.

 

Quand le brouillard tombe, on voudrait qu’il se casse.

 

Au matin, la nuit tombe de sommeil.