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22 février 2013 5 22 /02 /février /2013 15:07

En raison du saucissonnage de ce texte dû aux limites d'Overblog, la lecture débute plus bas (De la chute (1, 2, 3)).

 

XV. PORTENTOSUM MARE

Cependant un épaississement de brume s'était abattu sur ces malheureux en dérive. Ils ignoraient où ils étaient. Ils voyaient à peine à quelques encâblures autour de l'ourque. Malgré une véritable lapidation de grêlons qui les forçait tous baisser la tête, les femmes s'étaient obstinées à ne point redescendre dans la cabine. Pas de désespéré qui ne veuille naufrager à ciel ouvert. Si près de la mort, il semble qu'un plafond au−dessus de soi est un commencement de cercueil,

La vague, de plus en plus gonflée, devenait courte. La turgescence du flot indique un étranglement; dans le brouillard, de certains bourrelets de l'eau signalent un détroit. En effet, à leur insu, ils côtoyaient Aurigny.

Entre Ortach et les Casquets au couchant et Aurigny au levant, la mer est resserrée et gênée, et l'état de

malaise pour la mer détermine localement l'état de tempête. La mer souffre comme autre chose; et là où elle souffre, elle s'irrite. Cette passe est redoutée.

La Matutina était dans cette passe.

Qu'on s'imagine sous l'eau une écaille de tortue grande comme Hyde−Park ou les Champs−Elysées, et dont chaque strie est un bas−fond et dont chaque bossage est un récif. Telle est l'approche ouest d'Aurigny. La mer recouvre et cache cet appareil de naufrage. Sur cette carapace de brisants sous−marins, la vague déchiquetée saute et écume. Dans le calme, clapotement; dans l'orage, chaos.

Cette complication nouvelle, les naufragés la remarquaient sans se l'expliquer. Subitement ils la comprirent.

Une pâle éclaircie se fit au zénith, un peu de blêmissement se dispersa sur la mer, cette lividité démasqua à bâbord un long barrage en travers à l'est, et vers lequel se ruait, chassant le navire devant elle, la poussée du vent. Ce barrage était Aurigny.

Qu'était-ce que ce barrage? Ils tremblèrent. Ils eussent bien plus tremblé encore si une voix leur eût répondu : Aurigny,

Pas d'île défendue contre la venue de l'homme comme Aurigny. Elle a sous l'eau et hors de l'eau une garde féroce dont Ortach est la sentinelle. A l'ouest, Burhou, Sauteriaux, Anfroque, Niangle, Fond-du-Croc, les Jumelles, la Grosse, la Clanque, les Éguillons, le Vrac, la Fosse-Malière; à l'est, Sauquet, Hommeau, Floreau, la Brinebelais, la Queslingue, Croquelihou, la Fourche, le Saut, Noire Pute, Coupie, Orbue, qu'est-ce que tous ces monstres? Des hydres? Oui, de l'espèce écueil.

Un de ces récifs s'appelle le But, comme pour indiquer que tout voyage finit là.

Cet encombrement d'écueils, simplifié par l'eau et la nuit, apparaissait aux naufragés sous la forme d'une simple bande obscure, sorte de rature noire sur l'horizon.

Le naufrage, c'est l'idéal de l'impuissance. Être près de la terre et ne pouvoir l'atteindre, flotter et ne pouvoir voguer, avoir le pied sur quelque chose qui paraît solide et qui est fragile, être plein de vie et plein de mort en même temps, être prisonnier des étendues, être muré entre le ciel et l'océan, avoir sur soi l'infini comme un cachot, avoir autour de soi l'immense évasion des souffles et des ondes, et être saisi, garrotté, paralysé, cet accablement stupéfie et indigne. On croit y entrevoir le ricanement du combattant inaccessible. Ce qui vous tient, c'est cela même qui lâche les oiseaux et met en liberté les poissons. Cela ne semble rien et c'est tout. On dépend de cet air qu'on trouble avec sa bouche, on dépend de cette eau qu'on prend dans le creux de sa main.

Puisez de cette tempête plein un verre, ce n'est plus qu'un peu d'amertume. Gorgée, c'est une nausée; houle, c'est l'extermination. Le grain de sable dans le désert, le flocon d'écume dans l'océan, sont des manifestations vertigineuses; la toute−puissance ne prend pas la peine de cacher son atome, elle fait la faiblesse force, elle emplit de son tout le néant, et c'est avec l'infiniment petit que l'infiniment grand vous écrase. C'est avec des gouttes que l'océan vous broie. On se sent jouet.

Jouet, quel mot terrible!

La Matutina était un peu au−dessus d'Aurigny, ce qui était favorable; mais dérivait vers la pointe nord, ce qui était fatal. La bise nord-ouest, comme un arc tendu décoche une flèche, lançait le navire vers le cap septentrional. Il existe à cette pointe, un peu en deçà du havre des Corbelets, ce que les marins de l'archipel normand appellent «un singe». Le singe -swinge- est un courant de l'espèce furieuse. Un chapelet d'entonnoirs dans les bas−fonds produit dans les vagues un chapelet de tourbillons. Quand l'un vous lâche, l'autre vous reprend. Un navire, happé par le singe, roule ainsi de spirale en spirale jusqu'à ce qu'une roche aiguë ouvre la coque. Alors le bâtiment crevé s'arrête, l'arrière sort des vagues, l'avant plonge, le gouffre achève son tour de roue, l'arrière s'enfonce, et tout se referme. Une flaque d'écume s'élargit et flotte, et l'on ne voit plus à la surface de la lame que quelques bulles ça et là, venues des respirations étouffées sous l'eau.

Dans toute la Manche, les trois singes les plus dangereux sont le singe qui avoisine le fameux banc de sable Girdler Sands, le singe qui est à Jersey entre le Pignonnet et la pointe de Noirmont, et le singe d'Aurigny.

Un pilote local, qui eût été à bord de la Mututina, eût averti les naufragés de ce nouveau péril. A défaut de pilote, ils avaient l'instinct; dans les situations extrêmes, il y a une seconde vue. De hautes torsions d'écume s'envolaient le long de la côte, dans le pillage frénétique du vent. C'était le crachement du singe. Nombre de barques ont chaviré dans celte embûche. Sans savoir ce qu'il y avait là, ils approchaient avec horreur.

Comment doubler ce cap? Nul moyen.

De même qu'ils avaient vu surgir les Casquets, puis surgir Ortach, à présent ils voyaient se dresser la pointe d'Aurigny, toute de haute roche. C'était comme des géants l'un après l'autre. Série de duels effrayants, Charybde et Scylla ne sont que deux; les Casquets, Ortach et Aurigny sont trois.

Le même phénomène d'envahissement de l'horizon par l'écueil se reproduisait avec la monotonie grandiose du gouffre. Les batailles de l'océan ont, comme les combats d'Homère, ce rabâchage sublime.

Chaque lame, à mesure qu'ils approchaient, ajoutait vingt coudées au cap affreusement amplifié dans la brume. La décroissance d'intervalle semblait de plus en plus irrémédiable. Ils touchaient à la lisière du singe.

Le premier pli qui les saisirait les entraînerait. Encore un flot franchi, tout était fini.

Soudain l'ourque fut repoussée en arrière comme par le coup de poing d'un titan. La houle se cabra sous le navire et se renversa, rejetant l'épave dans sa crinière d'écume. La Matutina, sous cette impulsion, s'écarta d'Aurigny.

Elle se retrouva au large.

D'où arrivait ce secours? Du vent.

Le souffle de l'orage venait de se déplacer.

Le flot avait joué d'eux, maintenant c'était le tour du vent, Ils s'étaient dégagés eux−mêmes des Casquets; mais devant Ortach la houle avait fait la péripétie; devant Aurigny, ce fut la bise, Il y avait eu subitement une saute du septentrion au midi.

Le suroit avait succédé au noroit.

Le courant, c'est le vent dans l'eau; le vent, c'est le courant dans l'air; ces deux forces venaient de se

contrarier, et le vent avait eu le caprice de retirer sa proie au courant.

Les brusqueries de l'océan sont obscures. Elles sont le perpétuel peut−être. Quand on est à leur merci, on ne peut ni espérer, ni désespérer. Elles font, puis défont. L'océan s'amuse. Toutes les nuances de la férocité fauve sont dans cette vaste et sournoise mer, que Jean Bart appelait «la grosse bête». C'est le coup de griffe avec les intervalles voulus de patte de velours. Quelquefois la tempête bâcle le naufrage; quelquefois elle le travaille avec soin; on pourrait presque dire elle le caresse. La mer a le temps. Les agonisants s'en aperçoivent.

Parfois, disons-le, ces ralentissements dans le supplice annoncent la délivrance. Ces cas sont rares. Quoi qu'il en soit, les agonisants croient vite au salut, le moindre apaisement dans les menaces de l'orage leur suffit, ils s'affirment eux−mêmes qu'ils sont hors de péril, après s'être crus ensevelis ils prennent acte de leur résurrection, ils acceptent fiévreusement ce qu'ils ne possèdent pas encore, tout ce que la mauvaise chance contenait est épuisé, c'est évident, ils se déclarent satisfaits, ils sont sauvés, ils tiennent Dieu quitte. Il ne faut point trop se hâter de donner de ces reçus à l'Inconnu.

 

Le suroit débuta en tourbillon, Les naufragés n'ont jamais que des auxiliaires bourrus. La Matutina fut

impétueusement traînée au large par ce qui lui restait d'agrès comme une morte par les cheveux. Cela

ressembla à ces délivrances accordées par Tibère, à prix de viol. Le vent brutalisait ceux qu'il sauvait. Il leur rendait service avec fureur. Ce fut du secours sans pitié.

L'épave, dans ce rudoiement libérateur, acheva de se disloquer.

Des grêlons, gros et durs à charger un tromblon, criblaient le bâtiment. A tous les renversements du flot, ces grêlons roulaient sur le pont comme des billes. L'ourque, presque entre deux eaux, perdait toute forme sous les retombées de vagues et sous les effondrements d'écumes. Chacun dans le navire songeait à soi.

Se cramponnait qui pouvait. Après chaque paquet de mer, on avait la surprise de se retrouver tous. Plusieurs avaient le visage déchiré par des éclats de bois.

Heureusement le désespoir a les poings solides. Une main d'enfant dans l'effroi a une étreinte de géant.

L'angoisse fait un étau avec des doigts de femme. Une jeune fille qui a peur enfoncerait ses ongles roses dans du fer. Ils s'accrochaient, se tenaient, se retenaient. Mais toutes les vagues leur apportaient l'épouvante du balaiement.

Soudainement ils furent soulagés.

 

XVI. DOUCEUR SUBITE DE L'ÉNIGME

L'ouragan venait de s'arrêter court.

Il n'y eut plus dans l'air ni suroit, ni noroit. Les clairons forcenés de l'espace se turent. La trombe sortit du ciel, sans diminution préalable, sans transition, et comme si elle−même avait glissé à pic dans un gouffre. On ne sut plus où elle était. Les flocons remplacèrent les grêlons. La neige recommença à tomber lentement.

Plus de flot. La mer s'aplatit.

Ces soudaines cessations sont propres aux bourrasques de neige. L'effluve électrique épuisé, tout se

tranquillise, même la vague, qui, dans les tourmentes ordinaires, conserve souvent une longue agitation. Ici point. Aucun prolongement de colère dans le flot. Comme un travailleur après une fatigue, le flot s'assoupit immédiatement, ce qui dément presque les lois de la statique, mais n'étonne point les vieux pilotes, car ils savent que tout l'inattendu est dans la mer.

Ce phénomène a lieu même, mais très rarement, dans les tempêtes ordinaires. Ainsi, de nos jours, lors du mémorable ouragan du 27 juillet 1867, à Jersey, le vent, après quatorze heures de furie, tomba tout de suite au calme plat.

Au bout de quelques minutes, l'ourque n'avait plus autour d'elle qu'une eau endormie.

En même temps, car la dernière phase ressemble à la première, on ne distingua plus rien. Tout ce qui était devenu visible dans les convulsions des nuages météoriques redevînt trouble, les silhouettes blêmes se fondirent en délaiement diffus, et le sombre de l'infini se rapprocha de toutes parts du navire. Ce mur de nuit, cette occlusion circulaire, ce dedans de cylindre dont le diamètre décroissait de minute en minute, enveloppait la Matutina, et, avec la lenteur sinistre d'une banquise qui se ferme, se rapetissait formidablement. Au zénith, rien, un couvercle de brume, une clôture. L'ourque était comme au fond du puits de l'abîme.

Dans ce puits, une flaque de plomb liquide, c'était la mer. L'eau ne bougeait plus. Immobilité morne. L'océan n'est jamais plus farouche qu'étang.

Tout était silence, apaisement, aveuglement.

Le silence des choses est peut−être de la taciturnité.

Les derniers clapotements glissaient le long du bordage. Le pont était horizontal avec des déclivités

insensibles. Quelques dislocations remuaient faiblement. La coque de grenade, qui tenait lieu de fanal, et où brillaient des étoupes dans du goudron, ne se balançait plus au beaupré et ne jetait plus de gouttes

enflammées dans la mer. Ce qui restait de souffle dans les nuées n'avait plus de bruit. La neige tombait

épaisse, molle, à peine oblique. On n'entendait l'écume d'aucun brisant. Paix de ténèbres.

Ce repos, après ces exaspérations et ces paroxysmes, fut pour les malheureux si longtemps ballottés un

indicible bien-être. Il leur sembla qu'ils cessaient d'être mis à la question. Ils entrevoyaient autour d'eux et au-dessus d'eux un consentement les sauver. Ils reprirent confiance. Tout ce qui avait ét furie était maintenant tranquillité. Cela leur parut une paix signée. Leurs poitrines misérables se dilatèrent. Ils pouvaient lâcher le bout de corde ou de planche qu'ils tenaient, se lever, se redresser, se tenir debout, marcher, se mouvoir. Ils se sentaient inexprimablement calmés. Il y a, dans la profondeur obscure, de ces effets de paradis, préparation à autre chose. Il était clair qu'ils étaient bien décidément hors de la rafale, hors de l' écume, hors des souffles, hors des rages, délivrés.

On avait désormais toutes les chances pour soi. Dans trois ou quatre heures le jour se lèverait, on serait

aperçu par quelque navire passant, on serait recueilli. Le plus fort était fait. On rentrait dans la vie.

L'important, c'était d'avoir pu se soutenir sur l'eau jusqu'à la cessation de la tempête. Ils se disaient: Cette fois, c'est fini.

Tout à coup ils s'aperçurent que c'était fini en effet.

Un des matelots, le basque du nord, nommé Galdeazun, descendit, pour chercher du câble, dans la cale, puis remonta, et dit:

- La cale est pleine.

- De quoi? demanda le chef.

- D'eau, répondit le matelot.

Le chef cria:

- Qu'est-ce que cela veut dire?

- Cela veut dire, reprit Galdeazun, que dans une demi-heure nous allons sombrer.

 

 

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Décidément rétif à l'ordre bestial, j'ai fixé ma résidence ailleurs, d'où j'observe le déroulement des temps infernaux, fumier des plus belles fleurs.  J'ai un jardin secret, où les plantes poussent toutes seules. Servez-vous, si le coeur vous en dit, sans tenir compte de la chronologie, car comme le mot le dit clairement, l'heure est un leurre.

 

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***

 

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UNE EPINE DANS LE PIED DU GENERAL : L’ARMEE S’ARRÊTE


***
 


UN PORC EN HABITS DE SOIE RESTE UN PORC,
COMME UN DIAMANT DANS LE FUMIER

RESTE UN DIAMANT.

MAIS LA PLACE D’ UN DIAMANT

EST DANS UN ECRIN DE SOIE,

ET CELLE D’UN PORC DANS LE FUMIER.

 

***

 

COMME SEULE L’EAU ETANCHE LA SOIF,
SEULE LA JUSTICE COMBLE LA FAIM DE JUSTICE

 

***

 

DU COLIBRI A L’AIGLE, IL EXISTE DE NOMBREUX OISEAUX

 

***

 

LE DEDANS REGLE LE DEHORS

 

***

 

L’EPONGE BOIT LE VIN RENVERSÉ
ET LA ROSÉE DU MATIN

 

 

***  

 

LORSQU'IL DECOUVRE LE MIEL,

L'OURS OUBLIE LA PIQÛRE DES ABEILLES

 

 

 

 

 

 

 

 

Lisez-Moi Lisez Moi Lisez Moi

Des mots des mots des mots des

Quand à un livre je me livre , ce que je lis me délie.

 

 

Je me demande pourquoi on n'a pas encore une loi qui oblige à faire bouillir les bébés à la naissance, afin qu'ils soient parfaitement stérilisés.

 

Circuler, pour mieux s'ôter.

Toute notre vie, on attend une grande cause pour se lever, et on passe sa vie accroupi, à croupir.

Le lucane aime prendre l'R le soir à sa lucarne.

Ce qu’il y a de bien dans l’état de siège, c’est qu’on prend le temps de s’asseoir.

 

 

Les oiseaux sont les poissons du ciel,

nous en sommes les crabes


Heureux les déjantés, ils quitteront plus facilement la route commune!

 
L’argent n’a pas d’odeur, mais il y contribue.


Un vrai sosie, c’est invraisemblable.

   

Quand je grossis, je m’aigris ; et quand je m’aigris, je grossis.

   

Le temps, c’est de l’urgent.

   

Joindre l’utile au désagréable : se faire renverser par une ambulance.  

 

Le journal du paradis, c’est le Daily Cieux.

   

Yfaut et Yaka sont dans un bateau ; Yfaut tombe à l’eau, Yaka l’repêcher.

 

Chaque matin, s’ils ne sont pas morts, les vieux vont aux nouvelles.

 

Le poète a latitude d’explorer toutes les longitudes.

   

Etre réduit à la portion congrue, c’est fort peu. Moins, c’est incongru.

 

Peut-on dire de quelqu’un
dont la vie dépend des autres pour tout qu’il
est riche ?
La bouche est elle riche ?

Peut-on dire de quelqu’un
qui n’a rien à attendre des autres qu’il est pauvre ?
Les mains sont elles pauvres ?

 

Curieux comme mystique s’oppose à mastoc.

 

On a mis bien des ouvrages majeurs à l’index.

 

Quand le brouillard tombe, on voudrait qu’il se casse.

 

Au matin, la nuit tombe de sommeil.