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29 août 2011 1 29 /08 /août /2011 08:24

Voici un texte de Lanza del Vasto, tiré du volume 2 des "Quatre fléaux", publié en 1959. Le titre de l'article est de moi. Ce texte explique l'origine des religions naturelles, animistes, et l'influence des morts sur notre existence. Je suis personnellement convaincu par de nombreuses expériences de la permanence du contact entre défunts et monde visible. Je n'ai aucune peine à imaginer ce que les anciennes religions nous disent sur la rage de survie de certains morts, et de là aucun doute sur l'influence que de pareilles entités peuvent avoir sur la frange la plus vulnérable de l'humanité qui se laisse entièrement posséder par leur puissante magie, et agit quasi automatiquement. C'est la raison pour laquelle toutes les religions, y compris celles dites "révélées" ont mis en place des remparts contre le retour des morts. Peut-être même est-ce la véritable raison de la guerre aux religions qui est à l'oeuvre depuis des centaines d'années : laisser le champ libre aux forces obscures des vampires, dont, depuis Bram Stoker, les images littéraires et cinématographiques ne cessent d'envahir notre imaginaire, et donc notre existence, dans une sorte de magie évocatoire. Place au texte :

 

"La dogmatique païenne est un édifice à deux étages dont le second, la mythologie, ne tient pas debout tout seul, tandis que le premier, qui constitue toute la religion de maint peuple sauvage, reste le principal, chez les Brahmanes Hindous par exemple, et chez les Chinois. Ce fondement, c'est le culte des Petits Dieux sans visage et sans histoire : Les Mânes ou Lares.

 

Ce culte est la conséquence la plus logique de la réponse la plus logique à la question la moins oiseuse ou fantasque qui soit : La vie de mon père, où est-elle allée ? Oui, la vie, la force corporelle, le souffle de celui qui tout à l'heure allait et venait, agissait, parlait, mangeait, commandait, et qui n'apparaît plus maintenant que comme une masse inerte et froide ou comme un peu de cendre ? Où est-ce allé, où est allé mon père ?

 

Et la réponse s'impose :

 

Sa vie dans la semence la plus vive de la vie, dans le feu.

Son corps dans la terre d'où tout corps étiré.

Son sang et son fluide dans l'eau qui vivifie la terre.

Son souffle dans l'air.

 

Mais non pas dans n'importe quel feu : dans le feu de son foyer qui, de ce fait, devient feu sacré. Il le devient parce que la vie du trépassé s’y met, à moins qu'il ne le soit déjà parce que habité par l’âme des aïeux « dans le sein desquels » mon père vient de rentrer.

 

Non dans n'importe quelle terre, mais dans la terre de notre champ, de ce fait, devient sacré, inaliénable à perpétuité, nôtre, car la cendre des pères est la semence de la possession.

 

Non dans n'importe quelle eau, mais bien dans l'eau lustrale qui purifie et féconde.

 

Non dans n'importe quel souffle, mais au souffle des invocations, incantation, prières et formules, de la langue sacrée, celle de nos pères les plus lointains - et c'est encore mieux si l'on n'y comprend rien à cause de son ancienneté (malheur pourtant à qui en altère le moindre son !).

 

Sacré est ce qui est chargé de l'esprit des morts. Cette transsubstantiation se fait ordinairement par la voie des contacts ou des ressemblances formelles, elle peut aussi être opérée par les rites.

 

Le rite est une lutte et un travail de protection contre la mort, car la mort est écartèlement, dispersion et le rite infatigablement ramène et ramène encore un des quatre éléments sur les autres : il verse l'eau des libations sur la terre, il prend les fruits de la terre qui sont terre et eau fondues et les porte au feu, il verse le sang qui est eau et feu mêlés sur le tertre, il incorpore à chacun de ses actes le souffle des invocations.

 

Et puisque nous avons parlé du sang, arrêtons-nous sur ce cinquième élément qui représente l'unité des quatre autres et par conséquent le nom même de l'homme, son âme et son moi : l'Animal, le Vivant, la plante ou l'animal, mais le plus souvent l'Animal. Lequel ? Celui qui ressemble le plus au mort et, pour cette raison, lui servait de signes. Le cinquième élément, c'est le Totem ou Blason et voilà du même coup désigné l'Animal Sacré : celui à qui l'on offre le sacrifice comme au dieu-père, ou peut-être celui qui est désigné comme la victime du sacrifice, selon le cas (…)

 

Toutes les tribus, même païennes, connaissent Dieu, le Dieu qui n'est autre que Dieu, celui qui est derrière tout, et en tout, et au-dessus de tout : le Grand Esprit.

 

C'est lui que le sauvage évoque dans ses jurement, le réservant pour les plus solennels. Il est vrai qu'il ne lui voue pas de culte, mais c'est parce que Dieu est si bon.

 

Comment cela ? Demandez-lui, il vous l'expliquera sans ambages : Dieu est si bon qu'il n'y a rien à craindre de lui !

 

Il n'en est pas de même des esprits.

 

Parmi les morts, il en est de très malheureux et ceux-là deviennent méchants. Il y a ceux qu'on néglige ou que, par mégarde, on offense et qui s'irritent. Il y a ceux qui ont perdu tous leurs descendants et en sont réduits à l'extrémité. Il y a ceux que le remords de leurs crimes ou la soif de vengeance prive du dernier repos. Quelques-uns peuvent être apaisés, d'autres ont accumulé tant de rancune et sont si confits en malice qu'ils n'ont plus rien d'humain : ce sont les démons. Il s'agit de se munir contre leurs assauts nocturnes, de déjouer leur ruse, de les chasser et reconduire de force à leurs lieux infernaux. C'est une des fonctions normales du sacerdoce.

 

Mais, avec le progrès des temps qui amène automatiquement le développement de la Science, de la Science du bien et du mal, certains peuples s'avisent qu'il est puéril de repousser le mal et que mieux vaut en faire un bon usage. Il s'agit de capter les formidables puissances d'En-Bas et de les mettre au service de l'homme. Mais à cela l'instruction religieuse des familles ne suffit pas. Il faut des savants, des experts, des techniciens. Il faut prendre un gage celui qui est passé par les Hautes Écoles à l'étranger : le Sorcier. Il vaut la peine de lui donner un bon traitement, car il nous assure la prospérité, bonheur, la paix. Nul n'osera plus nous attaquer : nos voisins sont dans la terreur. Ils savent que nous sommes en état de leur envoyer le rayon de la mort. Nous pouvons, à notre gré, sans même les toucher ni les voir, les imprégner de miasmes et les faire pourrir sur place, ou bien les consumer à petit feu, où les pulvériser d'un coup, les anéantir corps et âme."

 

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Published by Vieux Jade - dans sauvages
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commentaires

danielleg 30/08/2011 13:26


Moins il y a d'égo + il y a de la place pour le Grand Patron!:)))
Big Bisous.


Vieux Jade 30/08/2011 13:51



Moins il y a dé g'os, plus il y a dé pétits.


(En référence à l'histoire suivante : un dispensaire dans la brousse, arrive un gars avec la peau pleine de bulles; l'infirmière noire court prévenir le docteur. Impetigo, dit le docteur. Non
non, répond l'infirmière, un g'and maig'e).



Narf 29/08/2011 22:09


Je crois que c'est celui-là... mais comme entre temps, j'en ai parcouru plusieurs, du coup, je ne suis pas très sûre.. tant pis...

http://www.vieux-jade.com/article-le-bon-sens-pres-de-chez-moi-60697422.html


Vieux Jade 30/08/2011 09:30



Ça correspond plus à "Sniper", l'employé de banque qui dégomme les comptes négatifs.



Antidote 29/08/2011 21:32


Curieux, comme entre le sniper et les démons, la petite phrase d'Evola trouve toute sa place.....

"Fais en sorte que ce sur quoi tu n'as pas prise ne puisse avoir de prise sur toi.."


Vieux Jade 30/08/2011 09:21



Devenir invisible. Traverser l'enfer sans y succomber. Un art à apprendre. En fait, c'est comme passer le chas de l'aiguille ? Moins il y a d'ego, mieux ça passe ?



Narf 29/08/2011 21:23


Mince, c'est pas ce texte que je cherchais... mais en tombant dessus ( par hasard) je ne résiste pas à le ressortir...http://www.vieux-jade.com/article-frere-feu-59330793.html

Bon, si je trouve celui que je cherche en vrai, je reviendrai!


Vieux Jade 30/08/2011 09:25



Hasard ? Je viens de rentrer 5 stères de bois.



Narf 29/08/2011 21:14


Par s'approcher du Un (c'est tellement galvaudé) je veux dire percevoir l'invisible sous le visible, le sensible sous l'apparent insensible, voir se dérouler le paradoxe de la vie(mort) ou de la
mort(vie), l'esprit qui meut la matière et lui donne corps, les méandres fractalitiques ( ça existe ce mot là?) de la source, de la loi.


Vieux Jade 30/08/2011 09:19



Je connaissais l'eau ferrugineuse, mais les méandres fractalit'hic, pazencore :) 



Présentation

  • : Le jardin de Vieux Jade
  • : Arrivages du jour, légumes secs, mauvaises herbes, quelques trucs qui arrachent la gueule. Taupes, censeurs et culs bénits s'abstenir. Si vous cherchez des certitudes, c'est pas l'endroit.
  • Contact

Décidément rétif à l'ordre bestial, j'ai fixé ma résidence ailleurs, d'où j'observe le déroulement des temps infernaux, fumier des plus belles fleurs.  J'ai un jardin secret, où les plantes poussent toutes seules. Servez-vous, si le coeur vous en dit, sans tenir compte de la chronologie, car comme le mot le dit clairement, l'heure est un leurre.

 

Une précision concernant les commentaires : n'ayant pas toujours le temps ni l'énergie de répondre aux commentaires, ceux-ci restent ouverts, sans aucune garantie que j'y réponde. Je me réserve cependant le droit de sabrer les inconvenances, dont je reste seul juge.

 

Ici, je n'est pas un autre.

Recherche

Lave

Après l’explosion

Nul ne l’a sue

Le jour d’après

Coule la lave

Brûlent les cendres

Lave la lave

Mange la louve

Larmes sans sel

De régime

Cuit et recuit 

Frottent les cendres

Récurent

 

Pas encore nu,

Pas tout à fait ?

Restent des choses

Bien accrochées

Des salissures

De vieux fantômes

D’anciennes guerres

 

Qui peut le faire, si ce n'est toi ? 

 

Nettoie

 

Les notes glissent

Comme des larmes

Gouttes de feu

Sur la paroi

 

Qui m’a volé le cœur ?

Qui m’a trempé vivant,

Comme une lame ?

Qui m’a fouetté les yeux,

M’a déchiré le ventre

Me baisant les paupières

Et m’enduisant de baume,

Me prenant par la main,

Pour me conduire

Dehors ?

Les dits de Lao Yu

LE BUT DE LA QUÊTE EST DE N'AVOIR

NI BUT, NI QUÊTE

 

***

 

QUE SAIT-IL DE LA PESANTEUR,

CELUI QUI N'EST JAMAIS TOMBÉ ?

 

***

 

C'EST SOUVENT LORSQU'ELLE S'ENFUIT QU'ON PERÇOIT L'ESSENCE DE LA BEAUTÉ

 

***

 

LA MER A DES MILLIARDS DE VAGUES QUI BATTENT TOUS LES RIVAGES. OU EST LE CENTRE DE LA MER ?

 

***

 

CE QUI EST MORT N'A AUCUN POUVOIR SUR CE QUI EST VIVANT

SEULS LES MORTS CRAIGNENT LES MORTS

 

***

 

QUAND LE NID BRÛLE, LES OISEAUX S’ENVOLENT

 

***

 

C’EST DANS LA CHUTE QUE LES AILES POUSSENT

 

***

 

CE QUI PEUT ÊTRE PERDU EST SANS VALEUR

 

***

 

LA MAISON EST PLUS GRANDE QUE LA PORTE

 

***

 

L’ERREUR EST LA VOIE

 

***

 

LA ROUTE EST DURE A CELUI QUI BOÎTE

 

***

 

LA LUMIERE DE L’ETOILE EST DANS L’ŒIL QUI LA REGARDE

 

***

 

LES PETITS NOURRISSENT LES GRANDS

 

***

 

LES RICHES ONT UNE BOUCHE
MAIS PAS DE MAINS POUR LA REMPLIR

C’EST POURQUOI IL LEUR FAUT
DE NOMBREUX SERVITEURS ;


CEUX QUI ONT DE NOMBREUX SERVITEURS
NE SAURAIENT VIVRE SEULS,

CE SONT DONC DES PAUVRES ;


CELUI QUI PEUT VIVRE SANS SERVITEURS 
EST DONC LE VERITABLE RICHE.

 

***

 

VIVRE C’EST REVENIR SUR SES PAS

 

***

 

LA NUIT LAVE LE LINGE DU SOLEIL

 

***

 

LES RUISSEAUX EMPORTENT LES MONTAGNES

 

***

 

UNE EPINE DANS LE PIED DU GENERAL : L’ARMEE S’ARRÊTE


***
 


UN PORC EN HABITS DE SOIE RESTE UN PORC,
COMME UN DIAMANT DANS LE FUMIER

RESTE UN DIAMANT.

MAIS LA PLACE D’ UN DIAMANT

EST DANS UN ECRIN DE SOIE,

ET CELLE D’UN PORC DANS LE FUMIER.

 

***

 

COMME SEULE L’EAU ETANCHE LA SOIF,
SEULE LA JUSTICE COMBLE LA FAIM DE JUSTICE

 

***

 

DU COLIBRI A L’AIGLE, IL EXISTE DE NOMBREUX OISEAUX

 

***

 

LE DEDANS REGLE LE DEHORS

 

***

 

L’EPONGE BOIT LE VIN RENVERSÉ
ET LA ROSÉE DU MATIN

 

 

***  

 

LORSQU'IL DECOUVRE LE MIEL,

L'OURS OUBLIE LA PIQÛRE DES ABEILLES

 

 

 

 

 

 

 

 

Lisez-Moi Lisez Moi Lisez Moi

Des mots des mots des mots des

Quand à un livre je me livre , ce que je lis me délie.

 

 

Je me demande pourquoi on n'a pas encore une loi qui oblige à faire bouillir les bébés à la naissance, afin qu'ils soient parfaitement stérilisés.

 

Circuler, pour mieux s'ôter.

Toute notre vie, on attend une grande cause pour se lever, et on passe sa vie accroupi, à croupir.

Le lucane aime prendre l'R le soir à sa lucarne.

Ce qu’il y a de bien dans l’état de siège, c’est qu’on prend le temps de s’asseoir.

 

 

Les oiseaux sont les poissons du ciel,

nous en sommes les crabes


Heureux les déjantés, ils quitteront plus facilement la route commune!

 
L’argent n’a pas d’odeur, mais il y contribue.


Un vrai sosie, c’est invraisemblable.

   

Quand je grossis, je m’aigris ; et quand je m’aigris, je grossis.

   

Le temps, c’est de l’urgent.

   

Joindre l’utile au désagréable : se faire renverser par une ambulance.  

 

Le journal du paradis, c’est le Daily Cieux.

   

Yfaut et Yaka sont dans un bateau ; Yfaut tombe à l’eau, Yaka l’repêcher.

 

Chaque matin, s’ils ne sont pas morts, les vieux vont aux nouvelles.

 

Le poète a latitude d’explorer toutes les longitudes.

   

Etre réduit à la portion congrue, c’est fort peu. Moins, c’est incongru.

 

Peut-on dire de quelqu’un
dont la vie dépend des autres pour tout qu’il
est riche ?
La bouche est elle riche ?

Peut-on dire de quelqu’un
qui n’a rien à attendre des autres qu’il est pauvre ?
Les mains sont elles pauvres ?

 

Curieux comme mystique s’oppose à mastoc.

 

On a mis bien des ouvrages majeurs à l’index.

 

Quand le brouillard tombe, on voudrait qu’il se casse.

 

Au matin, la nuit tombe de sommeil.